Après le plafond, la falaise de verre

(Photo : Marie-Reine Mattera)
(Photo : Marie-Reine Mattera)

Qu’y a-t-il au-delà du fameux plafond de verre qui limite l’ascension des femmes ? Un autre obstacle ! Les femmes qui atteignent les hautes sphères décisionnelles le font, plus souvent que leurs collègues masculins, en temps de crise. Ou alors elles héritent de missions difficiles. C’est ce qu’a découvert une équipe de psychologues de l’Université d’Exeter, en Grande-Bretagne. Elle a étudié la performance boursière des 100 plus grandes entreprises britanniques dans les six mois précédant les nouvelles nominations de dirigeants. Conclusion fascinante : on nomme des femmes quand l’entreprise va mal ! Résultat confirmé par une série d’expériences où des comités de sélection constitués pour pourvoir différents types de postes (directeur des finances d’une multinationale dont le prix de l’action est en baisse, avocat responsable d’une cause désespérée, candidat politique à une élection perdue d’avance) se sont vu présenter deux postulants, un homme et une femme, d’égale valeur. Chaque fois, les comités de sélection ont favorisé le candidat féminin…

Pourquoi ? « Probablement pour plusieurs raisons, dit Michelle K. Ryan, principale chercheuse de l’étude. Des recherches précédentes semblent indiquer que les gens perçoivent les femmes comme plus compétentes ou mieux outillées pour composer avec les problèmes socioaffectifs qui se pointent quand les temps sont durs… » Faut-il s’étonner qu’elles soient plus nombreuses à partir ? Ou carrément, qu’elles hésitent à monter jusqu’au sommet ?