Souriez, vous êtes filmés
Société

Souriez, vous êtes filmés

De plus en plus de corps policiers équipent leurs agents de caméras d’intervention dans l’espoir de rétablir la confiance avec le public. Que faut-il en penser ?

La vidéo, prise par un particulier de sa fenêtre, fait trois minutes. Dans une rue de Montréal, Nicholas Gibbs avance vers trois policiers qui le tiennent en joue. Il se penche vers une auto-patrouille vide et appuie sur le klaxon. Puis, il reprend sa marche vers les agents dans la douceur du soir qui tombe en cette fin d’été.

Il est frondeur, certes, mais ne semble pas menaçant. Il tient nonchalamment un objet indistinct dans sa main. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) affirme qu’il s’agit d’un couteau. Une minute après le commencement de la vidéo, tandis qu’il continue à narguer les policiers, l’un des agents tire. Trois coups de feu, puis deux autres alors que le suspect est de dos. Nicholas Gibbs s’effondre. Il meurt à 23 ans.

La famille Gibbs poursuit le SPVM pour 1,2 million de dollars. Usage excessif de la force, selon son avocate, Me Virginie Dufresne-Lemire. « La règle de base, c’est que les policiers doivent utiliser la force qui est nécessaire, dit-elle. Et ils doivent réévaluer constamment l’usage de la force dans la situation à mesure qu’elle évolue. »