Vieux pères, vieux fils ?

Les enfants conçus par un père plus âgé que la moyenne ont des chances de vivre plus vieux, selon une étude portant sur la longueur de leurs télomères, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (version intégrale en pdf ici) par trois chercheurs américains.

Dan Einsenberg, étudiant en anthropologie à l’université Northwestern, et ses collègues ont récupéré des échantillons de sang prélevés chez 1779 jeunes originaires des Philippines, suivis dans le cadre d’une étude longitudinale sur la santé.

Ils ont mesuré la longueur des télomères dans leurs cellules sanguines. Ces fragments d’ADN présents à l’extrémité des chromosomes ont tendance à raccourcir avec l’âge. Leur longueur initiale est un indicateur de longévité, puisqu’il faut plus longtemps pour que le raccourcissement des télomères, provoqué par exemple par un cancer, produise un effet délétère.

Les chercheurs ont aussi colligé des informations sur l’âge des parents à la conception des jeunes, âgés de 20 à 23 ans au moment des prélèvements sanguins, et celui des grands-parents à la conception des parents.

Ils ont constaté que plus les pères étaient âgés à la naissance de leur enfant, et plus les grands-pères étaient âgés à la naissance des pères, plus les enfants avaient de longs télomères et donc des chances de vivre vieux.

Les chercheurs ne conseillent pas pour autant de retarder l’âge de la conception.

Pour les mères, cela n’aurait aucun effet sur les télomères des enfants. C’est par contre un très bon moyen d’accroître les problèmes de fausses couches, l’incidence de nombreuses maladies génétiques et les grossesses à risque.

Pour les pères, la conception à un âge avancé augmente aussi le risque de divers problèmes de santé.

Les télomères plus longs pourraient en outre protéger les enfants contre seulement certains types de problèmes causés par le raccourcissement des télomères, mais pas tous, et notamment pas ceux des neurones ou des cellules cardiaques.

Ajoutons enfin qu’il y a encore assez peu d’études sur ce sujet, que les chercheurs ont observé une corrélation et non un lien de cause à effet, que cette corrélation elle-même n’est pas très forte et qu’on ne précise pas si le statut socioéconomique des participants à l’étude a été pris en compte. Ce serait pourtant important, puisque certaines études ont déjà démontré qu’un statut socioéconomique plus favorable pourrait être associé à des télomères raccourcissant moins vite, et qu’il diminue également le risque de nombreuses maladies.

En attendant, si vous êtes de ces pères qui, en sortie avec leurs enfants, se font parfois dire qu’ils sont de gentils grands-pères, vous pouvez toujours répliquer avec cette étude…

Bonne fête des pères !

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