«Wake up», doc !

Il ne suffit pas d’avoir un médecin de famille : encore faut-il pouvoir le consulter quand on en a besoin ! La question, qui n’est pas nouvelle, se pose encore aujourd’hui : quelles solutions faut-il alors envisager pour régler ce problème criant ? L’analyse du Dr Alain Vadeboncœur.

186763923-young-doctor-with-toddler-patient-gettyimages
Photo : Getty Images

Je reçois ce matin le message Facebook d’une jeune amie. Elle est inquiète pour les rougeurs de son petit garçon, apparues depuis hier, et me demande si je connais un médecin qui pourrait évaluer la situation, parce que ça progresse et qu’elle est inquiète.
Sante_et_science

Pourtant, il me semble qu’un médecin voit déjà son fils, non ? Oui, mais il n’est pas disponible avant mercredi (dans cinq jours). Et à la clinique où son fils est suivi, n’y a-t-il pas de médecin, ayant accès au dossier, pour l’évaluer ? Non, la clinique est «complète». Impossible d’obtenir un rendez-vous. C’est embêtant.

En fait, c’est plus qu’embêtant. C’est un peu décourageant. Et de telles situations, vous le savez mieux que moi, sont vécues tous les jours par un grand nombre de Québécois.

Nous avons des problèmes d’accès, surtout concentrés en première ligne. Beaucoup plus qu’en spécialité d’ailleurs, où nos délais sont inférieurs à ceux de la moyenne canadienne.

Les difficultés d’accès à la première ligne

On va le dire comme c’est : nous sommes parmi les champions de la difficulté d’accès au médecin de famille — ou, de manière plus générale, à un rendez-vous rapide avec un médecin ou une infirmière.

Par exemple, avoir un rendez-vous avec un médecin ou une infirmière en moins de 6 jours est impossible dans 40 % des cas au Québec, alors que le pourcentage est de 29 % au Canada (et que pour bien d’autres pays, c’est beaucoup plus bas).

C’est le premier problème mentionné quand on demande aux gens de décrire les difficultés du système de santé. Et c’est surtout un problème qui porte à conséquence, engendrant une utilisation élevée des urgences et des problèmes de continuité des soins. Il ne suffit d’ailleurs pas d’avoir un médecin : encore faut-il pouvoir le consulter quand on en a besoin.

Bien sûr, il y a des causes. Le nombre de médecins, notamment. Dans les pays qu’on prend souvent en exemple, il y a beaucoup plus de médecins. En France, selon l’OCDE, on parle de 40 % de plus de médecins. En Suède, c’est 60 % de plus. Proportionnellement, ça voudrait dire entre 8 000 et 12 000 médecins de plus chez nous.

Par contre, il faut le rappeler : nous avons plus de médecins qu’ailleurs au Canada, et bien davantage qu’en Ontario, ce qui inclut les médecins de famille. Ce qui n’empêche pas les Ontariens d’avoir beaucoup plus facilement accès à un médecin en première ligne qu’ici. Il y a un sûrement un problème quelque part.

Autrement dit, en Ontario, avec moins de médecins qu’en Europe, ils réussissent à faire beaucoup mieux que nous en première ligne. Alors, pourquoi ? Pourquoi le fils de mon amie pourrait-il voir son médecin plus rapidement en Ontario, alors qu’ici, cela ressemble parfois davantage à un chemin de croix ?

J’ai suggéré à mon amie de voir si d’autres cliniques étaient disponibles dans les environs. Elle a fait quelques coups de téléphone. Ce qui n’est pas toujours la voie du succès.

Mais écoutez cette autre histoire, qu’on m’a aussi racontée ce matin : une connaissance m’explique comment elle doit prendre rendez-vous avec son médecin. Ça se passait l’an dernier, autour de mai 2013. Il fallait qu’elle téléphone à 14 h 15… le 14 août suivant. Ce qu’elle a fait, fébrilement. Mais ce fut occupé. Elle a finalement obtenu la ligne à 14 h 35… mais on lui a alors répondu qu’elle devait rappeler en octobre, à 14 h 15 ! Du vrai délire, non?

De l’aveu même de médecins bien au fait des dossiers, certaines cliniques bâtissent des « murailles de Chine » autour d’elles. Mais y a-t-il une pire manière de fonctionner, quand on sait que l’accès est un des déterminants majeurs de la continuité des soins ?

Ajouter ou déplacer des médecins ?

On comprend qu’avec 8 000 médecins de plus, pour ressembler à la France, nos problèmes d’accès seraient probablement résolus. Mais les médecins étant ici payés plus cher qu’en France, il y aurait des répercussions majeures sur les finances publiques.

Par ailleurs, le nombre de médecins n’est pas tout : les choix de pratique et les contraintes sont également un facteur déterminant. Les médecins de famille passeraient ainsi environ 40 % de leur temps clinique à l’hôpital. Plus les médecins sont jeunes, plus ce pourcentage serait élevé — on parle de plus de 50 % du temps pour les plus jeunes médecins. Ce qui laisse passablement moins de temps pour la pratique en première ligne. Faut-il donc réduire ce pourcentage et ramener les médecins en première ligne ? Ce n’est pas si simple.

L’autre jour, un médecin m’écrivait ceci : «J’ai été très déçu de t’entendre dire, pendant la campagne, qu’une des solutions à l’accès aux médecins de famille est de les “sortir” des hôpitaux.» En fait, je ne crois pas avoir dit cela ; en tout cas, pas de cette manière.

Mon argument habituel tient davantage à ceci: si on veut régler le problème de la première ligne, il est évident qu’une des solutions potentielles est de diminuer le pourcentage de temps passé à l’hôpital. Ce qui pourrait se réaliser en changeant la nature des «activités médicales particulières», qui obligent les jeunes médecins à travailler une douzaine d’heures par semaine dans des milieux de pratique prioritaires, dont l’urgence.

Le premier problème est que d’une part, les jeunes semblent faire encore plus d’heures en milieu hospitalier que ce qu’on leur demande. C’est donc aussi un choix de pratique — qui se défend, d’ailleurs. J’ai moi-même toujours travaillé à l’hôpital, un milieu que j’adore.

Mais, d’autre part, diminuer le travail à l’hôpital ne peut se faire sans une réflexion parallèle sur le rôle des spécialités dans la prise en charge des patients hospitalisés. Je rêve de voir le portrait comparatif du Québec et de l’Ontario à cet égard : si nos médecins de famille font beaucoup plus de boulot à l’hôpital qu’ailleurs au Canada, c’est sûrement que les consultants spécialisés y prennent moins en charge les patients hospitalisés qu’ailleurs, non ?

Tout déplacement des médecins de famille de l’hôpital vers la première ligne implique donc une augmentation de la prise en charge des patients par les consultants spécialisés à l’hôpital. Je pense beaucoup à la place potentielle de la médecine interne à cet égard.

Au Québec, les internistes, qui pourraient être nos «médecins hospitalistes», semblent s’en tenir davantage à un rôle de consultant et s’engagent dans des pratiques de sous-spécialisation plus ciblées, notamment parce que les ententes négociées par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) favorisent ce type de pratique, les éloignant de la prise en charge.

Peut-on régler le problème ?

Alors, comment offrir un meilleur accès ? Certains disent que c’est impossible, que la profession se transforme, que les jeunes privilégient leur qualité de vie et qu’il faut ajouter 1 000 médecins — ce qui coûterait très cher.

Il va pourtant falloir trouver la solution, parce que cet accès est fondamental pour la bonne continuité des soins. Et parce que si nous, médecins, ne trouvons pas la solution, les patients vont se tourner vers des solutions de rechange — et je les comprends fort bien.

Il y a pourtant moyen de travailler bien différemment que le modèle traditionnel, sans aller vers la médecine privée-privée, ce mirage coûteux et relativement inefficace.

Un bon modèle, c’est l’accès adapté. Il commence à s’implanter, mais beaucoup de chemin reste à faire. Il nous vient des États-Unis, mais en fait, plus fondamentalement, ce n’est qu’un retour au travail médical de mon grand-père, dans son village de Plantagenet : il s’agit de répondre aux besoins de ses patients quand ces besoins se manifestent.

Bien sûr, c’est plus compliqué que d’avoir des rendez-vous trois mois à l’avance et de se consacrer à des suivis de gens sans trop de symptômes. Bien sûr, cela demande une réorganisation de la pratique, un support infirmier (pas toujours disponible) et des outils pour donner les rendez-vous, comme un Bonjour-Santé — qu’on voudrait voir gratuit. Mais surtout, cela demande un changement des habitudes et des mentalités des médecins.

Ce qui n’est pas évident. Je le tiens d’un médecin très impliqué au Québec dans ces dossiers, qui pratique l’accès adapté et qui participe à la promotion de ces (anciennes) nouvelles manières de donner des soins. Son constat est clair : l’accès adapté bouscule les habitudes et le confort des médecins, notamment parce qu’on passe d’une pratique de suivis prévisibles à l’évaluation régulière de patients avec des symptômes nouveaux.

Ce médecin me décrivait ainsi, avec un peu de découragement, la forte résistance de nombreux médecins et milieux de pratique à transformer leurs habitudes. Notamment parce que, par définition, une habitude, c’est une zone de confort. Et qu’il est difficile, pour toute personne (donc pour tout médecin), de sortir de cette zone.

Pourtant, il le faudra bien, non ? Parce que la zone de confort, ça ne semble plus très bien fonctionner. Et ce n’est pas comme si c’était impossible. L’exemple du Dr Robitaille est excellent.

Je connais plusieurs cliniques où les soins sont réorganisés, mieux intégrés, où l’accès rapide est protégé, où on répond au téléphone et où on donne des rendez-vous rapides. Le mouvement est en marche, et je n’ai d’ailleurs pas de doute que l’accès va s’améliorer dans les prochaines années, notamment parce que les médecins n’auront plus le choix. Mais il faut l’accélérer.

Parce que les gens vont finir par se «tanner», et que les médecins ne pourront pas conserver le monopole de l’accès avec l’émergence — tout à fait souhaitable — d’autres professions en première ligne, comme les infirmières praticiennes et les rôles étendus des pharmaciens.

Ce n’est pas non plus en bloquant ces changements qu’on en sortira gagnant. J’ai pourtant eu des témoignages directs de personnes impliquées dans ces dossiers, faisant état des résistances de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) face à l’émergence des actes avancés des pharmaciens, par exemple.

Il faut collaborer

Si nous continuons sur cette voie, ce qui risque d’arriver, c’est l’émergence de modèles de moins en moins collaboratifs — comme ces propositions de dispensaires infirmiers par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), apparues dans les derniers mois.

Or, je ne pense pas que de recréer des silos de soins en première ligne, alors que nous avons déjà de la difficulté à coordonner les soins, est l’idée du siècle.

La clé est plutôt dans l’intégration des soins et la coordination des équipes de soins, surtout pour la prise en charge des maladies chroniques, ce qui implique de la bonne volonté de tout le monde et, notamment, de la part des médecins.

La clé, c’est aussi de déployer des équipes de soins où les professions jouent bien leurs rôles et se complètent, autant à l’intérieur de chaque milieu que dans une intégration des divers points d’accès.

À cet égard, il est évident que les infirmières praticiennes et les pharmaciens peuvent jouer un rôle beaucoup plus large qu’actuellement. En autant qu’on n’en profite pas pour privatiser les soins en douce.

Pas parce que c’est tendance, mais simplement parce que ça marche ailleurs — par exemple, en Ontario, un système tout à fait semblable au nôtre.

On pourrait aussi parler d’autres professions, par exemple les sages-femmes. Nous en avons plus ou moins 150 au Québec, alors qu’en Suède, on en trouve autour de 150 par 100 000 habitants, et que cette pratique est saluée partout comme une réussite. Pourquoi ne pas requestionner davantage notre modèle obstétrical centré sur le médecin ?

Intégration, rôle des autres professions, ouverture des médecins au partage des tâches, responsabilisation de la première ligne… C’est la révolution, tout ça, non ?

Pas du tout. Ce n’est même pas un rêve. Par exemple, aux Pays-Bas, comme j’en ai déjà parlé, les cliniques d’un territoire se coordonnent entre elles, partagent un dossier médical électronique, assurent l’ouverture d’au moins une clinique ouverte 24 heures sur 24/7 jours sur 7, forment adéquatement leur personnel pour bien évaluer les besoins ponctuels, assurent une réponse rapide aux besoins pressants, etc.

CLSC et/ou GMF ?

Au fait, plusieurs prônent une expansion du rôle des CLSC. Je n’ai personnellement rien contre le modèle des groupes de médecine de famille (GMF), en autant que l’approche soit professionnelle et non affairiste, et que le profit ne soit pas un objectif. Disons que je suis un pragmatique en la matière.

C’est que la prestation de première ligne, même dans les pays décrits comme les plus performants, est généralement organisée — de manière cohérente — autour des prestataires que sont les cliniques privées de petite taille financées publiquement. On pourrait aussi parler de privé-conventionné.

Les CLSC correspondaient sans doute à un modèle idéal, et leur réussite aurait été formidable… mais ça n’a pas marché. Je doute que ça marche davantage dans le contexte actuel.

Il y a peut-être quelque chose d’un peu incompatible entre le désir d’autonomie professionnelle des médecins et l’approche de prestation publique intégrale des CLSC. En tout cas, ce modèle n’existe dans aucun des pays que je connais, notamment ceux dont on vante beaucoup l’efficacité de la première ligne.

Mais cela ne veut pas dire non plus qu’il faut les mettre à mal, alors qu’ils jouent un rôle essentiel dans les soins postopératoires et le maintien à domicile.

En fait, si jamais on veut augmenter le rôle des CLSC en première ligne, il faudra porter une grande attention à le faire de manière intégrée avec la première ligne médicale, qui est — et restera — principalement localisée dans les cliniques privées conventionnées.

L’objectif le plus réaliste est de coordonner les deux approches à travers les centres de santé et de services sociaux (CSSS). Mais de les coordonner pour vrai, pas un peu n’importe comment, comme actuellement.

Beaucoup de défis, donc, pour la profession médicale et les gestionnaires du réseau. Des défis pour le gouvernement et le Dr Barrette, également, qui doivent d’une part convaincre les médecins de s’embarquer dans un renouvellement de la pratique médicale et, d’autre part, leur offrir les moyens pour réussir ce virage.

Voir un autre médecin quand on est malade

Tout cela pour permettre à mon amie de faire évaluer par son médecin son petit garçon, qui souffre d’un problème qui pourrait se régler en deux minutes… et qui n’a pu avoir de rendez-vous.

Finalement, après plusieurs coups de téléphone, mon amie a eu accès à une clinique sans rendez-vous située à 22 km de chez elle, en après-midi. Pas si mal. Heureusement qu’elle a une voiture, parce qu’en transport en commun, j’ai calculé que cela lui aurait pris deux heures et demie d’autobus au total (aller et retour).

Cela montre au moins qu’en cherchant un peu, l’accès existe tout de même. Et que malgré tout, il est possible de ne pas aller attendre à l’urgence quand la gravité du problème ne le justifie pas.

Mais ce qui est dommage, c’est que son garçon malade verra un médecin qui ne le connaît pas, et qu’il reverra un jour son propre médecin, mais quand tout ira bien. C’est un peu le paradoxe de la médecine de première ligne au Québec.

Or, c’est à nous, médecins, de mieux contribuer aux solutions — si nous voulons rester dans le coup.

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncoeur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, il enseigne l’administration de la santé et participe régulièrement à des recherches sur le système de santé. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @Vadeboncoeur_Al.

Les commentaires sont fermés.

Les médecins généralistes me semblent remplir leurs journée de rendez-vous automatique: les rendez-vous annuels de gens en santé qui ne souffrent de rien ou de problèmes stables (taux de cholestérol ou de glucose un peu plus élevé que normal). Si la Terre tournait autour du soleil en 450 jours au lieu de 365, ces rendez-vous auraient lieu au 450 jours au lieu d’au 365 jours. Le rendez-vous annuel est TOTALEMENT arbitraire.

Les médecins généralistes pourraient aisément espacer ces rendez-vous, ou permettre à ceux qui le désirent de faire des rendez-vous aux 2 ans. Mais dans beaucoup de cas, le patient est OBLIGÉ de prendre un rendez-vous annuel au risque de perdre son médecin ou de se faire regarder de travers, alors qu’au contraire cela désengorgerait les bureaux et permettraient aux généralistes de répondre dans la journée même aux urgences.

Mais voilà: entre bien servir ses patients au risque d’un peu d’imprévisibilité dans l’heure de sa fin de journée, ou mal servir ses patients avec le confort de journées qui se terminent à des heures prévisibles et opptimisent les $, le médecin généraliste fait habituellement le choix du confort per$onnel au détriment du patient. Je ne nomme pas ça un comportement « professionnel », mais plutôt « profe$$ionnel ». Quand un professionnel, même salarié, a un surplus de travail ou des imprévus, il travaille tout simplement plus, quitte à terminer sa journée à 18h00, 19h00, 20h00 ou 21h00 selon les besoins. C’est ÇA, entre autres, être professionnel.

Quand un patient a une urgence, le médecin devrait tout simplement le recevoir dans la journée même, quitte à terminer un peu plus tard. C’est ce que tous les véritables professionnels font.

En effet, vendredi dernier ma conjointe a tombée se déchirant les deux genoux. On se présente au CLSC DE SAINT-JÉRÔME.. 3 CHAISES SUR 6 SONT LIBRES. Nous demandons pour une infirmières aux pansements: réponse il vous faut voir un médecin d’abord qui vous référera ici pour un rendez-vous. Donc si je la comprend bien, la clinique de notre médecin familiale ne prenant de rendez-vous que les jeudi pour la semaine suivante, nous aurions dû nous présenter aux urgences de l’hôpital Dieu de Saint-Jérôme, attendre le classement nu 4 ou 5 non urgent pour des pansements…dans 12 ou 20 hres. Notre solution: rencontrer notre pharmacienne , acheter les onguents, pansements stériles et nous débrouiller jusqu’à la prochaine visite disponible chez notre médecin familiale…Nous sommes découragés de voir ces belles batisses s’annoncer comme donnant des soins de première ligne . Quel gaspillage ! Encore de la bureaucratie …

Bonjour. Il y a beaucoup de médicalisation dans le système, pour des soins de base qui pourraient être faits de manière autonome par des infirmières bien formées. C’est dommage effectivement. Cela touche bien d’autres aspects des soins.

Bonjour. Vous touchez certains points importants, notamment la fréquence des rendez-vous pour les personnes en bonne santé et sans problèmes aigus, qui devrait effectivement être révisée. Il faut réfléchir à la question: qu’est-ce qui améliore vraiment la santé des gens. Pas sûr qu’un rendez-vous annuel le fait, il y a même des données qui montrent le contraire — je parle bien entendu des personnes en bonne santé. Par contre, c’est une impression, mais je pense que mes collègues en bureau allongent tout de même leurs journées et travaillent plutôt fort, de manière générale. Merci du commentaire.

Enfin ! Quelqu’un a compris !

Pas sûr que j’ai tout compris, bien au contraire, mais je pense qu’il faut se poser plus de questions, ce que j’essaie de faire. Merci du commentaire.

Il n’y a que deux façons de voir rapidement un médecin au Québec: Payer pour aller au privé ou connaitre quelqu’un dans le système. Le système est déjà dans le mur, très occupé à imploser.

Et vous pouvez bien imaginer toutes les réorganisations que vous voudrez ça ne changera pas de sitôt. Le communisme ne fonctionnait pas en URSS, ni en Chine, ni à aucun autre endroit. Ça n’arrivera pas non plus au Québec. Le destin du gros monopole géré par l’état est la pauvreté et l’implosion.

Je suis en désaccord avec vous. Ce n’est pas tant une question de privé ou de public que d’organisation des soins. Voir l’exemple de l’accès adapté. C’est un mouvement en route, mais qui est loin d’avoir livré sa pleine mesure.

Avec 500 millions de $ de plus pour satisfaire les demandes sous Bolduc et Hébert cela n’a rien donné nous en sommes au même point. Il devient évident que le nœud du problème est l’omniprésence du pouvoir bureaucratique et de la mauvaise foi. Déprimant et dégueux!

Je ne sais pas exactement à quoi vous faites référence quand vous parlez de « pouvoir bureaucratique » et de mauvaise foi.

Avant de décider de mettre les spécialistes en médecine interne du québec comme « hospitaliste » il faudrait d’abord que vous compreniez la différence entre ceux-ci et ceux du reste du canada. La formation ici est 5 ans et non 4 ans comme dans le reste du canada ou 3 ans comme aux États-Unis. De plus, dans le reste du canada, toutes les spécialités médicales font des gardes communes en médecine interne. Les patients sont hospitalisés en médecine interne, mais la garde le soir et la fin de semaine est partagée par tous (néphrologue, cardiologue…).
Ici l’hospitalisation des hopitaux de petites et moyennes tailles repose sur la médecine familiale et les internistes assurent les services en spécialités par leur polyvalence. Ces hopitaux régionaux ne peuvent fournir du travail à 4 cardiologues, 4 gastro-entérologues, 4 pneumologues… etc. Une équipe d’internistes assurent la garde et un nombre suffisant permet d’assurer les services.
Je trouve votre analyse bien simpliste de la situation. De plus beaucoup de médecin de famille ne veulent plus faire de prise en charge et préfèrent la médecine de soins aigues payante sans laboratoires ni suivis.

Merci pour le commentaire. Je soulève des points et propose des idées, je ne prétends pas faire une analyse complète de la situation. Ce sont des choses dont on parle très peu et il me semble qu’il y aurait avantage à le faire plus. Par exemple, j’aimerais bien lire sur ce qui nous différencie tant des hôpitaux canadiens. Nous avons des problèmes d’accès en première ligne, certains proposent des idées vraiment simplistes, comme retirer les AMP, mais personne ne parle du partage des tâches hospitalières si les omnipraticiens vont davantage en première ligne. Et vous, qu’en pensez-vous?

D’après moi le problème est plus complexe que ce que la plupart des gens pensent dans notre société. Moi je suis une patiente avec maladie chronique et je peux dire que je reçois des soins quand j’en ai de besoin sans devoir aller à l’urgence de l’hôpital. Je suis suivie par mon médecin de famille, par les soins à domicile du CLSC et en GMF de ma clinique familiale. Je sais que je suis privilégiée d’avoir tous ces gens qui copèrent à me rendre les soins médicaux accessibles quand j’en éprouve le besoin ce qui m’évite des hospitalisations. Il y a déjà 15 ans que mon médecin de famille s’est associé au CLSC, ce qui le rend plus disponible pour recevoir plus de patients. Bonne chance à ceux qui sont sans médecin de famille et qui n’ont pas d’autre choix que d’aller consulter à l’urgence quand le besoin se fait sentir.

Vous avez bien raison. Au-delà de l’accès, qui est nécessaire, il y a toute la question de la coordination et de l’intégration des soins, notre plus gros défi pour les prochaines décennies, un aspect tout aussi essentiel pour une prise en charge médicale qui fonctionne pour les malades chroniques.

Mme Francine…vs êtes ds le système « malade chronique », même chose pr personne atteinte cancer, pas prblm pr les soins..mais il y a des personnes qui sont malades sans cancer ni maladie chronique..autres problèmes et qui ne peuvent pas voir un médecin, r.v. sont donnés à 8h le matin pr journée même et ça part très vite ou un an d’avance pr visite annuelle, ds tel cas on fait quoi si nécessaire voir un dr? à vous…

Au niveau des spécialités médicales, le système de fonctionnement est complètement différent dans le reste du Canada. Comme je vous l’ai dit, la garde est partagée par toutes les spécialités médicales et comme vous le savez, c’est la garde qui rend la pratique lourde. Au Québec depuis plus de 20 ans, les gardes vont par spécialités. C’est pour cette raison que dans la majorité des hôpitaux périphériques les services médicaux spécialisés sont assurés par des internistes qui en nombre suffisant assurent les services et la garde pour avoir une qualité de vie acceptable. Les médecins de famille ont continué de faire l’hospitalisation et nous vivons maintenant une pénurie car ces memes médecins doivent aussi faire du bureau, et suivre les patients en RFI et en hébergement. Je n’ai pas non plus une solution, mais je vois beaucoup de jeunes médecins de famille qui ont été découragés d’aller vers la prise en charge en bureau de part leur formation, la lourdeur de la tâche et l’écart de rémunération. Il est plus facile et payant et peut-être stimulant de ne faire que de l’urgence et du sans rendez-vous… Et je crois que la formation aussi nous dirige vers ce choix.
Je suis interniste d’un milieu périphérique, je travaille extrêmement fort et nous sommes en sous-effectif depuis des années. Nous faisons de notre mieux et sommes souvent obligés de suivre des patients qui n’ont pas de médecin de famille ou bien qui ont un médecin de famille mais incapable de le voir. Meme si je le voulais, mon équipe serait incapable de faire de l’hospitalisation en plus… Vous pourriez dire de faire venir des cardiologues et pneumologues mais que feront-ils? Ils vont faire de la clinique externe de 9 à 4, faire les techniques payantes (ex: écho cardiaques) et les internistes se retrouveront encore à faire l’hospitalisation lourde des cas complexes et la garde.
Une polyvalence dans l’équipe autour des médecins de famille pourrait aider et un réajustement de la rémunération pour la lourdeur de la prise en charge en bureau.

Si notre bon docteur Couillard qui est maintenant rendu premier ministre (ca va de plus en plus mal) et ses successeurs n’avaient pas accordé les augmentations ASTRONOMIQUES que l’on connait (67%), et si on était pas aussi protectionnistes, on pourrait accepter des médecins européens (France, Belgique etc.), qui eux sont payés environ le tiers de nos médecins québécois, on en n’aurait pas de problèmes de manque de médecins.

environ 1 mois ai rencontré ma dre à 16h magasinant un jeudi, est restée surprise et mal à l’aise..GMF, que je ne prise pas trop, à un r.v./année donnée à l’avance, ne faut pas être malade, plutôt qu’essayer avoir r.v. le jour même ce qui est
impossible, j’irai attendre à l’hôpita si besoin habitant tout près. Ne crois pas au GMF pr régler le prblm, suis patiente de cette clinique depuis + de 20 ans, et je vois la différence AVANT et APRÈS, ma dre ne va pas à l’hôpital que du bureau..Que les drs de bonne volonté comme vous parviennent à trouver une solution, vs en avez, j’y croirai, pr le moment je n’y crois +, à 7h le matin par -30C attendre dehors pr pouvoir entrer ds clinique et espérer avoir un r.v., non MERCI!