Silicon Valley, données et aliments électros
Société

Silicon Valley, données et aliments électros

Les employés des géants de la techno sont soucieux de l’éthique dans leur secteur ; les Chinois travaillent patiemment à construire l’intelligence artificielle, se mettent à l’électroculture et… comptent leurs pas !

Une rébellion ébranle la Silicon Valley

Un mouvement activiste sans précédent secoue la Silicon Valley, où ingénieurs, programmeurs et autres travailleurs prisés par les entreprises technos ont accentué la pression sur leurs employeurs en 2018 afin que ceux-ci agissent de façon éthique.

Des milliers d’employés de Google ont quitté temporairement leur bureau, le 1er novembre, pour dénoncer des sommes versées à des cadres accusés de harcèlement sexuel. En juin, des travailleurs d’Amazon ont signé une lettre au PDG, lui demandant — sans succès jusqu’ici — de cesser de fournir la technologie de reconnaissance faciale Rekognition aux autorités américaines. Plus tôt, 4 000 employés de Google avaient  interpellé leur chef de la direction pour s’opposer au programme d’intelligence artificielle Maven, qui pourrait être utilisé pour des frappes de drones — en juin, Google a annoncé qu’elle ne renouvellerait pas en 2019 son entente avec la Défense américaine, un contrat annuel de 250 millions de dollars. Au printemps, 500 personnes de Microsoft ont signé une pétition demandant à l’entreprise de ne plus proposer d’hébergement nuagique à l’agence fédérale de police aux frontières…

Le mouvement a pris naissance en 2016, quand quelque 2 800 employés de géants technos ont signé le pacte Never Again, s’engageant à refuser de créer des bases de données pouvant cibler les Américains musulmans ou d’autres groupes menacés de déportation par le gouvernement Trump. (Annick Poitras)

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(Illustration : Stéphanie Aubin)

Au pas !

Les applis comptant les pas sont populaires en Chine, et pas seulement pour maintenir la forme. Plusieurs compagnies d’assurances offrent des rabais à leurs clients qui marchent beaucoup, et des écoles obligent leurs élèves à faire de même. Effet pervers d’une intention louable : une entreprise a été dénoncée pour avoir imposé des amendes à ses employés n’atteignant pas le nombre de pas requis, et des appareils secouant les téléphones pour simuler l’action de la marche sont maintenant offerts sur le marché…

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(Photo : Yan Cong / The New York Times / Redux)

Nous sommes les travailleurs de la construction du monde numérique. Notre boulot est de poser une brique après l’autre.

Yi Yake, cofondateur d’une entreprise chinoise effectuant de la classification et de l’étiquetage de données, une tâche nécessaire à l’intelligence artificielle qui doit être faite manuellement. La Chine s’est donné comme objectif de devenir la première puissance mondiale en IA d’ici 2030.

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(Illustration : Stéphanie Aubin)

Des aliments électros ?

La Chine, qui a 1,4 milliard de bouches à nourrir, se met à l’électroculture, la stimulation des plantes au moyen de l’électricité. Ce procédé, connu depuis le XIXe siècle dans de nombreux pays, est testé en Chine depuis 30 ans dans plus de 3 600 hectares de serres.

Ces expériences montrent que la culture de légumes peut être augmentée de 20 % à 30 % grâce à la suspension, au-dessus des plants, de fils de cuivre pouvant transmettre des charges positives jusqu’à 50 000 volts. Ces décharges rapides, sans danger pour les plantes et les humains, tuent les bactéries et les virus présents dans l’air ou le sol, et accélèrent l’absorption du dioxyde de carbone et la photosynthèse, ce qui stimule la croissance des légumes. En prime, elle réduit l’utilisation de pesticides de 70 % à 100 % et l’apport d’engrais de 20 %. (Annick Poitras)