Asphalter le Nunavik ?

Des résidants du Nunavik, à l’extrême nord du Québec, pourraient bientôt avoir une autre option qu’un billet d’avion à 1 500 dollars pour sortir de leur région.

Asphalter le Nunavik ?
Photo : iStockphoto

Le gouvernement du Québec songe à étendre le réseau routier québécois jusqu’au Grand Nord, ou du moins jusqu’à deux de ses villages les moins éloignés.

Ce geste aurait « d’énormes répercussions sociales », dit Raymond Mickpegak, maire de Kuujjuarapik, village inuit situé sur les rives de la baie d’Hudson. « Cela nous ouvrirait les portes de l’Amérique du Nord », ajoute-t-il, en plus de diminuer le coût de la vie dans une région où tout doit être acheminé par avion ou par bateau.

Québec a commencé à se pencher sur la question en mai dernier, à la demande du village cri de Whapmagoostui, voisin de Kuujjuarapik, dit Denis Blais, directeur du Bureau de la coordination du Nord-du-Québec, du ministère des Transports. Le tronçon de route de 250 km qu’il faudrait construire pour relier les deux villages à Radisson, au sud, coûterait jusqu’à 300 millions de dollars.

Les résidants du coin demeurent sceptiques. « Ça fait 15 ans que je vis ici, et ça fait 15 ans que j’entends dire que la route s’en vient bientôt », dit Claude Depars, gérant du bar de l’Auberge Qilalugak Resto-Pub, à Whapmagoostui.

L’étude de préfaisabilité entreprise le printemps dernier doit être terminée en 2010. Si le projet reçoit le feu vert, il faudrait ensuite compter au moins quatre ans de préparation et d’études supplémentaires avant le début des travaux.