1 000 nuits debout à venir

Les médias ont beau prédire l’essoufflement du mouvement Nuit debout, se désoler de la pauvreté des débats, de l’absence de propositions, dénoncer l’entre-soi, non seulement il tient mais, plus, il s’amplifie. 

Photo: Guillaume Fontaine
Photo: Guillaume Fontaine

Chaque soir, au cœur de la capitale, ils sont plus de 2 000 à vouloir réinventer la démocratie. Et avec près de 130 rassemblements dans toute la France et une quinzaine dans le reste de l’Europe, Nuit debout ne cesse de faire des émules.

À 16 h, sur un coin de place, les antipub dévoilent des affiches détournées de grandes marques. À la consultation juridique, une des rares qui tiennent un vrai stand, on examine, code civil en main, les articles de loi pour essayer de solutionner les cas concrets qu’on lui soumet: mise en examen après une arrestation, amende pour trouble de l’ordre public, problème de papiers. Un peu à l’écart, la commission autodéfense apprend à quelques binômes formés pour l’occasion les gestes de base pour éviter les coups en manifestation. À quelques mètres, l’atelier prép’action explique comment se soigner les yeux quand on vient de se faire gazer ainsi que le comportement à adopter face aux CRS. Juste à côté, sur ce qui deviendra plus tard l’estrade de l’assemblée générale, un représentant des sans-papiers qui dorment sous le pont du métro Stalingrad explique leur situation à un groupe attentif qui tend l’oreille pour saisir ce que dit le traducteur.

Le vacarme de la circulation est constant. À grand renfort de mégaphones, les débats se tiennent malgré tout, à deux pas de la circulation incessante des grandes avenues qui cernent la place. Peu à peu, l’esplanade se remplit. Passent des pétitions pour une pléiade de causes, dont une sur la reconnaissance du vote blanc. Devant le monument, la même journée, d’autres brûlaient leur carte d’électeur.

Vers 17 h apparaissent bâches et structures temporaires de formes diverses, palettes, planches, matériel électronique, groupe électrogène, l’ensemble de ce qui servira pour la soirée à venir. L’autorisation d’occupation délivrée par la mairie de Paris n’est donnée que jusqu’à minuit. Ils ne sont pas nombreux à rester jusqu’à l’aube quand la pluie ou les CRS délogent les derniers irréductibles. Chaque soir, Nuit debout remballe son matériel et le stocke dans des locaux mis à disposition par des volontaires. D’ailleurs, la préfecture a adressé ses compliments aux organisateurs pour la bonne gestion de la place. Du côté de l’université populaire, les exposés se succèdent déjà depuis le début d’après-midi. On y aborde l’expérience d’autonomie des Kurdes en Syrie, la pensée de Gramsci, aussi bien que l’usage de l’histoire par l’extrême droite au cours du XXe siècle. Les thèmes sont libres et le temps de parole limité à 20 minutes.


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Par petits groupes, les commissions de toutes sortes commencent à se réunir. Nuit debout s’est inspiré du fonctionnement des Indignados des places espagnoles et de Occupy Wall Street. Des groupes de volontaires gèrent chacun des aspects de l’organisation du mouvement, ce sont les «commissions de fonctionnement». Pas moins de 15 de ces groupes ont dû être créés pour répondre à différents besoins: communication, logistique, trésorerie, infirmerie… Mais il y a aussi deux commissions qui se consacrent respectivement à l’écriture d’une constitution et à la convergence des luttes, les bases du mouvement. Dix-huit autres se sont ajoutées pour décliner tous les thèmes de réflexion qui agitent les nuits deboutistes. On y débat sur le fond, à 10 ou à 100, sans avoir peur de se frotter aux grandes théories: création du revenu universel, sortie du pétrole, refondation de la démocratie… Utopie naïve, sans doute, mais qui fait du bien à ses participants.

À 18 h, l’assemblée générale (AG) quotidienne réunit tout le monde pour soumettre au vote les propositions des commissions. Là, ils sont jusqu’à 2 000 le samedi. Parole ouverte à tous, temps de discours limité à deux minutes, l’égalité est stricte. Samedi 16 avril, magnanime, l’AG votera pour autoriser l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis à parler cinq minutes. Son temps écoulé, star de la contestation ou pas, le modérateur viendra lui rappeler que d’autres attendent leur tour.

L’académicien et polémiste Alain Finkielkraut n’aura pas la même faveur. Le même jour, après avoir assisté pendant près d’une heure aux débats, des militants communistes ont entrepris de l’expulser de la place. L’incident a divisé la foule. Solution pansement, une commission «accueil de personnalités» a été créée. «Que faire des socialistes? Et des groupes d’extrême droite qui s’essaient à noyauter la place?» demandaient plus tôt dans la semaine les représentants de ce qui s’apparente au service d’ordre de Nuit debout, la commission accueil et sérénité. «Je vous propose de voter pour dire que tous ceux-là, on n’en veut pas. Oui, le mouvement est clivant, non, on ne doit pas accepter tout le monde.» Et les mains de s’agiter pour donner leur assentiment. À l’intervention suivante, le vote proposé est exactement inverse: «Les discours qui se présentent comme humanistes, où l’on commence à exclure, à désigner l’autre, ont mené à des guerres civiles. Il faut accepter tout le monde.» D’autres mains de donner leur assentiment. On ne saura finalement pas ce qui a été décidé.

Le reproche revient souvent: Nuit debout voudrait réinventer l’eau chaude, mais ne décide rien. S’il a la vertu énorme de libérer la parole dans des lieux physiques, le mouvement se veut néanmoins bien plus qu’une simple agora. Frédéric Lordon, économiste philosophe, plume du Monde diplomatique, estampillé intellectuel du mouvement, est bien conscient des limites du fonctionnement actuel. Il en tirait les leçons dans une de ses interventions: «Ce n’est pas dans l’AG à 2 000 avec des interventions de deux minutes que peuvent s’élaborer des propositions stratégiques. Si nous ne voulons pas qu’elle absorbe le mouvement, il faut se demander: quel effet voulons-nous produire?» Mais le mouvement, moins pressé que l’économiste, se donne encore le temps d’y réfléchir puisqu’il prévoit de faire durer 1 000 jours son printemps debout.

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Le polémiste Alain Finkielkraut… Qui veut parier que s’il était un bon bobo de gauche (pléonasme), il serait présenté comme un philosophe, ce qu’il est d’ailleurs ? Le sectarisme de ces gens (au vu de l’accueil qu’ils lui ont réservé) et de l’auteur de cette ode, qui se pâme devant eux avec une totale absence d’esprit critique et journalistique, ne cessera jamais de me surprendre.

La réalité de monsieur Alain Finkielkraut réside dans une philosophie sioniste “mur à mur” qui n’est pas dans les cartes de la Grèce comme bien d’autres pays d’ailleurs qui se réveille encore une fois sur les “barons de l’économie mondiale” dont plusieurs familles juives sont propriétaires des plus grandes banques.

La question «Que faire des socialistes ? Et des groupes d’extrême droite qui s’essaient à noyauter la place ?» est au centre du débat en Grèce.

Monsieur Finkielkraut tente depuis des années à se faire passer pour un communiste alors qu’il est à la solde de groupes pro-capitalistes, voire de l’hyper-droite.

Le livre “Spiel nicht den Scheinheiligen” (Ne fait pas l’hypocrite) écrit à la fin des années 90, fut mit à l’index sous pression de B’nai B’rith”(Les fils de l’Alliance) dont il est membre, est une association juive d’ordre maçonnique qui a pour précepte de “Grands commandeurs” et ses esclaves. Elle se fait passer comme étant un “système de morale”. Elle est intimement liée au Catholicisme grâce à la construction par les francs-maçons de la presque totalité des cathédrales durant la renaissance.

Nous connaissons tous, les véritables enjeux des religions juive et catholique qui ne sont que de grandes corporations à but lucratif dont le Vatican possède sa propre banque.

La banque du Vatican ne peut plus faire de transferts vers d’autres banques membre de la Banque Mondiale et l’IMF depuis 2012 après qu’Interpol a découvert plusieurs preuves de blanchissement d’argent avec la Mafia et d’utilisation de paradis fiscaux depuis des décennies.

C’est grâce à Benoît XVI et le pape François que la banque a dû laisser Interpol et autres entités concernées à ouvrir ses livres. Avaient-ils le choix ? NON !

Monsieur Finkielkraut est plus qu’un simple polémiste, il est en réalité, un propagandiste sioniste.