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La première étoile à P.K. Subban

Son don frappe l’imagination dans une collectivité qui ne se distingue pas par sa philanthropie.

Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne
Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne

Blogue EconomieP.K. Subban est en train de passer du statut de vedette à celui d’idole et de citoyen exemplaire. Son don de 10 millions de dollars sur sept ans à la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants frappe l’imagination dans une collectivité qui ne se distingue pas par sa philanthropie.

Faut-il rappeler que les Québécois sont depuis longtemps au dernier rang au Canada pour les dons philanthropiques et que notre contribution médiane de 130 dollars par année est presque ridicule par rapport à la médiane canadienne de 280 dollars? Elle est gênante quand on compare les dons des Québécois avec ceux des habitants de Terre-Neuve-et-Labrador (350 dollars) ou de l’Île-du-Prince-Édouard (400 dollars).

Un autre exemple est frappant. Les gens de Gatineau font des dons médians de 170 dollars et ceux d’Ottawa, de l’autre côté du pont, de 370 dollars.

Le geste qu’a fait Pernell Karl (P.K.) a donc ici valeur d’exemple. C’est bien qu’il ait parlé en français, mais c’est la générosité et l’ampleur du don qui suscitent d’abord l’admiration. On dira qu’il est riche à craquer — qui gagne 72 millions de dollars sur huit ans? —, mais rien ne l’obligeait à un tel engagement.

Oui, sa facture d’impôt sera diminuée, mais ce sont les règles du jeu. Les gouvernements veulent encourager ce type de comportement civique et comptent sur les dons privés pour financer une partie des organismes et des institutions, comme les musées, les orchestres, les théâtres, les centres hospitaliers ou les œuvres de bienfaisance.

Les fondations des centres hospitaliers récolteront des fonds pour de l’équipement de pointe ou le financement de la recherche dans leurs murs. La Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, par exemple, a financé un Centre d’excellence en thérapie cellulaire grâce à Montréal Passion Vin, un rendez-vous des collectionneurs de grands crus.

Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal et le Centre universitaire de santé McGill ont engagé des campagnes de financement de 300 millions de dollars chacun, et Sainte-Justine veut récolter 150 millions de dollars d’ici 2018.

C’est la même chose dans le milieu universitaire. L’Université de Montréal, l’École polytechnique et HEC Montréal ont entrepris une campagne conjointe de 500 millions. McGill vient d’en terminer une qui a permis d’engranger plus de un milliard.

Pourquoi McGill fait-elle si bien ? La culture anglophone et le plus grand attachement des diplômés à leur établissement expliquent peut-être ce grand succès: 52 % des dons provenaient de contributeurs hors Québec dans 115 pays.

Ce milliard de dollars contribuera notamment à la création de 46 chaires universitaires et à l’attribution de 3 700 bourses d’études. L’Université s’assure ainsi d’attirer et de garder les étudiants les plus doués qui deviendront peut-être, à leur tour, assez riches pour faire un don substantiel à leur alma mater.

Cela dit, tout n’est pas sombre du côté francophone. N’oublions pas que la plus grande fondation philanthropique au pays est la Fondation Lucie et André Chagnon. Le fondateur de Vidéotron a fait un don personnel de 1,380 milliard de dollars à sa fondation, soit 76 % de son patrimoine familial.

Cette fondation se préoccupe uniquement de la lutte contre la pauvreté et contre la maladie et fait de l’éducation sa première arme.