Société

30 villages qui se réinventent

Partout au Québec, à force de folles initiatives, d’huile de bras et de mobilisation, des villages renaissent. Voici 30 belles histoires…

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BAS-SAINT-LAURENT

Saint-Pacôme (1 685 habitants)

Élémentaire, mon cher Watson?! Depuis 2001, Saint-Pacôme organise des rencontres littéraires et décerne un prix au polar de l’année. Dans la «?capitale du roman policier?», le club de lecture fait un tabac et les pentes du centre de ski portent des noms comme Arsène Lupin ou Maud Graham (héroïne des romans de Chrystine Brouillet).

Amqui (6 261 habitants)

On chauffe l’hôpital à la biomasse?: des branchages et des bouts d’écorce autrefois laissés pour compte par l’industrie forestière. Amqui est devenue une vitrine pour les villes et villages qui veulent expérimenter cette nouvelle forme de production d’énergie.

SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN

Petit-Saguenay (780 habitants)

Ça bûche fort à Petit-Saguenay?! Des travailleurs, des villageois et des sympathisants ont formé une coopérative de solidarité, Valoribois, pour relancer la scierie, fermée par AbitibiBowater en 2009. Une cinquantaine d’emplois devraient être créés dans l’usine et en forêt d’ici l’été.

Lac-Bouchette (1 311 habitants)

La canonisation du frère André a amené des dizaines de milliers de pèlerins à Montréal. L’ermitage Saint-Antoine – qui offre des chambres, un camping et des chalets privés – a flairé la bonne affaire. Il s’est allié aux trois autres «?sanctuaires nationaux?» (l’oratoire Saint-Joseph, Notre-Dame-du-Cap et Sainte-Anne-de-Beaupré) pour attirer des touristes internationaux en quête de vacances spirituelles.

Saint-André-du-Lac-Saint-Jean (484 habitants)

Ce village mise sur le nouveau sentier Notre-Dame Kapatakan – le «?petit Compostelle?» du Saguenay-Lac-Saint-Jean – pour faire découvrir ses attraits. On a aménagé un chalet en bordure de la rivière pour loger les marcheurs. Le seul commerce du village, censé fermer l’an dernier, a été racheté par la collectivité pour maintenir un dépanneur, un restaurant et une station-service.

Larouche (1 200 habitants)

Il n’y a pas que l’exode des jeunes qui mettait du plomb dans l’aile de ce village. Celui des gens âgés aussi. Les villageois ont lancé une coopérative qui a pris en charge la construction d’une toute première résidence pour les personnes en perte d’autonomie.

ESTRIE

La Patrie (805 habitants)

Depuis 2007, cette municipalité et ses voisines se situent en pleine réserve de ciel étoilé. Les habitants ont remplacé leurs installations d’éclairage (en choisissant des lampadaires qui ne laissent pas filtrer la lumière vers le ciel, par exemple) pour ne pas faire ombrage à l’ASTROLab, dans le parc du Mont-Mégantic. La spectaculaire voûte céleste amène au village des chasseurs d’étoiles du monde entier.

Richmond (3 336 habitants)

La fermeture de l’usine de H.H. Brown, en 2001, avait porté un coup dur à cette petite ville mono-industrielle qui a déjà compté quatre fabriques de chaussures. On a misé sur la vieille voie ferrée pour rebâtir le tissu économique. Des rails ont été installés entre l’ancienne gare de triage et le parc industriel. Une dizaine de PME sont venues s’y établir à ce jour.

Racine (1 265 habitants)

Une coopérative de solidarité regroupant des producteurs agroalimentaires et des membres de la collectivité a inauguré le marché Locavore, en 2009. On vient s’y approvisionner en produits frais provenant d’une distance inférieure à 160 km. Les kiosques situés en bordure de la route 222 ont été bâtis… grâce à une corvée, comme dans le bon vieux temps.

Piopolis (376 habitants)

Au bord du lac Mégantic, Piopolis séduit les amoureux de plein air avec des sentiers de randonnée en forêt, un centre équestre haut de gamme et un centre de location de kayaks. Le festival Saint-Zénon-de-Piopolis, qui a pris son envol en 1999, attire pour sa part des amateurs de jazz ou de classique.

CAPITALE-NATIONALE

Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier (5 021 habitants)

Un «?motel industriel?» héberge les entreprises en démarrage. En plus d’un loyer à prix abordable, on offre aux jeunes entrepreneurs des activités de formation et de réseautage. Quatre nouvelles entreprises, spécialisées dans l’ébénisterie, l’électronique et la distribution de produits du café, s’y établiront cet été.

MAURICIE

Saint-Adelphe (1 013 habitants)

Une bombe dans la rue Principale?? Comme dans la chanson des Colocs, Saint-Adelphe a vu ses commerces fermer les uns après les autres, au profit des centres commerciaux de Shawinigan ou de Trois-Rivières. Les Adelphiens ont répliqué en lançant la Coop du Coin, en 2008. On y trouve une épicerie, une agence de la SAQ, une station-service, un club vidéo et une jardinerie.


Saint-Mathieu-du-Parc
(1 376 habitants)

On accourt de partout pour fêter l’Halloween à Saint-Mathieu-du-Parc. L’an dernier, les enfants devaient retrouver les occupants d’un ovni écrasé en plein milieu du village et les aider à retourner sur leur planète. La Quête des enfants perdus fêtera sa cinquième année en 2011.

 

Saint-Narcisse (1 806 habitants)

Comme les villageois ne sont plus nombreux à se rencontrer sur le parvis de l’église, on a aménagé une «?agora?» en plein cœur de Saint-Narcisse. Les mercredis d’été, des spectacles en plein air permettent de recréer un esprit de village.

OUTAOUAIS

Montpellier (966 habitants)

Les arts visuels prennent le pas sur l’industrie forestière. Le presbytère a été récupéré pour accueillir le Centre d’art contemporain de l’Outaouais. L’été venu, le parc qui l’entoure se remplit de sculptures à l’occasion du festival Recycl’Art. Une cinquantaine d’artistes y participeront cette année, dont David Moore et Armand Vaillancourt.

CHAUDIÈRE-APPALACHES

La Guadeloupe (1 758 habitants)

La Guadeloupe a perdu 500 em­plois à la fermeture d’ateliers de couture. Les bénévoles de la Société de développement industriel ont trouvé des capitaux pour racheter les bâtisses abandonnées, qu’ils louent à bon prix à des entreprises qui fabriquent autant des structures d’acier que des armoires de cuisine.

Saint-Pierre-de-Broughton (882 habitants)

Le propriétaire de la quincaillerie est tombé malade, celui de la station-service est décédé, l’épicerie tombait en ruine… Les villageois ont retroussé leurs manches, formé une coopérative, acheté et retapé la vieille épicerie, puis attiré de jeunes commerçants en leur louant les locaux à prix modique.

ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

Ville-Marie (2 696 habitants)

Le marchand de meubles, le concessionnaire automobile, le quincaillier… À peu près tous les gens d’affaires du village ont investi une partie de leur pécule pour racheter l’usine de bois lamellé Temlan (aujourd’hui LVL Global) et sauver 150 emplois. L’ancien propriétaire, Tembec, avait mis la clé sous la porte en 2008.

La Reine (362 habitants)

Ce village, qui s’est autodéclaré «?capitale internationale du bout du monde?», a transformé sa vieille école en centre d’hébergement pour personnes âgées. On y a aussi aménagé un dépanneur et un restaurant, redonnant un point de rencontre aux villageois, qui avaient perdu tous leurs commerces.

CENTRE-DU-QUÉBEC

Odanak (469 habitants)

L’Institut postsecondaire des Premières Nations ouvrira ses portes à la fin août dans cette réserve amérindienne, dont le nom signifie «?au village?», en abénaquis. Il accueillera jusqu’à 120 étudiants de partout au Québec, pour les préparer à entreprendre des études universitaires et à devenir des leaders dans leurs communautés.

Baie-du-Febvre (1 063 habitants)

La majorité des obus tirés par la Défense nationale pendant 50 ans dans le lac Saint-Pierre, en face du village, ont été retirés. Les bateaux de plaisance peuvent à nouveau venir accoster en toute sécurité. Avec les résidus de dragage, on prévoit aménager un parc en bordure du lac où observer les milliers d’oies blanches qui s’y posent au printemps.

Aston-Jonction (377 habitants)

Seize terrains sont donnés à de jeunes familles désireuses de s’implanter au village. Sept ont trouvé preneur. Le village espère sauver son école, menacée de fermeture.

GASPÉSIE- ÎLES-DE-LA-MADELEINE

Petite-Vallée (248 habitants)

La chanson a remplacé les industries traditionnelles, comme la pêche. Le Festival en chanson de Petite-Vallée attire, bon an, mal an, des milliers de spectateurs. Depuis 2001, on organise aussi des résidences pour les artistes de la relève et des camps d’été pour les amateurs, enfants et adultes, qui viennent jusque d’Europe.

LAURENTIDES

Notre-Dame-de-Pontmain (712 habitants) et les localités voisines

Dans le cadre de l’initiative des «?villages d’accueil?», les habitants de municipalités des Hautes-Laurentides reçoivent des groupes de touristes français. Ils leur font découvrir la région, les nourrissent et les logent à domicile. En souvenir de chaque visite, on plante un arbre de l’amitié.

Val-David (4 216 habitants)

Autrefois terrain de jeux des Montréalais la fin de semaine, Val-David est devenu un repaire d’artistes. Même l’épicerie se prête au jeu. Le sculpteur René Derouin a entouré le bâtiment du Metro Dufresne et fils d’une frise de 65 panneaux gravés et peints.

CÔTE-NORD

Tadoussac (850 habitants)

Près de 30 ans après sa fondation, le Festival de la chanson de Tadoussac innove toujours. Les festivaliers peuvent maintenant pagayer pour assister en kayak à un spectacle offert dans une baie de la rivière Saguenay.

MONTÉRÉGIE

Très-Saint-Rédempteur (733 habitants)

Ce village n’était pas desservi par Internet haute vitesse. Qu’à cela ne tienne?! Des Rédempteurois ont fondé une coopérative, construit des tours d’antennes discrètes et acheté les serveurs nécessaires. Depuis 2007, la coopérative CSUR offre le service à tous les villageois, aux mêmes prix qu’en ville.

Saint-Joachim-de-Shefford (1 089 habitants)

La détermination de groupes citoyens a permis d’ouvrir la première école internationale en milieu rural, de lancer une coopérative pour sauver le dépanneur et la station-service, puis de transformer l’église afin d’y accueillir des services de loisirs.

Saint-Étienne-de-Beauharnois (774 habitants)

Depuis l’été dernier, Saint-Étienne est relié au parc régional de Beauharnois-Salaberry, grâce à l’aménagement d’une piste cyclable de quatre kilomètres qui traverse les terres agricoles. On veut attirer quelques-uns des milliers de cyclistes qui empruntent le réseau cyclable régional et, du même coup, inciter les villageois à se délier les jambes.

Massueville (523 habitants)

La construction d’une halle en face de l’église a redynamisé ce village. On y tient des activités tout l’été et la fête des récoltes à l’automne. La halle sert aussi de point de départ et d’arri­vée au Tour cycliste panoramique de la Yamaska. Cette grande fête du vélo, organisée par un comité citoyen, amène des centaines de cyclistes à Massueville depuis 2006.