Vous somnolez le jour? C’est peut-être dû à l’apnée du sommeil…

L’apnée du sommeil est un mal sournois, souvent insoupçonné, qui peut causer bien des dommages et même abréger vos jours! Voici de quoi il retourne et comment la traiter.

(Photo: iStockphoto)
(Photo: iStockphoto)

Par une belle soirée d’été, tandis que l’oncle Gaston s’endort lentement sur sa chaise près du feu qui crépite, la famille discute autour, de tout et de rien. L’air venant du lac est bon, les moustiques ont apparemment fait la grève ce soir et une musique douce provient du chalet.

Soudain, un grognement effroyable saisit tout le monde! On se retourne pour apercevoir la bête que personne n’a vue venir, mais on ne voit rien surgir de l’ombre.

Votre oncle ouvre alors vaguement les yeux, respire profondément, puis retombe endormi, toujours assis, la tête renversée en arrière. C’était donc lui, le grognement. Tante Hélène, gênée, murmure: «Excusez-le, il ronfle un peu. Et il fait de l’apnée du sommeil, aussi. On a découvert ça l’an dernier.»

Tandis que les conversations reprennent, vous observez votre oncle, qui s’enfonce dans les profondeurs du rêve. Il respire plus calmement et a l’air tout à fait détendu, comme si rien ne s’était passé.

À un moment donné, toutefois, vous remarquez que les mouvements respiratoires semblent plus laborieux. Vous portez plus attention, en vous déplaçant vers lui avec inquiétude.

Aucun doute, il dort toujours, son thorax monte et descend, mais l’air bloque! Rien ne passe! On dirait qu’il bute contre un obstacle dans l’arrière-gorge.

«Gaston s’est étouffé!»

Votre cri perce la nuit! Tout le monde se lève d’un coup et s’approche. Votre oncle dort toujours profondément, les mouvements de son thorax sont de plus en plus intenses, il est peut-être dans le coma!

«Tassez-vous, je vais lui faire un Hemlich!»

Affolé, vous vous placez derrière lui, ce qui n’est pas commode vu sa corpulence, et tandis que vous peinez à joindre vos mains à l’avant de son estomac… le même rugissement incroyable, siphon d’air englouti dans la panse, s’élève de sa bouche grande ouverte! Le monstre va même parler.

«Qu’est-ce qui…»

Votre oncle tourne un peu la tête, vous fixe d’un regard absent.

«C’est toi que… Qu’est-ce que tu fais là?
– Tu ne respirais plus et…
– Ben voyons. Qu’est-ce que vous avez, tout le monde?»

Gaston observe d’un air éberlué ceux qui l’entourent. Hélène s’approche de lui.

«Viens, Gaston, on va aller se coucher. Faites-vous-en pas, il fait juste un peu d’apnée du sommeil. On va te mettre ton appareil. Bonne nuit, tout le monde.
– Bonne nuit.»

Et vous regardez s’éloigner la frêle Hélène et l’énorme Gaston, qui titube un peu dans la nuit.


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Les causes de l’apnée

L’apnée obstructive du sommeil (aussi appelée syndrome d’apnée-hypopnée obstructive du sommeil) dont souffre votre oncle Gaston est une maladie respiratoire sérieuse qui interrompt fréquemment le repos, entraîne une fatigue importante et cause une foule de problèmes de santé.

Elle touche au moins une personne sur 20, les hommes davantage que les femmes. En plus d’avoir le don d’inquiéter beaucoup les proches, notamment les conjoints, qui partagent ces nuits agitées.

La maladie porte bien son nom, puisque «apnée» signifie «suspension volontaire ou non, plus ou moins prolongée, de la respiration» (source: Antidote). Dans ce cas, la suspension de la respiration n’est évidemment pas volontaire, alors que le mécanisme le plus fréquent est une vraie obstruction, qui bloque temporairement le passage de l’air vers les poumons.

On remarque chez les patients en observation de véritables arrêts respiratoires, variables en fréquence et en durée et survenant exclusivement pendant le sommeil. Des pauses de 10 à 30 secondes, parfois plus. Les personnes peuvent les vivre des dizaines ou même des centaines de fois chaque nuit. Le tout s’accompagne souvent d’une baisse de l’oxygène, mesurée par un capteur (saturomètre) placé au bout du doigt.

L’apnée du sommeil comporte un certain nombre de facteurs de risque, notamment le surpoids, comme chez l’oncle Gaston. Un cou large (plus de 17 pouces de circonférence chez l’homme; plus de 16 chez la femme) semble aussi prédisposer à cette maladie. Tout comme la présence de celle-ci dans la famille.

Ceux qui fument, boivent régulièrement de l’alcool ou prennent des médicaments favorisant la somnolence sont plus exposés. Les plus de 40 ans de même que les ronfleurs forment par ailleurs une cible de prédilection. Enfin, les allergies respiratoires constituent également un facteur de risque.

De multiples problèmes de santé affectent ceux qui souffrent de l’apnée du sommeil. D’abord, les malades non traités doivent lutter contre la somnolence de jour, ils ont sept fois plus de risques d’accident de la route ou de travail, sans parler des troubles de concentration.

Mais c’est aussi et surtout un facteur de risque reconnu pour l’hypertension, le syndrome métabolique, la dépression et même les crises cardiaques. L’apnée du sommeil réduit donc l’espérance de vie. Dans les cas les plus sévères, on parle de plusieurs années en moins. Ce n’est pas rien!


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Diagnostic et traitement

Si la majorité des personnes qui en souffrent ne sont pas au courant de leur état, elles peuvent déjà avoir des doutes si elles présentent des facteurs de risque, ronflent abondamment, si le conjoint observe des pauses respiratoires ou que la somnolence gâche les journées.

On peut d’ailleurs en évaluer l’intensité sur l’échelle suivante, proposée par l’Association pulmonaire du Québec:

 

Test d'évaluation de la somnolence diurne. Source: Association pulmonaire du Québec. https://www.pq.poumon.ca/diseases-maladies/apnea-apnee/
Test d’évaluation de la somnolence diurne.
(Source: Association pulmonaire du Québec.)

Le diagnostic s’effectue, sur prescription médicale, en laboratoire de sommeil ou plus simplement à domicile, avec un appareil appelé polysomnographe, qui mesure votre respiration ainsi que vos paramètres vitaux.

Cet appareil prend en compte plusieurs paramètres biologiques, dont la respiration, le pouls et les mouvements, de même que la quantité d’oxygène dans le sang, ce qui permet de dresser un tableau complet de l’incidence d’éventuelles pauses respiratoires sur les paramètres vitaux. Cette échelle classifie la gravité de l’apnée du sommeil:

  • Légère: 5 à 15 anomalies respiratoires/heure
  • Modérée: 15 à 30 anomalies respiratoires/heure
  • Sévère: + de 30 anomalies respiratoires/heure

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En ce qui concerne les traitements, une perte de poids pourrait aider, de même que des habitudes favorisant le sommeil, par exemple travailler selon un horaire régulier. Faire de l’exercice, éviter le tabac et réduire sa consommation d’alcool sont toutes de bonnes idées. Dormir sur le côté peut également améliorer le sommeil et ainsi diminuer la sévérité de l’apnée.

Du point de vue technique, l’appareil d’avancement mandibulaire peut aussi aider certaines personnes souffrant d’apnée: la langue étant attachée à la mandibule, cet avancement permet d’éviter une obstruction.

Une opération sera requise dans de rares cas pour lever certains obstacles sur le passage de l’air.

Mais le meilleur traitement, c’est l’appareil de ventilation à pression positive continue (mieux connu sous le nom de CPAP), indiqué pour l’apnée obstructive importante. Le principe est de maintenir constamment cette pression, qui agit en ouvrant les voies respiratoires, ce qui empêche le blocage de l’air par les parois.

Source: Site de l'Association pulmonaire du Québec. https://www.pq.poumon.ca/diseases-maladies/apnea-apnee/
Masque de CPAP. (Source: Site de l’Association pulmonaire du Québec.)

L’adaptation (au port du masque nasal, à la position de sommeil, au bruit) est parfois longue, souvent de quatre à six semaines, mais l’appareil améliore ensuite tellement la qualité de vie que les «apnéistes» ne peuvent plus s’en passer.

Comme l’oncle Gaston, qui a recommencé à aller pêcher et à faire de la marche rapide depuis qu’il porte le CPAP la nuit.

Soyez donc vigilants!

Et pour en savoir plus, je vous recommande l’excellent site de l’Association pulmonaire du Québec, en particulier la section touchant l’apnée du sommeil.

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J’ai eu le diagnostique d’apnée du sommeil suite aux observations de ma conjointe. Ce qui est à mon avis le plus difficile est de s’habituer à respirer dans le masque alors qu’auparavant la respiration allait librement. Ce fut bien des nuits à ne pas bien dormir juste pour s’habituer à ce type de support. Ceci fait près de 3 mois et je ne suis toujours pas capable d’utiliser le CPAP de façon régulière. Et ceci inquiète beaucoup ma conjointe, surtout pour le cût de l’acquisition de ce type de machine. J’espère bien qu’après un autre rendez vous avec notre spécialiste du CPAP que nous allons trouvez une piste de solution et ce à long termes.Bonne chance à ceux qui l’utilise comme moi. Si quelqu’un à des trucs , dites moi le

Ça fait plus de cinq ans que j’utilise un CPAP, j’étais toujours fatiguée et somnolente le jour. Avec le CPAP ça a pris à peine une semaine à m’adapter tant les bénéfices dépassaient les inconvénients. N’hésitez pas à voir votre inhalothérapeute qui pourra sûrement vous aider à trouver une solution. Bon courage, persévérez et tout comme moi vous ne pourrez plus vous en passer.

Bonjour,

J’ai 34 ans, et jai eu le diagnostique d’apnée du sommeil en 2013. J’arrêtais de respirer 70 fois par heures, ce qui est énorme.
Pour répondre à François Vaillancourt, le premier mois pour dormir avec la machine fût TERRIBLE, voire impossible. je me couchais avec le CPAP et je me réveillais sans mon masque. Je l’enlevais tout seul inconsciemment. Un jour je me suis dit; TU DOIS Rester avec le masque toute la nuit. Bref. depuis ce temps, je ne peux pas dormir sans mon masque. Il y a 2 mois, il y a eu une panne d’électricité et je n’ai pas pu dormir sans mon CPAP. On doit faire ré-évaluer le CPAP au moins une fois pas année pour voir si tout est correct. Je vous suggère de voir avec l’endroit de l’achat du CPAP.

Merci,

MAB

Vous pouvez acheter votre cpap directement sur internet aux USA à souvent 50% du prix de ce qu’une clinique spécialisée vous vendra au Quebec. mon assureur a remboursé en autant que vous avez la prescription et la pression que vous avez besoin. On peut programmer ces appareils. Il y a un raquet de contrôle de prix dans ce domaine la.
Apres plus de 5 ans avec le cpap, mon problème est que les nuits oû je n’avais pas le cpap soit parce que je ai oublié de l’amener ou que je n’avais pas accès à l’électricité, je n’arrive pas à dormir profondément. Maintenant ma crainte est que les poumons deviennent plus paresseux car il n’y a pas besoin d’effort pour aller chercher l’air ou un phénomène du genre… mais il n’y a pas de littérature sur ce sujet…

J’ai un peu rit, car je m’appelle Gaston et je crois que je fais de l’apnée du sommeil, mais je ne suis pas un oncle.

Je me réveil parfois en position fœtal tout crispé et incapable de respirer (souvent en panique), je crois que c’est de l’apnée du sommeil.

Une question, vous écrivez que le diagnostic s’effectue, sur prescription médicale, est-ce que n’importe quel médecin peut prescrire ce test (MD de famille, en clinique sans rendez-vous, au CLSC) ou si l’on doit prendre rendez-vous dans une clinique du sommeil?