Alexandria Ocasio-Cortez et la décence

La représentante démocrate a choisi de répondre à l’agression verbale dans l’arène politique. Ne pas s’écraser, répliquer, et le faire dans la lumière. Il y a là une formidable leçon.

Photo : Daphné Caron

On cherche du sens, c’est clair. La pandémie, le confinement, le déconfinement, la crainte d’une deuxième vague, l’ébullition autour de la question raciale et de celle des agressions sexuelles… Tout ça nous bouleverse, vient nous chercher. Des douchebags qui polluent les plages de Gaspésie aux femmes qui dénoncent leurs harceleurs, des porteurs de masques aux complotistes paranoïaques, tous, nous cherchons du sens. Nos vies bien réglées, pour le meilleur ou pour le pire, se sont heurtées à un mur à la mi-mars. Depuis, nous explorons, nous hésitons, nous braillons parfois roulés en p’tite boule.

C’est pourquoi lorsqu’un événement incontestablement fort, inspirant et anticipateur d’un monde meilleur survient, nous sommes ébahis. C’est arrivé la semaine dernière. Cet événement dure 6 minutes 38 secondes, a été filmé et roule sur toutes les plateformes. La représentante démocrate du 14e district de New York à la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez, 30 ans, réplique posément et dignement, dans un discours exemplaire, à l’élu de la Floride Ted Yoho, 65 ans, qui l’avait traitée publiquement de « fucking bitch » sur les marches du Capitol.

"Fucking bitch" : insultée par un membre du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez répond

Traitée de "fucking bitch" par un membre du Congrès américain qui s'était ensuite "excusé" en citant sa femme et ses filles, Alexandria Ocasio-Cortez n'a pas laissé passer l'occasion pour réagir. Voici sa réponse.

Posted by Brut on Thursday, July 23, 2020

Ocasio-Cortez, ouvertement socialiste et hors establishment politique, est l’étoile montante de la gauche américaine. Le documentaire de Netflix Knock Down the House, qui a suivi quatre aspirantes congressistes pendant les élections de 2018, montre bien sa personnalité droite, son empathie, son talent et ses valeurs. Devenue la plus jeune élue au Congrès, elle se distingue par son aplomb et ses idées. Mais ce qu’elle a fait la semaine dernière sort complètement de l’ordinaire et sera non seulement un moment fondateur de sa carrière politique et de son engagement, mais une pièce d’anthologie pour toutes les femmes insultées ou agressées par des hommes, peu importe leur statut. Au moment où des femmes dénoncent publiquement et anonymement des hommes harceleurs ou agresseurs, avec tous les dérapages que ça implique, cette prise de parole ferme et claire est remarquable.

Pourquoi ce discours nous touche-t-il tant ? D’abord, par sa forme. Alexandria Ocasio-Cortez a choisi de répondre à l’agression verbale dans l’arène politique. Pas en catimini ni à l’extérieur ; au « cœur » du pouvoir officiel. Symbole fort. Puis, tout au long de son discours, elle reste calme, posée. Même si on sent sa colère qui gronde, les émotions qui affleurent, jamais elle ne craque ni ne pleure. Elle n’est pas une victime. Elle tient solidement les rênes de son propos.

Ted Yoho, pour s’excuser, a dit qu’il était marié et père de deux filles. Ocasio-Cortez lui répond froidement : « Avoir une fille ne rend pas un homme convenable. Avoir une femme ne rend pas un homme convenable. Traiter les gens avec dignité et respect est ce qui rend un homme convenable. » Ces mots puissants sont ceux d’un être humain qui parle de dignité et de morale, ce qui fait cruellement défaut à la scène politique américaine. Et à la société en général, ces temps-ci.

Alexandria Ocasio-Cortez parle non seulement au nom des politiciennes, mais de toutes les femmes. En fait, de toutes les personnes bafouées. « Traitez les gens avec dignité et respect » : ce propos est révolutionnaire en cette époque de mensonges et d’amoralité. C’est un formidable enseignement en ces temps d’ensauvagement. Son discours, c’est 6 minutes 38 secondes qui donnent de l’allant, de l’espoir, du courage. Qui montrent que les mots, la riposte, l’utilisation des institutions peuvent « aussi » être subversifs et faire tomber des représentants qu’on croyait intouchables.

Répliquer. Ne pas s’écraser, et le faire dans la lumière. En pleine face. Il y a là une formidable leçon.

Nous cherchons avidement du sens dans nos vies et nos sociétés devenues si bizarres. Une jeune femme convaincue et blessée, mais forte, vient de nous fournir un vaccin contre le défaitisme. La première dose de dignité concentrée depuis longtemps.

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Merci Mme Bazzo pour avoir attirer mon attention sur ce court, mais combien pertinent, discours!

Alexandria Ocasio-Cortez et la décence
WOW!
Merci de nous parler de cela. Je n’étais pas au courant. Et suis totalement heureuse de l’être.

Je n’avais pas entendu parler de cette affaire. Très belle prise de parole. Merci Mme Bazzo de me l’avoir fait connaître. Tout à fait inspirante cette jeune femme.

J’ai été saisi par le discours de cette jeune représentante. Elle explique de façon claire les avatars culturels de ces hommes qui dégradent les femmes.

¨Ce n’est pas fini, c’est rien qu’un début…¨ (paroles d’une chanson des années 70) ! Il est grand temps en effet qu’on revienne à un minimum de respect entre les hommes et les femmes. Mais, il n’y a pas que des ¨bitches¨ qui ont droit de réplique. Il y a aussi les ¨Tasse toi mononc…¨ et les ¨Ok Boomer¨ de ce monde. Tous ceux qu’on catégorise comme les ¨has been¨, les ¨passés date¨; qu’on méprise juste parce qu’on aime mépriser .
À ce que je sache, on fait tous parti de ce monde jusqu’à notre dernier souffle. On a donc tous droit à ce minimum de respect en tant qu’humains.
Si Madame Cortez pose sur la place publique ce vibrant témoignage à la face du monde, cela doit inclure également tous les molestés , tous les moins que rien, qui n’ont pas droit de parole ni les moyens de se faire entendre dans les médias parlés et écrits ou dans les milieux du pouvoir.

En effet, chapeau à cette dame. Elle a su s’élèver au-dessus des bassesses de ses adversaires pour dénoncer une intolérable situation d’intolérance. Je serais curieux de savoir ce qu’en pensent les femmes parmi les hautes instances du Parti républicain.

Il se trouve que je suis né la même année que le député Ted Yoho. Initialement, il exerçait le métier de vétérinaire. Cela signifie je suppose, qu’il aime bien les animaux. Il semblerait qu’il ait démontré par ses travaux parlementaires son opposition aux suprématistes blancs, ceux qui viennent renforcer les milices armées ukrainiennes de la division Azov, bien connue pour ses fins inspirées du défunt parti Nazi.

Ainsi, ne serait-ce que pour ses positions relatives au fait que les États-Unis ne devraient pas soutenir de telles milices, je ne peux que trouver monsieur Yoho plutôt sympathique.

J’ai au cours de ma vie prononcé le mot de « pétasse » ou encore de « salope » à l’instar de monsieur Yoho. Je ne pense pas que ce soit un bien de prononcer des mots disgracieux. Mais mille pardons ; avec les beaux mots, j’ai aussi appris les mots vulgaires.

Je connais des gens qui ne se lâchent jamais en public, qui ne disent jamais un mot plus haut que l’autre. Ces personnes sont pour moi des maitres (ou des maîtresses) en l’art de l’hypocrisie. Il y a ceux ou celles qui disent, ceux ou celles qui ne disent pas et qui n’en pensent pas moins, ceux ou celles qui subissent.

J’ai écouté le discours d’Alexandria Ocasio-Cortez, c’est son droit absolu de répondre au député Yoho. Toutefois je relève qu’elle emploie quelquefois le mot « respect ». Tout comme elle, j’attache de l’importance au respect. Néanmoins, je ne suis pas certain que ce soit sur les gros mots (aussi vulgaires soient-ils) qu’il faut déterminer ce qui relève du respect ou bien pas. Il ne faut pas confondre ce qui relève plutôt de l’impertinence avec ce qui relève du respect.

Selon moi, monsieur Yoho ne s’est pas montré irrespectueux. Il s’est montré simplement vulgaire et impertinent, comme nombre d’hommes appartenant à notre génération. Reste à savoir si les générations suivantes feront tellement mieux que nous. De ce que je remarque, ils n’ont jusqu’à présent rien à envier au chapitre de la vulgarité.

N’est-ce pas quelque part dans les évangiles, qu’il est dit qu’on remarque souvent la paille qui proémine de l’œil du voisin et non ces poutres qui malicieusement nous aveuglent dans nos propres globes oculaires ?

Le respect le plus élémentaire envers une personne c’est de la traiter avec politesse, autant en français qu’en anglais, et traiter une personne de « fucking bitch » est un manque flagrant de politesse et de respect. La génération du type en question n’a rien à voir, on a toujours su que de crier des noms à quelqu’un c’est être impoli et manquer de respect. Je suis plus vieux que vous et j’ai appris ça dès mon enfance.

Quant à l’hypocrisie, c’est une autre histoire et le fait de crier des noms n’absout pas quelqu’un et ne veut pas dire que la personne n’est pas hypocrite. Mme Ocasio-Cortez a parfaitement le droit d’être traitée avec respect et je suis certain que tous les membres du congrès le savent. La question reste à savoir si un politicien a le devoir d’insulter l’adversaire pour gagner des points et une élection. Au moins les électeurs pourront juger.

@ Bonsoir monsieur NPierre,

Merci pour votre rétroaction et vos commentaires toujours intéressants. J’aimerais vous signaler que la séquence vidéo que nous offre madame Bazzo est légèrement plus courte que le discours intégral prononcé par la députée Ocasio-Cortez. De plus le cadrage en plan rapproché est destiné à dramatiser la situation mais n’est pas fidèle à la vidéo originale.

Pour vous faire une idée plus précise, vous pouvez consulter le discours dans son format original par le lien suivant :
https://www.huffingtonpost.ca/entry/aoc-ted-yoho-bitch-speech_n_5f19d838c5b6296fbf3f7b6d?ri18n=true

En préambule de son discours, elle explique le contexte dans lequel monsieur Yoho pousse ce juron ; il est sur les marches du Capitole accompagné par un autre de ses collègues et il y a une meute de journaliste qui de toute évidence cherchent du croustillant….

Ceci n’exempte pas en effet Ted Yoho d’adopter de bonnes manières. Néanmoins le caractère contextuel ne peut être négligé. Monsieur Yoho a par la suite exprimé des excuses, que je pense sincères, mais ceci ne semblait pas suffisant pour Alexandria Ocasio-Cortez.

Fin de l’histoire. La suite relève du caractère hystérique des réseaux sociaux. En ce qui me concerne, je n’embarque pas dans ces formes de pithiatisme collectif. Si nous voulons changer les choses pour le mieux, il faut faire les choses autrement.

Je sais les médias canadiens ont eu besoin et demande encore une fois, un autre aide financier du gouvernement puisque les citoyens ont abandonné la maladie journalistique – le mensonge. Les citoyens sont friands et à la recherche de la vérité et le recherche sur d’autre endroit – domaine. Pourtant, il est très simple de garder les abonnés et de gagner d’autre – Il suffit de vérifier, revoir et après dire la vérité ou les deux côtes du coin.
Avez-vous eu un contact direct avec Alexandria O. Cortez? Avez-vous demandé une rencontre avec Rep. Ted Yoho ? Je pense que NON ! Il y a deux côtes sur un trente sous. Sincèrement je crois que vous avez copié un ou une lamentable journaliste de la gauche fasciste ou simplement troquer AP story. Alexandria ne représente qu’Alexandria Cortez. Point finale. Quand elle parle elle ne donne aucun fait. Par ailleurs elle ne peut représenter les vraies femmes. Elle ne peut exprimer la vie d’une femme avec des enfants – Mon épouse et les femmes, avancent sans l’aide d’une autre personne ou d’un gouvernement. Pour le reste, la liberté et les droits ne provient pas d’un gouvernement. Alexandria parle d’un socialiste qui n’a jamais fonctionné et le socialiste qu’elle vend est celle du Vénézuela ou encore pire de la Chine. Rep. Ted Yoho a dit à Alexandria : « Le mieux que vous puissiez faire est d’offrir aux gens de votre district d’aller de l’avant et de voler à l’étalage – pendant que vous appelez en même temps pour définancer la police ? » « C’est de la cochonnerie » Il continue avec : « Ce sont absolument les politiques les plus folles que vous n’ayez jamais eues…[Pas vraiment elle a dit pire]. « Vos politiques sont dégoûtantes. » Quand elle parle, elle parle sans fait tangible et véritable – un bon politicien canadien quoi ! Mais son programme est clair – (BLANK) – Ça doit être facile à comprendre pour les Canadiens qui vivent dans l’étatiste gouvernemental depuis le dix-neuf-vingt siècle. WE – WE ! Alexandria a juré de respecter la Constitution et les lois des États-States. À ceux qui ne connaissent pas Alexandria Ocasio Cortez est une représentante de la Chambre sur le district de NY 14. District 14 a été démocrate (alias libéral) depuis si longtemps que vous inculquez un cafard comme candidat dans ce district et sûr qu’il/elle va gagner, c’est ce qu’il s’est passé ?

Rep. Ted Yoho: “Those are just absolutely the most fricken crazy policies you’ve ever had’ — and I said, ‘your policies are disgusting’ and I turned around and walked away, » Yoho recounted. When asked about using the four-letter F word, Yoho replied that he simply muttered to himself that Ocasio-Cortez’s comments to him were « such fricken B.S. » (BullShit)

Un des meilleurs discours que j’ai entendu. Il y a de l’avenir pour le respect des femmes. On est entrain d’assister au dépérissement des gros colons. Bravo pour la clarté du discours. Comme on disait étant plus jeune : «  Ça fesse dans la mite. »

Merci madame Bazzo pour cet excellent article. Je n’avais pas eu connaissance de cet événement, j’ai regardé la vidéo et je suis vraiment impressionnée par cette jeune femme pleine d’aplomb mais surtout de retenue et de dignité. Un exemple de ce que devrait être une dénonciation .

Et en plus, elle lui signifie qu’en insultant une femme, en sous-entendant qu’on peut insulter des femmes, il donne la license aux autres hommes par conséquent d’insulter sa propre femme et ses propres filles, Voilà qui est fort.

Cette Mme Occaso-Cortez, une jeune femme chiante et effrontée et n’a rien de très sympathique. En plus, elle est acoquinée avec les grands mondialistes de ce monde. Ceux-ci, on le voit avec la Covid, sont devenus un danger imminent pour toute l’humanité. Vous, grande dame, cessez de fermer les yeux et de jouer sur toutes les tableaux (QS, LGBTQX2…gogo-fauche…). Je n’approuve pas la diffamation auxquelles elle fait face cependant. Mais, il est serait bien pour vous de vous choisir un camp qui soit vraiment favorable au Québec, au lieu de jour sur divers tableau. Faites comme cette dame: sortez de votre niche et mouillez vous.

« en ces temps d’ensauvagement », ça m’a fait tiquer… parce qu’il y a tant d’espaces, de lieux qu’il faut ré-ensauvager!