Voulez-vous du saumon transgénique ?

La Food and Drug Administration décidera fin septembre si elle autorise la commercialisation aux États-Unis du saumon transgénique Aquadvantage de la compagnie AquaBounty, de Boston, qui possède aussi des installations à Terre-Neuve et sur l’Île-du-Prince-Édouard.

S’il est accepté, ce poisson, qui grossit deux fois plus vite que le saumon de l’Atlantique ordinaire sans pour autant devenir plus gros, deviendrait le premier animal transgénique au monde destiné à la consommation humaine.

Selon le spécialiste Eric Hallerman de l’Université Virginia Tech interrogé par le magazine Technology Review à ce sujet, la décision rendue par la FDA va influencer la manière dont les animaux transgéniques seront éventuellement approuvés et réglementés partout dans le monde.

Ce saumon de l’Atlantique transgénique a été mis au point au début des années 1990. Dans son génome, les chercheurs d’AquaBounty ont inséré le gène codant pour l’hormone de croissance du saumon royal du Pacifique (Oncorhynchus tshawytscha, aussi appelé saumon Chinook).

Ils y ont aussi placé un petit morceau de l’ADN d’une troisième espèce de poisson, qui permet de contrôler la quantité d’hormone de croissance sécrétée par le saumon.

«Dopé» par le gène de son cousin du Pacifique, le saumon Aquadvantage grossit plus vite dans sa première année de vie que les autres saumons de l’Atlantique, qui produisent aussi de l’hormone de croissance, mais en moindre quantité.

Selon le rapport préliminaire (pdf en anglais) publié la semaine dernière par la FDA, le saumon Aquadvantage semble aussi sécuritaire à consommer que le saumon ordinaire, et il ne représenterait pas un risque significatif pour l’environnement.

Il a donc de bonnes chances d’être autorisé.

Dans les dernières années, les écologistes et certains scientifiques se sont inquiétés des risques pour l’environnement  engendrés par des poissons transgéniques qui s’échapperaient des élevages et risquent de transférer leurs gènes mutants s’ils se reproduisent avec des poissons sauvages.

AquaBounty affirme que ce risque est sous contrôle. D’une part  les saumons transgéniques (toutes des femelles) sont stériles, d’autre part ils sont élevés non pas en pleine mer, mais dans de grands bassins à l’intérieur des terres.

Le protocole d’élevage que la FDA pourrait approuver est le suivant (vous allez voir, c’est surprenant!):

Les oeufs contenant les embryons seront produits à l’Île-du-Prince-Édouard, puis envoyés par bateau jusqu’au Panama où ils seront élevés dans des bassins en circuit fermé, dans les montagnes du pays. Les poissons sont ensuite préparés au Panama puis expédiés par bateau jusqu’aux États-Unis où ils seront vendus aux consommateurs.

On est loin du saumon sauvage voyageant entre la mer et sa rivière natale!

Côté sécurité alimentaire, la FDA conclut que la modification génétique n’a pas d’effet sur la composition du poisson. Le saumon transgénique est, selon ses critères, aussi sûr que le saumon d’élevage ordinaire. Il ne représente notamment pas un risque d’allergie accru, puisque la modification génétique n’implique pas la production d’une protéine nouvelle.

La FDA doit aussi décider si le saumon doit être étiqueté comme transgénique ou non, ce qui influencera probablement beaucoup les ventes éventuelles

Selon Ruth Salmon (!), directrice exécutive de l’Alliance de l’industrie canadienne de l’aquaculture citée par Technology Review, l’industrie est majoritairement contre la commercialisation du saumon transgénique pour l’instant.

Mais si les producteurs se voient offrir d’élever une espèce qui grossit deux fois plus vite et qu’ils n’ont pas besoin de l’étiqueter comme transgénique, je doute qu’ils lui tournent le dos longtemps!

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Bonne nouvelle! Je n’ai vraiment aucun problèmes à manger du saumon OGM et j’imagine que c’est un pas pour protéger les saumons dans la nature.

Si seulement on pourrait faire pareil pour le thon rouge héhé.

ils feront grossir plus vite leurs saumons qui a leur tour, nous font grossir encore plus vite. Les gens oublient que nous sommes ce que nous mangeons. Ca va gouter comme les fraises grosse comme des pommes qu’on essaient de nous vendre en provenance des états-unis ou le saumon qu’on importe du chili, qui n’est pas affiché comme tel dans nos super marché et qui goute le carton. Nos n’aurons finalement pas le choix d’en manger car ils auront inventé un virus pour contaminer les saumons d’élevage et ils passeront une lois interdisant la consommation de saumon sauvage parcequ’ils le diront, contaminé par les déversements de pétrole dans l’océan.

Ce saumon a été testé lors d’une émission (en France) par des chefs renommés. Ils ont été unanimes : côté goût, ce saumon est infect. Beaucoup de gras et peu de chair. Aucun intérêt.

Ce qui est le plus inquiétant c’est que ce « Frankensaumon » semble avoir été « créé » plutôt pour nourrir les intérêts économiques que les humains. C’est plutôt indigeste lorsque l’environnement et l’humain passent au second rang.

Comment peut-on imaginer que l’on fasse grossir des saumons deux fois plus vite, pour notre bien !
Quand on a toujours mangé du bon saumon, jusqu’à il y a quelques années, et qu’aujourd’hui non seulement il ne goute plus rien, mais déstabilise notre organisme, comment peut-on se contenter de quelques explications rassurantes de la part de ceux qui en font commerce ?
Nous n’en mangeons plus et nous le déplorons !
Et dire que toute la pub, télévisée surtout, est basée sur la bonne alimentation !