Un E pour l'éducation
Société

Un E pour l’éducation

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur échoue sèchement à son examen de performance. Les réactions d’Égide Royer, figure respectée du monde de l’éducation, et de Martin Maltais, sommité en matière de gouvernance de l’éducation.

Demandez à n’importe quel passant dans la rue ce qui cloche par rapport au système d’éducation du Québec, et il vous répondra, dans le désordre : « qualité de l’enseignement dans les écoles publiques », « épuisement des profs », « augmentation des enfants en difficulté d’apprentissage » ou « persévérance des garçons ». Et pourtant, le nouveau plan stratégique du ministère de l’Éducation, le document qui guide le réseau, ne contient aucun objectif chiffré et mesurable à atteindre dans ces domaines.

Figure respectée du monde de l’éducation, Égide Royer a été découragé par la lecture de ce plan, dévoilé en mars dernier. « Pour gérer un ministère, il faut des objectifs et des indicateurs clairs. On dirait qu’il n’y a personne dans le cockpit du Ministère. Faire sourire un enfant à l’école, ce n’est pas un objectif ! » lance, sarcastique, ce psychologue et professeur d’adaptation scolaire à l’Université Laval.

Ce spécialiste des enfants ayant des difficultés d’apprentissage se demande entre autres pourquoi le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), qui dépense 2,5 milliards de dollars par année pour aider les jeunes au parcours rempli d’obstacles, n’a aucun objectif pour tenter d’améliorer leur taux de diplomation au secondaire, qui est de 33 %, le pire en Amérique du Nord — où la moyenne pour les enfants en difficulté est de 60 %.