Société

L’hiver, 6 manières

Bien sûr, il y a le ski, le patin et les balades en traîneau. Mais si on consent à sortir des sentiers balisés, l’hiver québécois peut nous réserver d’incroyables surprises. Et qui sait, séduire les plus frileux. Suivez le guide !

Photo : Stéphane Champagne

Le premier « Yver » de Champlain à Québec tua 20 de ses 28 compagnons. Et pourtant, quatre siècles plus tard, non seulement les Québécois ont apprivoisé l’hiver, mais ils se définissent largement par lui. De Robert Charlebois à Émile Nelligan en passant par Yves Beauchemin, Claude Jutra et, bien sûr, Gilles Vigneault, pas un auteur, pas un chanteur, pas un cinéaste n’a manqué de célébrer ou de vomir l’hiver. Que seraient Maria Chapdelaine, Bonheur d’occasion, Mon oncle Antoine, Kamouraska, L’hiver de force ou Agaguk sans ces jardins de givre ?

Cet hiver obsède penseurs, entrepreneurs, politiciens et « patenteux ». Il balise toute l’oeuvre botanique du frère Marie-Victorin. Pas un premier ministre ne déclenche une élection sans se demander quand viendra l’hiver. On lui doit la « Sainte-Flanelle », surnom du club de hockey Canadien. Moïse Paquette, de Sainte-Agathe, a inventé le remonte-pente, Arthur Sicard la souffleuse à neige. Que seraient Hydro-Québec et Bombardier sans ces bordées et ces grands froids ?

Il y a aussi un hiver plus intime, qui définit nos souvenirs anciens et nos sensations profondes. Rien n’excite plus un enfant que la première bordée. Le crissement des pas sur la neige durcie, le craquement de la glace sous le poids du patineur, le chuintement de la pointe du ski qui dépasse de la poudreuse, ces bruits n’appartiennent qu’à l’hiver. Chaque tempête ou verglas est une irruption de la nature qui nous ramène à l’essentiel. L’hiver est notre saison la plus « naturelle ».

L’hiver est tout sauf une morte-saison. Il suscite les passions et les idées. On le déteste ou on l’adore. Pour des milliers de Québécois, la Floride est un refuge. Mais les amoureux de l’hiver sont au moins aussi nombreux : ils ont apprivoisé cette saison vitale en créant des dizaines d’activités inusitées, que nous avons explorées pour vous.

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La manière casse-cou

Imaginez des skieurs chaussés de patins à glace, vêtus en joueurs de hockey, dévalant de nuit le cap Diamant, à Québec, sur une étroite piste toute en bosses et en virages. C’est l’ambiance générale du Red Bull Crashed Ice, l’une des compétitions les plus « débiles » qui soient. Partant du Château Frontenac, les 120 concurrents, répartis en groupes de quatre, dévalent la côte de la Montagne à 70 km/h pour terminer leur course dans le port, place de Paris. « J’ai fait pas mal de motocross et de planche à neige, alors ça ne m’intimide pas trop », dit Christian Papillon, qui a terminé 10e en 2008 et qui en est à sa troisième participation.

Peu de manifestations sportives attirent une telle foule : 85 000 spectateurs dans les rues de Québec lors de la finale de 2008, année de la quatrième cuvée. Parmi les 4 000 candidats qui s’inscrivent, 1 500 sont de la région de Québec. La sélection est impitoyable : par tirage au sort, on choisit 2 200 participants, qui passent des épreuves d’habileté en aréna. Seuls les 120 meilleurs auront la chance de faire les vraies descentes entre 15 et 20 pour les 64 finalistes, dont 16 femmes. « La course débute après deux ou trois essais. Il faut s’habituer vite », dit Christian Papillon.

Une version un peu moins intimidante ? L’Aqua-Neige de Val-d’Irène, qui clôt la saison de ski dans cette station de la Matapédia. Les concurrents, skieurs ou planchistes, s’élancent vers le bas de la pente à toute vitesse, espérant planer ensuite sur un étang de 65 m. Sur 125 participants, à peine une douzaine réussissent la traversée, ce qui assure aux spectateurs une bonne occasion d’observer les chutes spectaculaires de la centaine de malchanceux. Outre les bourses qu’ils remportent (5 000 dollars au total), les gagnants ont le privilège de refaire cet exercice d’aquaplanage l’année suivante… à l’occasion de la soirée d’ouverture : de nuit et aux flambeaux !

Si vous êtes de ceux qui carburent aux émotions fortes, ne ratez pas le Grand Prix Ski-Doo de Valcourt, qui regroupe en fait trois courses : moto sur glace, motoneige sur piste ovale et cross-country. Cette dernière discipline est démentielle : les coureurs martyrisent leurs bolides dans un enfer de bosses et de virages, dans des rugissements de moteurs et sous des nuages de neige. Vous en voulez plus ? Pas de problème. Une nouvelle discipline a vu le jour : la motoneige acrobatique, où les pilotes font faire des bonds prodigieux à leur engin pour exécuter des figures inspirées du saut à vélo.

Moins palpitante mais tout aussi intéressante : l’escalade de glace de la chute Montmorency, près de Québec. Vous pouvez y grimper, grâce notamment aux guides de l’école d’escalade L’Ascensation, de François-Guy Thivierge. Les curieux sont nombreux à observer les rois du piolet s’emmêler dans leurs cordes.

La manière nostalgique

Le tout premier flocon signale chaque année le début d’une vague de violence rituelle, faite de batailles rangées à coups de boules de neige, de « lavages » de visages et de kamikazes en traîne sauvage.

La station touristique Duchesnay, à l’ouest de Québec, a poussé la logique à fond en créant La guerre des tuques, jeu inspiré du film éponyme, qui oppose deux équipes, chacune dans son fort de glace. Avant de pouvoir attaquer le camp adverse, il faut d’abord gagner le jeu d’orientation, qui permet de mettre la main sur la clef du fort ennemi et sur la réserve de 200 balles en mousse. Puis, il faut descendre les 14 cibles du château des adversaires. D’abord conçue pour cultiver l’esprit d’équipe dans les entreprises, La guerre des tuques sera offerte pour la première fois à des familles cet hiver, à titre expérimental. « Depuis trois ans, nous avons élaboré une foule d’activités familiales », dit Yannick Girard, adjoint à la responsable aux activités, qui mentionne l’observation de porcs-épics ou les rallyes d’orientation en raquette hors des sentiers battus.

La glissade est un art séculaire que le Club de golf Saint-Jean-de-Matha réinvente depuis 20 ans. « Nos concurrents sont les centres de ski, alors il faut que la glissade soit « wow »», dit Andrée Champagne, directrice générale des Super-Glissades Saint-Jean-de-Matha. On a poussé très loin la formule, avec 27 pistes de glissade sur chambre à air et 10 remontées mécaniques, s’il vous plaît ainsi qu’une section réservée au rafting sur neige, très rapide, avec bosses et sauts. Outre l’incontournable patinoire, il y a, pour amuser les petits, des manèges un spectacle assez inhabituel, puisque l’on voit ces attractions plutôt l’été.

Le Québec compte des milliers de patinoires, mais rares sont celles qui ressemblent à la patinoire du Domaine de la Forêt Perdue, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauricie. La famille d’apiculteurs Binette profite de la froidure pour recouvrir de glace 10 km de sentiers et créer un magnifique labyrinthe en forêt. « Enfin une patinoire où l’on ne tourne pas en rond», se réjouit Nicole Gélinas, de Shawinigan, qui y retourne 30 fois dans l’année et qui y emmène souvent ses petits-enfants. « Ils adorent !»

Pour les plus jeunes, les organisateurs font la location de poussettes sur patins en bois. Les arrêts sont fréquents : une dizaine d’enclos permettent d’observer cerfs, lamas, chevaux, cochons, moutons, chèvres.

Si vous préférez votre nature « naturelle », pourquoi ne pas goûter à la pêche blanche et au piégeage dans l’une des 675 pourvoiries du Québec ? Jocelyn Vachon, qui dirige la pourvoirie Mijocama, aux confins de l’Outaouais et des Laurentides, est l’un des rares à initier les profanes à ces deux disciplines. Lui qui fut longtemps trappeur professionnel en sait long sur les habitudes de l’achigan à grande bouche ou du castor. Il vous vrille un trou dans le lac, et hop ! « Ça surprend toujours quand on remonte un castor !» dit Jocelyn Vachon, qui explique que la technique pour piéger cet animal tient un peu de la pêche sur glace. Ses cours, car il s’agit presque de cela, peuvent durer trois jours. Vous saurez tout sur le mode de vie du castor, comment il partage son habitat avec la loutre et le rat musqué, et de quelle façon ceux-ci se protègent des prédateurs.

La manière industrielle

L’hiver, ce n’est pas que le poêle à bois et le chocolat chaud : il nous apporte son lot d’engins inusités et hyper-spécialisés.

La plus grande célébration des machines hivernales est sans conteste l’opération déneigement à Montréal ou à Québec. Là, vous aurez droit à une orgie de chenillettes Bombardier, de chasse-neige, de saleuses, de niveleuses, sans oublier les glorieuses souffleuses. C’est facile : après une tempête, installez-vous dans un café, sur une artère fréquentée, et regardez les cols bleus rouler leurs mécaniques !

La grande finale de l’opération déneigement est malheureusement inaccessible : plus de 200 camions à l’heure déversent leur chargement dans les carrières de Montréal, à l’abri des regards. Par contre, si vous descendez rue Notre-Dame (au coin de la rue Fullum), vous pouvez observer depuis le trottoir l’une des 16 chutes à l’égout où les camions déversent des tonnes de neige, qui tombent 50 m plus bas dans le réseau de la ville. Plouf. Une variante du genre pour les gens de Québec : la fondeuse à neige de Cap-Rouge !

Puisque les grosses machines vous intéressent, pourquoi ne pas visiter un brise-glace ? C’est possible à l’occasion du festival Nuits Polaires de Trois-Rivières « s’il n’y a pas d’embâcle », précise la Garde côtière canadienne. Quoi qu’il en soit, tous les brise-glaces sont au port de Trois-Rivières, accessibles au passant. Si vous êtes patient, vous pourrez regarder les allées et venues de l’hélicoptère d’observation des glaces. Et qui sait ? Peut-être assisterez-vous au départ spectaculaire de l’un des deux aéroglisseurs lourds qui cassent la glace sur le fleuve grâce à la force de leurs puissants ventilos. S’il y a risque d’embâcle sous le pont de Trois-Rivières, vous pouvez même apporter votre thermos et observer les gros navires rouges de la Garde côtière défoncer les piles de glace. Ça, c’est de la machine, monsieur !

La neige tarde ? Pas de problème : vous pouvez aller, près de chez vous, vous faire neiger dessus par des canons à neige. On en trouve dans n’importe quel centre de ski du Québec. Ils ont l’air de gros ventilateurs et ils vous crachent une petite tempête de neige localisée à souhait. Turbocristal, de Québec seul fabricant canadien de canons à neige, en a installé de beaux en forme de flûtes à Stoneham. Une précaution : si vous prévoyez vous approcher de la machinerie, habillez-vous de vêtements voyants et prenez une lampe de poche.

La manière contemplative

Qui ne rêve pas de voir la toundra et le Labrador ? Cela peut se faire peinard avec le train Tshiuetin (vent du nord, en innu), entre Sept-Îles et Schefferville. C’est la ligne nordique par excellence, la première exploitée par des autochtones, avec ses voitures décorées de peintures de capteurs de rêves, de caribous et de volées de canards. C’est ainsi que vous parcourrez un territoire quasi vierge, qui vous donnera une vue exceptionnelle sur la rivière Moisie ou sur les mornes étendues glacées du Grand Nord. Mais il ne faut pas être pressé : l’express met 12 heures pour faire les 500 km, car il s’arrête chaque fois qu’un chasseur ou un pêcheur lève le pouce.

À Schefferville, vous avez le choix : on peut y observer les aurores boréales 243 jours par année ! Outre les classiques balades en traîneaux à chiens et la pêche blanche arctique, il y a la visite de l’ancienne mine de fer ou encore les excursions dans la toundra, paradis des caribous. « Quand il y en a », précise Suzelle Fortier, copropriétaire de l’Hôtel-Motel Royal, pivot touristique de l’endroit. « C’est un beau troupeau, ajoute son père, Albert Fortier. On peut le suivre par satellite, mais il va où il veut, alors il faut le prendre comme ça vient. »

L’un des paysages les plus méconnus du Québec est bien la Basse-Côte-Nord, en partie parce que la route d’asphalte s’arrête à Natashquan. Mais l’hiver, les 25 localités plus à l’est sont désenclavées grâce à la route blanche, sentier de motoneige de 457 km entretenu par le ministère des Transports du Québec, avec refuge chauffé tous les 20 km, signalisation, alouette. C’est l’occasion rêvée d’explorer le joli village de Harrington Harbour, rendu célèbre par le film La grande séduction, ou d’arpenter les rues de Blanc-Sablon, lieu de passage de Jacques Cartier. Pour les icebergs, par contre, il faut attendre en juin.

Les urbains et les frileux peuvent aussi voir la banquise sans trop se fatiguer… Le secret : la traverse de Lévis en hiver ! Pour profiter au maximum de l’ambiance, placez-vous sur le pont inférieur, avec les voitures, afin d’entendre les coups sourds des gros blocs de glace renversés par l’étrave. Vous serez étonné par le grincement des millions d’arêtes de glace et par le chuintement du frasil. Il existe même une version montréalaise : on y a droit en allant marcher sur l’estacade du pont Champlain, auquel on accède par L’Île-des-Soeurs. Un coup parti, pourquoi ne pas continuer votre chemin et aller vous balader sur la digue de la Voie maritime ? Vous pourrez peut-être y admirer, qui sait, une aurore « montréale »…

La manière grands espaces

Sébastien Savard est un de ces passionnés du kayak que rien n’arrête : guide professionnel et fondateur de Katabatik, il offre depuis 2007 des balades en kayak sur le fleuve glacé. Voici le Saint-Laurent on the rocks !

Ses clients ne sont pas des experts : ils partent, parfois en groupe de 24, de la marina de Cap-à-l’Aigle, à La Malbaie. Katabatik les équipe de la tête aux pieds de combinaisons isothermiques et de poogies, sorte de manchons qui couvrent la main et la pagaie.

En raison des marées et du mouvement des glaces, l’aspect de la berge change chaque jour. Ce qui, à l’occasion, fait de la mise à l’eau un exercice acrobatique. « On pourrait y aller en janvier et en février, mais il y a parfois trop de glace et les journées sont trop courtes », dit Sébastien Savard, qui préfère le mois de mars, lorsqu’apparaît déjà entre les glaces l’avant-garde des canards et des phoques.

Beaucoup plus accessible et tout aussi dépaysant : le ski sur les battures du fleuve. Les marées successives y empilent les glaces pour produire un paysage étonnant, quasi polaire. En quelques pas, vous rencontrerez plusieurs types de neige poudreuse, croûtée, granuleuse, compacte, glacée tout en admirant au loin le passage des navires transocéaniques. L’un des meilleurs endroits pour découvrir les battures : en face de l’île d’Orléans, entre Saint-Vallier et Saint-Michel-de-Bellechasse. Selon la direction du vent, on part tout simplement de la marina de Saint-Michel ou du bout de l’avenue de l’Église, à Saint-Vallier. « Les habitués s’aventurent jusqu’à un kilomètre de la rive, mais si vous n’avez pas de guide, je vous conseille de rester près du bord, en prenant garde aux embouchures de ruisseaux, où la glace est plus mince », dit Onil Corriveau, qui a damé une piste vers la fin des années 1990. Ce sentier n’existe plus, mais il est tout de même assez aisé de se promener. Et Onil Corriveau invite toujours les skieurs à venir garer leur voiture ou prendre un café chez lui « au 293, route Saint-Vallier », précise-t-il.

Dans le genre plus typique, les beaux sentiers en forêt sont nombreux et souvent méconnus, par exemple le sentier du Mont-Chauve. Cette montagne du parc national du Mont-Orford doit son nom à sa face ouest, une falaise râpée offrant une vue imprenable sur le reste du massif. La montée se fait par le côté nord : la pente douce est idéale pour l’adepte de raquette ou de ski hors piste. Un défaut du parc national : peu de refuges aménagés. C’est tout le contraire du parc national du Mont-Mégantic, un massif spectaculaire adossé au Maine, dans une zone très rurale. On peut même y louer une tente de prospecteur, avec plancher et demi-murs en bois ainsi que poêle à bois.

Pour l’ambiance, ne ratez pas la vallée des Fantômes, dans le parc national des Monts-Valin, au nord-est de Chicoutimi. Dans cette cuvette qui reçoit des précipitations records, les cimes des épinettes sont recouvertes d’une épaisse couche de neige, ce qui donne aux arbres des airs de fantômes quand ils ne sont pas complètement ensevelis ! Quant aux épinettes rabougries du pic Dubuc, on les appelle les « momies ». Dépaysement garanti.

La manière givrée

Les festivals d’hiver sont souvent l’occasion de belles découvertes culturelles, à condition d’être sélectif, car il y a beaucoup de n’importe quoi. Le Carnaval de Québec et la fête des Neiges de Montréal sont, pour l’essentiel, deux parcs d’attractions avec manèges glacés. Mais d’autres manifestations ont une vocation beaucoup plus culturelle, à commencer par la Fête d’hiver de Saint-Jean-Port-Joli, orientée vers la sculpture sur neige de très haut niveau, où vous pourrez admirer des formes pas possibles. Il y a aussi Cinoche, le festival du film international de Baie-Comeau, qui a carrément inventé la projection de films sur écran de glace 500 spectateurs debout en 2008. Au Lac-Saint-Jean, le Carnaval d’hiver de Chambord se distingue par un derby d’attelage sur neige, organisé par le Festival du cowboy.

D’autres festivals, sans être artistiques, sont d’inspiration plus culturelle. Par exemple, le Bal de Neige de Gatineau a un mandat plus « autochtone » : c’est l’endroit où s’initier à la fabrication de raquettes en babiche, à la vie dans un village inuit ou encore à la pêche sur la glace sous un grand chapiteau. En 2007, on avait même organisé un défilé de mode hivernal.

À Trois-Rivières est-ce l’influence du Festival international de la poésie ? , le festival Nuits Polaires fait carrément dans le déjanté. « On ne veut pas faire comme les autres, on est des « tripeux » de culture et de plein air », dit Charles Guillemette, président du comité organisateur.

Outre son curling polaire extérieur, sur glace naturelle , sa célèbre Blanche Nuit regroupe une série d’activités curieuses. Cela commence par le Tour de peur, une visite guidée du Trois-Rivières sordide. Un acteur déguisé en ex-prisonnier raconte entre autres des histoires sinistres ou effrayantes qui se sont passées ici et là : pendaisons, épidémies, scandales, désordres politiques et incendies… Cela continue par une espèce de party où les 400 participants, en plus de sortir leur tuque des Nordiques ou leur « soute de skidou brun », dansent en silence, des écouteurs sur la tête, au son de la musique du DJ « Ça nous permet de contourner le couvre-feu de 23 h», dit Charles Guillemette. Enfin, les gens sont invités à venir planter leur tente pour coucher autour de nombreux queenzies abris creusés dans la neige, par opposition à un igloo, qui, lui, est construit. Ces queenzies seront alignés en un « motel queenzy », avec néons. « On veut recréer un village gaulois polaire, il y aura même une forge.» Bonsoir l’ambiance.

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À LIRE

Le Québec en hiver, par Stéphane Champagne et Marie-France Létourneau, Éditions Michel Quintin.