Biométrie : faites voter vos doigts

Jadis réservée à la sécurité, l’identification des personnes par leur iris ou leurs empreintes digitales fait une percée dans le processus électoral. Le Cameroun, le Ghana et le Kosovo, notamment, se servent déjà de la biométrie pour inscrire leurs citoyens sur les listes électorales.

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Photo: Wikimedia Commons

Ole Holtved, chef de projet à l’International Foundation for Electoral Systems, organisme qui fournit de l’assistance en matière de processus démocratiques, participe en ce moment à la mise en place d’un tel système dans plusieurs pays.

Pourquoi utiliser la biométrie ?

Le principal avantage est d’empêcher le dédoublement des listes électorales. Dans les jeunes démocraties, ces listes sont souvent peu fiables. Des gens s’inscrivent parfois à deux reprises dans les registres civils, pour voter plusieurs fois ou pour recevoir un double salaire comme fonctionnaires de l’État. Avec la biométrie, on s’assure qu’une personne n’a pas plus d’une identité.

Un remède à la fraude électorale ?

La technologie a ses avantages, mais elle ne règle pas les autres problèmes fondamentaux, comme le bourrage des urnes avec des bulletins frauduleux ou l’intimidation, par exemple.

Peut-on employer les données biométriques de quelqu’un à son insu ? 

C’est une crainte souvent soulevée en Amérique du Nord. Les gens ont peur que l’État ne les surveille ou que leurs données ne tombent entre de mauvaises mains. Avant qu’on recoure massivement à la biométrie, un cadre légal doit établir des limites à la circulation des informations personnelles. Serait-il acceptable, par exemple, de l’utiliser dans des enquêtes policières ?