Billy Diamond : le legs d’un grand chef

« Parti à une réunion, de retour bientôt. » L’épitaphe souhaitée par Billy Diamond décrit bien cet infatigable leader et entrepreneur autochtone. Décédé le 30 septembre dernier à 61 ans, l’ex-grand chef du Grand Conseil des Cris (GCC) est l’un des artisans de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, signée en 1975.

Billy Diamond : le legs d'un grand chef
Photo : Fred Chartrand/PC

Grâce à lui, « le poids politique des Cris est maintenant acquis », dit Roméo Saganash, directeur des relations gouvernementales et des affaires internationales pour le Grand Conseil des Cris, qui représente les 16 700 Cris du Québec.

 

Quel héritage Billy Diamond laisse-t-il aux Cris et aux autres Premières Nations du Canada ?

– D’abord, la création du Grand Conseil des Cris, en 1974. Opposé au projet de la Baie-James dès le début, Billy était conscient de l’impor­tance de nous doter d’une organisation politique forte. L’année suivante, le GCC signait la Convention de la Baie-James. Premier traité moderne au Canada, il a servi de modèle aux traités signés par la suite.

La clause d’extinction des droits, incluse dans la Convention, a été critiquée par les autres nations, de même que la faible compensation accordée pour l’inondation des terres…

– Cette clause n’a pas empêché les Cris d’évoluer. Depuis 35 ans, nous avons accompli de telles avancées politiques qu’il est impensable d’envisager le moindre développement de notre territoire sans notre participation. Quant à la compensation financière, les Cris reçoivent environ 600 millions de dollars par année du fédéral et du provincial pour le financement des organismes créés à la suite de la Convention de la Baie-James, comme la commission scolaire crie.

Cet afflux d’argent n’est-il pas un piège pour les jeunes Cris ?

– Oui. Les jeunes Cris du Québec ont tendance à tout tenir pour acquis. Avec la Convention de la Baie-James, La paix des braves et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, nous avons établi des bases pour que nos jeunes puissent se développer. Mais notre tâche n’est pas terminée.