76 jours pour devenir un consommateur averti

Le consommateur moyen aurait besoin de 76 jours pour lire l’intégralité de chaque politique de confidentialité qu’il rencontre au cours d’une année.

Photo © Getty Images
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FouineurÀ quand remonte la dernière fois où vous avez réellement lu les « termes et les conditions » que l’on vous a demandé d’accepter avant d’installer un logiciel ou de télécharger une chanson ? Rassurez-vous, même si vous vous y étiez attardé, il n’est pas certain que vous auriez compris le charabia qui y est écrit. Là est le problème.

« Accepter des termes que nous ne comprenons pas est devenu en quelque sorte un rituel moderne », explique Peter Shawn Taylor dans Profit. Les accords de confidentialité ne sont pas réservés aux achats en ligne; ils sont aussi requis lorsque le consommateur veut s’offrir une maison ou une automobile, ou encore souscrire à un prêt.

Omri Ben-Shahan et Carl Schneider, deux universitaires américains, expliquent dans le livre More Than You Wanted To Know : The Failure of Mandated Disclosure que ce déluge d’information est tellement problématique qu’il en devient néfaste.

Avoir accès à un nombre quasi illimité d’informations sur les produits est un droit que les Canadiens considèrent peut-être aujourd’hui comme inné. Mais la quantité de données disponibles est telle que le côté positif de la chose s’en retrouve perdu. Selon les deux auteurs, le consommateur moyen aurait besoin de 76 jours pour lire l’intégralité de chaque politique de confidentialité qu’il rencontre au cours d’une année.

En imprimant l’habituel contrat de service d’iTunes, Ben-Shahan s’est retrouvé avec un tas de 32 pages de texte dense, dont la taille de la police de caractères était de 8. « Et tout cela pour une chanson qui a coûté 0,99 $. Ça ne fait aucun sens. »

General Mills, propriétaire des marques Lucky Charms, Yoplait et Old El Paso, a récemment changé les termes de son site Internet. Le téléchargement d’un coupon devait enlever au consommateur son droit de poursuivre l’entreprise. Il n’a pas fallu longtemps avant qu’un visiteur à l’œil de lynx, secondé par le New York Times, force General Mills à faire marche arrière.

Noyé sous les petites inscriptions, le consommateur devient vulnérable. « Le soleil a beau être le meilleur désinfectant, en avoir trop au mauvais moment peut vous causer une méchante brûlure », conclut Peter Shawn Taylor.

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Et pis après?
J’ai aussi voulu lire avant d’accepter, entre autres il y a quelques mois à l’installation du système d’installation de Maverick à la configuration de mon MacPro tout neuf. D’abord même si j’ai coché pour faire l’installation en français tout c’est déroulé en anglais.
Si je faisais véritablement ce que je devrais selon ma compréhension de ses droits, je n,aurais non seulement aucun logiciel, aucun système d’exploitation et aucun ordinateur.
C’est tout simplement abusif…et je laisse tomber mon amour et mes droits propre à des richissimes inconnus qui ne se gênent pas pour prendre mon argent.
Quel est donc ma véritable alternative?
Et pis après?
Et pour l’utilisation de Google et Gmail, Hotmail et quoi d’autres?
Si on se met à lire, dans ce qui est facilement compréhensible, ça ne donne pas le goût d’accepter déjà après quelques lignes…
Quel est donc ma véritable alternative?
Et pis après?
Monsieur Harper faites votre job! Ah c’est vrai, s’il intervient, ce ne sera que pour soutenir l’industrie en bout de ligne, malgré qu’il ne présentera cela comme de l’aide aux consommateurs. Vous m’en direz tant Monsieur Harper!