Variole du singe : ce qu’il faut savoir

Quelques cas d’une maladie assez rare appelée « monkeypox » ont été diagnostiqués au Canada et ailleurs dans le monde. Elle est peu contagieuse, mais susceptible de se transmettre lors de contacts étroits. Voici de quoi il s’agit.

Des particules virales de la variole du singe vues au microscope électronique (la couleur a été ajoutée par L’actualité). Photo : Cynthia S. Goldsmith / Russell Regner / CDC / AP / La Presse Canadienne

Ce n’est pas comme si on avait besoin d’un autre virus, mais ce n’est pas non plus comme si on avait le choix. La variole du singe (mieux connue sous le nom anglais monkeypox) est provoquée par un virus peu répandu et jusqu’ici surtout retrouvé en Afrique. L’éclosion actuelle est la première notable hors d’Afrique depuis 2003, quand 70 cas avaient été signalés aux États-Unis. Depuis le début mai, quelques dizaines de cas ont été recensés, surtout en Europe et en Amérique, selon le décompte réalisé par des chercheurs de l’Université d’Oxford.

Jusqu’ici, deux cas ont été confirmés à Montréal et une vingtaine d’autres font l’objet d’une enquête, a annoncé le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) jeudi soir. Les médecins et les autorités de santé publique restent à l’affût, bien qu’ils ne craignent pas une transmission communautaire à grande échelle.

Qu’est-ce que c’est ?

Ce virus porte un drôle de nom, puisque son principal réservoir animalier est constitué de petits rongeurs, qui sont l’habituel vecteur de transmission à l’espèce humaine.

Par contre, la référence à la « variole » est exacte, parce qu’il s’agit bien d’un cousin de cet autre virus. L’existence de la variole du singe a d’ailleurs été découverte au début des années 1970, après la disparition de la variole — une terrible maladie à haute contagion et au taux de mortalité autour de 30 % — à la suite des succès de la vaccination.

La variole du singe est beaucoup moins grave, avec des taux de mortalité de 0 % pour l’éclosion américaine de 2003 et de 3 % à 6 % en Afrique pour les éclosions récentes, d’après l’OMS, selon la souche en cause et sans doute la capacité de soigner les complications. Les cas sont en croissance depuis l’apparition de la maladie. Durant la décennie 2010-2019, on en a recensé près de 20 000, essentiellement concentrés en République démocratique du Congo.

Ce virus est cependant bien moins contagieux que celui de la variole, ce qui explique l’absence d’épidémies humaines importantes jusqu’ici. Rien n’indique que ce sera différent cette fois, même si, après deux ans de pandémie, on doit faire attention à toute nouvelle éclosion d’une maladie infectieuse.

La transmission se fait soit par contact direct avec les lésions, soit par gouttelettes, et peut-être par aérosols, généralement avec des contacts étroits. Le MSSS précise que la variole du singe « se contracte par des contacts prolongés et rapprochés avec une personne infectieuse. Sa contagiosité est donc considérée [comme] limitée par rapport à d’autres virus (grippe, COVID-19, etc.). » Elle est aussi beaucoup moins contagieuse que la varicelle.

Est-ce une ITS ? 

La variole du singe n’est pas classée parmi les infections transmises sexuellement, mais les éclosions actuelles soulèvent des doutes en raison de la prédominance de lésions orales et génitales (ce qui est inhabituel). On peut se demander s’il n’y a pas là un nouveau mode de transmission à la suite d’une mutation du virus.

Quoi qu’il en soit, le fait que plusieurs des cas répertoriés concernent des personnes gaies ou bisexuelles n’est pas encore vraiment expliqué, sinon par la présence de contacts intimes probables dans une chaîne de transmission touchant surtout, pour l’instant, la communauté LGBTQ+.

Quels sont les symptômes ?

Après la contamination, la période d’incubation est plutôt longue, puisque la personne n’a pas de symptômes pendant de 5 à 21 jours. La période de contagion débute toutefois environ 5 jours avant les premiers symptômes. La longue période sans symptômes peut donc amplifier la transmission, la personne ne se rendant pas compte qu’elle est déjà atteinte.

Par la suite, la maladie se présente comme n’importe quelle infection virale : fièvre, frissons et maux de tête. Les rougeurs sur la peau, qui se transforment en vésicules remplies de liquide pouvant être nombreuses, comme pour la varicelle, apparaissent de 3 à 5 jours plus tard. On note aussi l’enflure de certains ganglions. La guérison des lésions pourra demander de 2 à 4 semaines, alors que les autres symptômes disparaîtront en quelques jours en l’absence de complications.

Jusqu’ici, les formes rencontrées dans l’éclosion actuelle semblent plutôt bénignes. La variole du singe cause parfois des complications qui risquent de mener au décès si elles sont mal soignées. Il peut s’agir par exemple d’une infection plus grave de la peau, d’une pneumonie ou même d’une atteinte du cerveau qu’on appelle encéphalite.

Y a-t-il un traitement spécifique ?

Malheureusement, non. Certains médicaments antiviraux sont parfois utilisés sans que l’on connaisse bien leur efficacité. La prise en charge vise surtout à identifier les complications, quand elles surviennent, et à les traiter en attendant que la maladie passe.

En cas de lésions suspectes, il faut consulter un professionnel de la santé. Le diagnostic se fait alors à l’aide d’un test PCR, comme pour la COVID-19. Puis, il est important de s’isoler et d’appliquer les mesures sanitaires que l’on connaît bien depuis deux ans (lavage des mains, distanciation et port du masque), étant donné qu’on peut être contagieux jusqu’à la guérison des vésicules.

Y a-t-il un vaccin ?

Les personnes vaccinées contre la variole humaine risquent peu d’attraper celle du singe. Le problème, c’est que ce vaccin n’est plus donné depuis 1972 en Amérique du Nord et que sa circulation est restreinte depuis l’éradication de la variole en 1979. Il est délicat à manipuler et comporte certains risques pour les immunosupprimés. Il existe un nouveau vaccin, plus sécuritaire et tout aussi efficace, et son utilisation pourrait être envisagée au besoin, si les autorités sanitaires jugeaient cela utile.

Les commentaires sont fermés.

Je suis désolé, j’ai beau relire votre commentaire, je n’arrive pas à trouver de quoi j’aurais soigneusement évité de parler.

C’est que le lien que j’ai fourni de santé Canada indique « la vaccination contre la variole est associée au risque de morbidité importante, voire de mortalité ». Donc, j’imaginais que vous évitiez de parler des effets secondaires dangereux de la vaccination pour ne pas alimenter ceux qualifiés d’antivax. Je vous ai prêté des intentions et je m’en excuse. Il y a des médecins, virologues et épidémiologistes qui me déçoivent beaucoup depuis la pandémie et j’ai pris la fâcheuse habitude de d’interpréter leurs interventions. Généralement, j’aime bien votre rigueur et je respecte vos interventions même si je ne suis pas toujours d’accord avec ce que vous dites. J’ai pu trouver plus d’informations sur un site britannique concernant la 3 e génération de vaccin contre la variole, ce que santé Canada n’a peut-être pas encore pris en considération. Merci d’appliquer la méthode scientifique, de prendre en compte la balance des avantages et inconvénient d’une politique de santé publique et de prendre en considération les arguments des gens respectables qui affirment des opinions divergentes. Bien à vous

« Il est délicat à manipuler et comporte certains risques pour les immunosupprimés. Il existe un nouveau vaccin, plus sécuritaire et tout aussi efficace, et son utilisation pourrait être envisagée au besoin, si les autorités sanitaires jugeaient cela utile. »

Pourtant, je vois un segment où l’auteur traite des enjeux reliés à la vaccination contre la variole. Pas de long et en large mais dans un article de plus ou moins 900 mots, c’est tout à fait adéquat.