Auto électrique : Monsieur Hydrogène !

Aux Jeux Olympiques de 2010, François Girard vivra l’aboutissement de 10 années de labeur.

Photo : Nick Westover
Photo : Nick Westover

L’Autoroute de l’hydrogène, que Vancouver présentera au monde entier en février prochain, c’est en partie le bébé de cet électrochimiste québécois. Initiative des gouvernements provincial et fédéral, cette « Autoroute » vise à promouvoir les innovations liées à l’hydrogène et aux piles à combustible (véhi­cules, stations de ravitaillement…). Bref, à montrer quelles applications commerciales peuvent découler des recherches en laboratoire.

Si c’est l’amour qui a mené François Girard jusqu’à Vancouver, c’est le travail qui l’a incité à y rester. « Vancouver est la Mecque des piles à combustible, résume le chercheur de 42 ans. Je n’aurais jamais pu progresser aussi vite dans mon domaine au Québec. » Titulaire d’un doctorat en énergies renouvelables de l’INRS-Énergie, Matériaux et Télécommunications, il a travaillé à Montréal dans les pâtes et papiers, puis dans une petite entreprise de piles à combustible, avant de mettre le cap sur l’Ouest. Il est actuellement gestionnaire d’un programme d’évaluation technologique à l’Institut d’innovation en piles à combustible du Conseil national de recherches Canada (CNRC), à Vancouver. Parmi ses tâches : s’assurer du soutien technique aux différents volets de l’Autoroute de l’hydrogène.

Inventée il y a plus de 150 ans, la pile à combustible a connu un réel essor dans les années 1980, sous l’impulsion de l’ingénieur vancouvérois Geoffrey Ballard. Cette pile utilise l’hydrogène pour fabriquer de l’électricité. Durant les Jeux, 20 autobus à hydrogène circuleront dans les rues de Whistler. « Le plus gros parc du monde, dit fièrement Girard. Cela aidera Vancouver à réaliser sa promesse de tenir les Jeux les plus propres de l’histoire. » Silencieux et non polluants, ces bus ne recrachent que de la vapeur d’eau par le pot d’échappement.

François Girard apprécie la conscience environnementale des Vancouvérois. Avec ses deux enfants et un groupe de résidants de son quartier, il s’est engagé dans une entreprise citoyenne typique de sa ville d’adoption : la transformation d’un terrain vague en jardin collectif et en terrain de jeux. « Il y a ici un mouvement communautaire que je n’ai pas trouvé à Montréal, dit-il. Beaucoup d’initiatives viennent des résidants et non de l’État. »

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