Zaffran sème la zizanie

Le médecin et écrivain français Marc Zaffran, alias Martin Winckler, est reconnu pour ses propos incendiaires sur la pratique de la médecine. Voici quelques-unes des citations qui lui ont valu cette réputation.

Ce qu’il a dit sur…

L’industrie pharmaceutique

• « Faire croire à des gens en bonne santé qu’ils doivent se soigner à vie est, pour les fabricants, une véritable rente viagère. Et pour faire croire une pareille absurdité, ils nous laissent entendre que “si nous ne nous soignons pas par anticipation”, nous mourrons de cancer, nous serons diminués par des maladies cardiovasculaires, nous perdrons la tête en raison d’une dégénérescence neurologique… Le principal argument de vente des marchands de la santé, c’est la peur. »
Postface de Martin Winckler au livre Les inventeurs de maladies, de Jorg Blech, éditions Actes Sud, mai 2005.
• « Il y a aussi, bien sûr, la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques, dont l’information tendancieuse incite les médecins les moins bien informés à prescrire à tour de bras des pilules quotidiennes — très lucratives pour le fabricant — plutôt que des implants ou des stérilets, qui, pendant 3 à 10 ans (leur durée d’efficacité), ne rapportent rien à l’industrie. »
Chronique « Pourquoi y a-t-il encore 350 000 grossesses non prévues chaque année en France ? », diffusée sur les ondes de France Inter le 24 octobre 2002.

• « [Leurs campagnes de pub] ne sont qu’une façade. Pourquoi ? Parce que depuis une vingtaine d’années, l’industrie ne découvre presque plus aucun médicament majeur. »

Chronique diffusée sur les ondes de France Inter le 15 mai 2003.

La chronique où Marc Zaffran a tenu ces propos est au cœur du litige qui a mené à la fin de la collaboration du médecin avec la chaîne publique. Selon Zaffran, elle aurait choqué le LEEM, un important organisme qui représente plusieurs laboratoires pharmaceutiques. Ce groupe aurait ensuite fait pression sur le directeur de France Inter pour qu’il retire la chronique des ondes, ce que nie ce dernier.

L’enseignement de la médecine en France

• « La caste hospitalo-universitaire est l’ennemie du système de santé. Elle ne tient pas à ce qu’on remette en cause son pouvoir et ses privilèges. »

• « La formation médicale française est élitiste, violente et antiscientifique. »

• « Beaucoup d’hospitalo-universitaires poussent leurs étudiants à devenir spécialistes hypertechniciens et manifestent le plus profond mépris à l’égard de la médecine et de la chirurgie générale, dont la population a le plus besoin. »

Lettre ouverte « L’hôpital en danger ? », publiée dans Le Monde du 14 février 2009.

• « En fac de médecine, en France, on n’apprend pas l’humilité, on apprend l’humiliation. Et si vous apprenez l’humiliation, vous ne pouvez pas apprendre l’humilité envers les gens. […] On ne peut pas former des soignants en incitant les étudiants à se comporter comme des ennemis les uns avec les autres et comme des ennemis avec les autres soignants, avec les infirmières, avec les kinésithérapeutes, etc. Le soin, ça se fait tous ensemble. Mais la faculté de médecine, en France, c’est une structure très hiérarchisée, pyramidale, dans laquelle la seule chose qui compte, c’est le pouvoir, ce n’est pas du tout de travailler ensemble pour soigner les gens. »

Extrait d’une entrevue avec Marie-France Bazzo, diffusée sur les ondes de Radio-Canada le 19 novembre 2004. Il présentait son roman Les trois médecins.

La pratique de la médecine

« Le pire ennemi de la profession médicale dans ce pays, c’est l’immaturité dans laquelle les médecins ont été brutalement enfermés pendant leurs études. Cette immaturité, chacun peut s’en extraire au fil de sa pratique, à force de travail, de partage, de réflexion et de dialogue avec les autres. Malheureusement, un trop grand nombre de professionnels s’y refusent. Que ce soit par stupidité, par égoïsme, par vanité ou, simplement, par conformisme, ce refus de sortir de l’immaturité les disqualifie en tant que soignants. »

Extrait de l’article « Le pire ennemi de la profession médicale française », publié dans le site de Martin Winckler le 6 septembre 2007.

La contraception

• « Les médecins français ne font pas leur travail en matière de contraception. La majorité d’entre eux diabolise les méthodes contraceptives autres que la pilule. […] La meilleure forme de contraception, c’est celle que la femme choisit librement. »

Extrait de l’article « Contraceptions : non aux idées reçues », publié dans Ouest-France (Brest) le 13 décembre 2003.

• « [En France], trop de médecins diabolisent encore la contraception, l’accusent de compromettre la fécondité future, interdisent la pilule aux jeunes femmes qui fument, refusent un stérilet à celles qui n’ont pas d’enfant, rechignent à poser des implants, omettent de prévenir les jeunes accouchées qu’elles seront de nouveau fertiles 25 jours après avoir eu leur bébé ou déclarent à des femmes de plus de 45 ans qu’elles n’ont plus rien à craindre. C’est ainsi que l’on voit régulièrement de jeunes accouchées et des femmes soi-disant ménopausées débarquer, enceintes, dans les centres d’IVG [interruption volontaire de grossesse]. »

Chronique « Pourquoi y a-t-il encore 350 000 grossesses non prévues chaque année en France ? », diffusée sur les ondes de France Inter le 24 octobre 2002.

L’euthanasie

« Ce qui est en jeu ici, c’est l’incapacité quasi-phobique de la partie dominante, la plus réactionnaire, du corps médical français à accepter que tout patient, qu’il soit ou non gravement malade, n’en est pas moins une personne libre de ses choix. Y compris lorsqu’il s’agit d’en finir avec la vie, par arrêt des traitements ou par action volontaire. »
Extrait de l’article « Le paternalisme médical français interdit tout débat sur l’euthanasie », publié dans le site de Martin Winckler le 13 mars 2007.

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