Un Bleuet au pays des Inuits
Société

Un Bleuet au pays des Inuits

Enseigner le ski cerf-volant aux habitants du Nunavik : c’est le mandat hors de l’ordinaire que remplit notre journaliste depuis quelques années. Le sport, a-t-il constaté, est une clé en or pour tisser des liens avec le peuple inuit et découvrir qu’entre les gens du Nord et ceux du Sud il y a plus en commun qu’on le pense.

Nous sommes devenus amis dès les premières leçons. Lui, un Inuit dans la trentaine, et moi, un Qallunaat (non-Inuit, en inuktitut) venu passer une semaine à Ivujivik, le village le plus septentrional du Québec, pour enseigner les rudiments du ski cerf-volant, comme je le fais chaque printemps depuis 2013 au Nunavik.

En fait, Aulla Qaunnaaluk est rapidement devenu un accro du vent et un ami. Homme d’un naturel réservé, il travaille par moments pour la compagnie minière Canadian Royalties, à d’autres comme adjoint du directeur général à la coop (le magasin général), ou encore comme secrétaire-trésorier pour la municipalité. Il m’a emmené observer les premiers bélugas du printemps, avant de me faire goûter du mattaq, de la peau de béluga à laquelle est encore attachée une couche de graisse — un délice inuit plutôt difficile à mastiquer, avec ces billes de graisse qui vous roulent dans la bouche. C’est en jasant avec lui, célibataire toujours en quête de réponses à des questions existentielles, que j’ai découvert entre autres que les Inuits du Nunavik sont des adeptes de volleyball, que les jeunes de tous les villages pratiquent au moins un soir par semaine dans le gymnase de l’école ou à la salle communautaire. Depuis, j’en profite lors de chaque séjour pour jouer quelques parties et me délier les jambes en soirée.