Бля ! Une loi anti-jurons… qui rapporterait gros au Québec

Vladimir Poutine a signé une loi qui bannit le langage ordurier dans les œuvres culturelles.

Photo: Sasha Mordovets/Getty Images
Photo: Sasha Mordovets/Getty Images

FouineurLa semaine passée, le président russe Vladimir Poutine a signé une loi qui bannit le langage ordurier à la télévision, au cinéma, au théâtre et, de manière générale, dans les œuvres culturelles – les livres qui contiennent des jurons seront signalés à l’aide d’une étiquette.

À partir du 1er juillet, les citoyens qui contreviennent à la nouvelle loi se verront imposer une amende de 2 500 roubles (environ 77 $), alors que les entreprises devront plutôt payer 50 000 roubles (1 543 $), tout en se voyant menacer d’un interdit de publication allant de 90 jours à un an, en cas de violations répétées.

Par ailleurs, une autre loi prévoit des amendes pour les blogueurs dont les sites reçoivent plus de 3 000 visites par jour et qui publient des obscénités. Il règne cependant un certain flou en ce qui concerne les grossièretés partagées sur les réseaux sociaux.

Où se situe la limite entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas ? La loi ne le dit pas, mais elle précise que la norme est dictée par la « langue littéraire russe moderne ». En cas d’ambigüité, un comité d’experts évaluera le potentiel outrage à la langue.

Les accusations de censure et d’atteinte à la liberté d’expression n’ont pas tardé à être lancées, notamment en provenance de personnalités du monde de la culture. Il faut dire que certains des plus célèbres écrivains russes utilisaient un langage châtié.

« Alors, il ne nous reste plus qu’à interdire Pouchkine, Essénine, Maïakovski ? », s’est notamment ému l’écrivain russe Sergueï Shargunov auprès du Guardian.

Interrogée par L’Express, une professeure de russe à l’université Paris-Sorbonne a aussi fait part de son scepticisme. « En russe, toute une kyrielle de jurons peuvent être très pittoresques. Surtout ceux qui font l’inventaire de tout ce qu’on peut faire à la mère de celui que l’on insulte. Mais il y a une sorte de tradition du juron. On dit même qu’à l’époque soviétique, les Tatars et les autres nationalités environnantes parlaient dans leur langue, mais juraient en russe ! »

Dans son bilan de l’année 2013, Influence Communication relevait que « maudit », le juron le plus utilisé par les médias québécois, avait été publié 1 163 fois dans les journaux, prononcé 1 925 fois à la télé et entendu 9 167 fois à la radio, entre le 1er septembre 2012 et le 31 août 2013.

À coup de 77 $, les 12 255 « maudit » auraient donc rapporté 943 635 $ au Québec. Une sacrée grosse somme !

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Il faudrait peut-être commencer par exiger de nos humoristes, têtes d’affiche, faiseurs d’opinion, de parler un français correct. Les jurons peuvent colorer le langage de manière avantageuse, alors qu’un grammaire déficiente pèche contre le bon goût!

Qu’est-ce qu’un français correct ? Au Québec on ne respecte aucune règle de grammaire. La langue parlée et la langue enseignée ne correspondent pas du tout. Lorsque nous parlons de nous-même, que signifie l’expression »NOUS AUTRES » ? S’agit-il de nous ou des autres? C’est un non-sens.Nous avons un long chemin à parcourir……

Quand nous apprenons une autre langue comme l’anglais ou l’espagnol pour ne nommer que ces deux-là, nous avons moins tendance à utiliser le juron pour remplacer verbes, adjectifs, etc. Et nous devenons davantage fiers de notre langue maternelle.