Accrocheur

Si le taux de décrochage scolaire a chuté au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est grâce à lui. Le Québec entier s’apprête à lui emboîter le pas.

Photo : Mathieu Rivard
Photo : Mathieu Rivard

Son nom ne vous est sans doute pas familier, et pourtant, on a beaucoup parlé de Michel Perron en 2009. Ce pétulant chercheur de 62 ans a propulsé le décrochage à la une de l’actualité. Fondateur du Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CREPAS), en 1996, il est à l’origine de la chute spectaculaire du taux de décrochage dans sa région, désormais de 15 %, soit deux fois moins que dans l’ensemble du Québec.

« La clé, c’est de mobiliser toute la collectivité autour de l’importance de l’éducation », dit Perron. En misant sur la prévention plutôt que sur le raccrochage, et sur la persévérance plutôt que sur la réussite. La formule a fait boule de neige : le Québec compte aujourd’hui 14 tables de concertation sur la persévérance scolaire.

C’est le taux de décrochage du Québec en entier que Perron veut voir diminuer. En 2007, il est invité par la Caisse de dépôt et placement à prononcer une conférence sur le sujet lors d’un souper réunissant les 50 plus grands dirigeants québécois. « La tribune de ma vie ! »

Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier, reçoit le message cinq sur cinq : son Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires comme son très médiatisé rapport sur le sujet, en mars dernier, ont été inspirés par Perron. Lequel a, par ricochet, influencé la ministre de l’Éducation, Michèle Courchesne, qui a fait sien l’objec­tif du rapport : réduire le décrochage de 30 % à 20 % d’ici 2020. Michel Perron n’a pas l’intention de prendre sa retraite pour autant. Il compte « accompagner ce plan pen­dant 10 ans ». Et veiller à ce que le gouvernement tienne ses engagements.