Autumn Peltier, la guerrière de l’eau

Autumn Peltier, 14 ans, a été nommée commissaire en chef de l’eau par la nation anichinabée. L’adolescente, originaire de l’île Manitoulin, en Ontario, reprend ainsi le flambeau de sa grand-tante Josephine Mandamin, décédée plus tôt cette année.

Photo : Manuel Elias

En quoi consiste ton rôle de commissaire en chef de l’eau ? 

Ma mission est de défendre le droit de mon peuple, les Premières Nations, mais aussi le droit de tous les autres peuples à l’accès à l’eau potable. Je sonne l’alarme auprès des gouvernements et des dirigeants, pour leur dire qu’il faut porter plus d’attention et plus de considération à l’eau potable.

En 2018, tu as pris la parole à l’Assemblée générale des Nations unies lors de la Journée mondiale de l’eau. Quel était ton message ? 

Dans ma culture, l’eau a un esprit, elle est vivante, et c’est ce que je leur ai rappelé. Je leur ai dit qu’il fallait respecter cet esprit de l’eau. Parfois, j’ai l’impression que les gens pensent que le privilège d’avoir accès à de l’eau potable est acquis, mais ça ne va pas durer ! Ce jour-là, António Guterres [le secrétaire général des Nations unies] nous a expliqué qu’en 2050, une personne sur quatre vivra dans un pays qui manquera d’eau potable. Mais aujourd’hui déjà, plus de deux milliards de personnes n’ont pas d’eau potable chez elles.

Quelle est la situation au Canada ? 

Il faut que les gens comprennent que ça les concerne aussi. Il y a environ une trentaine de municipalités québécoises qui doivent faire bouillir leur eau, parce que leur système de filtration n’est plus conforme aux normes. L’eau perd sa qualité, les systèmes se dégradent peu à peu. Il y a aussi un grand nombre de communautés des Premières Nations qui n’ont pas d’eau potable. La communauté la plus touchée en ce moment, c’est celle d’Attawapiskat [située dans le district de Kenora, dans le nord de l’Ontario]. Les gens ne peuvent pas boire leur eau, ni se doucher, ni cuisiner, ils ne peuvent même pas respirer la vapeur de leur eau ! Ils tombent très malades et ils ont des éruptions cutanées à cause de cette eau contaminée. Les communautés isolées comme celle-ci dépendent des usines de traitement et des systèmes de filtration, et quand ils sont défectueux, ça coûte extrêmement cher de les changer.

Comment as-tu commencé à t’intéresser à cette question ? 

Je défends cette cause depuis que j’ai huit ans, et mon inspiration, c’est ma grand-tante Josephine, qui a fait ça toute sa vie. Depuis qu’elle ne peut plus mener ce combat, cela a renforcé ma motivation. Je suis encore très jeune, mais je pense que c’est très important que ce soit une voix jeune qui parle de ce sujet, parce que c’est notre avenir qui est en jeu, c’est urgent, et notre génération doit agir au plus tôt.

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2 commentaires
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C’est drôle comme notre société est axée sur le pétrole et nous investissons collectivement la majorité de nos ressources dans ce produit, dans l’idée de sauver des emplois. Or, on ne se rend pas compte que l’eau est en train de devenir une denrée de plus en plus rare sur la planète. On peut se penser à l’abri ici au Canada mais il arrive de plus en plus que des puits se tarissent ou que l’eau devienne de moins en moins potable. Malheureusement, le pétrole ne se boit pas mais on pourra au moins crever sans eau avec un portefeuille plein…

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Cette jeune fille a raison, l’eau est vivante. La nature est vivante. Les humains ne la respectent pas. C’est triste de constater qu’en 2019 des milliards de personnes n’ont pas d’eau potable dans leur maison.
L’industrie pollue depuis des dizaines d’années et personne ne fait rien pour que ça cesse.
Le pire de tout ça, c’est que ça va provoquer des catastrophes naturelles d’une grande ampleur sur la terre et que tout le monde va en souffrir.
Bon courage à toi Autumm .

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