Automne cherche leaders

Quelle différence 12 mois peuvent faire dans la vie d’une planète ! L’automne dernier, l’économie mondiale se dirigeait vers l’apocalypse financière. Aujourd’hui, un soupir de soulagement collectif accompagne l’annonce d’un automne qui pourrait être celui de la relance.

Le Bixi, une des belles réalisations de l’équipe Tremblay, roulera bientôt  à Lo
Le Bixi, une réalisation de l’équipe Tremblay, roulera bientôt à Londres et à Boston. Photo : Jean Gagnon

Le monde a évité une grande dépression, dit le Nobel d’économie Paul Krugman. Et c’est largement grâce à l’intervention massive et coordonnée des gouvernements. Mais attention, il faudra compter deux ans au moins avant que l’économie mondiale se redresse complètement. Ne dégainez pas trop vite les cartes de crédit.

Maintenant que le pire est passé, les belles intentions de réformes partiront-elles en fumée ? Ce serait dommage. C’est pendant ces deux années de «ralentissement durable», comme les appelle Paul Krugman, que l’on devra parier sur de bonnes idées pour enclencher la relance.

Il suffit de découvrir les 25 Québécois de notre dossier de couverture pour constater que ces idées ne manquent pas, que les gens sont prêts à retrousser leurs manches.

Il faudra que les entreprises, tétanisées, retrouvent un certain goût du risque. Que les gouvernements soient inspirants et mobilisateurs. La relance demandera des efforts concertés : un système bancaire et financier fiable, des travailleurs instruits et en bonne santé, un système d’éducation solide, de l’énergie pas trop chère, des infrastructures de transport adaptées, et des gouvernements visionnaires pour soutenir et encadrer tout ça !

Des gouvernements ? Bien malin celui qui saurait dire lequel sera aux commandes du Canada cet automne.

Les libéraux de Michael Ignatieff menacent de renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper, mais sans que l’on sache trop pour accomplir quoi ensuite. On comprend la réticence du chef du PLC à lancer des idées audacieuses, après la dégelée qu’a connue la «taxe verte» de Stéphane Dion. Mais ira-t-on vraiment aux urnes au nom de la réforme de l’assurance chômage ?

Les récents sondages pourraient refroidir les ardeurs libérales. À deux points derrière les conservateurs, selon la société Strategic Counsel, les libéraux sont à peine mieux logés qu’ils ne l’étaient avec Stéphane Dion. Une part de leur électorat traditionnel (femmes, jeunes et électorat urbain) tarde à revenir. Tout comme le Québec, pourtant essentiel à l’obtention d’une majorité. On aura beau dire que les Canadiens en ont marre des gouvernements minoritaires, celui de Stephen Harper n’a pas si mal servi le pays, économiquement parlant. Pourquoi en changer ? semblent se demander bien des électeurs.

Au Québec, les organisateurs libéraux ont bien peu troublé le travail de fourmis que les gens du Bloc québécois ont fait dans chaque circonscription cet été. Les idées libérales n’ont pas surchauffé les barbecues.

La campagne électorale de Montréal donne aussi bien peu de matière à réflexion. Qu’est-ce qui différencie vraiment Vision Montréal d’Union Montréal ou de Projet Montréal ? Ils plaident tous pour un développement durable ! Mais encore ?
Le parti de Gérald Tremblay, Union Montréal, est le seul dont le site Web offre une liste claire, par arrondissement, de ses engagements. Pour ceux qui cherchent une raison de voter, la visite est fort intéressante.

À défaut d’être mieux informés sur les intentions des partis, bien des gens choisiront leur maire pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le transport en commun, la gestion de l’eau ou la sécurité des quartiers. Ils opteront pour le parti de Richard Bergeron, Projet Montréal, parce que John Gomery y est associé, même si ce n’est que comme président de la campagne de financement. Certains appuieront Vision Montréal par sympathie nationaliste pour Louise Harel, et d’autres, de langue anglaise, se refuseront à élire une mairesse unilingue francophone. D’autres encore, militants libéraux, craindront de voir une souverainiste diriger la plus grande ville du Québec.

Dans cette déconcertante empoignade, où trouvera-t-on les projets qui feront de Montréal la grande ville qu’elle pourrait être ? Ceux qui la sortiront de sa pauvreté ?

En attendant d’être appelé aux urnes, si vous cherchez des idées inspirantes, rencontrez nos 25 têtes de mule, qui montent au front de la relance. «Impossible», pour eux, n’est pas dans le dictionnaire.

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