Carey Price à propos de son village

Quand il retourne à Anahim Lake, Carey Price a parfois le vertige. « Assis dans la forêt, au milieu de nulle part, il m’arrive de penser : wow ! quel chemin j’ai parcouru pour arriver dans la LNH. » L’actualité l’a rencontré après l’entraînement du Canadien au Complexe sportif Bell, à Brossard.

Photo : Darryl Dyck / PC

La pauvreté est frappante à Anahim Lake. Quels sentiments vous habitent quand vous y retournez ?

– C’est dur. La situation économique est très difficile en ce moment. La chute du prix du bois a provoqué la fermeture de la scierie, il y a trois ans, ce qui a causé beaucoup de chômage. Quand j’habitais là-bas, ça allait beaucoup mieux. Il y avait de la vie dans le village. Aujourd’hui, l’atmosphère est triste. Je m’inquiète surtout pour les jeunes, et c’est certain que je vais tenter de leur venir en aide. Je ne sais pas encore de quelle façon, mais je regarde ça avec ma mère. 

De nombreux jeunes autochtones en Colombie-Britannique vous considèrent comme un modèle. Quels conseils leur donneriez-vous ?

– Rester à l’école et se tenir loin des problèmes. Si je n’avais pas suivi ces conseils de ma mère, je ne serais pas ici en train de vous parler. 

Quelles valeurs votre mère vous a-t-elle transmises ?

– Elle m’a appris à respecter le Créateur, Dieu, et à respecter la Terre. Ma grand-mère disait souvent : « La Terre a pris soin de nous, il faut prendre soin d’elle. » Je suis très fier de mon identité autochtone. Malheureusement, comme beaucoup d’autres jeunes, je ne connais que quelques mots de la langue de mon peuple, le carrier, qui est menacée de disparition. Seuls les aînés de la réserve la parlent encore. J’espère qu’on pourra la sauvegarder. 

Votre arrière-arrière-grand-père et votre mère ont été chefs de la nation ulkatcho. Aimeriez-vous suivre leurs traces ?

– Peut-être. En ce moment, je suis plutôt occupé… [Rire] Mais après ma carrière au hockey, la politique pourrait m’intéresser. J’aimerais beaucoup pouvoir aider mon coin de pays.