Société

Il est propre, votre logement ?

Montréal devrait-elle suivre l’exemple de Vancouver et libérer les données sur la salubrité des logements ?

(Photo : i StockPhoto)

L’immeuble où vous souhaitez louer un appartement fait-il l’objet de plaintes pour moisissures ou vermine ? Si vous habitez Vancouver, le découvrir est un jeu d’enfant : vous n’avez qu’à entrer l’adresse du bâtiment sur le site vancouver.ca/saferental. Vous y trouverez le nom du propriétaire et les infractions qui lui sont reprochées, le cas échéant.

Depuis la libération des données ouvertes sur la salubrité et la sécurité des logements, en 2013, le nombre d’infractions en la matière a chuté de… 80 %.

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Montréal s’apprête à suivre l’exemple. D’ici la fin de l’année, la Ville libérera certaines données liées aux inspections, notamment le nombre d’interventions par arrondissement, les dates d’inspection et le type d’infraction commise.

Mais il y a peu de chances que les utilisateurs puissent s’en servir pour débusquer un propriétaire récalcitrant ou dresser une liste d’adresses à fuir : au Québec, la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels interdit la divulgation d’informations permettant d’identifier une personne.

La Ville étudie diverses stratégies pour contourner cet enjeu tout en respectant le cadre juridique. Au lieu d’indiquer l’adresse où une infraction a été constatée, par exemple, le registre pourrait mentionner l’intersection la plus proche du bâtiment, avance Marianne Cloutier, directrice de l’habitation par intérim. « Mais ce n’est pas l’idéal, car dans certains tronçons de rues où il y a peu d’immeubles de logements, cela consisterait presque à donner l’adresse », dit-elle. Celle-ci ignore encore de quelle façon les données seront traitées, mais chose certaine, dans le cadre juridique actuel, Montréal ne pourra aller aussi loin que Vancouver. D’ici là, les propriétaires de taudis peuvent dormir tranquilles…