Caricatures : l’ère du politicien beige

Marois a remisé écharpes et bijoux, Trudeau a coupé ses belles boucles, Couillard a raccourci sa barbe, Lisée a fait disparaître la sienne : selon le caricaturiste André-Philippe Côté, l’apparence de nos élus s’affadit. À son grand désarroi !

pauline-marois-caricatureMarois a remisé écharpes et bijoux, Trudeau a coupé ses belles boucles, Couillard a raccourci sa barbe, Lisée a fait disparaître la sienne : selon le caricaturiste André-Philippe Côté, l’apparence de nos élus s’affadit. À son grand désarroi !

Comment expliquez-vous ces changements ?

Se faire ridiculiser n’est pas agréable… Jean-François Lisée se rendait bien compte que sa barbichette lui donnait l’air d’un monarque. Il l’a rasée. Pourtant, il y a encore des politiciens qui se fichent de leur ima ge, des Jean Chrétien, des Régis Labeaume, et ça ne leur nuit pas ! C’est plutôt l’image du politicien coincé qui est nuisible. Cela les fait paraître moins humains, plus interchangeables.

Que pouvez-vous faire contre cet affadissement ?

On résiste ! Lorsque Jean Charest a coupé ses cheveux, bien des caricaturistes ont continué à les lui dessiner longs. Même chose pour François Hollande, qu’on continue à faire gros, parce que ses rondeurs correspondent à son image de président mou. Mais il y a des limites. Si Thomas Mulcair se rasait la barbe, on n’aurait pas le choix de ne plus la dessiner. Ce serait très dur… On patinerait !

Que recherche l’œil d’un caricaturiste chez un politicien ?

Un nez, une coiffure, une moustache… Cela dit, la personnalité influence aussi le trait. J’ai tendance à dessiner Denis Coderre grand, parce qu’il prend beaucoup de place. La caricature n’a pas à être fidèle à son sujet, il faut simplement que les gens le reconnaissent.