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Une mosquée ou un «musallâ» ?

Comment différencier une mosquée d’un musallâ, et un fondamentaliste d’un radicaliste ? Voici quelques définitions pour y voir plus clair.

mosquee

Y a-t-il 140 mosquées au Québec ? Oui, si on en croit l’interprétation que certains médias ont faite d’une carte ayant circulé récemment.

Or, il n’en est rien. Le Québec compterait en fait une vingtaine de mosquées.

D’où vient la confusion ? D’un manque d’information sur ce qu’est — ou n’est pas — une mosquée, estime l’auteur de la carte, le chercheur Frédéric Castel, spécialiste des religions minoritaires au Québec.

Voici quelques définitions pour y voir plus clair.

Une mosquée est un établissement qui a été officiellement sanctifié. C’est un lieu permanent voué à la prière et aux activités de la communauté (enseignement, services sociaux, funérailles). Parmi la vingtaine de véritables mosquées québécoises, à peine une dizaine auraient plus de 500 fidèles.

Les 120 autres établissements sur la carte abritent de simples associations religieuses, dont un certain nombre ont pignon sur rue sous forme de musallâ. Contrairement à la mosquée, le musallâ est un lieu de prière temporaire, en général beaucoup plus petit, qui peut recevoir une cinquantaine de fidèles.

Le chercheur associé à l’UQAM se penche aussi sur ce qui différencie fondamentalisme, intégrisme et radicalisme, trois termes souvent utilisés à tort, ce qui nuit, à ses yeux, à la bonne compréhension du débat public dont fait l’objet l’islam en ce moment.

Le fondamentaliste ou intégriste fait une lecture conservatrice des textes religieux, mais n’est pas violent. Il est presque toujours en réaction par rapport au groupe dominant de sa religion, qu’il juge trop conciliant.

Le radicaliste, de son côté, est plus sectaire ; il pousse plus loin le repli et le désengagement. Il condamne le monde extérieur, y compris ses coreligionnaires qui n’adhèrent pas à ses idées.

À partir de quand un groupe sectaire ou radical devient-il dangereux pour la société ? « Le discours de la plupart des intégristes ne se traduit pas par des gestes illégaux. Même chez les radicaux. Il y a bien des sectes chrétiennes qui poussent très loin le radicalisme », dit Frédéric Castel, selon qui il est dangereux de vouloir baliser le discours intégriste, voire radical. « La balise du droit devrait être la nature des actions ou des gestes faits, pas le discours. »