Ceci n’est pas le français

Le français « normatif » est bourré d’exceptions et de graphies inutilement compliquées. Il est temps de procéder à une véritable réforme qui tienne compte du vrai français : la langue telle qu’elle est parlée, dit notre collaborateur Jean-Benoît Nadeau. 

Montage L'actualité

Depuis que j’écris sur la langue française, je me suis beaucoup entretenu avec des linguistes — québécois, français, belges, africains —, qui expriment tous la même inquiétude sur l’avenir du français. Il ne s’agit pas des deux épouvantails habituels que sont les anglicismes et la mauvaise orthographe. La vraie menace résiderait plutôt dans le décalage croissant entre la norme écrite et l’évolution naturelle de la langue parlée. 

Ce découplage produit une puissante insécurité linguistique qui se traduit de toutes les manières : autoexclusion, silence, renoncement. Presque tous les linguistes que j’ai interviewés redoutent que nous approchions d’un point de rupture. Il y a le risque de voir des millions de locuteurs abandonner leur langue. Mais il y a aussi le risque de voir le français éclater en une multitude de dialectes distincts, une tendance parfaitement naturelle, mais que l’absence d’une norme réaliste ne peut qu’accélérer.  

Si je n’ai jamais utilisé cette chronique pour pourfendre les phôtes, les anglicismes ou les travers de langage de mes contemporains, c’est par conviction personnelle. Car voyez-vous, j’ai compris assez jeune, vers 18 ans, que le français que vous lisez ici ou ailleurs dans L’actualité n’est pas LE français. En fait, j’ai l’intime conviction que je n’ai jamais vraiment écrit en français. Ce qui constitue le français est l’ensemble des registres écrits et parlés dans toutes les formes dialectales. La norme, là-dedans, devrait être un point d’équilibre entre ces usages, ce qui signifie qu’elle devrait évoluer à chaque génération.

Or, la norme écrite du français, que l’on présente faussement comme LE français, s’éloigne de plus en plus du français tel qu’il se parle et s’entend. Un écart entre le vernaculaire et la norme écrite est naturel à toutes les langues. Cela s’apparente aux normes vestimentaires : on ne s’habille pas en société exactement comme lorsqu’on se couche. Mais dans le cas du français, les linguistes constatent que le fossé se creuse entre une norme écrite momifiée et des usages oraux qui évoluent à chaque génération. À tel point d’ailleurs que plusieurs n’hésitent pas à dire que nous sommes en présence de deux langues différentes : le français parlé et le français écrit. 

Les francophones sont écrasés sous une espèce de catéchisme langagier qui les conduit à penser que la langue, c’est le dictionnaire et la grammaire. Ce catéchisme est prescrit et défendu, parfois très violemment, par la classe de ceux qui en maîtrisent suffisamment les clés pour prétendre qu’il n’y a pas de français en dehors du dictionnaire et de la grammaire — je caricature à peine. Le principal obstacle à l’évolution de la norme est celui de la distinction sociale et du pouvoir que les gardiens de la norme tirent de leur maîtrise.

Mais, direz-vous, n’y a-t-il pas eu la grande réforme de la nouvelle orthographe en 1990 ? C’était en fait une réformette dont le principal défaut était son manque d’ambition. Le ménage à faire concerne d’abord les consonnes doubles superflues, les vestiges de lettres latines (œ) ou grecques (th, ph), les temps de verbes inutiles, les conjugaisons incohérentes (vous « dites », mais vous « prédisez » ou vous « maudissez »), et les exceptions autour des participes passés, de « tout » et de « tel », par exemple. C’est ce fardeau ridicule qui accapare 75 % du temps d’enseignement consacré à la langue, en pure perte. Même ceux qui le mémorisent en oublient la quasi-totalité après l’examen. 

Je note cependant qu’une vraie réforme se trame depuis 10 ou 15 ans. Des linguistes et des professeurs de français avancent dans ces réflexions de manière posée, et pas du tout radicale. Je pense à Claude Gruaz, du groupe EROFA (Études pour une rationalisation de l’orthographe française), à Georges Legros et Marie-Louise Moreau (auteurs d’Orthographe : qui a peur de la réforme ?) et aux réflexions translinguistiques autour de la conférence internationale EvoLang. Dans les semaines à venir, je reviendrai souvent sur leurs travaux, et d’autres également, qui jettent les bases de ce que pourrait être une norme française libérée de son carcan fétichiste.

Petite histoire d’un corset

La norme actuelle a été statufiée dans la décennie 1830. Pendant les deux siècles précédents, la norme parisienne avait beaucoup évolué. Par exemple, entre les quatre éditions du Dictionnaire de l’Académie française (DAF) au XVIIIe siècle, 8 000 des 18 000 mots présents avaient changé d’orthographe ou de sens. Molière est un témoin intéressant de cette évolution, d’autant que son théâtre se voulait « parlé » : l’édition originale de son Misanthrope (1666) s’écrivait « misantrope » sans « h », et « veuve » y rimait avec « trouve ». En 1835, la sixième édition du DAF poursuivait sur cette lancée en introduisant une nouvelle vague de révisions en masse. Sa publication coïncidait avec deux événements majeurs : la création de l’Instruction publique et la promulgation d’une orthographe officielle pour la correction des examens de sélection des fonctionnaires. 

Flairant le pactole, les éditeurs ont alors réédité tous les classiques selon la nouvelle orthographe officielle. Et c’est de cette vaste entreprise de révisionnisme linguistique, soutenu par l’école et les instances officielles, que nous vient l’impression que la langue de Molière était le français bourgeois de 1835. 

Ainsi, on a osé reformater la langue de Molière seulement 162 ans après sa mort, mais l’on n’ose plus depuis deux siècles. Rien ne bouge parce que la norme est devenue un fétiche intouchable — un fétiche qui s’alourdit alors que moins de gens ont la force de le porter. 

L’an dernier, lorsque j’ai interviewé la linguiste Annie Desnoyers à propos du projet de simplification de la règle d’accord du participe passé, celle-ci m’a raconté ses formations sur la nouvelle orthographe. Elle commence habituellement avec une petite introduction au système d’écriture syllabique inuktitut, puis elle demande aux participants de prendre quelques minutes pour transcrire une phrase française en utilisant les caractères de la langue inuit. La phrase prend alors l’apparence de l’inuktitut, sauf que si on la lit à voix haute en suivant la prononciation inuit, il en sort un français parfaitement intelligible. Vous feriez le même exercice avec des caractères arabes, hébreux ou cyrilliques et le résultat serait le même. (D’ailleurs, nous sommes tous familiers avec le cas inverse : la phrase « Allahou akbar » est de l’arabe en caractères romains. La transcription suit le système phonétique français, mais c’est bien de l’arabe.)

Cet exercice fantastique montre qu’une langue n’a rien à voir avec son système d’écriture, lequel est un échafaudage de conventions. Quand on adopte un autre système d’écriture, tous les caprices orthographiques ou grammaticaux du français disparaissent, parce qu’ils ne sont plus possibles : seul subsiste le nécessaire. 

Ce qui nous oblige à nous demander pourquoi ce ne serait pas le français oral qui guiderait la norme écrite. 

Quand on comprend ça, il devient plus facile de voir à quel point notre système d’écriture n’est qu’une convention qui peut être améliorée. Qui doit être améliorée. Au plus « sacrant ». Pour qu’enfin des millions d’élèves puissent se concentrer sur l’essentiel au lieu d’ânonner des règles vite oubliées. Et pour que des millions d’adultes retrouvent le plaisir d’écrire sans se demander s’ils vont se faire ramasser par Denise Bombardier. 

Certains s’opposent à cette idée en disant qu’« il ne faut pas niveler par le bas », qu’« on appauvrirait la langue », qu’on ne peut pas « laisser les cancres faire la règle ». Mais c’est faux : une norme plus conforme au français naturel, une grammaire plus transparente n’appauvriraient pas le français. Pas plus que la rationalisation de l’allemand ou de l’espagnol n’a appauvri l’œuvre de Goethe ou de Gabriel García Márquez. 

Les francophones, quand ils ouvrent la bouche, se parlent couramment en « phonétique » et se comprennent très bien. Pourquoi alors devraient-ils écrire dans une langue qui n’a presque aucun rapport avec ce qu’ils disent ?

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Bonjour,
Désolé mais je suis contre l’idée d’écrire phonétiquement pour la simple raison que l’orthographe tel qu’on le connaît a des racines latines, grec et autres qui permet de comprendre le sens des mots.
Exemple:
On écrit Faute ou Phôte ?
Oui les deux se lisent de la même manière mais « Faute »viens du mots Fallere qui signifie Faillir.
Tandis que « Phôte » n’a ici aucune origine.
On ne peux si on ne connaît pas la langue trouver la signification du mots « Phôte ».
Ceci est mon avis.

Post scriptum : je suis dyslexique alors il se peu que des fautes ce soit insérer dans mon texte.

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Je suis tout à fait d’accord avec vous. Surtout que c’est la langue parlé, pleine d’anglicismes et de régionalismes, qui est le problème et non la langue écrite.

En venir à écrire phonétiquement fera perdre tout son charme au français, qui ici, est déjà sous respirateur…

Tellement vrai!
Je note en particulier que l’accord du participe avec l’auxiliaire avoir, dans les cas où il devrait se faire et s’entendre (p. ex. « Les choses que j’ai dites »), a pratiquement disparu de la langue orale. Il serait temps qu’on s’en passe aussi à l’écrit.

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À la vitesse ou vont ces projets de réforme ils devront être réformés avant leur mise en application car la langue évolue continuellement.

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Bonjour monsieur Nadeau,

Je suis tout à fait d’accord avec vous. Le français est si compliqué qu’il en devient rébarbatif.

J’ai moi-même enseigné le français à des immigrants et c’est alors que j’ai compris qu’il existe dans le français écrit des difficultés, sinon des illogismes, complètement inutiles et décourageants. Par exemple, pourquoi écrit-on «j’aime» alors qu’on écrit «tu aimes» avec un «s» et «ils aiment» sans «s» mais avec un «ent»? Pourquoi n’écrit-on pas simplement, comme en anglais, «aime» tout le temps puisque le pronom sujet indique clairement de qui il est question?

Par ailleurs, pourquoi n’écrit-on pas «farmacie» au lieu de «Pharmacie»? Dans d’autres langues, tel que l’espagnol ou l’italien on écrit, comme on le prononce:, soit «farmacia».

Plutôt que de pénaliser et de décourager les jeunes ou les immigrants qui apprennent le français, pourquoi ne pas en simplifier les codes de manière à en faciliter et à en encourager l’apprentissage? L’important n’est-il pas que la langue, écrite ou orale, serve à communiquer simplement et efficacement?

Si rien ne change, il est à prévoir que les jeunes et les immigrants choisiront de plus en plus une autre langue que le français pour s’exprimer par écrit, d’autant plus que les communications écrites reprennent de plus d’importance avec l’arrivée des courriels et des messages-texte.

André-Gilles Asselin, Québec

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Vrai, une bonne réforme devrait éliminer ces S inutile, comme les pluriel muet à la fin des mot dans la langue française écrite.

C’est ok si la langue française devient neutre.. Si c’est pour continuer avec le même principe du masculin qui l´emporte sur le féminin … c’est rester sur des acquis réducteurs et passés en date. Regardez l’anglais par exemple, c’est neutre, le déterminant est « a » ou « the». Deux fois plus simple et tout le monde se comprend très bien !
mais finalement l’écriture inclusive est une proposition face à des années de d’oppression patriarcale et de sous représentation du féminin dans la langue française.
Est-ce une bonne solution? Est-ce la meilleure solution pour représenter l’émancipation de la femme dans la société ? et le meilleur moyen d’etre représenté ?
je ne me permettrai pas de donner une vraie réponse à cette question, je n’ai rien à proposer de mieux pour l’instant, mais c’est au moins une proposition !
Effectivement, elle n’est pas pratique à enseigner à des jeunes car trop peu de manuels la mettent en place ou à des personnes allophones (impossible avec des grands débutants ou débutants A1-A2), impossible de l’utiliser facilement pour ma part … mais je persévère! 😅

M. Nadeau,

Il y a peu de temps encore, j’aurais refusé votre proposition. Mais, depuis six mois, j’apprends l’espagnol sur Duolingo et j’ai été conquis par la simplicité de cette langue à l’écrit (je parlais un peu l’espagnol avant, mais je n’avais pas à l’écrire).
Malgré les objections sur les racines des mots, qui ne sont pas dénuées da validité, je pense qu’il faut impérativement simplifier l’orthographe pour retirer de l’enseignement du français toutes ces difficultés artificielles qui ont été créées par des académiciens depuis le XVIIe siècle et faire du français une langue qui s’écrit, grosso modo, comme elle se parle.
Ainsi permettra-t-on aux enfants de se concentrer sur des choses plus importantes (dont la syntaxe et la grammaire) et aux immigrants d’assimiler notre langue avec plus de facilité.

Marc Simard, Québec

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D’accord, mais comment normaliser la langue pour que tous les francophones et francophiles se comprennent, tant à l’oral qu’à l’écrit, si ceux-ci sont bourrés de régionalismes des divers pays éparpillés dans le monde?
Puis c’est vache pour tous ceux qui ont passé des années à apprendre ou à enseigner l’accord du participe passé par exemple? (Ça c’est pour rigoler!) Puis, le « ph » ou le « th » j’y tiens moi en tant que Hellène, non mais! Là, je rigole moins…héhéhé !!

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Je suis d’accord avec vous. Avec une réforme telle que présentée, nous en reviendrons justement à l’époque d’avant Molière, où il y aura deux catégories de français écrit : celui à l’ancienne (selon les normes strictes) et celui réformé sans plus aucun charme, car il sera châtié comme la langue parlée….

Les linguistes m’énervent, pour eux, il n’y a que la langue populaire qui vaille.
Cela dit, je crois qu’une réforme s’impose, certaines difficultés sont en effet inutiles. L’apprentissage de l’écriture serait probablement plus simple pour les enfants, et notre langue plus accueillante pour les immigrants.
Mais il faut éviter qu’une langue évolue trop et trop vite, faute de quoi elle deviendra incompréhensible. Entre Voltaire et nous, il y a 250 ans, le philosophe est facile à lire, mais si on recule de deux autres siècles, on arrive à Rabelais, qui est d’une fréquentation beaucoup plus complexe. La différence? Au siècle des Lumières le dictionnaire a stabilisé la langue. Sans norme, on aura des oeuvres (littéraires, théâtrales ou cinématographiques) qui perdront tous leur sens au bout de deux ou trois générations.
Si la langue de la rue devient la norme, on aura des tonnes de créoles et les francophones peineront à se comprendre. Pour dire vrai, je n’e vois pas l’intérêt de parler une langue accessible a quelques millions de francophones en Amérique du Nord. Nous n’avons pas les moyens de divorcer de la langue française. En fait, je crois que les moyens de communication actuels amèneront plutôt un rapprochement avec le français tel qu’il est parlé au pays d’Emmanuel Macron.

Accueillir dans le dictionnaire quelques mots d’argot, de verlan ou de joual est une chose, tout comme il est normal de tendre la main à certains régionalismes, mais il faut le faire avec modération. Mais surtout, au-delà du lexique, il faut éviter d’abandonner les règles de construction des phrases. Il ne faudrait pas que, comme le premier ministre du Canada, nous parlions anglais avec des mots français.

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Réforme de lortografe? Pourkoi pa? Je blague car une langue est un moyen de communication et c’est la norme qui permet aux gens de se comprendre. La langue écrite reflète aussi son passé, ses origines et est un mode de communication en soi, pas seulement la transposition d’une conversation orale.

J’aime bien l’expérience faite avec les caractères syllabiques de l’inukitut (qui a été inventé par un missionnaire anglican chez les Cris et est aussi utilisé chez eux – il croyait que l’écriture romaine était trop compliquée pour des païens et s’est servi de la sténographie de l’époque pour créer le syllabique). Or, il faut aussi mentionner justement les limites du syllabique et il a fallu créer des naniit (diacritiques) pour refléter tous les sons de la langue, une langue qui comprend moins de sons que le français ou l’anglais. D’ailleurs la majorité du monde inuit n’utilise pas le syllabique mais plutôt les caractères romains pour cette raison.

Je ne suis pas contre la modernisation de la langue, loin de là, mais il faut surtout s’assurer que pendant la transition, le français demeure une langue de communication, pas un pensum qu’on préfère ne pas utiliser faute de certitude dans le message.

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Par pitié, ne tirez pas notre belle langue française vers le bas !! Il vaudrait mieux réformer la façon dont sont enseignées la grammaire, l’orthographe et la lecture, et revenir aux bonnes vieilles méthodes qui marchent. Il y a plusieurs décennies, les gens ne faisaient pas autant de fautes, c’est bien la preuve que les méthodes d’enseignement étaient meilleures….

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Je suis à 100% d’accord avec vous. C’est notre façon de parler qui est châtiée d’anglicismes et de régionalismes, pas le contraire. Il faut que la langue écrite reste celle qui porte la norme sinon la langue française perdra tout son charme…

Je sui tou a fè daccor avec vou, messieu Nado. Il serè tèleman plu simpe décrir le francè comme on le parl. Fonétikeman. Fini lè prise de taite avek les accor du particip passé, le plurièle, le féminain, le masculain, etc.

Afin de donné lexample, vou devrié vou zy mètre immédiateman. Vou lir cera un vrè plésir.

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Il y a des faute d’orthographe : sera, au lieu de cera; fé au lieu de fè; simple au lieu de simpe; lé au lieu de lè, tète au lieu de taite; etc.

Le VRAI français dites-vous… C’est quoi ça? Celui que parlent les Chtis, celui de la Guadeloupe, celui du midi de la France, celui qu’on parle en Beauce canadienne (où je m’appelle Haoque!), ceux qu’on parle en Afrique? Ça rappelle les Tourangeots qui ont longtemps été convaicus que c’étaient eux qui le parlaient ce vrai Français.

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Il faudrait ignorer l’Académie française pour que la langue évolue. C’est le peuple qui fait évoluer la langue. L’Académie dicte et n’écoute pas la langue de ceux qui la façonne. (courriel vs. e-mail; pourriels vs. e-mails indésirables, etc.)

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J’aime vous lire et vos livres sont une source d’enrichissement pour moi. J’éprouve cependant toujours un scepticisme certain avec ce genre de textes. La plupart des erreurs de mes élèves ne relèvent pas de ce genre de considérations. Certains peinent à reconnaitre un verbe dans une phrase, vous savez. Ce n’est pas qu’ils ne savent pas écrire, c’est davantage qu’ils ne savent pas lire. Vous vous intéressez davantage à l’orthographe et la conjugaison alors que plusieurs de mes jeunes, et je le dis sans condescendance, ne comprennent pas la «logique» des mots variables et invariables. Enfin, puis-je souligner, comme enseignant, que cette affirmation est fausse: «C’est ce fardeau ridicule qui accapare 75 % du temps d’enseignement consacré à la langue, en pure perte.» Je ne suis pas pour le statut quo mais, si on songe à des changements, encore doivent-ils être effectués sur des constats solides et véridiques. 🙂

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Nous avons ici un exemple parfait de la décadence de notre société. L’important est de faire en sorte que la tâche des enseignants et des étudiants soient facilitée! Ah bon?! Personne ne semble se poser de question sur les raisons pour lesquelles l’orthographe et la grammaire ont été fixées.

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Pour résumer votre propos (ition): pour contourner ou faire évoluer la norme, il faudrait… simplifier la norme. Donc calquer celle-ci sur « LA langue parlée » – sachant qu’il y en a une vaste multitude et que cette expression ne renvoie à rien de précis, même à un moment donné dans le temps. C’est bien ça?

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Aberrant! Juste aberrant… jusqu’où ne descendrons-nous pas dans ces menées démagogiques qui ne font qu’encourager nos concitoyens à s’accommoder d’un appauvrissement de la langue bien réel? Savez-vous bien, messieurs les réformateurs de tout poil, que quiconque s’exprime de façon approximative dans une langue frappée au coin du laisser-aller et de l’incurie syntaxique et lexicale, bref qui parle et écrit mal la langue française, est aussi qqn qui pense mal et parfois agit mal? Employez-vous au contraire à susciter l’amour du beau langage et à promouvoir la lecture des grands auteurs, propre à entretenir ce goût pour notre langue française, dont les exceptions aux règles et les incohérences apparentes font l’originalité et en assurent tout le prix…

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Le français est une langue vivante, elle n’a besoin ni des accords ni des désaccords pour évoluer tant à l’écrit qu’à l’oral. Le plus important est d’être capable d’observer son impermanence, d’en saisir les sens, d’en sentir les essences.
Vive la vie, vive le français qui vit, qui fleurit et qui palpite!

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Je suis enseignant de français langue seconde depuis une vingtaine d’année et je constate jour après jour le décalage entre la langue que j’enseigne (ou plutôt, que je dois enseigner!) et la réalité de son usage. La langue française normative vit sur un nuage stratosphérique qui s’éloigne lentement de la vie de tout le monde.
Tout change, tout évolue dans notre vie, la société, les lois, la nature… Alors, pourquoi les normes de la langue française ne suivraient-elles pas cette même tendance? Ça me dépasse.
Autant sur le plan grammatical qu’orthographique, voici quelques points qui seraient à revoir: supprimer les accents circonflexes, rationaliser les doubles consonnes ainsi que les accents aigus et graves, éliminer les règles débiles de l’accord du participe passé, supprimer le «ne» de la négation que plus personne n’utilise; ce serait là quelques exemple de ce que je peux citer dans un commentaire d’article.
L’orthographe de certains mots est bien sûr à revoir. Quand je vois le «traumatisme» causé par la nouvelle orthographe de «oignon» devenu «ognon» (qui se prononce pourtant bien «ognon»!) je me dis que toute évolution semble utopique.
Pourtant, ne dit-on pas que refuser d’évoluer c’est se condamner à une disparition certaine?

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Vingt ans ! Ça doit être lourd à porter, pour vous et pour vos élèves. Un exemple de règle débile de l’accord du participe passé ?

Apprendre le français n’est pas chose facile, mais pour ma part, l’avenir du français à l’échelle internationale ne m’inquiète pas. Un très grand nombre de ses locuteurs seront alors issus des très populeux pays francophones d’Afrique. Il n’est donc pas exclu que la langue française s’enrichisse de nombreux « africanismes » (lexicaux et grammaticaux) d’ici les prochaines décennies. C’est peut-être justement vers l’Afrique qu’il faudra alors regarder pour constater l’évolution de la langue.

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Vrai, une bonne réforme devrait éliminer les S inutile à la fin des mot. Il y a trop de s muet dans la langue écrite, des pluriel qui s’accroche comme des serpent.

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Leux vieilles affaires et leux vieilles hardes qu’étiont neuves un jour que ça nous faisait rêver d’en aouère des pareilles. Je finissons par les receouère pour nous payer nos journées d’ouvrage, mais quand c’est que j’en avons pus envie. Quand c’est que t’as vu dix ans de temps un chapeau de velours sus la tête d’une femme, au coumencement tu le trouves ben beau et tu voudrais ben l’aouère. Pis il coumence à cobir pis finit pas ressembler une crêpe de boqouite. C’est ce temps-là qui te le dounont. Ils te dounont des châles itou quand c’est qu’ils se portont pus, et des bottines quand c’est la mode des souliers.

C’est(-tu) du français naturel, ça ?

Elle n’écrit peut-être pas en inuktikut, Antonine Maillet, mais elle se débrouille bien, et sans réforme

Ce qui nous oblige à nous demander pourquoi ce ne serait pas le français oral qui guiderait la norme écrite.

Ben, parce que M Nadeau, qui ne prononce pas les voyelles nasales, écrirait alors, par exemple « trakilma », alors qu’un francophone du Sud de la France devrait écrire « traNGuilmaNG » pour rendre compte, tant bien que mal, de son « naturel ». Si on décide de neutraliser ces différences, eh bien, on écrit … euh … tranquillement, et tant pis pour ceux qui ne mettent qu’un L.

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Je n suis pas pointu comme vous sur le sujet mais je ne suis pas d’accord car il s’agirait là de valider un langage qui s’appauvrit de plus en plus. Ce serait nier le rôle d’exercice que représente l’apprentissage contraint du français, comme des autres matières. Allons-nous supprimer l’apprentissage des mathématiques parce que l’informatique peut tout faire à notre place ? Allons-nous supprimer les apprentissages manuels de tout ce que les machines peuvent faire à notre place ?. Allons-nous supprimer les langues anciennes ? Arrêtons de vouloir dérouler le tapis rouge à ceux qui ne veulent plus travailler, à l’école d’abord, et par voie de conséquence, au moment d’avoir un emploi. Certes cette langue est peut être compliquée, mais c’est sûrement une de ses vertus et pas un défaut.

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Le français écrit est une référence commune à tous les francophones pour comprendre un propos. Le français parlé n’est pas toujours compréhensible lorsque sa musique est différente de celle qu’on a l’habitude d’entendre.
Il en est de même pour l’anglais. Je peux facilement comprendre l’écrit de tout anglophone mais pas l’oral de tous ceux qui s’expriment dans cette langue à travers le monde.
Il y aura toujours une distance entre l’écrit et l’oral, quelque soit la langue.

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Toute personne voulant changer la langue française en dérogeant aux règles légitimes et millénaires de son emploi, sont des traitres à la langue française et ne méritent pas de la parler de la lire ou de l’écrire.

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Vu l’incurie des journalistes québécois en matière de syntaxe (sans parler du style !) on peut aisément concevoir cette volonté d’en finir avec la complexité d’une culture qui n’est visiblement plus la leur.
Qu’ils passent aux gémissements, après tout, nos cousins les chimpanzés s’en satisfont admirablement.

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Ridicule. Un arbre est rempli de détails visuels : des milliers de feuilles et de stries dans l’écorce. Vais-je m’abstenir de dessiner un arbre ? Ou de le regarder de peur de ne rien y comprendre? Ce n’est pas la faute de l’arbre si on ne fait pas l’effort de bien le comprendre, et celui qui le regarde n’a pas à connaître la dendrométrie pour l’apprécier. La langue est un code, avec ses milliers de particularités qui la rendent si belle. Pourquoi la charcuter ?

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