La fin de l'école anglaise ?
Société

La fin de l’école anglaise ?

Les élèves du système scolaire anglophone ont de meilleurs résultats que la moyenne québécoise, mais le réseau se meurt quand même, faute de clientèle. Est-il temps de venir à sa rescousse ?

Si mes jumelles, qui ont aujourd’hui 15 ans, ont fréquenté l’école primaire anglophone, c’est presque par hasard. Malgré mes origines anglo-ontariennes, je tenais à ce qu’elles étudient en français. Il y avait cependant une école publique anglophone à moins d’un kilomètre de la maison et nous avons profité d’une journée portes ouvertes pour la visiter. Surprise totale !

L’école Nesbitt, dans le quartier Rosemont, à Montréal, est logée dans un bel immeuble de trois étages en brique rouge, aux larges corridors baignés de lumière. Le bâtiment, construit en 1911, est entouré d’énormes terrains de jeux, comporte une bibliothèque bien garnie, deux gymnases et une cafétéria, où l’on sert des repas chauds le midi aux quelque 300 élèves. Autant d’avantages que l’école francophone du quartier n’a pas. En prime, nous pouvions inscrire nos filles en immersion française, si bien qu’elles allaient sortir du primaire public avec une instruction bilingue.

C’était presque trop beau. Alors que mes filles entamaient leur 2e année, en octobre 2010, la direction nous a annoncé que, faute d’un nombre suffisant d’élèves, Nesbitt était placée par la commission scolaire English-Montréal (CSEM) sur une liste de sept établissements susceptibles de fermer leurs portes ! Il a fallu à notre groupe de parents un an de bataille pour garder l’école ouverte.