Véronique et la haine «standard» sur Facebook

«Facebook devrait se poser de sérieuses questions sur sa tolérance au contenu explicite posté par des mineurs», croit Alain Vadeboncœur. Le docteur relate ici le cas d’une certaine «Véronique», dont le profil a été pris d’assaut par des internautes qui y ont laissé une avalanche de messages de haine.

Sante_et_scienceDepuis quelques jours, une adolescente nommée Véronique (1), âgée apparemment de 16 ans, publie sur sa page Facebook des photos et des vidéos explicites d’elle-même, qui circulent partout sur le Web.

Facebook n’y trouve pour l’instant rien à redire : tout cela ferait partie des «standards de la communauté» (voir plus loin). C’est aberrant.

Cet envoi donne une idée du ton de la jeune fille (mais évidemment pas de l’ensemble) :

autre

Un déferlement de haine

Dans la soirée du 7 octobre, c’est donc devenu une tornade. Le blogueur Matthieu Bonin a mentionné la situation en début de soirée, se demandant avec raison «où sont ses parents ?». Véronique était passée de 1 300 à 15 000 «amis» hier soir, puis à 21 000 plus tard.

Père de deux filles dans ces âges-là, et habitant pas tellement loin, j’étais inquiet de lire tout ça et suis suis allé voir le genre de réactions qu’elle suscitait. J’ai été estomaqué.

Depuis plusieurs heures, c’était un déferlement continu de haine, d’intimidation, d’invitation au suicide, de menaces à peine voilées et de vidéos agressives. Bref, les pires calamités qu’on puisse imaginer, provenant visiblement d’ados ayant à peu près le même âge qu’elle.

Je vous avertis, les réactions des gens de son âge, filles comme gars, sont déprimantes — et pas à peu près : de l’agressivité pure, de l’intimidation, de la moquerie, de la haine. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi décourageant que ces commentaires.

Excusez le langage, mais en voici quelques exemples, glanés au hasard, même si le cœur me lève :

Commentaires recueillis parmi les milliers apparus sur la page de Véronique.
Commentaires recueillis parmi les milliers apparus sur la page de Véronique.

Il y avait aussi un certain nombre de messages (minoritaires) mettant en garde la fille ou bien s’inquiétant des conséquences de tout cela, comme celui-ci :

pour

Agir ou ne pas agir

Ne sachant pas trop quoi faire, j’ai alors posé la question suivante à mes amis Facebook, pour obtenir conseil :

«Question sérieuse : comment aider une personne (ici, une adolescente) qui semble plus ou moins en crise sur FB (soit problèmes, soit substances), démontre des comportements, disons, inappropriés pour son âge (genre très sexués), est en train de se caler de plus en plus et est suivie par 15 000 followers qui la trashent de plus en plus par leurs milliers de commentaires, avant que tout cela n’aille trop loin ? Avez-vous des idées ? Je veux dire : comment intervenir dans une telle situation, quand on ne la connait pas ?»

J’ai ensuite passé une partie de la soirée à discuter avec diverses personnes, pour savoir comment agir. En fait, j’étais surtout inquiet qu’une ado puisse se trouver dans une situation impossible, objet de menaces, songeant peut-être au suicide pour s’être empêtrée dans un truc pareil. Peut-être avait-elle des problèmes psychologiques ou était-elle sous l’emprise de substances quelconques ?

La question était grave : pouvions-nous vraiment regarder cela aller, de notre salon et dans notre ordi, sans rien faire ? Pouvait-on se permettre d’assister à une sorte de Web-réalité qui se terminerait peut-être tragiquement ? Était-ce exagéré de vouloir éviter des conséquences graves ? Il me semblait qu’il fallait faire quelque chose.

Mais faire quoi ? Aucune adresse, pas de coordonnés précises. Rien. Ce n’était pas évident. Plusieurs, dont moi, ont signalé sa page à Facebook, pensant que si le compte était fermé, cela mettrait au moins fin à l’intimidation directe et pourrait prévenir les dommages.

Mais Facebook a répondu à tout le monde que les contenus étaient appropriés «pour les standards de la communauté». Ouch ! Une claque en pleine face.

Réponse de Facebook à la demande de suspension du compte.
Réponse de Facebook à la demande de suspension du compte.

Donc, en quelque sorte, Facebook trouve tout à fait correct un tel comportement de la part d’une fille de 16 ans et vit très bien avec des propos d’une intensité agressive (voir criminelle) sans nom, alors que le réseau fait fermer des sites pour de petites photos un peu osées. On aura tout vu. Il faut dire que ça fait de la circulation et ça rapporte.

Comment joindre Véronique ?

J’ai tenté de communiquer avec Véronique par message direct, mais il n’y a pas eu de réponse. Je m’y attendais, elle devait être inondée de messages personnels. Et comme Véronique a ensuite mis le numéro de téléphone de ses parents sur sa page, j’ai essayé, mais ça ne répondait pas. C’était sans doute un faux numéro.

À la recherche d’information, j’ai montré les envois à mes enfants, pour voir s’ils connaissaient Véronique. Je suis de la Rive-Sud, comme Véronique, qui se dit de Saint-Hubert. Mais non, ils n’en avaient aucune idée.

Quelqu’un (c’est fascinant comme on peut avancer vite dans l’information quand plusieurs personnes agissent de concert) a trouvé un lien sur NetLog montrant que la fille pouvait avoir 19 ans, et non 16. Mais plusieurs informations ne collaient pas.

On m’a ensuite envoyé une information pertinente : il n’y a que deux écoles secondaires à Saint-Hubert, il était donc facile de trouver les coordonnées des services. Sur chaque site, il y a un lien menant à l’intervenant chargé de contrer l’intimidation. Ils ont donc reçu l’information concernant la page Facebook (2).

Après avoir hésité, j’ai donc décidé d’envoyer les informations sur l’intimidation à la SQ, via leur page Facebook, avec les informations nécessaires. Était-ce exagéré ? Je n’en ai aucune idée. Mais la SQ ne semble pas répondre en soirée. C’est néanmoins ce qu’a suggéré un certain nombre de personnes, dont des paramédics, habitués d’intervenir dans des situations de détresse.

Quelqu’un a proposé aussi la DPJ et les CLSC, mais bon, ils ne sont pas faciles à joindre à cette heure tardive.

Pendant ce temps, certains ont appelé directement la police, qui a pris la déposition d’au moins une personne — ce qui devait apparemment conduire à des actions au matin.

Puis, une troublante conversation entre «quelqu’un» et, apparemment, le «père» de Véronique est apparue sur Facebook, dans un compte nouvellement créé.

On comprend que le «père» était au courant, mais qu’il n’aurait plus le contrôle sur sa «fille» et que ce qu’il avait essayé ne fonctionnait pas. Plusieurs se sont demandé comment un tel enregistrement avait été réalisé, et pourquoi avoir maquillé les voix.

Une provocation ?

Quelques-uns de mes amis Facebook se sont alors interrogé quant à savoir si tout cela ne pouvait être une manière d’attirer l’attention, affirmant que le langage utilisé était assez courant dans le monde des ados. Même avec ce niveau de haine et d’agressivité ? J’en doutais.

Mais on a retrouvé rapidement la trace d’une vidéo remontant au 26 septembre (qui ne peut être partagée facilement), dans laquelle Véronique explique sa volonté de provoquer les gens pour démontrer et dénoncer l’intimidation sur le Web. C’était plus difficile de comprendre pourquoi elle avait continué depuis et était allée aussi loin.

J’ai reçu ensuite une autre information cruciale, qui tendait à confirmer la théorie de la manipulation : la fille et sa mère avaient été contactées et allaient mettre fin à «l’expérience» le mercredi 8 octobre, dans la journée.

Des réactions de haine réelle ou pas ?

Alors, est-ce que ces réactions de haine ne pourraient-elles pas, elles aussi, faire partie de l’expérience ? Un certain nombre de «haters» revenaient très souvent, comme s’ils visaient à stimuler les autres. Mais mon contact m’a affirmé que non :

«TOUS les commentaires sont réels… C’est incroyable à quel point les gens sont horribles. Je pense que demain, le message qu’elle va lancer aura plus d’impact que n’importe quelle autre campagne de sensibilisation sur l’intimidation. Là, on est dans le réel, et il y a des faits.»

Bon, je ne vous dirai pas qui est cette personne, qui m’a affirmé n’avoir eu d’abord rien à voir avec toute cette histoire ; vous l’apprendrez dans la journée de mercredi, sans doute. En mettant les morceaux du puzzle ensemble, j’en conclus qu’il est fort possible que la vidéo du 26 septembre de Véronique expliquait effectivement ses motifs et qu’en réalité, elle n’était pas à risque de passage à l’acte.

Je suis finalement allé me coucher bien après minuit en soirée, ayant été rassuré. Espérons que je ne me suis pas trompé. Mais de toute manière, je ne pouvais rien faire de plus.

Une démonstration convaincante

Si Véronique a eu pour objectif de dénoncer l’intimidation, alors sa démonstration est totalement convaincante : j’ai rarement lu un tel déferlement de haine sur les réseaux sociaux. Bien qu’elle eût mimé un comportement déviant, sexualisé et très inapproprié, je n’arrive pas à comprendre comment cela a pu susciter une agressivité aussi intense.

Ce que j’ai pu lire avec dégoût, mardi soir, n’a rien pour me rassurer sur l’humanité en général et sur l’utilisation des réseaux sociaux en particulier comme canal majeur d’intimidation. Peut-être Véronique aura-t-elle fait cette démonstration mieux que n’importe quelle étude savante ? Si c’est le cas, il nous faudra agir pour contrer ce problème grave — et ça presse !

Quant à l’enregistrement du «père», si le scénario se tient, il pourrait faire partie de la «mise en scène» de Véronique. Mon contact ne pouvait toutefois pas, mardi soir, expliquer l’existence de cet enregistrement. Il m’a aussi assuré n’avoir pas été l’initiateur de tout ce cirque, ayant également été berné par la page Facebook de Véronique et ayant agi pour prévenir d’autres dégâts.

Cela dit, j’espère que la démonstration n’aura pas de suite trop douloureuse pour Véronique. S’exposer moralement et physiquement à un tel degré et engendrer des réactions si violentes peut être risqué pour une adolescente. Elle est sans doute solide pour oser une telle provocation, mais j’espère que le poids ne sera pas trop lourd à porter.

Vivre avec ça

Il reste que c’est une mineure. Jusqu’à un certain point, je souhaite qu’elle n’ait pas été «utilisée», que tout cela soit sa (douteuse) initiative. Et surtout, qu’elle s’en sorte indemne.

Parce que ce n’est pas fini : ses explications finales ne modifieront peut-être pas tellement les perceptions monstrueuses créées autour de son expérience et de sa personne. J’ai réussi, jeudi matin, à contacter une de ses amies, qui semblait découragée. Sans me dire les intentions de Véronique, elle déplorait que dans tout cela, elle «ne se respectait pas». Dans ce cas, c’est un euphémisme.

Parce que rien ne dit que la communauté virtuelle acceptera aisément ses explications. Déjà, plusieurs mettent en doute l’honnêteté de sa vidéo «explicative» du 26 septembre — d’autant plus qu’elle a ensuite continué ses frasques. Ne voulait-elle pas simplement se justifier ? Est-ce encore le cas ?

Internet ouvre des frontières nouvelles, dont l’exploration n’est pas sans risque. Je souhaite de tout cœur que Véronique ait vraiment fait cela dans le but de dénoncer et d’améliorer les choses, et qu’elle s’en sorte bien.

Le cas échéant, j’espère qu’elle réussira au moins à entraîner une prise de conscience forte du problème, afin de nous pousser tous à agir dans la bonne direction : il faut vraiment s’attaquer à l’intimidation virtuelle.

Et Facebook devrait se poser de sérieuses questions sur sa tolérance au contenu explicite posté par des mineurs, au risque de dérapage et à la violence verbale que l’entreprise semble tolérer sans aucun problème, même après avoir été mise au fait du problème par plusieurs personnes.

Parce que je ne pense pas, contrairement à Facebook, que ce qui se passe sur la page de Véronique correspond aux «standards de la communauté». En fait, si le monde virtuel reflète le monde réel, de tels comportements seraient non seulement très inquiétants, mais aussi immédiatement réfrénés par tout le monde ayant un peu de jugement.

Est-ce qu’une spirale de haine menant jusqu’au suicide fait aussi partie des «standards» de la communauté de Facebook ? J’espère que non.

Tout ça est décourageant et n’a aucun sens. Mais bon, la leçon est aussi qu’on peut agir et qu’il y a des gens à l’écoute. La «communauté», dont les «standards» peuvent prêter flanc à la critique, est tout de même une vraie communauté, capable du pire, mais aussi prête à se mobiliser en cas de détresse. C’est déjà ça de pris.

 *

(1) J’avais d’abord mis le lien, mais j’ai décidé de la retirer, comme celui du message de Matthieu Bonin. Ça ne change pas grand-chose : vous retrouverez le tout facilement, mais il vaut mieux ne pas encourager les visites sur sa page, il me semble.

(2) Élément encourageant : l’école m’a contacté mercredi matin, dès 8h30. Visiblement, on y prend ces questions au sérieux.

(3) Ajout le 8 octobre 23h57: le site original a été fermé, ce qui est une bonne chose. D’après Matthieu Bonin, il y a eu intervention de la DPJ et de la SQ. Par contre, sur la nouvelle page, on dirait que la haine continue, malgré les explications de Véronique quant au fait qu’elle jouait un personnage. J’imagine que selon FB, cela fait encore partie des « standards de la communauté ».

(4) Ajout 9 octobre 0h00. J’aimerais clarifier certains termes utilisés dans ce texte. Quand j’ai qualifié le « comportement » de Véronique, je référais à des éléments plutôt sordides sur lesquels je ne souhaitais pas insister (comme des relations avec de multiples hommes adultes) et qu’on peut difficilement associer à une saine sexualité adolescente. Dans le même sens, le terme « inapproprié » doit être lu comme un terme plutôt clinique, souvent utilisé en médecine, visant à qualifier un agissement étrange qu’une situation de crise ou une détresse psychologique pourrait provoquer. Il ne s’agissait pas, ni dans un cas comme dans l’autre, d’un jugement moral appliqué aux actes allégués par la jeune fille, mais simplement d’une manière courante pour un médecin d’urgence de rendre compte de son impression clinique.

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, il enseigne l’administration de la santé et participe régulièrement à des recherches sur le système de santé. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @Vadeboncoeur_Al.

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27 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Bonjour M. Vadeboncoeur,
Tout d’abord, une question: Comment avez-vous recensé cette adresse Facebook? Il serait intéressant de connaître le contexte et la raison, s’il y en a une, de votre parcours. Pour revenir à votre intervention, nous vivons dans une société dite libérale ou tout ou presque est permis. Il est paradoxal que l’on fasse des campagnes nationales pour palier au suicide alors que certaines organisations semblent le ‘promouvoir’. Peut-être faudrait-il revoir nos soi-disants valeurs? En effet, si je consulte soit la télé ou les sites internets qui propose-t-on? La violence, la guerre, le meurtre, la fraude, la corruption et j’en passe. Alors, peut-on être surpris de l’effet sur non seulement les adultes mais surtout les ados? Comme dit le vieux proverbe: on récolte ce que l’on a semé. De plus, avec les médias sociaux il semble que cela ne soit qu’un jeu de faire de la vulgarité, de la violence et de l’intimidation. Personnellement, je ne consulte que très rarement des sites comme Facebook ou Twitter. Cependant, lorsque je le fais je suis sidéré par le faible niveau intellectuel et humain que j’y retrouve. J’en veux comme exemple la forme et surtout le fond des missives que l’on y retrouve. Les textes généralement proposés sont si pauvres et d’un orthographe si peu orthodoxe que seuls des initiés, pour ne pas dire des ignares, peuvent les déchiffrer.
Pour revenir à Facebook, y a-t-il encore un organisme, privé ou publique, qui assume ses responsabilités tant sociales qu’humanitaires? Certes pas lorsque l’argent est un des motifs vecteurs de son existence. On vous répondra par des foutaises comme: il faut vivre et laisser vivre ou encore par des ‘standards normaux’ de la communauté.
En terminant, je vous félicite pour votre intervention, peu importe que la problématique soit réelle ou provoquée, car elle démontre une dimension humaniste peu commune de votre part. Mais, peut-il en être autrement lorsque l’on s’appelle ‘VADEBONCOEUR' »

Bonjour, oui il y a un organisme qui le fait avant tout pour aider les jeunes et les parents: Centre Cyber-aide.com

Pour répondre à votre première question: par hasard, en tombant sur le texte de Matthieu Bonin.

Je n’ai rien à redire, mais ceci à ajouter : le Figaro dit que Londres envisage de réserver une voiture de métro aux femmes, pour les protéger des incivilités. J’ai pu constater qu’il y a de tels comportements à Paris, et un vidéogramme a été produit à Bruxelles pour les dénoncer là.

Certains y voient l’influence de l’immigration en provenance ce pays où la femme est considéré comme un gibier. C’est possible. Mais j’y vois, peut-être surtout, notre échec à éduquer nos enfants, d’où qu’ils viennent. La courtoisie, le respect, sont des notions révolues. La brutalité, verbale au moins, est acceptée comme normale, la rudesse quotidienne. Je trouve cela très préoccupant, inquiétant même.

J’aime bien qu’il reste encore quelques personnes pour s’en offusquer.

Je vous félicite pour votre intervention. J’utilise Facebook surtout pour rejoindre la famille et les amis(ies) car plusieurs demeurent loin ou sont à l’étranger. Je suis également sidérée par la violence et le vocabulaire utilisés par les gens et je me permets parfois de les rappeler à l’ordre. Mais j’ai des questionnements sur les valeurs de groupes de jeunes, leur vision de l’avenir et j’en passe. Ce que j’ai heureusement constaté c’est que ces jeunes après avoir utilisé la violence dans leur vocabulaire, leurs échanges eh bien ils évoluent généralement dans la mi-vingtaine. D’autre font malheureusement du sur place. Il ne faut pas désespéré….Ils ou elles sont le reflet actuel de notre société axée surtout sur la consommation et les apparence mais il existe aussi une certaine forme de solidarité virtuelle.

Oui, on dirait bien que souvent, les mots et le vocabulaire dépassent de beaucoup les gestes et les intentions. Heureusement!

la video soit disant agressante, elle est heureuse quelle a été faite, car cest son chum qui la faite.
elle est en accord avec cet video.
alors aucune intimidation na été faite

Merci pour l’information. Va pour la vidéo. Est-ce que les centaines de commentaires agressifs étaient également écrits en accord avec la personne? Si oui, toute cette histoire n’a aucun sens. Par ailleurs, tout le long de la soirée, il était difficile de savoir ce qui était arrangé et ce qui ne l’était pas.

Elle a refait un video pour dire que c’etait ce qu’elle voulait ; provoquer le monde que c’etait seulement un personnage

Quelques commentaires en vrac: Je n’ai pas vu la page en question mais en voyant les commentaires, je ne suis pas surpris. Le terme « haters » a été inventé pour caractériser ce genre de comportement commun avec les ados. Pourquoi? Difficile à expliquer. J’ai vu plusieurs fois cette haine inutile déversée sur les photos de jeunes filles qui font un peu trop osé. L’aberration de la chose est que ces « haters » suivent assiduement la page de ces jeunes filles malgré tout au lieu de l’ignorer puisqu’elle est si épouvantable. Pourquoi Facebook ne réagit pas? Parce que leur système de censure est fait dans des pays étrangers par des gens qui ne comprennent probablement pas la langue de toute façon. Ils censurent les images facilement mais le texte, c’est très rare. Une des raisons pour laquelle les ados peuvent s’en tirer avec des commentaires aussi épouvantables sans que leurs parents réagissent est que les parents sont souvent techniquement inférieurs à leurs enfants et que ceux-ci sont en mesure de cacher ces agissements des yeux de leurs parents. Félicitations pour votre implication, c’est extrèmement rare de nos jours alors ca vaut la peine de le souligner.

Bravo Alain. Comme d’habitude, tu fais un travail remarquable et tu poses les bonnes questions. Tes interventions sont louables.

C’est un autre exemple malheureux du « cirque » des médias sociaux qui attirent, comme au temps des romains, les défoulements d’agressivité de cette génération en manque d’attention et d’affection, qui rejette tout au autour d’elle, protégée par un rempart d’anonymité. S’afficher dans un video sur FB ou YT, écrire un commentaire sur Twitter, mettre un cliché sur Instagram, c’est jouer à la roulette russe avec la horde de suiveux (followers) qui scrutent constamment ces réseaux pour s’échapper de la tristesse de leur propre vie en s’accrochant à celle d’un autre pour l’envier ou le décrier. Sous les faisceaux des médias, ces gladiateurs des temps modernes se retrouvent, souvent à corps défendant, à devoir se battre dans ces nouvelles arènes modernes en attente du verdict final d’une foule déchainée (thumbs up, thumbs down). Ne soyez alors pas étonné que le propriétaire du colisée ne réagisse pas aux effusions de sang, car c’est cela qui attire les foules dans son établissement, c’est pour cela qu’ils viennent… pour assister au spectacle.

Tout ça deviens n’importe quoi ! Il y a selon moi diverse raison qui pousse les gens a agir ainsi , n’oublions pas qu’en partant il y a l’offre et la demande ! Je veux dire plus le temps avance plus l’humain se complaît dans la décadence de la musique ,a la t.v et maintenant derrière nos pc ou il est facile de tomber dans l’utopie de gloire éphémère sans grâce ni sacrifice ,, la drogue ,la musique la t.l et aussi les parent sont a blâmé ,les réseau sociaux loin d’être innocent même complice et a l’opposé extrême, des justicié haineux ,rageux qui ont pas froid aux yeux ,un jour y en un qui vas juste peter les plomb ,, G.R un belle exemple de se shéma obscur qui se dessine sur une toile virtuel !

Bonsoir,

Je ne suis pas convaincu qu’il s’agissait d’une expérience d’ingéniérie sociale. Une telle excuse est utile selon la loi pour éviter des poursuites criminelles sous le chef de corruption des moeurs, car il y a une defense de bien public à ce chef. De plus, s’il s’agissait d’une dénonciation ou d’une expérience, pourquoi l’avoir fait sous son vrai nom alors que ses photos osées et dégradantes resteront sur Internet et seront associées à jamais à son nom? Dénoncer la cyber-intimidation ou faire passer un message sur le risque que l’on encoure en se mettant à moitié nue sur les réseaux sociaux implique que l’on soit au courant à priori des conséquences entourant un tel geste…pourquoi alors se l’infliger sous son vrai nom alors que ses photos et vidéos peuvent être prises totalement hors-contexte? C’est irréfléchi au mieux et teinte sa demarche en lui faisant subir les soubresauts de l’action qu’elle dénonce elle-même, et contradictoire, donc faux, dans le pire des cas.

Je crois en effet qu’il s’agissait d’un rôle, mais le but est ô combien plus simple : attirer l’attention simplement pour l’obtenir via des « likes » et des « followers », et non pour éduquer. Il s’agissait simplement de l’histoire d’une ado influençable qui voit le monde dans lequel nous vivons et qui a décidé d’imiter ce que les célébrités font, et de se conformer aux attentes d’une société nouvellement hyper-sexualisée et objectifiée afin d’être « populaire » à tout prix. S’était fait prendre à commettre un acte illégal, les policiers lui ont probablement conseillé d’enregistrer cette nouvelle vidéo explicative pour lui faire profiter de ce moyen de défense. Après tout, qui veut faire passer à travers le système de justice une adolescente qui a fait une erreur de jugement ou qui, pire encoure, est aux prises avec un trouble de personnalité quelconque?

Néanmoins, je lui souhaite bonne chance pour la suite, et j’espère qu’elle trouvera l’aide dont elle a besoin. Il ne me semble pas que ce comportement soit sain.

Par ailleurs, 100% d’accord avec vous sur la méchanceté des gens. Rôle éducatif ou dans le but d’attirer l’attention, ça ne change pas que cette haine était bien réelle et dégoûtante. Facebook est un terreau fertile pour étudier le phénomène de la psychologie de groupe, le même qui, aux États-Unis, cause des personnes autrement respectables à piétiner de pauvres gens ayant perdu pied lors des ventes du Black Friday et ce, sans remords immédiat. Il ne suffit que d’un chef et d’une couple de larbins pour lancer les gens dans une frénésie immonde où tous sont capables du pire. Il est probable que les gens ayant participé à ce cirque d’horreur cherchaient également à attirer l’attention vers eux-mêmes. C’est dommage qu’il soit considéré « correct » d’agir de la sorte.

Je n’y ai pas personnellement participé, mais comme vous, j’ai observé (mais étant jeune, avec le bénéfice de pouvoir comprendre ce semi-langage plein d’abbréviations et de fautes qu’est « l’ado » 🙂 ). J’ai constaté que l’on ferait bien de remettre sur pied des valeurs que l’on a envoyé valser d’un coup de pied au derrière pour le benéfice d’un nouvel ordre social soi-disant plus moderne sans trop tenir compte des conséquences. Je vais dire le mot qui fait peur : des valeurs judéo-chrétiennes telles que l’humilité, le respect de soi et des autres, l’amour de son prochain, la solidarité fraternelle entre tous, etc. Je ne dis pas que l’on devrait retourner dans le « bon vieux temps » pré-Révolution tranquille, mais en sortant l’Église de nos vies, peut-être aurions-nous dû faire un effort pour conserver la base du message qu’elle véhiculait, même d’une façon parfois floue ou inexacte. En résumé, garder les valeurs, mais chasser l’organisation. Il me semble que ç’aurait été un bon compromis.

Les jeunes d’aujourd’hui sont aux prises avec une interminable recherche d’eux-mêmes et une vénération malsaine de la celébrité par tous les moyens. Lorsqu’on ne connait pas son identité, il est facile d’en emprunter une autre plus populaire, plus désirable, plus conforme aux attentes des autres. Je n’ai pas besoin de dire que cette méthode est malsaine, d’autant plus que ces attentes sont généralement tout aussi malsaines.

Merci pour le commentaire. Je suis bien d’accord avec la majorité des points que vous exprimez très bien ici.

Cet outil existe et permet de dénoncer l’exploitation sexuelle de mineurs sur internet, autant par autrui que par eux-mêmes.
Tout signalement mène à une enquête de la part de la GRC, qui vérifie, entre autre, dans quel environnement le mineur évolue.
Ça me semble une ressource intéressante/aidante pour ce genre de cas (quand on ne sait pas encore que c’est un coup monté… et encore là).
https://www.cyberaide.ca/

« If you have an issue with something on someone’s timeline or profile, be sure to report the content, not the entire timeline or profile »
Je crois que le message est clair ici.
Facebook n’examine probablement pas chaque commentaire, vidéo ou message. Il examine probablement si le profile est légitime et appartient bel et bien à la personne et si tout semble généralement correct. Ils ont probablement des millions de cas et doivent probablement avoir des critères fixes pour régler ce genre de situation. Si un vidéo ou une photo ou même un commentaire est dénoncé, dans ce cas, il y a plus de chances qu’ils aperçoivent ce qui ne va pas.

De plus, je doute qu’il y ait une quantité énorme de ‘staff’ qui puisse gérer les profiles d’autres langues que l’anglais. Bien que je comprends que Facebook devrait avoir une part de responsabilité envers son contenu, je crois qu’on sous-estime la difficulté de traiter de ce genre de situation pour un site aussi achalandé. Des célébrités ont des millions de followers avec probablement des dizaines de milliers de soumission de spam sur les commentaires ou de dénonciation de profile à cause de cyber-débat qui tourne mal, dénonciations de profile dû purement a de la haine. L’hypersexualisation est quasi normale chez les adolescents, pensez à toutes ces célébrités de Disney qui s’habillent de façon osée ou même à Miley Cyrus dont certaines vidéos ou photos explicites de ses tournées circulent sur Facebook.

Ces situations doivent principalement être gérer de façon locale selon moi. On devrait arrêter de mettre la responsabilité sur les autres et simplement tout faire pour faire ce que l’on croit être le mieux, parce que je crois que dans la société où nous vivons aujourd’hui, les valeurs sont de plus en plus relatives et le mieux qu’on puisse faire c’est d’agir en fonction des nôtres, comme vous l’avez si bien fait!

Vous avez probablement raison. Reste que la page a été l’objet d’un très grand nombre de tentatives de fermeture. Ça devrait sonner des cloches.

Au-delà de toute cette violence qui a pris une forme « verbale-écrite » incontrôlable, il y a à la base le véhicule pour transmettre cette violence. En face à face, on connaît déjà…, il y a des témoins, on sait qui dit quoi. Mais via un média qui permet l’incognito, la simulation (ce qu’on vient de voir), la fiction même, il y a lieu de se questionner sur ce média en premier lieu.

L’équipe FB qui doit filtrer les propos de ses abonnés, vient-elle du Qc? De France? Des USA? Comprennent-ils vraiment ce qui est écrit, les acronymes et abréviations? Comment filtrer les tonnes de messages qui défilent à une vitesse grand V? C’est cette industrie qu’il faudrait réglementer en premier, obliger des paiements minimaux des abonnés, savoir qui dit quoi, qui est membre, etc…

Sans plateforme gratuite et impersonnelle pour se cacher, les harceleurs y penseront deux fois avant d’appuyer sur « Send »…

Vous avez bien raison. Mais si c’est le cas, il faudrait aussi mettre en place des mécanismes pour prévenir ce genre de situations. Facebook en a sûrement les moyens. Mais le souhaite-t-il?

«Les signalements comme le vôtre sont une partie importante pour faire de Facebook un environnement sûr et accueillant. (….) pas contraire aux standards de la communauté.»

Que de propos lénifiants mais insignifiants de la part de FB. Heureusement qu’il ne s’agit que d’une communauté virtuelle, une sorte d’ersatz de vie en société pour individus en manque de je ne sais trop quoi.

En effet, qui diable pourrait bien avoir le goût de vivre dans une communauté réelle au sein de laquelle on accepterait pareils comportements? Chose certaine, à ma belle époque de l’adolescence, le premier qui aurait le culot de m’éructer en face à face ne serait-ce que la moitié du quart de ce qui a été proféré sur ce site aurait perdu le goût et la capacité de le faire pour un bon bout de temps.

Aujourd’hui, un nombre considérable de «pas de vie» peuvent s’adonner à un «sport» aussi douteux qu’inutile mais extrêmement rentable pour les inventeurs et les gestionnaires de tous ces médias dits «sociaux» dont une caractéristique importante, voire essentielle, est justement d’être du genre «asocial».

Si au moins ils savaient écrire «comme du monde». Vu le manque d’éthique du propos, il est probablement normal que la qualité de l’écriture soit à l’avenant confirmant ainsi ce qu’en disait Joseph de Maistre:

«Toute dégradation individuelle est, sur le champ, annoncée par une dégradation rigoureusement proportionnelle dans le langage».

Sur une page Facebook de type «Spotted», un jeune avait publié un commentaire sur une enseignante de son école, qui lui avait fait échouer un examen. Il nommait l’enseignante en question et disait qu’elle méritait de se faire violer, mais qu’elle était tellement laide que jamais personne ne l’approcherait avec un bâton (vous comprendrez que je reprends une formule plus civilisée pour ce que j’ai lu!). Plein d’autres jeunes ont commenté dans la même veine, faisant des menaces et insultant l’enseignante. J’avais signalé ce commentaire à l’administrateur de la page, qui m’a plus ou moins envoyée me faire foutre, et je l’ai ensuite signalé à Facebook directement, qui m’a répondu le même genre de chose qu’à vous. Autrement dit, Facebook cautionne les menaces, l’intimidation et autres violences écrites…

Oui. Dans une perpective large, c’est ce qui est le plus inquiétant. J’imagine qu’il pourrait arriver un jour que FB soit poursuivi pour négligence criminelle, pourquoi pas?