Avez-vous gagné vos élections ?

Alors que notre système électoral vacille et que notre société est en pleine transformation, les gagnants pourraient être les perdants…

Photo : Daphné Caron

« Pis, as-tu gagné tes élections ? »

La question est un grand classique postélectoral. Le 2 octobre, elle remplaçait l’inoxydable sujet de la météo autour de la machine à café. Cette phrase, ponctuée du fataliste « Pis ? », me met toujours mal à l’aise. Qui gagne ? Et gagne quoi ? Nous, citoyens, que gagnons-nous si nous avons « gagné » ? Que perd l’électeur « battu » ?

Cette formule montre que la sagesse populaire a débusqué l’aspect vain de la joute électorale. Elle indique ce qu’il y a de « malaisant » dans ce jeu. On a l’impression d’avoir perdu une game, tant pis, on se reprendra au prochain tour ! Ce ne sont que quatre ans de vie démocratique…

Avez-vous gagné vos élections ? Si oui, qu’avez-vous gagné ? D’emblée, vous ne vous en vantez pas trop, l’enthousiasme se garde une petite gêne. Si votre parti a été élu et que vous croyez à son programme, à son idéologie, il y a minimalement la satisfaction de voir que les idées que vous chérissez sont partagées par la majorité. Vous vous dites que le nouveau gagnant fera le nécessaire pour mettre en branle les projets que vous estimez utiles pour le progrès de tous.

Commencez-vous à entendre ce qui cloche ?

Vous n’avez pas « gagné » vos élections.

Je viens de dire « la majorité ». Or, il faut se rappeler que le parti majoritaire, au Québec, depuis plusieurs élections, est celui de tous ceux et celles qui ne vont pas voter. Qui s’en foutent, ou qui auraient voté blanc mais qui ont démissionné parce que le vote de protestation n’est pas comptabilisé ici, qui ne croient plus aux partis ou au mode de scrutin, bref, un pourcentage qui fait du bruit par son silence.

Votre majorité est donc fallacieuse.

De plus, vous pensez que le gouvernement fera « le nécessaire » pour faire triompher les idées auxquelles vous avez cru ? Les politiciens sont de plus en plus abonnés aux tromperies. Fake news à la petite semaine, accommodements surréalistes avec la réalité orwellienne, mensonges gros comme des maisons aussi appelés promesses électorales. Justin Trudeau, pour parler d’un champion local, est exemplaire.

Il a fait campagne en promettant une spectaculaire réforme du mode de scrutin, promesse qui s’est dégonflée le temps qu’il faut pour changer de chaussettes ! Il s’est présenté au peuple comme un leader mondial dans la lutte contre les changements climatiques, mais il n’aura finalement mené aucune action pour contenir l’industrie des énergies fossiles au Canada. Ces deux exploits trudeauesques font figure d’exemple. Nous votons de bonne foi, alors que ces chefs professionnels ne le sont pas.

Avez-vous gagné vos élections ?

Parce que les élections seraient donc le boutte du boutte de la démocratie ? Sa quintessence ? Le vieux dicton dit : « Si tu votes, tu as le droit de chialer. » Sinon quoi, tu fermes ta gueule ? Non ! Tu peux aussi être bénévole, actif dans la société civile, faire bouger les choses localement, t’impliquer en environnement ET ne pas voter, entre autres parce que tu es dégoûté par ce système uninominal à un tour, parce que tu crois à un système proportionnel en tout ou en partie.

Bref, tu réfléchis à la société et à la représentativité politique, tu conclus aux limites du système, tu agis conséquemment et tu devrais te taire pendant que l’autre zouf passif a « gagné » ses élections ?!? Voter sans convictions n’est pas le comble d’une vie démocratique enthousiasmante…

Par ailleurs, ce sont de drôles d’élections que nous vivons ces temps-ci. D’un point de vue générationnel, le relais se passe, tant chez les politiciens que chez les électeurs. D’autres préoccupations, d’autres manières de faire surgissent avec le repli des baby-boomers, l’arrivée de la génération du millénaire. On assiste à une véritable fin de cycle. Un effondrement du nationalisme, qui structurait la vie politique depuis des décennies, une montée des revendications de groupes peu ou pas représentés. On a voté dans un monde qui s’évanouit. Nous allons tous ensemble vers de nouveaux enjeux. La représentativité actuelle est à repenser : au sein des partis, à l’Assemblée nationale, dans la société en général. Alors, vous avez gagné vos élections, d’accord ; mais sur quoi, contre qui, pour combien de temps ? Notre système est en train de vaciller.

Méfiez-vous.

Qui gagne perd parfois, quand le monde se transforme.

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17 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je me rappelle avoir lu sur le site du CCPA (centre canadien de politiques alternatives) que les Libéraux fédéraux font toujours campagne à gauche mais qu’une fois au pouvoir, il gouverne à droite. Et cela s’avère exact pour le gouvernement du charmant Justin. Il faudrait s’en rappeler.

Trudeau gouverne à droite??? Hein??? Il est plus à gauche que le NPD.

S’il était au provincial, je crois qu’il serait très…très à l’aise avec QS.

@ paulc:

Vous n’avez qu’à vous informer pardieu.

Toutes ses décisions, en commençant par l’ampleur gigantesque des déficits qu’il génère, en passant par l’annulation de la loi des Conservateurs qui obligeait les syndicats à révéler publiquement leurs dépenses, et plus récemment par la loi sur la légalisation du pot (vous croyez vraiment qu’un Conservateur de droite aurait légalisé le pot???) , son accointance avec les autochtones, sa sympathie envers les immigrants qui entrent illégalement au Canada, l’imposition d’une taxe sur le carbone et j’en passe et de meilleures.

Trudeau est résolument de gauche et comme je l’affirmais, il serait très à l’aise avec QS s’il était su provincial.

Si pour vous, Trudeau est de droite (n’importe qui vous soupçonnerait ici d’ironie…), je me demande bien où vous classez les Conservateurs, Maxime Bernier, Adrien Pouliot et al.

Même dans un système d’élection proportionnelle, tous les électeurs ne seront pas représenté au sein du gouvernement car le parti au pouvoir n’aura pas reçu le soutien de 100% des électeurs. Comme avec le système actuel, une grande partie des députés élus seront dans l’opposition et pas au pouvoir. L’élection proportionnelle assurera seulement que les partis ayant reçu moins de support seront quand même présents à l’assemblée nationale. Pas qu’ils auront plus de pouvoir car ils resteront dans l’opposition. Leur seule chance est que les
gouvernements minoritaires seront plus fréquents et que les petits parties auront la balance du pouvoir et pourront ainsi négocier avec le parti au pouvoir.
Est-ce vraiment ce que nous voulons: des gouvernements minoritaires qui devront satisfaire les demandes de partis ayant reçu, peut-être, que 10 % du vote?

Vous avez tout compris !… Oui, ce que de plus en plus de citoyens veulent, et le veulent très fort, c’est que le soutien accordé au partit « gagnant » soit proportionnel à l’ampleur de la confiance que l’électorat lui a accordé, lors de l’élection… Et chacun souhaite que ce « gagnant » se comporte en organisation « responsable », qui remplisse ses promesses, tout en tenant compte de l’avis de toutes les forces en présence, qui se sont exprimées dans cette grande joute « démocratique »… La royauté, c’est fini, le pouvoir absolu de certains sur tous les autres, c’est chose du passé, et tous ces comportements sectaires et abusifs sont condamnés à faire place à une attitude plus modérée et pondérée… n’en déplaise à M. Trump et tous ses « suiveux », qui n’ont pas fini de « manger leurs bas »… Ce n’est qu’un question de temps. Aussi bien se faire une idée là dessus. Non, je n’ai pas « gagné mes élections »… Mais j’attends pour voir si le Québec a vraiment « gagné » quelque chose de positif, le 1er octobre. Sur paier, une foule de « bonnes et belles idées »… On verra ce que les nouveaux « champions » pourront ou même voudront réaliser, de ce programme « à faire rêver » même les plus réalistes…

S’il devait y avoir quelques choses qui clochent, ce serait dans le fait que les gens votent sans savoir pourquoi ils votent.

— Je m’explique :
Lors de cette élection, je me suis aperçu qu’un nombre non négligeable de mes concitoyens ne votaient pas « pour » mais plutôt « contre » un Premier ministre et son parti. Donc contre Couillard et les Libéraux.

Ce que j’ai remarqué également, c’est qu’un bon nombre de mes concitoyens ne votent pas pour un programme qui leur semble bon ou équilibré ou respectant le cadre financier ou toutes ces choses à la fois. Non ! La plupart de mes concitoyens ignorent cet aspect du choix.

Tout le monde s’est époumoné sur l’environnement, mais dans la vie de tous les jours, c’est une minorité de concitoyens qui vivent écologiquement. Même les plus respectueux de l’environnement (comme moi) n’ont pas un bilan écologique si reluisant que cela, parce que nous vivons dans un coin de planète qui ne l’est pas et nous n’en avons pas fait assez depuis des décennies pour que cela ne soit pas.

Ce que nous oublions, preuve d’ailleurs que les connaissances de mes concitoyens en matières politiques, institutionnelles et financières sont très limitées. C’est que l’élection est avant toute chose locale, puisqu’elle consiste à élire une ou un député et rien d’autre. Le choix du PM ne nous appartient pas, c’est seulement un « aléa » résultant de 125 élections locales.

Quant à moi qui suis un électeur évolué (on devrait me créditer de dix bulletins de vote pour cela), j’ai concentré mon vote sur cette seule question laquelle était de savoir si je reconduisais ma députée locale ou bien pas.

Comme je suis venu aux conclusions que ma députée était une bonne personne qui à tout l’avenir devant elle. Eh bien j’ai estimé qu’il était dans mes attributions de renouveler son mandat. J’ai gagné, elle a été réélue. Mon vote s’est avéré être apolitique et non partisan. Ma circonscription est une des rare qui ait su avec intelligence résister à la « lame de fond » bleue pâle.

Je ne crois pas à « qui perd gagne », la politique est une science. Il faudrait que l’on s’en souvienne ! Il faut être machiavélique pour presque toujours gagner en politique, il faut être florentin d’âme et Toscan pour pouvoir bien comprendre cela. Il n’est pas besoin d’être au pouvoir pour pouvoir gouverner qui que ce soit. Et vice versa. En toute fin, toutes les formes de politiques ne créent que des perdants. Seule l’union et l’amour font la force.

« S’il devait y avoir quelques choses qui clochent, ce serait dans le fait que les gens votent sans savoir pourquoi ils votent. »

Je suis certain que si tous les électeurs avaient eu l’obligation de consulter la boussole électorale et qu’il avait dû voter pour le parti choisi par la boussole, nous aurions eu un résultat fort différent. Tout d’abord, il est fort à parier que nous aurions eu un Gouvernement minoritaire et une foule de surprises aussi. Si les gens votaient en fonction de leur convictions profondes, il est pensable de croire que nombre d’électeurs libéraux de longue date voteraient pour un autre parti. Peut-être que certaines idées très de gauche véhiculées par QS trouveraient davantage preneurs. Le PQ qui avait une plateforme électorale particulièrement bonne aurait certainement connu meilleur sort. Bref, c’est très pathétique de voir à quel point l’électeur moyen ne vote pas en toute connaissance de cause. Combien d’électeurs de QS savaient que ce parti souhaite, entre autres, nationaliser les banques et les distributeurs internet ? Et ce n’est qu’un exemple du côté farfelu du programme de QS. Les gens ont voté pour Manon Massé pour d’autres raisons. Principalement parce elle a parlé de sujets plus vendeurs, plus marketing et qu’elle a volontairement escamoté tout ce qui était susceptible de déplaire.

Comme vous l’avez si bien dit, les gens votent surtout contre que pour un parti. C’est ce qui explique qu’on a pas besoin de se renseigner, on a qu’à voter pour le parti qui a le plus de chances de battre celui qu’on veut voir perdre. Et c’est ce qu’on a eu le 1er octobre dernier. La CAQ n’a pas vraiment gagné. Ce sont les Libéraux qui ont perdu.

Merci M. Drouginsky. Sachez que vous êtes celui que j’apprécie le plus lire ici dans les commentaires. Et ce, en partie, parce que je sens que nous sommes assez souvent du même côté de la clôture.

M. Drouginsky, pouvez-vous me dire dans votre phrase ¨Je ne crois pas à « qui perd gagne »¨ si vous vouliez plutôt dire ¨Qui paire gagne¨ comme au casino ou dans le jeu du même nom ? Car moi non plus je ne crois pas à ¨qui perd gagne¨ ! Quand tu perds, tu ne gagnes pas… à moins que ce ne soit pris dans le sens suivant: J’ai effectivement gagné mes élections car j’ai voté CAQ qui avait plus de chances de foutre le PLQ dehors que le PQ en avait, mais je suis péquiste dans l’âme. Donc, j’ai perdu, même si j’ai gagné. J’en déduit par contre que vous êtes libéral dans l’âme tout comme je suis péquiste. Je reviendrai au PQ le jour où il reviendra à sa raison d’être, c’est-à-dire l’indépendance du Québec. Jamais je ne voterai libéral, sauf si un autre Robert Bourrassa en était le chef et qu’il serait prêt lui aussi à faire l’indépendance du Québec face à un gouvernement fédéral sourd au Québec. Robert Bourrassa était un nationaliste québécois (dans le sens qu’il aimait le Québec) avant d’être fédéraliste.

@ C. d’Anjou,

Merci pour vos commentaires dont je ne prends connaissance qu’aujourd’hui.

Ma référence à « qui perd gagne » était directement liée au texte de Marie-France Bazzo, je cite : « Qui gagne perd parfois, quand le monde se transforme. »

Je retiens cependant votre analogie au domaine du jeu et aux casinos : « Qui paire gagne ». Eh bien oui ! Vous n’avez pas tort. Si la politique du temps présent ne relève pas nécessairement de la roulette, elle pourrait relever par certains aspects des paris sportifs. On mise sur une équipe et on gagne. Au match suivant on mise sur une autre équipe et on perd ou on gagne. Et ainsi de suite.

Cela dit, je n’ai aucune âme partisane. Comme je l’ai écrit dans mes commentaires précédents, pour moi la politique est d’abord une science. J’ai donné ma voix à presque tous les partis. J’ai d’ailleurs voté quelquefois ADQ (mais certainement jamais CAQ). Comme encore je l’ai écrit dans mes commentaires précédents, pour moi les élections de la province du Québec sont des élections locales. J’ai donc voté dans ma circonscription pour la candidate de mon choix. Mon choix dans ma circonscription était de voter pour ma députée sortante du PQ. Elle a gagné et j’en suis ravi.

J’aurais pu voter libéral, mais cela aurait été à l’avantage de la CAQ et… s’il est une chose qui m’emmerde au plus haut point, ce sont bien toutes les formes de « nationalisme ».

Si d’ici quelques temps, il nous fallait connaître une crise climatique mondiale, ce sera bien grâce aux nationalismes de toutes obédiences qui n’ont toujours pas compris que la sortie de crise est au niveau d’une coopération mondiale, une participation active de tous les États.

Cela dit. J’ai de l’estime pour monsieur Couillard. Je pense qu’il s’est attaqué à assainir les finances publiques, ce qui n’était pas facile et il a livré la marchandise. La politique menée au cours de ces quatre années a été vilipendée à tort. Les états financiers positifs du Québec ont favorisé la relance. L’économie n’en reste pas moins fragile et tout ce qui a été fait peut être défait. La science politique reprend tous ses droits après chaque élection : faire ou défaire. Celui qui connait cette science a donc le choix. Je ne vous dis pas quel sera le mien. Car ce choix-là n’appartient qu’à moi.

M. Drouginsky,
merci pour vos éclaircissements, j’apprécie.
par contre, je ne conçois pas le ¨nationalisme¨ avec le même œil que vous ! Je ne sais pas si je vis dans un monde mental utopique, mais pour moi, le mot ¨nation¨ ou ¨nationalisme¨ n’a pas la portée péjorative ou négative qu’une bonne partie du centre ou de la gauche politique veut bien lui prêter. Le mot ¨nationalisme¨ est très souvent, pour ne pas dire toujours, associé au mot ¨nazi¨ alors que ce n’est pas cette vision que je m’en fais.
Pour moi, une nation est un peuple (formé de gens d’origines diverses s’il y a lieu) qui cherche à s’affranchir d’un joug quelconque sous lequel il ne se sent pas vivre ¨librement¨ et dont les craintes d’une possible disparition sont de plus en plus évidentes. Et pour moi, le peuple québécois en est un exemple visible, tout comme les catalans ou autres peuples désirant exercer leur autonomie.
Je conçois que les problèmes mondiaux exigent un regard et des mesures mondiales, mais en dehors de ces problèmes mondiaux, est-ce que des peuples peuvent-ils être portés à rechercher leur bien-être d’abord pour ensuite être mieux préparés à entraider avec les autres. Ne dit-on pas ¨charité bien ordonnée commence par soi-même…¨ ?
Bonne journée.

@ C. d’Anjou,

Merci pour votre réponse sincère, j’apprécie également.

Ce que j’ai appris dans mon cours de français, c’est que les « …ismes » de toutes sortes n’ont pas toujours bonne réputation. Ainsi j’établis une distinction entre les nationalismes et les nations. Je n’établis aucun amalgame entre nationalisme et « nazisme » qui est une contraction de « national-socialisme », tous les nationalistes ne sont pas socialistes et vice-versa : on peut très bien être socialiste et ne pas être nationaliste.

Pour clarifier le débat permettez-moi de vous citer : « Pour moi, une nation est un peuple (formé de gens d’origines diverses s’il y a lieu) qui cherche à s’affranchir d’un joug quelconque sous lequel il ne se sent pas vivre ¨librement¨ et dont les craintes d’une possible disparition sont de plus en plus évidentes. »

Et de quel « joug » précisément parle-t-on ? Et comment partager l’inconfort du « joug » avec des gens qui n’ont pas connu ce « joug » ? Et comment s’en libérer autrement que par une révolution ? Et comment faire un referendum gagnant sans au préalable s’accorder sur un projet de Constitution ? Et comment former un pays sans abandonner le passeport et sans prendre le contrôle de nos frontières et de nos eaux territoriales ? — Faut croire que tout compte fait, j’srais plus nationaliste que vous !

Nous n’avons simplement pas la même définition du mot nation. Qu’est-ce qui définit une nation ? — Usuellement c’est la langue, la culture ou encore le territoire. L’appartenance à une entité territoriale et/ou constitutionnelle est accessoire.

Mille personnes peuvent constituer une nation et être toutes dispersées dans des juridictions différentes. À cet effet, il existe une nation canadienne-française.

Ce qui définit la nation française, c’est la communauté de gens qui pratiquent la langue française. Je suis déçu de voir le climat de défiance qui existe parmi nombre de Québécois pour les Français de France ou pour les francophones du Maghreb pour des questions d’ordre religieux. C’est la peur de l’inconnu qui force la disparition. Elle nous paralyse. Finalement elle nous tue.

Nous ne pouvons pas construire une nation québécoise forte, fondée sur des préjugés. Les Catalans, comme les Écossais ont démontré leur pouvoir d’intégration… mais jusqu’à présent toujours pas leur capacité de former une entité indépendante. J’en ai plus que marre d’être vu et traité comme un « étranger » après plus de 25 ans passés au Québec. Alors, pour former la nation, peut-être serait-il temps de démontrer que « #moi aussi » je sois bel, très bien, parfaitement intégré… quand bien même mon patronyme et mon accent ne soit pas authentiquement celui du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

— Autrement : on parle pour parler.

Définitivement, monsieur Drouginsky, vous êtes solide et n’avez rien à envier d’une grande partie de québécois qui parlent et écrivent comme ils marchent, c’est-à-dire, tout croche. Des exemples d’intégration comme le vôtre ne pleuvent pas quand on y regarde bien, alors, je vous en félicite, même si nos points de vue divergent parfois; c’est ce qui fortifie nos convictions ou les modifient. Mes approches ne sont pas aussi approfondies que les vôtres, mais j’aime bien croiser le fer de temps en temps.
Comme je ne veux pas non plus accaparer tout le terrain de cette chronique, je suis convaincu que nous aurons l’occasion d’échanger sur bien d’autres sujets tout aussi intéressants. Alors, au plaisir de vous lire bientôt.

@ C. d’Anjou,

Certainement, nous aurons le plaisir d’échanger sur d’autres sujets. À bientôt sur d’autres billets.

À Val-d’Or j’ai gagné mes élections …j’ai voté libéral et c’est le gars de la CAQ sui a remporté haha