Attaque à Toronto : attention aux fausses nouvelles !
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Attaque à Toronto : attention aux fausses nouvelles !

Quand les nouvelles circulent vite, les canulars, eux aussi, vont bon train. Et l’attaque au camion-bélier survenue lundi à Toronto ne fait pas exception à la règle. 

Attention : cet article sera mis à jour chaque fois que les autorités confirmeront ou démentiront officiellement les informations liées à l’attaque de Toronto. Pour signaler une rumeur ou une nouvelle qui vous semble erronée, écrivez-moi !

Comme chaque tuerie de masse ou attentat, l’attaque au camion-bélier ayant coûté la vie à 10 personnes lundi à Toronto a engendré son lot de fausses informations et de canulars.

Voici les rumeurs qui circulent toujours sur le tragique événement.

Faux : Sam Hyde est le responsable de l’attaque

J’en ai parlé à plusieurs reprises et j’en reparlerai probablement lors de chaque tuerie : le mème « Sam Hyde est le responsable de l’attaque » revient constamment.

Comme pour la plupart des canulars qui circulent lors d’événements tragiques, le but des trolls qui partagent les photos du comédien Sam Hyde — qui n’a jamais commis d’attentat, en passant — est d’induire les internautes en erreur et, éventuellement, de tromper des journalistes.

Les publications sont souvent créées dans les minutes suivant une attaque, ce qui leur permet de profiter du laps de temps entre l’événement et la confirmation du nom du ou des suspects par les autorités.

Cette fois-ci, quand la police a confirmé que le seul suspect était Alek Minassian, des internautes ont « adapté » le mème pour que le nom de Sam Hyde ressemble à celui du conducteur du camion (H/T : Jeff Yates) :

Faux : l’auteur de l’attaque est musulman, voire djihadiste

À peine la nouvelle sortie et, surtout, avant même que la police ait pu confirmer quoi que ce soit, plusieurs groupes xénophobes et islamophobes sont rapidement arrivés à la conclusion que le suspect avait perpétré l’attaque au nom de l’islam.

Une heure après l’événement, la journaliste Natasha Fatah a relayé sur Twitter une description du conducteur du camion, faite par un témoin non identifié. Selon cette personne, le suspect « avait l’air » d’être originaire du Moyen-Orient.

Quarante minutes après son premier tweet, Mme Fatah a rapporté le témoignage d’une autre personne non identifiée. Cette fois-ci, le suspect était blanc.

Un seul de ces tweets est devenu viral : le premier.

Attention : aucune information n’indique que le suspect ait agi au nom d’une religion quelconque. Cet article sera mis à jour lorsque plus d’informations seront disponibles.

Faux : le statut Facebook misogyne de Minassian est truqué

Contrairement à ce que beaucoup d’internautes semblent croire, le statut Facebook d’Alek Minassian, déniché par de nombreux journalistes, est réel. Facebook l’a confirmé à divers médias, dont CBS, Vice et Global.

« La rébellion incel est déjà commencée ! Nous allons renverser tous les Chad et Stacy ! Vive le gentleman suprême Elliot Rodger ! », indique le statut.

« Incel » veut dire « involuntary celibacy » et fait référence à des groupes d’hommes qui n’ont pas de relations sexuelles, malgré eux. Les propos qu’ils tiennent sont souvent haineux et violents envers les femmes.

Ces personnes désignent les hommes physiquement attrayants et qui ont des relations sexuelles avec plusieurs femmes par le nom « Chad ».

Elliot Rodger est l’auteur de la fusillade qui a coûté la vie à six personnes en Californie en 2014. Avant sa mort, il a déclaré qu’aucune femme ne voulait coucher avec lui et qu’il était toujours vierge. Il était membre de groupes incels.

Cela dit… attention aux faux profils

C’est vrai qu’il faut être vigilant avec ce genre de publications sur les réseaux sociaux. Lorsque le nom d’un suspect est confirmé par les autorités, beaucoup de trolls s’amusent à créer de faux profils Facebook, Twitter ou Instagram.

En voici un faux, d’ailleurs, qui tente de lier le suspect à l’islam :

D’habitude, ces faux comptes « aiment » des pages consacrées à une religion ou à un groupe militant en particulier. Il s’agit d’un moyen rapide pour tromper les journalistes et les internautes à la recherche d’informations personnelles sur le suspect.