Bien paraître, ça rapporte !

Pas étonnant que l’on soit si obsédé par son apparence ! De nombreuses études scientifiques ont établi que les beaux avaient une longueur d’avance dans presque toutes les sphères de la vie.

Bien paraître, ça rapporte !
Photo : iStockphoto

À commencer par l’importance de leur chèque de paye : les employés les plus attirants gagnent 15 % de plus que les disgracieux, selon une enquête menée auprès de 7 000 Américains.

« La beauté permet de modifier sa position sociale. Les écarts liés à l’apparence physique sont équivalents à plusieurs années d’études. Ils peuvent même être plus importants que les différences associées au sexe ou à la couleur de la peau », précise le sociologue français Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des discriminations et professeur de gestion à l’Université Paris I.

Lorsqu’on demande à des volontaires de choisir les meilleurs candidats pour un poste parmi une pile de CV et de photos, les plus beaux postulants sont toujours privilégiés. À une exception près : la beauté est un handicap pour les femmes qui travaillent dans des domaines traditionnellement masculins, selon une récente étude de l’Université du Colorado. Pour des emplois comme directeur financier, ingénieur mécanicien, chef de chantier ou gardien de prison, notamment, les candidatures des belles femmes sont systématiquement écartées. Les hommes séduisants, eux, sont favorisés dans tous les types de poste.

D’autres chercheurs ont aussi constaté qu’il valait mieux plaire pour réussir ses études. Un devoir médiocre est mieux noté s’il vient avec le portrait d’une jolie personne, alors qu’une bonne copie sera désavantagée si on y joint la photo d’un visage ingrat. Déjà, à la maternelle, les éducateurs ont une meilleure opinion des beaux enfants et leur prédisent des carrières plus brillantes. Dans la cour d’école, on leur pardonne plus volontiers leurs mauvais coups. Même la justice est sensible aux apparences : les accusés laids seraient plus susceptibles d’être reconnus coupables, selon une expérience dans laquelle on a invité des sujets à rendre un verdict sur des dossiers identiques, accompagnés tantôt d’une photo flatteuse, tantôt d’une photo moche.

« Dès leur jeune âge, les beaux sont les plus regardés, les plus appréciés, les plus souvent choisis comme amis ou comme chefs. On les croit plus intelligents, plus ambitieux, plus sociables, plus équilibrés et moins agressifs. Toute leur vie, ils peuvent compter sur de la bienveillance, des encouragements et de l’admiration », poursuit le sociologue, auteur du livre Le poids des apparences : Beauté, amour et gloire. Ainsi, constamment choyés par leur entourage, ils finissent par se conformer à l’image qu’on se fait d’eux.

Les résultats d’une expérience classique, menée aux États-Unis, l’illustrent. Des sujets ont discuté pendant cinq minutes avec une personne du sexe opposé, puis ont rapporté leurs impressions. Les interlocuteurs les plus séduisants étaient toujours jugés plus sympathiques et plus habiles socialement. Et ce, même si les personnes jumelées s’étaient simplement parlé au téléphone, sans jamais s’être vues.