Bienvenue chez Carey Price

Des paysages à couper le souffle, mais aussi des scènes de pauvreté. Le village qui a vu grandir Carey Price, au nord de la Colombie-Britannique, n’échappe pas à la réalité de bien des communautés autochtones du pays. Visite à Anahim Lake.


Bienvenue à Anahim Lake, chez Carey Price. Né à Vancouver, le jeune gardien de but des Canadiens avait à peine deux ans, en 1989, quand ses parents ont mis le cap sur ce village situé à 16 heures de route au nord de la métropole. « Il est souvent difficile d’avoir des rêves quand on grandit dans une réserve indienne », dit Lynda Price, la mère de Carey, qui était jusqu’à récemment chef de la nation ulkatcho. « Mais mon fils prouve qu’il est possible de les réaliser. »

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Anahim Lake est situé au milieu d’une enfilade de forêts et de ranchs. Ci-dessus, celui des Price, où Carey a passé une bonne partie de son enfance. D’anciens masques et bâtons de hockey du gardien de but et de son père ont été cloués sur la grange en guise de décoration.

Le ruisseau où Carey Price a appris à patiner, sur les terres de ses parents, situées en bordure de la réserve. « Déjà, à deux ou trois ans, Carey chaussait plus souvent ses patins que ses bottes d’hiver », dit Jerry Price, le père du gardien de but.

Carey Price a souvent joué au hockey avec d’autres enfants sur cette patinoire extérieure située entre le magasin général et le siège du conseil de la nation ulkatcho.

Des souliers pendent à des fils électriques au centre de la réserve. Depuis la fermeture de la scierie, il y a trois ans, Anahim Lake a parfois des allures de village fantôme. « Quand j’habitais là-bas, ça allait beaucoup mieux. Il y avait de la vie, dit Carey Price. Aujourd’hui, l’atmosphère est triste. »

Comme tant d’autres cimetières autochtones au pays, celui d’Anahim Lake tombe en ruines.

Des carcasses de voitures rouillées s’empilent derrière le cimetière de la communauté amérindienne, à proximité de plusieurs maisons.

Le petit Blake, sept ans, attend sa mère, partie faire des emplettes au magasin général des Ulkatcho.

Des photos du héros local ornent l’un des murs du magasin général ulkatcho. « Carey est un modèle pour tous les enfants autochtones », dit Darlene Jack, la gérante de l’établissement.

Theresa Holte, la grand-mère maternelle de Carey Price, photographiée chez elle, à Anahim Lake. Sur son mur figurent plusieurs photos de son petit-fils, qu’elle surnomme « Kiwi ». « Ma grand-mère disait souvent : « La Terre a pris soin de nous ; il faut prendre soin d’elle. » Je suis très fier de mon identité autochtone, dit Carey. Malheureusement, comme beaucoup d’autres jeunes, je ne connais que quelques mots de la langue de mon peuple, le carrier, qui est menacée de disparition. »

Grâce à la télé satellite, les proches de Carey Price à Anahim Lake ne manquent pas un seul des matchs des Canadiens. Beaucoup de résidents du village sont toutefois déchirés. Leur cœur balance entre les Canucks de Vancouver et le Tricolore… Carey Price, lui, a toujours préféré les Canadiens, ce qui lui a parfois causé des problèmes à l’école… « Un jour, mon professeur au primaire a demandé à tous les partisans des Canucks dans sa classe de lever la main, se rappelle-t-il. J’étais le seul à ne pas le faire. Je m’en souviendrai toujours : j’avais l’air d’un traître. »

Le père de Carey Price, photographié à Williams Lake, où il habite. Jerry Price était lui-même un excellent gardien de but. Il a été repêché par les Flyers de Philadelphie, en 1975. Il n’a cependant jamais joué dans la LNH.

Une portion de l’autoroute 20, aussi nommée Chilcotin Highway. Pour participer aux activités de l’équipe de hockey la plus proche, à William Lake, Carey Price doit en parcourir 640 kilomètres avec son père, et ce, trois fois par semaine ! Le trajet dure jusqu’à quatre heures (aller simple) sur un chemin parsemé d’obstacles – il n’est pas rare que des cerfs et des orignaux s’élancent sur la chaussée.

L’unique piste d’atterrissage de l’aéroport d’Anahim Lake. Lassé des interminables parcours en voiture, Jerry Price, titulaire d’une licence de pilote, a décidé d’utiliser son vieil avion Piper Cherokee. La famille grimpait dans l’appareil dès que les conditions météorologiques le permettaient, ce qui divisait par quatre le temps de trajet.

Vue plongeante de la rivière Fraser. Le gardien du Tricolore retourne chaque été dans son coin de pays. « Assis dans la forêt, au milieu de nulle part, il m’arrive de penser : « Wow ! Quel chemin j’ai parcouru pour arriver dans la LNH . » »