Carnets des temps inédits : Montréal que j’aime moins

Pour traverser la crise actuelle, plusieurs grandes métropoles se sont appuyées sur le leadership de feu de leur maire ou mairesse. Marie-France Bazzo croit que c’est ce qui a manqué à Montréal.

Photo : Daphné Caron

J’ai écrit mon journal des temps inédits pendant 73 jours sans savoir combien de temps durerait le confinement. J’ignorais que cette expérience d’enfermement irait puiser dans notre rapport à l’intimité.

Vendredi dernier, 22 mai, avec la semi-annonce du quasi-déconfinement à Montréal, nous avons tous compris intuitivement que le temps du pain maison était terminé. Dorénavant, nous sommes dans le monde d’après, qui sera, qui est déjà, tout aussi inédit. Le regard pour appréhender ce monde, le mien en tout cas, a changé. Tout aussi personnel, mais tourné vers l’extérieur. Et mon extérieur immédiat, c’est Montréal…

J’ai eu le culot d’écrire ici récemment que certains en région détestaient Montréal et avaient, grâce à la peur légitime d’attraper la COVID-19, enfin une raison d’extérioriser leurs sentiments. Je ne suis pas la seule à le croire : j’ai entendu le maire de Québec Régis Labeaume exprimer la même pensée à la radio cette semaine. J’ai un peu nuancé mes propos dans un texte suivant, mais des discussions avec des citoyens du Bas-Saint-Laurent, de Charlevoix et en ondes à Québec avec Jérôme Landry m’ont incitée à poursuivre ma réflexion. Avec Montréal dans la mire cette fois.

Depuis le début de la pandémie, Montréal affiche des statistiques peu reluisantes, qui s’expliquent, entre autres, par la négligence collective dans les CHSLD de la honte, plus nombreux à Montréal qu’en région, et sa concentration de nouveaux arrivés, nombreux à travailler en première ligne dans des milieux exposés au coronavirus. Mais une fois qu’on a dit ça, on vient de dresser le portrait de plusieurs grandes villes qui s’en tirent bien mieux que Montréal.

Montréal aurait dû, pour affronter la tempête, bénéficier d’un leadership de feu. D’une mairie proactive, omniprésente, au front dans les quartiers les plus touchés dès les premiers jours. D’une mairesse qui impose sans équivoque et sans attendre le port du masque dans les transports publics, qui soutient activement artistes et restaurateurs, ces âmes de la ville, terrassée dès le mois de mars. D’une dirigeante qui rallie les communautés, qui ne laisse pas Montréal-Nord se faire ostraciser par d’autres Québécois.

Valérie Plante a dirigé Montréal, ville blessée, comme si c’était un village (sans vouloir offenser les villages). Certes, la Ville n’a pas de pouvoir décisionnel sur tout, beaucoup relève de Québec. Elle n’a pas le droit de faire des déficits, contrairement aux gouvernements de François Legault et de Justin Trudeau ; elle se retrouve donc en position de quémandeuse, elle a les mains liées, mais c’était son intégrité même de ville qui était menacée. Montréal aurait eu besoin d’une représentante puissante et rassurante, visible. Les crises sont des révélateurs, et Valérie Plante aura eu l’allure d’une conseillère d’arrondissement.

Soyons justes, elle ne pouvait pas tout faire. On aurait simplement aimé qu’elle vienne nous insuffler un peu de courage. Elle est notre mairesse. Le leadership en temps de crise est un mélange de cœur, de nerf et de marketing, et toutes ces caractéristiques étaient concentrées à Québec, chez François Legault. Alors Montréal la bizarre, celle qui est si peu représentée au gouvernement, celle qui vote à part, qui s’isole politiquement, qui se fout en général du reste du Québec, qui ajoute au clivage dévastateur qui fend le Québec en deux, Montréal a vécu la COVID comme en transe, repliée et dépendante de décisions qui se prenaient presque toutes au-dessus de sa tête.

Cette crise aura prouvé à quel point la métropole s’est coupée du reste du Québec ces dernières années, mais aussi comment elle se coupe maintenant elle-même en deux. L’administration Projet Montréal donne l’impression de prendre ses distances, sans consulter personne, ni les citoyens ordinaires et les commerçants, ces âmes de quartiers, ni les petits propriétaires, les travailleurs qui utilisent leur voiture, les vieux, les handicapés, les défavorisés, les contribuables sans panache, ceux qui se taisent et font leur vie banale. Montréal est sous l’emprise de dirigeants dont les idées partent en vrille, qui croient que les quartiers se suffisent à eux-mêmes, et qui s’appuient peu sur la réalité. 

Oui, nous voulons tous des pistes cyclables, moi la première, des terrasses plein les rues pour sauver les commerces locaux. Oui, les autos sont un mal nécessaire, mais est-ce le bon plan au bon moment aux bons endroits ? Tout ce fatras urgentissime est-il la seule « réponse » sérieuse et organisée à la crise ? Le bon sens et le sens du bien commun semblent avoir quitté la pièce.

Face au virus, nulle présence rassurante et inspirante en amont, mais une solution mur à mur en aval : tout fermer et rendre cyclable pour permettre la fluidité des « mobiles », quitte à foutre le bordel, empêcher les commerces de se relever, les citoyens du Grand Montréal et des quartiers à peine excentrés de se mouvoir, et en ne consultant personne. Tant pis pour les Montréalais qui se sentent exclus de cette vision militante qui se cache à peine de vouloir être pérenne. Montréal est coupée en deux : les branchés de quelques quartiers centraux d’un bord, et de l’autre, les 514 moins glamour, les 450 ringardisés, les commerçants de la vieille vague, les boomers, les immigrants, les ordinaires. 

Je ne prétends pas, loin de là, savoir tout des antichambres et du terrain du pouvoir municipal, mais, sur le plan du symbole politique, il y a eu un manque. Ma perception est peut-être erronée, mais j’aurais apprécié, dans la situation désespérante dans laquelle était Montréal, un peu plus de gestes apaisants et unificateurs. Qu’on nous donne du courage, pas des motifs de discorde supplémentaires.

J’ai décrit dans Détester Montréal le gouffre entre la métropole et le reste du Québec comme étant un des conflits les plus préoccupants pour l’avenir de la province. Mais ce Montréal militant parti en orbite, qui rompt avec le Québec en toute connaissance de cause et qui disqualifie une énorme partie de ses citoyens au profit d’une caste bien pensante, mondialisée, un brin condescendante, parlant le montréalais ; ça, c’est un schisme dans le schisme.

En ce moment précis, je comprends ce que les citoyens des régions vivent par rapport à Montréal. Nous le vivons à Montréal même. Cette impression d’être exclus, cassés en deux. Pour le bien commun, il faudra repriser Montréal et le Québec, mais aussi, faire un petit travail de couture dans le tissu montréalais.

Laisser un commentaire

Excellent article! Il n’y manque qu’une mention de l’initiative risible de l’écriture épicène que personne n’a demandée et dont presque personne ne veut, moi la première.

Répondre

Bonjour Mme Bazzo,
Vous faites une excellente lecture de la perception des montréalais vs le reste des habitants du Québec et vice/versa. Il y a actuellement un début de déchirure entre les deux entités et tous et toutes, on doit travailler à recoudre le tissu avant qu’il ne se déchire complètement. Pour cela, nos grands gestionnaires municipaux et provincial doivent se respecter dans un premier temps dans leurs tâches et dans leurs responsabilités. On se rappelle encore très bien l’attitude de madame la mairesse et de la présidente de la CSDM dans le dossier de la laïcité .
Maintenant, on se demande sur quelle planète évolue Mme Plante avec ses projets plus montréalais, j’en conviens, avec l’utilisation du langage épicène et la mise en place du réseau cyclable… Il me semble que les priorités devraient devraient plus cibler la relance de Montréal, l’amélioration de la qualité de vie et de santé, etc…
Je le dis et le redis: les gens des régions aiment les montréalais et veulent continuer à vivre ensemble. On n’aime pas l’orientation prise par Montréal et concernant sa mondialisation et ses orientations linguistiques! Ici, c’est une communauté française et on veut le demeurer ! Cela ne veut pas dire de ne pas apprendre l’anglais, mais respecter la primauté du français.
Une excellente fin de semaine.

Répondre

Bonsoir Mme Bazzo,
J’apprécie toujours vos chroniques et plus particulièrement celles regroupées sous le titre «Carnets des temps inédit» (J’avais envie de dire plutôt «Interdits»). Je partage la très grande majorité de vos opinions là-dessus, même si celle portant sur «Détester Montréal» m’a mis en fusil pour quelques heures (LOL).
La fracture entre Montréal et les autres régions ne date pas d’hier, mais on dirait qu’elle s’accentue de plus en plus, particulièrement en ce qui a trait aux orientations prises par chacune des deux parties en cause.
Que l’on pense à la loi sur l’interdiction des signes religieux, sur la défense de la langue française vs l’anglicisation rapide de Montréal (même la mairesse prononce des discours uniquement en anglais …) et des choix et des priorités effectuées par l’administration municipale. Il me semble pourtant que la priorité absolue devrait être la santé des montréalais et la relance rapide des commerces à Montréal.
Au lieu de cela, qu’est-ce qu’on entend des choix effectués? l’implantation dans l’administration du langage épicène, la mise en place d’un réseau cyclable mur à mur, etc…
Je pense que les régions qui vivent d’autres problématiques ont raison de ne pas partager les choix faits par Montréal.
Il va falloir que nos dirigeants se parlent «les yeux dans les yeux» un moment donné et qu’ils fassent des choix ensemble et qu’ils en priorisent la réalisation. On aime Montréal et sa population en région, mais on m’a toujours dit qu’ils faut que ce soit réciproque pour que cela dure.
Une excellente fin de semaine

Répondre

Quel texte insipide. Un brûlot qui ne se fonde sur aucune donnée, aucun exemple, qui méprise tout ce que la science urbanistique martèle depuis des décennies. Faut vraiment être né pour un petit pain de penser que les Québécois doivent se contenter de vivre dans des espaces définis selon des paramètres d’un autre siècle. Et prétendre parler au nom du peuple quand on gagne annuellement 8 fois le salaire du Québécois moyen, confortablement assis dans sa grosse Audi, c’est d’une indécence crasse. Franchement, l’Actualite est capable de mieux que ça.

Répondre

Je serais étonnée que vous soyez allé sur la lune en 1961. Vous semblez avoir de trop grandes connaissances en science urbanistique… et vous apportez à la connaissance de tous des données qui n’apportent rien au présent débat et que personne ne peut valider à moins d’avoir accès à des sources qui ne sont pas accessibles à tout le monde. Si vous n’êtes pas capable de prendre ce texte comme une source de réflexion, comme un cheminement, retenez votre venin, l’Actualité a besoin de lecteurs qui contribuent à faire avancer une société aux prises avec de sérieux problèmes.

Quelle lâcheté de votre part! Vous prenez le nom d’un astronaute célèbre plutôt que de vous identifier.

Insipide ? Oui, plutôt !
Il faut souffrir d’une certaine myopie pour ne pas voir la réalité : la quasi-urgence de revoir l’aménagement des villes n’est pas une tendance exclusivement montréalaise. On assiste au même phénomène dans plusieurs grandes villes du monde, même aux États-Unis. On sait également que Montréal est souvent plus timide que la plupart de ces grandes villes qui profitent de la situation pour accélérer le changement.
Mme Bazzo parle de qualité de vie en ville tout en pourfendant celle et ceux qui tentent, sans toujours avoir le pouvoir de le faire, d’améliorer cette qualité de vie.
Insipide ce brûlot ? Oui, et drapé d’une bonne dose de populisme.

De qui parlez vous. Qui peut bien gagné 8 fois le salaire du québécois moyen et qui roule Audi; je crois que beaucoup de gens pourrait porter le chapeau

Je ne crois pas que le texte soit insipide, sinon vous n’auriez pas réagi aussi émotivement que vous le faites… Pour le reste de votre commentaire, je crois que vous êtes le seul à le comprendre…

Remarquez que mme Plante a « réagi » au moins comme Justin.. Dans l’adversité, le danger ou les soucis, elle reste en arrière, loin. Elle est amorphe et ses lubies sur le vélo et les pistes cyclables, elle était ailleurs.
Cela a commencé avec l’affaire à NDG et la directrice administrative protégée par la maire de l’arrondissement (relation personnelle ??) pour continuer par .. son absence brillance lors du covid
A payer des cols bleus, blancs ou rouges à ne rien faire, pourquoi ne pas avoir fait le tour des quartiers pour sonner aux portes et demander aux habitants s’ils allaient bien, malades ou pas ? Pourquoi ne pas avoir été plus active à la lutte contre la trop rapide extension de la maladie ?
Parce qu’elle est comme Justin, trouillarde, l’adversité la paralyse et c’est dans ces situations qu’on remarque un leader, un vrai chef… Elle a signé comme Justin son départ de la mairie, car être toujours au front facile quand on sait que tout ira bien et pour les photos, tout le monde en rêve… être là dans l’adversité et montrer qu’on est le général, c’est réservé aux vrais

Répondre

Le grand Montréal devrait être au centre de tous les enjeux significatifs au Québec, mais c’est à Québec que se trouve le gouvernement et c’est là que se prennent les décisions. À Québec, les gens ont plutôt tendance à être antipathiques vis-à-vis Montréal. Il serait peut-être temps que l’on corrige cette anomalie et que le siège du gouvernement du Québec se retrouve enfin dans sa métropole, comme c’est le cas dans les autres provinces.

Répondre

Vous ne connaissez pas bien votre pays. La capitale de la Colombie-Britannique est à Victoria alors que sa métropole est à Vancouver; celle de l’Alberta est à Edmonton, sa métropole à Calgary et, pas le moindre, la capitale du Canada à Ottawa alors que sa métropole est à Toronto… Dans cette ère de l’informatique, est-ce que cela a vraiment de l’importance ?

Comme dans l’état de New York et sa Capitale à Albany ?
Ou la Californie, avec Sacramento ? Peut-être est-ce trop loin de Maréal ? Que diriez-vous du Vermont avec Montpellier ? Au Canada alors ? En BC avec Victoria ?

Je ne sais pas jusqu’ou va votre incompétence, mais en Amérique du Nord, aucune capitale n’est dans la métropole de son pays ou de son État/province. L’anomalie, c’est de croire que d’une part, que Montréal serait apte à devenir une capitale alors qu’elle peine à s’administrer elle-même, et de deux, une gande ville ne rapproche pas les élus de leurs électeurs, mais au contraire, les coupe en les anonymisant et en les fondant dans la masse.

Déplacer la capitale à Montréal! Jamais de la vie! Ça ne ferait g’agraver le clivage entre Montréal et le reste de la province. Au moins avec la Capitale à Québec il y a un certain rééquilibrage des pouvoirs.

Pour une personne qui comme moi croit dans les vertus de la décentralisation et mieux encore celles de l’autogestion, comme la pratique de l’auto-planification. La situation vécue a démontré que beaucoup, peut-être beaucoup trop de décisions ont été pilotées depuis Québec. Et la démonstration est faite — pour celles et ceux qui pouvaient encore en douter — que la Province du Québec est l’archétype d’un État très centralisé.

Même la France — à qui on reproche quelquefois d’être centralisée -, est devenue nettement plus décentralisée, les collectivités locales disposent de pouvoirs étendus de décisions, peuvent choisir leurs investissements, arbitrer leur développement.

Les municipalités forment un troisième palier de gouvernement, l’un des rôles dévolu est d’exercer un gouvernement de proximité plus proche des citoyens. Ce rôle des municipalités est reconnu dans de multiples pays du monde. Or ici, comme l’écrit madame Bazzo, c’est la municipalité qui est : « quémandeuse ».

Je me garderai de faire le procès de qui que ce soit. Cependant rien n’indique en effet que madame Plante ait apporté (en ce moment) le leadership que beaucoup espéraient. Mais… cela n’est pas mieux dans la ville de Longueuil où j’habite. Pourquoi ?

Si nous souhaitons qu’il y ait un « après » et un cheminement pour tous dans cet après. Il y a une réflexion à faire sur l’administration de l’État, l’administration des services, la répartition des budgets, la manière dont les villes pourraient ou devraient être financées, sur un véritable partage des responsabilités.

Pourrait-on concevoir des infrastructures scolaires, des infrastructures de santé, des garderies qui soient gérées par les villes, avec autant que faire se peut une participation plus citoyenne dans ce parcours administratif ? Pourrait-on permettre aux villes des déficits ? Les villes, les régions, les communautés pourraient-elles être partenaires dans la gestion de l’État ?

Nous vivons une époque où la population du monde est et sera de plus en plus urbanisée. N’est-il pas temps que la qualité de vie, le contrôle de la qualité de la vie, le développement, l’aménagement reviennent plus directement aux habitants ?

Je ne sais comment nous pouvons vivre une belle vie en ville, nous y épanouir, quand tout ce qui nous régit, est le produit de technostructures rigides, quelquefois partisanes et peu enclines à se remettre en question.

Répondre

Enfin un intellectuel Québécois qui exprime son ras le bol. Je pense que le leadership a fait défaut partout au Québec (en me disant « Qui suis-je pour dire pareille chose?) . Je le dis parce que vos résultats sont pitoyables, et que lorsque les résultats sont pitoyables il y a une école de pensée qui dit que c’est la faute de la direction. Et j’y crois, à cette affirmation.

Montréal en particulier a été très faible dans la gestion des arrivées aéroportuaires, dans la communication des gestes précis attendus de ces citoyens, dans la gestion de son système hospitalier, dans la gestion des foyers de soins.

Vous ne faîtes que répéter la rengaine que la faute vient des coupures passées dans les structures, et que vous ne faites que votre possible. Eh bien! Réveillez-vous et prenez vos affaires en main. Le manque d’effectifs est une constante, même en temps de pleine croissance (l’année dernière, avec un chômage de 4% vous vous plaigniez du manque de main d’oeuvre, et affirmiez ne pas savoir où mettre la tête pour en trouver. Allô beau problème!) À un moment donné il faut faire avec les moyens qu’on a, élaborer une stratégie qui tient compte de ces limites, et faire une bonne mise en application de cette stratégie.

Pour commencer, vous et moi ne voyons pas le Covid de la même manière. Le Québec vise l’immunité générale. Préparez- vous à voir le maintien presque à l’infini de la parade des quelques 80 décès par jour que nous voyons depuis trois mois. Endurcissez-vous à la prolongation de cette nouvelle réalité. Soyez conscients de son impact sur la santé mentale de votre personnel de santé.

Ce n’est pas le temps de disperser vos énergies dans des projets farfelus. Il faut se concentrer sur la « maîtrise » du Covid d’abord, et souhaitez qu’une fois au bout du tunnel votre économie sera toujours debout. Nous risquons de nous réveiller sérieusement appauvri. Et cela en soi va exercez une contrainte impitoyable sur les projets que nous aurons alors en tête.

Ce ne sont pas seulement « des bras » qu’il nous faut. Il nous faut une bonne stratégie (on pourrait commencez par regarder ce qui a fonctionné ailleurs – Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Hong Kong) et une excellente execution. On veut des bons résultats, et pas des platitudes pour expliquer pourquoi cela ne fonctionne pas. Et on le veut au 1er septembre, au plus tard.

La population a fait du mieux qu’elle a pu. C’est maintenant, faute de n’avoir pas su le faire jusqu’ici, à la direction de nous montrer de quel bois elle se chauffe.

Qui suis-je pour faire la leçon au Québec?

Répondre

Il y a, de fait, une montréalité, des montréalités différant de la québécité ou de québécités hors métropole.

Rien ne l’exprime mieux que la représentation politique québéco-montréalaise.
Rien ne l’exprime mieux que le fait que ni l’ancêtre de la CAQ (ADQ) ni la CAQ même n’aient réussi à ‘rentrer’ à Montréal. Ce qui a occasionné et continue d’occasionner ce qu’on a constaté et constate encore.

Comme ?
Bien, comme ces lois, l’an passé, sur l’immigration et la religion, à l’égard desquelles pas moins de douze fois et demie plus d’élu.e.s québécois.es montréalais.es ont voté contre, qu’il y en a eu ayant voté en faveur. Ça ‘parle’, cela.

Loi sur la « religion » ? Si, si. Loi sur la religion. La loi 21 portait sur « ça », la religion. *

‘Étrange’, tout de même, n’est-ce pas, que cette CAQ, qui avait juré que l’Éducation serait sa toute « première priorité » [sic], ne l’en ait pas moins laissée là, en plan, pour s’adonner à légiférer plutôt, d’abord, à propos d’immigration et de religion.

* C’est Parizeau qui, rétrospectivement, se trouve à avoir fait prendre pleine conscience de L’Objet de LA Loi, adoptée l’an dernier, qui, plus que quoi que ce soit d’autre, aura ‘fait parler’, pour le moins dire, et requis beaucoup, beaucoup de mots, de gens et de temps. Parizeau, donc, (qui nous a quitté.e.s il y a exactement cinq ans), avait fait remarquer, il y a une demi-douzaine d’années, que jamais Québec n’avait-il légiféré à propos de (du) religieux. Jamais. Si bien que cet ‘historique’ 16 juin de l’an de grâce 2019 l’a-t-il été cette première fois, ‘à vie’, qu’on l’aura fait.

Était-ce « correct », pas ou peu « correct » ? Là n’est pas la question. LA Question étant plutôt : eu égard à l’amoncellement d’urgences on ne peut plus criantes alors en attente, telles l’extrême pénurie d’enseignantes et la plus extrême encore pénurie de PaB en CHSLD; s’avérait-il « indiqué » de (faire) consacrer, prioritairement, tant de temps et d’énergie à quelque chose comparativement… incomparablement secondaire, telle l’expression de religion; en laissant, donc, pour ce, ‘attendre’, encore, et ces enfants pas d’enseignantes (en pleurant), et ces résident.e.s de CHSLD dépourvu.e.s de PaB?
Eh bien, la réponse, il semble qu’on l’ait, là. J’ignore si le gouvernement québécois la voit, lui; moi, oui.

Répondre

On revient peut-être aux cités-états qu’on a connu dans le passé. Dans les faits, Montréal est tellement différente du reste de la province que c’est virtuellement une cité-état. En cas d’indépendance, qui dit que Montréal aurait suivi le reste de la province ? La masse critique est là et elle exprime sa différence même souvent lors des élections. Est-ce que le reste du Québec est prêt à reconnaître cette réalité politique ?

Répondre

Selon votre définition, toutes les villes sont alors des cités-états. A noter que Montréal ne devient véritablement grosse que si l’on compte le territoire de la CMM, qui, lui, possède la même sociologie que le reste de la province. Ne reste donc que la ville de Montréal et ses 1,6 millions d’habitants. Ces derniers sont clivés en deux entités qui ne se parlent ni se côtoient guère: les anglophones à l’ouest (« l’Ontario québécoise ») et les francophones à l’est – peu différents eux aussi du reste de la province au demeurant. A partir de cela, je ne sais pas ce qu’il reste de votre belle cité-état. Montréal est si fragmentée qu’elle peine à s’administrer elle-même; politiquement, c’est un poids plume dont l’issue du vote est connue d’avance pour les décennies à venir. C’est cela la seule réalité politique que le reste du Québec puisse reconnaître.

Il faudrait relire les textes de loi. Les villes sont des créatures du gouvernement provincial selon ces textes. Le gouvernement provincial peut décider de leur avenir et ne s’en est pas privé avec la loi sur les fusions municipales. Dans le texte de loi il n’est fait aucunement mention de la taille de la ville. Métropole ou pas Montréal est assujettie à la loi comme toutes les autres municipalités.

Merci de mettre en évidence ce que fait ou ne fait pas notre mairesse. Les Montréalais ont besoin de savoir exactement ce qui se passe et risque de se passer dans leur ville. Mme Plante aurait actuellement des problèmes beaucoup plus importants à régler que la féminisation de la langue et l’implantation tous azimuts de pistes cyclables.

Répondre

En 2012, devant les militants de Projet Montréal, l’ancien maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, en appelait au démantèlement des «structures extrêmement lourdes» qui paralysent la Ville de Montréal devenue ingouvernable depuis la vague de défusions de 2006 sous le gouvernement Charest. Il dénonçait « les cocktails de médicaments qu’on lui a prescrits pour en limiter les dégâts, des structures irrationnelles et enchevêtrées dans un indigeste partage de l’autorité et des champs de compétences. »

Pour cause, l’île de Montréal compte 212 élus municipaux. Montréal la ville a 103 élus, une mairesse, 18 maires d’arrondissement, 46 conseillers de ville et 38 conseillers d’arrondissements. À cela il faut ajouter 109 élus (15 maires et 94 conseillers) des anciennes villes reconstituées qui occupent 27% de la superficie de l’île de Montréal, principalement dans l’ouest anglophone de l’île, alors qu’elles ne composent que 12% de la population. Conséquemment, l’ancienne Communauté urbaine de Montréal a été remplacée pour un conseil d’agglomération, composé d’élus municipaux de l’île. Au dessus on retrouve la stratosphérique Communauté métropolitaine de Montréal créée en 2001 avec ses 28 élus provenant de 82 municipalités totalisant 4 millions d’habitants sur plus de 4,200 km2. Où est la chatte ? Où sont les petits ?

Entre-temps, les très nombreux projets des promoteurs et des paliers supérieurs de gouvernement s’entrechoquent sans plan d’ensemble métropolitain, sans consultation ni réel partenariat avec des autorités municipales dispersées et finalement impotentes. Les gouvernements québécois et canadien, y compris les divers ministères, sociétés et organismes publics, interviennent sans stratégie d’ensemble, sans cohésion intergouvernementale et interministérielle, de façon opportuniste, ponctuelle, fragmentée, source d’erreurs coûteuses de planification minant le développement cohérent de la grande région montréalaise.

Pendant qu’on intervient massivement avec empressement dans la région montréalaise, les autres régions tentent de se relever de la coupe à blanc pratiquée par les gouvernements dans les structures et les budgets de concertation et de développement au nom de la fallacieuse reconnaissance des villes, des municipalités et des MRC comme « gouvernements de proximité ». Une véritable mise à mort. Conséquemment, chaque « ministre responsable de la région » a désormais toute la place pour exercer son rôle de parrain ou marraine du trafic d’influence politique auprès des intervenants régionaux, élus municipaux et représentants de la société civile. La politique de la génuflexion demeure la règle. .

Ce beau gâchis explique en bonne partie les résultats de la dernière élection. Or, en 2012, le chef de la CAQ se prononçait pour une réforme de la gouvernance de l’île de Montréal, et en 2017 pour celle de la Communauté métropolitaine. Porté au pouvoir par les régions en dehors de l’île, il n’a manifestement pas l’intention de bouger sur cette question, non plus sur celle de la gouvernance régionale, se disant satisfait des MRC. Il dirige le Québec avec le paternalisme d’un chef d’orchestre qui connait sa partition. Il ne donne plus de signe de réforme du gouvernement ni de décentralisation de l’État.

Répondre

« Mais ce Montréal militant parti en orbite, qui rompt avec le Québec en toute connaissance de cause et qui disqualifie une énorme partie de ses citoyens au profit d’une caste bien pensante, mondialisée, un brin condescendante » Lorsque « LA BAZZO », meneuse de c;laquies pendant des décennies de cette gauche mieux pensante DÉNONC la gauche institutionnalisée de Monttéal, THAT’S A F?&&%$N WAKE UP CALL ! j’espère qu’il y aura des oreilles pour entendre l’alarme qui résonne…

Répondre

Tout à fait d’accord. Notre mairesse lèvera-t-elle le petit doigt pour aider les dizaines et dizaines de commerces qui sont sur le point de faire faillite? Que fait-elle, dans tous ses projets de pistes cyclables, des aînés qui n’ont plus la forme d’aller en vélo à cause de l’arthrite ou d’autres déficiences? Elle semble oublier que notre population est vieillissante. Raison de plus pour rejeter, en plus, l’écriture épicène qui n’a aucune justification.

Répondre
Les plus populaires