Blues de fin du monde

En Dystopie, tout le monde chante du blues. Moi ? Je regarde les bombes exploser dans la nuit ukrainienne en me faisant croire que ce sont des lucioles géantes.

Photo : Daphné Caron pour L’actualité

Bienvenue en Dystopie, un monde qui ressemble à la plus anxiogène des fictions. L’avenir qui évoque vos cauchemars, c’est ici, c’est maintenant.

J’écris et m’interromps constamment pour aller voir le défilé des chars sur la page d’accueil du New York Times, titrée « La Russie envahit l’Ukraine ». Je jette des chroniques à la poubelle aussi vite que je les ponds. Mes sujets me paraissent soudain dérisoires. Fragiles comme des œufs.

La pandémie a modifié notre rapport aux voisins en nous tournant les uns contre les autres, au profit de quelques manipulateurs. Le monde des technos ne parle que du métavers tandis que le réel coule à pic, que la Californie brûle, que la calotte polaire fond à vue d’œil et que des gens considèrent Éric Duhaime autrement que comme un agitateur. En Dystopie, les fléaux se multiplient.

Intérieur — nuit : j’entends ma fiancée pleurer. Cela n’a rien à voir avec son cancer ni avec le fait que, pour la protéger, nous n’avons vu personne ou presque depuis six mois. Elle vient simplement de terminer le roman Sidérations, de Richard Powers. C’est un livre sur la perte. Celle des êtres que l’on aime, mais surtout du monde tel que nous l’avons connu. La fin de l’innocence. Pour de bon, cette fois.

La finale est un tournevis planté dans le cœur, qu’on voudrait démonter, d’ailleurs. Ça fait trop mal, par les temps qui courent, quand on le laisse fonctionner.

J’ai terminé ce livre d’une douloureuse intelligence en me disant : si j’étais un jeune adulte aujourd’hui, je n’aurais jamais d’enfants. Leur lucidité est trop cruelle pour eux-mêmes. Ils voient le monde qui se délite, sans avoir la capacité de faire comme si de rien n’était, de se réfugier dans la vacuité d’Instagram, les théories complotistes, la dope ou les séries télé.

Qu’on ose limiter leur temps d’écran relève d’ailleurs du sadisme.

On devrait plutôt les y scotcher, histoire qu’ils voient autre chose que leur avenir terrifiant tandis que tout ce qu’ils peuvent faire se résume à fondre de l’intérieur. Comme le pergélisol. Au lieu du méthane, c’est de l’angoisse pure qui émane de ce cruel dégel.

Les psys ne fournissent plus. Les profs ne se comprennent plus. Les parents sortent totalement exsangues de deux années covidiennes. À l’évidence, la cuisine flambant neuve n’a pas suffi. De toute manière, ils attendent encore la moitié de leurs électroménagers. La faute à la désormais proverbiale rupture de la chaîne d’approvisionnement.

La cryptomonnaie joue avec la Bourse. La Bourse, avec la géopolitique. La Chine envoie une Ouïgoure allumer la flamme olympique et tout le monde est heureux de jouer dans la neige du tyran. IKEA étend sa mainmise sur les dernières grandes forêts anciennes d’Europe en sa qualité de plus important producteur de mobilier mondial. Coupable : j’écris cela le cul bien planté sur une chaise achetée chez le géant suédois du bonheur domestique. Ou est-ce du bonheur domestiqué ? Celui qu’on a enfermé entre quatre murs pour mieux se faire croire qu’on pouvait le mettre à sa main et répondre à l’injonction d’être heureux tout le temps ou alors d’acheter ce qui manque à notre décor pour y parvenir ? « Life is short, filled of stuff », chantaient les Cramps. Leur poésie était aussi économe que juste.

Nos téléphones et nos ordis nous espionnent partout en Dystopie. Des pirates informatiques paralysent des services et volent nos banques. Des dirigeants de pétrocratie font assassiner un journaliste et mettre les morceaux dans des valises, et on l’a oublié quelques mois plus tard. Trump lance son réseau social qui porte le nom de « vérité », un mot qui ne veut plus rien dire. Des gens ordinaires réclament la mise à mort de chefs politiques élus parce qu’ils veulent pouvoir manger leurs toasts « frettes » au Normandin, pas vaccinés, pas masqués.

En Dystopie, tout le monde chante du blues. Ou avec Jimmy Hunt : « Le monde est fou, fou, fou, mon minou. »

Moi ? Je regarde les bombes exploser dans la nuit ukrainienne en me faisant croire que ce sont des lucioles géantes.

Je m’invente un monde à enfiler par-dessus le monde pour oublier que nous sommes tous complices, tous idiots, au moins quelques minutes par jour. Tous à essayer de justifier nos contorsions idéologiques, à tenter de donner un peu de chair à nos convictions, alors que nous faisons exactement l’inverse de ce que nous savons être juste.

Nous sifflons encore en avançant vers le néant. Mais ce n’est plus de l’inconscience. C’est pour nous donner une contenance, en route vers l’unique destination possible en Dystopie. Nous sifflons pour ne pas nous laisser dévorer par la peur en marchant vers la noirceur. Ou pour imiter le bruit des bombes. Parce que le silence de notre lente autodestruction est moins violent, mais parfois, lui aussi, assourdissant.

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Monsieur Desjardins, ce que vous écrivez est tellement vrai. Tout ce que vous décrivez fait partie de notre quotidien. Il faut avoir les yeux ouverts sur notre environnement et notre monde pour le voir. Ceux qui braillent pour leur liberté individuelle ne regardent que leur nombril. Nous sommes entrés dans la Dystopie depuis quelques années et cela bien avant la pandémie de Covid-19. Pour s’en sortir, il faudrait s’unir et non pas se diviser. Merci pour ce texte noir mais tellement nécessaire.

Le post-modernisme a évacué la vérité et affirme que toute vérité est du subjective en instaurant les politiques identitaires divisives. Les algorithmes qui nous renvoient continuellement vers tout ce qui confirme nos « vérités » creusent les écarts et nous isolent. L’idée voulant qu’au-delà de nos perceptions individuelle, la vérité existe, n’est pas banale. Je pense qu’instinctivement et en dépit de la désinformation galopante, les humains le savent. Couplée au dialogue et au pardon, je vois la vérité comme la seule issue vers un monde meilleur. Pour la retrouver et la défendre, chacun de nous a un travail énorme à faire.

J’hésitais à lire ce texte potentiellement accélérateur de mon anxiété rendue impossible à étouffer en bingeant du Netflix et cie. Mais ça a eu l’effet contraire: je me sens moins seule à penser de cette façon. Maintenant, ou est ce livre de Matthieu Ricard…

WOW! Quel article! Tellement juste. Ça donne froid dans le dos…Justement parce que c’est la vérité…

Ouf! Faut être fait fort ce matin pour lire votre chronique. Toutefois, c’est la triste réalité. Aussi curieux que cela puisse paraître, ça m’a fait du bien de vous lire, une explication plausible de mon mal-être.

En Dystopie on a les Laurier et Brazeau croire dur comme fer que les victimes civiles des bombardements russes en Ukraine sont des acteurs qu’on a badigeonnés de ketchup. On a une illuminée qui parle de vaccins de «marde» en parlant d’une avancée de la science qui sauve des vies juste avant de se lancer en politique. Sidération:« Anéantissement soudain des fonctions vitales, avec état de mort apparente, sous l’effet d’un violent choc émotionnel». Sidérations, n’est-ce pas?!?!

Superbe chronique, comme d’habitude, David. Très sentie.

Mais… moi, depuis cet après-midi, je r’prends courage ou
espoir…

Voyez ce que je viens d’écrire à ce propos :

N’est-ce pas que ce serait merveilleux si l’Ukraine pouvait sortir vainqueur ?

Le vaincu n’étant pas Poutine, adversaire, mais l’adversité.

Qu’y a-t-il d’Important, plus, en effet ? « Défaire » Poutine ou se conserver
conserver son intégrité, son identité, les siens, ses amours, ses voisins, ses
aimé.e.s, ses biens, son… pays ? !

Vraiment mais vraiment touchant de voir ces gens prêts à risquer et donner
leur vie, si nécessaire, pour ‘demeurer’, pour être encore

ah, ne serait-ce que pour ce qu’ils ont de déjà accompli, de déjà manifesté
de déjà entrepris, oh que oui, ils la méritent la Victoire, quelle qu’elle soit

ah (bis), c’était de voir, ce soir, ce Téléjournal de/à Québec !
week-end passé, c’était des camionneurs et des… toutous
qui s’y manifestaient… (par milliers)
aujourd’hui ç’aura été une petite centaine de sympathisants
aux Ukrainiens
CHOUETTE ! !

Vraiment trop hot David Desjardins. Son texte est venu me chercher et tous devraient le lire car c’est en plein ça qui se passe, dans le monde et qui créé de l’anxiété en moi. Je suis consciente de ce qui se passe dans le monde et ce la vient me chercher. Le texte de David Desjardins est bouleversant car il c’est ça qui se passe et on devrait tous être anxieux. Désolée en passant pour sa fiancée qui en plus de tout ça, doit se battre contre le cancer.

Merci M. Desjardins pour ce texte qui décrit exactement mes états d’âme et me les fait mieux comprendre.
Bonne chance.
Ginette Guerin

Le pire est rarement sûr. Le meilleur non plus d’ailleurs.

En ce cas-ci, la peur est-elle la meilleure voie ? Ch… dans ses culottes?

Il semble que non. L’hardiesse, l’audace, le courage, la bravoure font mieux.

Et c’est ce que font les Ukrainiens. Et c’est ce que devrait faire « le monde ».

Ne pas s’écraser face aux menaces. Grotesques. Les faire boomeranguer…

Monsieur Poutine ne veut pas être en reste. Comme un autre, il veut « Make

Russia Great Again »… Veut inscrire son nom en l’Histoire, la Grande histoire

russe – « ‘in’ » : LénINE, StalINE, PoutINE. Frime et crime en prime. Par peur

horreur terreur. Truc du chapeau.

Il propose aux Ukrainiens, à leur armée en tout cas, de se r’tourner contre leur

président, de manière à ce que ç’aille bien ensuite…

Mais si c’était l’inverse qui advenait ? Savoir que ce soit l’armée russe qui se…

retourne contre le chef et lui « fasse la passe » ? Ne serait-ce là l’un des plus

souhaitables ‘scénarios’ ou dénouements possibles ?

On ne sait. Il se pourrait. On a eu vent, n’est-ce pas, on a ouï dire que des généraux

de ce côté-ci avaient rassuré ‘le monde’ – qu’il ne fallait pas « s’énerver » (s’inquiéter)

en raison de la folie (possible) du Président, du fait qu’eux n’iraient pas jusqu’à exécuter

de ses demandes (militaires), advenant que ce fût trop ‘fou’.

Tout le monde a compris. À part peut-être le principal «fou».
(Ici on parle USA / Il y a aura LE Discours de l’Union après-
demain / on verra si le successeur, lui, est Sage ou faible).

De même peut-on n’avoir pas à s’inquiéter tant que ça d’une éventuelle possible escalade militaire (nucléaire). Il y aurait en effet une limite au-delà de laquelle nul fou ne saurait pouvoir aller; et ce non plus en vertu du classique (périmé?) « équilibre des terreurs »; mais grâce aux « ‘surveillants’ » « d’en-haut ».

Si, en effet, des installations nucléaires américaines ont pu être paralysées par des…
« forces ou puissances occultes »; on ne voit guère comment/pourquoi de mêmes puissances ‘obscures’ laisseraient faire une explosion — (c’est le cas de le dire) — de bombisations nucléaires, de qui qu’elles émanent ou qu[o]i qu’elles visent.
Voilà pourquoi, moi, n’appréhendé-je pas le ‘pire’.

Enfin, ce qui a cours illustre à quel point le monde est « intelligent » et « sensé », hein.

Car ça va aider, é nor mé ment!, à la réduction des changements climatiques, ça, ces

explosions démultipliées surenboucanées enboucanantes provoquées ces jours-ci.

Incroyable comme améliore-t-on ainsi la qualité de nos environnements et la qualité

de vie sur Terre. Pas « disable ».

Merci pour ce texte criant de vérité, même lourde, même exaspérante, cette vérité nous frappe tous et toutes et nous ramène à l’essentiel. Dans votre cas… la fiancée. Je souhaite de tout cœur que le cancer qui l’afflige soit chose du passé et que vos jours heureux soient sur le pas de la porte, prêts à vous happer tous les deux. Car au fond, ce monde qui s’écroule, n’aura jamais raison de l’amour que nous portons aux personnes qui nous sont si chères et précieuses. Prompt rétablissement à celle qui fait battre votre cœur. L’amour restera toujours notre plus fidèle allié.

Et ..quand ne sait plus ce qui est vrai ..ce que vous dites..ce que l autre dit et ce que moi je dis..alors jardinons ensemble ou chacun dans nos cours apprenons a vivre de la terre car il n y a que ça de vrai…la terre!

Celui qui a écrit « Humiliés et offensés » a aussi écrit « Crime et châtiment » ainsi que « Les Possédés »…

L’Histoire même de l’en cours, quoi : on a là en effet qqn humilié, engagé profond en crime, possédé (parce que se considérant dépossédé de possession sienne qu’il voudrait se ré-appropier).

Qqn déjà assez humilié comme ça, qu’il ne faudrait qu’il le soit davantage…

Alors… comment pourra-t-on se tirer de là, l’incluant lui ?

Sera-ca par héroïsme, en se dépêchant tous là-bas, pour s’y battre et résister à l’envahisseur-agresseur, aux côtés d’Ukrainiens déjà ou encore là ?

Tout à coup que ce ne serait pas là la ‘plus-meilleure’ option ?

D’aucuns ont beau alléguer, en effet, que (de) chez soi on ne peut rien faire
il se pourrait qu’en allant se faire « missiler » là-bas, on fasse encore moins.

Car la suite apparaît assez claire. Et la suite adviendra plutôt tôt que tard.
L’« observateur » « expert » qu’est le Pentagone a beau dire que la Russie
ne progresse guère sur le terrain; cela n’est rien pour rassurer.

Puisque si ç’« avance » p’assez vite, si les militaires sur le terrain s’impatientent
ont faim, ont soif, manquent de carburant et de… motivation ou de conviction…;
le monsieur qui a lancé l’Opération pourrait bien décider, lui, en moins de deux, que
ÇA VA FAIRE et bombarder ici et là quasi partout pour en finir en moins de deux aussi.

C’est là LE Danger. Ajouter des ‘punitions’ (appelées « sanctions ») n’arrêtera pas le
monsieur. Lui n’a pas envie de perdre, et surtout pas la face, moins encore que la
guerre.

Alors, oui, y a-t-il l’héroïsme possible; mais également le réalisme
alors, oui, y a-t-il l’implication en personne sur place même possible
mais qqn qui, à distance, à des milliers de kilomètres, trouverait UNE
idée menant au dénouement de l’Impasse actuelle, n’aurait pas été moins
« utile »
alors, oui aussi, enfin, ‘distribuer’ des ‘punitions’ n’est pas mal pensé
mais elles ne font pas cesser l’agression en cours et ne la feront pas
cesser non plus
Alors?

Faut, donc, penser. Rationnellement.
Capituler serait une façon, provisoire
de sauver des milliers de vies.
Au risque de perdre son honneur, son identité, sa dignité, son (à) soi ?

Ah, si on « préfère » perdre (de) ses proches, de ses êtres chers, etc. …

Il pourrait y avoir aussi un compromis, tel le délestage d’un ceci pour cela.

À défaut, reste toujours l’option confrontation ‘at large’ – tout le monde ! =

qu’à l’exception des États-Unis, toute l’Europe autour s’implique à fond de
train
militairement compris
qu’on aille, donc, s’immiscer au sein du l o n g convoi de « libération » ***
roulant aussi résolument qu’inexorablement versur Kiev, en informant leurs
conducteurs qu’ils feraient mieux, infiniment mieux, de retourner là d’où ils
viennent

Oh, oui, vraiment, ça n’ira pas à la semaine prochaine avant qu’il se passe
‘quelque chose’
fatigue, irritation, fébrilité, nervosité, exaspération ou autre semblable
vont faire en sorte que ça va ‘prendre un bord’ ou l’autre = que ça ne
restera pas ’stagnant’ comme ce semble l’être encore en ce moment

*** chez nous y aura-t-il eu d’auto-prétendus « convois de la liberté »
eh bien, là-bas, il s’agirait, non moins prétendument, de convois
de « libération », s.v.p. / rarement aura-t-on vu sur Terre des gens
déployer tant de résistance à leur délivrance !

Vous voulez ressentir cet effarement chez les jeunes qui voient quotidiennement les extrêmes de notre humanité étalés à l’écran ?
Subir cette apathie généralisée denfants déjà anormalement blasés devant un monde qui n’a plus de sens commun?
Venez enseigner et mesurer votre propre force intérieure face à ce mal-être récurrent chez les élèves, accourez nourrir cet abîme motivationnel insondable et terrassant, et enfin, surgissez pour allumer d’une étincelle ce néant d’espérance humaine…
L’Homme est actuellement en échec.

Le sens des mots

Y a de quoi – avoir le spleen ou le cafard. À peine, en effet, commence-t-on à émerger d’une maladie à action-retentissement-impact mondial, qu’apparaît perspective-spectre de possible guerre mondiale (deux tiers des Canadiens l’appréhenderaient).

Par ailleurs n’aurait-on plus les victoires qu’on avait, côté guerre incidemment.
Une jeune Ukrainienne nous annonçant, en effet, se sentir au seuil de la Victoire, rien de moins : « nous savons que nous sommes en train de gagner. » = « CNN a écrit que Kiev pourrait tomber. Ça n’arrivera pas. La défense ukrainienne est professionnelle et imbattable. Tout le monde le sait. » **

« Tout le monde le sait », sauf moi ?** Ah, je sais, je sais, lors du duel Goliath-David, c’est celui-ci qui avait gagné. Mais le dieu d’Israël était avec lui.

Secondement, c’est qui qui va gagner ? Et gagner quoi ?
Serait-ce un dixième d’un dixième d’un dixième de la Population qui, à l’arraché, parviendrait à décourager V. P., qui se résignerait ultimement à rentrer, queue basse, chez lui; et ce qu’auraient « gagné » la poignée de combattants survivants ukrainiens ne serait plus que ruines sur lesquelles tout serait à reconstruire ?

Ah, pourtant, oui, de fait, les Ukrainiens auraient d’ores et déjà gagné — … le coeur du monde !

Chose certaine, rarement aura-t-on vu développement et prégnance d’enlisement ou marche inexorable vers l’absurde tel l’en cours. En parfaite anachronie avec son temps.

Car qu’est-ce donc, d’autre, que telles déflagrations, matérielles, au 22e siècle!? Qu’a-ce d’affaire là, encore, arrivés au niveau de développement techo auquel est-on rendus? N’y eût-il pas eu moyen de faire une ‘guerre’ plus « propre » = moins « ‘sale’ », plus techno ?

Enfin, s’il est vrai qu’on puisse faire plus avec une plume qu’avec une immense armée ET que ce n’est pas par la colère mais par le rire que l’on tue; comment se fait-il qu’aucun humoriste ou caricaturiste n’ait encore représenté V. P. avec tant d’ingéniosité géniale assassine, que lui-même en soit non seulement meurtri mais comme « ‘meurtré’ », anéanti (en s’apercevant ainsi figuré) ?

** Le président français a demandé au président russe de décrocher des menteries qu’il se ferait croire ou auxquelles il ne croirait pas soi-même; or ce genre d’accroires que se font d’aucuns à propos d’une victoire imminente ou éminente, possible ou probable, de l’Ukraine en semblable affrontement, n’est « ‘guerre’ » mieux.

Merveilleux article … c’est rassurant de savoir que d’autres gens se sentent de la même façon. Il y a une lumière au fond du tunnel…

« Moi ? Je regarde les bombes exploser dans la nuit ukrainienne en me faisant croire que ce sont des lucioles géantes.
[…] Tous à essayer de justifier nos contorsions idéologiques, à tenter de donner un peu de chair à nos convictions alors que nous faisons exactement l’inverse de ce que nous savons être juste. »

Bien oui, hein, le « juste ». Qu’en advient-il ici, là ?

Cette fois-ci, côté ukrainien au moins, s’agirait-il d’une « guerre juste » ?
Est-il éthique de tuer le Russe en face, s’étant amené, lui, croyant être venu (pour) nous « libérer », pour nous « délivrer » de sales génocidaires nazis ?

Dépendamment du côté où se trouve-t-on, le « tu ne tueras point » ou « celui qui recourt à l’épée périra par l’épée », aurait valeur tantôt bonne tantôt mauvaise, dépendant… ?

Ah, vraiment, la chose n’est pas simple.
Car peut-on ne pas se sentir mal – voyant un tyran-dictateur impitoyable prêt à massacrer d’autres innocents par milliers, en « se contentant », soi, de regardécouter la chose ?

Est-ce que si, vraiment, on ne peut ou ne doit rien faire — (du fait que si on « faisait quelque chose » cela ne ferait qu’aggraver la chose en empirant le sort de plus nombreuses gens encore!) —; est-ce qu’alors au moins ne devrait-on pas exhorter véhémentement les Ukrainiens encore là à se tirer de là pour ne pas l’être tirés, et donc les amener et les accueillir tous chez nous, au lieu de les dire courageux-héroïques en demeurant là pour finalement se faire « ‘exterminer’ » ?

En un mot, ce qui arrive là comme ç’arrive là est honteux. Point.
C’est rien que bête et insensé.
Incohérent.

Car si, réellement, la liberté démocratique est LA Valeur suprême
pourquoi ne laisserait-on pas les hommes non intéressés à rester
pour combattre – s’en aller eux aussi avec leur famille ?

Oui, vraiment, il y a quelque chose ne marchant pas, ne marchant
plus.
La reproduction, telle quelle, de vieux patterns ne ‘fit’ guère avec
l’évolution censée être ou devenir de plus en plus progressiste
de notre civilisation.

Une ou deux choses seulement l’illustrant :
on « annonce » aujourd’hui le viol d’Ukrainiennes par des soldats
russes
qu’est-il besoin de violer qui tu viens censément « délivrer » ? !… ?
Est-ce qu’il n’y aurait pas stagnation, donc, sinon régression même
en, d’abord, la non-démilitarisation d’« ‘espaces publics’ » tels des…
pays?
et, concomitamment, ou partant, aurait-on « oublié » de déviriliser
démâliser, démasculiniser ou d’« émasculer » ces espaces publics?

Ah, Zemmour répondra[it] que LE Problème résiderait justement en
ce qu’on l’aurait déjà… trop fait – cela – « ‘féminiser’ »…

Ah je ris car pouvait-on en regardécouter une aujourd’hui une députée
ukrainienne, super belle, ayant mis en sécurité sa ribambelle et s’étant
mis une… super belle arme sur le dos pour elle aussi défendre la patrie

C’est tellement ce que je vois, ce que je ressens. J’ai plus peur de vivre que de mourir.

Alors, donc, aurai-je fait mon « devoir d’état », crois-je, comme ils disaient.

Semaine passée, en effet, se demandait-on, un peu tout le monde, c’est « quoi » qu’on peut faire, soi, petit individu, isolé, impuissant, inconnu, en guise d’implication afin de mettre fin à l’ignoble insensée guerre À l’Ukraine.

En réponse était dit qu’outre des manifs publiques collectives, soi peut-on interpeller, r’interpeller nos dirigeants politiques, leur écrire, écrire des lettres ouvertes, etc.

Eh bien, c’est ce qu’ai-je essayé de faire…
En écrivant, notamment, hier soir à notre Ambassadeur basé aux USA et en lui
r’écrivant à nouveau ce matin, avec copie à ma députée et au PM/C
en écrivant, ce pas bien bien banal, que tout sympathique qu’il soit…
leur agir, au gouvernement canadien, n’est pas « le ‘bon’ »…

Il s’avère désastreux même, en étant contreproductif.
Les mesure$ en effet ont exacerbé, accru plutôt qu’amoindri la férocité-atrocité
des cruautés agies en Ukraine = autrement dit, au lieu d’aider, ç’aura accentué
ces cruautés.

S’agit-il donc là d’un Échec, déjà, aussi lamentable que monumental.
C’est LA Catastrophe.

Si avait-on voulu aider intelligemment, sensément et courageusement
on y serait allés les aider les Ukrainiens lâchement agressés vilement.

Or, non, est-on restés assis en son salon à regardécouter comptes rendus
de leur massacre ‘live’-en-ligne…

À partir d’aujourd’hui, donc, saura-t-on à quoi sert une ‘puissance supérieure’
elle sert au Malin, sans scrupules aucuns, à desseins de mise en oeuvre des
pires atrocités possibles imaginables — de pouvoir les agir, sans entraves
sans être « dérangé » par quelque autre « puissance égale », pouvant
l’endiguer.

Là est la « morale », la « ‘Leçon’ » de ce qui (a[ura] / eu) cours sous nos yeux
eu égard à UkrainetRussie version an de grâce 2022 sur la planète Terre.

Super « É DI FI ANT ! »

P. S. Cerise sur sunday / on informe que les viols sont déjà en ‘bonne voie’
à ‘veille de Journée internationale des femmes, fallait bien souligner
la « chose » n’est-ce pas?
on ne serait pas « r’gardant » de l’âge / toutes étant « ‘qualifiées’ »
mais n’y y ajoute-t-on pas moins une « touche » inédite
car pouvait-on apprendre en sociologie politique que
le viol de guerre servait à ‘briser la ligne ethnique’
en brouillant les appartenances : on se trouvait
à s’immiscer, au moyen du viol, en le groupe
dont ainsi devenait-on partie prenante / or
Russes en Ukraine ont violé une fille de
17 ans, qu’ils ont ensuite tuée…
« ‘fort’ », hein ? !

J’ai lu votre excellent article en me disant: enfin. Malheureusement, cela fait au moins 10 ans que je fais cette prise de conscience. Bonjour l’anxiété ou éco anxiété, nouvelle façon de le dire. Par contre, ce sont mes propres enfants qui m’ont aidé en me disant d’arrêter de m’en faire avec le futur ( le leur), que j’en avais assez fait pour la planète ( je ne vous énumérez pas tous les supposés petits gestes qui vont soi disant sauver le monde que j’applique), et qu’elles ne seront pas en colère quand les conséquences de notre inconscience collective vont arriver ( elles commencent déjà). Elles me trouvent trop stressée et disent que je me fais du mal avec ces angoisses. Elles ont raison, malgré tout. Alors, j’ai décidé de cultiver mon propre bonheur. J’ai adopté la stratégie de l’autruche. Cette stratégie me sied très bien et je vis mieux mon instant présent. Après tout, si mes enfants embrassent leur avenir avec optimisme, pourquoi les en empêcher? Alors, votre chronique ( comme toutes vos chroniques en général) fort bien écrite me fait retomber un peu dans mes anciens réflexes. Donc, après ma lecture, je vais maintenant bien aller me mettre la tête dans le sable en toute conscience afin de prendre soin de ma santé mentale.