Ce que changera le gaz de schiste

On trouve plus de gaz naturel dans les schistes argileux nord-américains que dans tout le Moyen-Orient ! L’exploitation de ces roches gorgées de gaz transformera non seulement le secteur de l’énergie, mais aussi la géopolitique et l’environnement.

À plus tard, Rabaska

La pénurie de gaz appréhendé­e en Amérique du Nord avait donné naissance à des projets de terminaux méthaniers permettant d’importer du gaz naturel liquéfié. La ressource, devenue abondante, rend inutile la construction du terminal Rabaska, à Lévis. À moins que l’on ne veuille exporter un jour du gaz outre-mer !

La Russie en perte d’influence

Puisqu’ils ont perdu leur client nord-américai­n, les producteur­s de gaz du Moyen-Orient redirigen­t leurs navires vers l’Europe. Les pays européens, moins dépendants du gaz russe, peuvent ainsi tenir tête à Moscou.
En 2006 et 2007, le Kremlin avait fait une démonstration de force en coupant momentanémen­t le robinet du gaz… en plein hiver.

Rouler au gaz naturel

Verra-t-on du gaz de schiste dans les stations-service ? Les Américains songent à en faire un substitut au coûteux pétrole étranger. Au Québec, Gaz Métro a pour projet de convertir au gaz un parc de poids lourds. La technologie existe : ce carburant propulse déjà plus de 10 millions de véhicules dans le monde, dont 2,3 millions au Pakistan.

De l’électricité moins polluante…

Le gaz naturel n’est pas une énergie propre, mais sa combustion génère moitié moins de CO2 que le charbon, première source de production d’électricité aux États-Unis. D’ici 10 ans, on prévoit y remplacer de nombreuses centrales au charbon par des centrales au gaz.

… mais un frein au développement des technologies vertes

La concurrence d’une énergie abondante, peu chère et produite localement nuira à l’implantation coûteuse des éoliennes et des panneaux solaires. La révolution du gaz de schiste risque donc de reporter à plus tard celle des énergies renouvelables.