Ceci n’est pas un exercice

Notre maison de paille a été soufflée par le virus. Il faut maintenant la rebâtir en brique, simplifier nos systèmes complexes, introduire des redondances, miser sur la science, renforcer notre cohésion sociale. Rebâtir à l’identique est la voie de l’échec, croit l’environnementaliste Karel Mayrand.

Photo : L'actualité

L’auteur est directeur général pour le Québec et l’Atlantique de la Fondation David-Suzuki.

Le début de 2020 ressemble à un chapitre de l’Ancien Testament. Des feux de brousse historiques ont réduit en cendres 110 000 km2 en Australie, une infestation de plusieurs centaines de milliards de sauterelles a déferlé du Kenya jusqu’en Iran, et une pandémie a touché plus de 1,6 million de personnes et fait près de 100 000 morts d’un bout à l’autre de la planète. Ces trois catastrophes naturelles n’ont pas de lien entre elles, mais leur occurrence brutale et simultanée constitue un sérieux avertissement de ce que l’avenir nous réserve.

Ceci n’est pas un exercice. Nous sommes présentement soumis à un test de résilience réel dont le résultat nous dira si nos sociétés peuvent s’adapter aux impacts des changements climatiques qui s’abattront sur nous au cours des prochaines décennies.

Bien qu’elles soient totalement différentes, les crises de la COVID-19 et des changements climatiques revêtent beaucoup de similarités. Les deux crises ont une portée mondiale et une dynamique d’expansion exponentielle, ainsi qu’un impact perturbateur en cascade sur les systèmes complexes de nos sociétés — comme les systèmes financiers, les chaînes d’approvisionnement, les systèmes de transport, de santé publique ou de sécurité sociale — dont elles testent la résilience. Une réponse efficace aux deux crises repose sur la confiance envers la science et les institutions.

Dans une entrevue à Yale Environment 360 (une publication de l’école d’études environnementales et de foresterie de l’Université Yale), Elizabeth Sawin, du groupe de réflexion américain Climate Interactive, dresse des parallèles entre les deux crises : « La pandémie et la crise climatique sont toutes deux des problématiques de croissance exponentielle face à une capacité limitée d’y faire face. Dans le cas du virus, le danger est que le nombre de personnes contaminées submerge les systèmes de santé. Pour les changements climatiques, c’est que la croissance des émissions surpasse notre capacité de gérer les conséquences comme les sécheresses, les inondations, les incendies de forêt et les autres événements extrêmes. » La croissance exponentielle des deux crises rend nécessaire d’agir bien avant que leurs impacts soient perceptibles. « Vous regardez par la fenêtre et rien n’indique l’arrivée d’une pandémie. Pourtant vous devez fermer les écoles et les restaurants. » La même chose est vraie des changements climatiques : une fois les impacts clairement perceptibles, il est trop tard pour éviter l’hécatombe.

Le concept de cygne noir a été développé pour représenter un événement qui a une faible probabilité de se produire, mais dont les conséquences sont d’une portée considérable et exceptionnelle. À l’opposé, le concept de Rhinocéros gris, développé par Michelle Wucker, représente un phénomène dont la probabilité est élevée, mais dont on ignore la menace. Les deux crises appartiennent à cette seconde catégorie. Dès 2006 la santé publique fédérale avait très bien documenté la possibilité d’une crise comme celle de la COVID-19. Quant à la crise climatique, les signaux d’alarme se multiplient depuis déjà deux décennies. Nous demeurons figés à fixer le rhinocéros dans les yeux en attendant qu’il nous charge.

Le rythme de croissance exponentielle de la crise climatique sera bien entendu moins rapide que l’arrivée soudaine de la COVID-19. Cependant, ce sont les effets en cascades de chocs climatiques répétés et à grande échelle sur nos systèmes financiers, économiques, sociaux et politiques qui sont redoutés. Déjà, les assureurs sonnent l’alarme devant la croissance des coûts associés aux catastrophes climatiques, alors que les investisseurs ont déjà commencé à intégrer ce nouveau risque physique à leurs stratégies d’investissement.

Au-delà des risques physiques ou financiers immédiats reliés aux catastrophes climatiques, c’est leur potentiel déstabilisateur qui doit être pris en considération. À cet égard, la crise syrienne est riche d’enseignements. Des études suggèrent que la sécheresse qui a frappé le Moyen-Orient de 2006 à 2010 a été un facteur qui a contribué à la déstabilisation de la Syrie en forçant la migration d’entre un et deux millions de personnes des campagnes vers les villes du pays. La forte présence de populations précarisées dans les villes a exacerbé des tensions déjà présentes et favorisé l’éclatement de la guerre civile. On connait la suite : des vagues de réfugiés ont déferlé sur l’Europe dans la pire crise humanitaire depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, contribuant à fragiliser l’Europe elle-même.

D’autres études remettent en question la gravité de la sécheresse, ses liens avec les changements climatiques et l’ampleur de la migration vers les villes. Mais la question n’est pas de savoir si les changements climatiques ont joué un rôle dans la crise syrienne, mais plutôt de comprendre comment des événements climatiques extrêmes et répétitifs peuvent contribuer à déstabiliser des États déjà précarisés, et ce faisant, à avoir un effet de contagion sur les pays voisins ? En d’autres termes, à quel moment les changements climatiques deviennent-ils la paille qui brise le dos du chameau, et quel sera l’effet domino sur les pays voisins? Qu’arrivera-t-il lorsque la courbe exponentielle des changements climatiques s’emballera et que les situations de crise se multiplieront ?

Cela pose la question de notre résilience : financière, économique, sociale et politique. À priori, aucun pays au monde n’est en ce moment en mesure de résister au choc du rhinocéros climatique de trois tonnes qui s’apprête à nous charger à 50 km/h. La crise de la COVID-19 a déjà mis en relief les vulnérabilités de plusieurs pays, la volatilité de nos systèmes financiers, la fragilité de notre système économique et notre dépendance alimentaire. Notre maison de paille a été soufflée par le virus. Il faut maintenant la rebâtir en brique, simplifier nos systèmes complexes, introduire des redondances, miser sur la science, renforcer notre cohésion sociale. Rebâtir à l’identique est la voie de l’échec.

On peut donc se réjouir que le premier ministre Legault ait amorcé une discussion sur la sécurité alimentaire du Québec et sur l’idée d’une meilleure autosuffisance économique. Cette discussion doit maintenant s’élargir à notre résilience à plus long terme face à la crise climatique. « Le Québec, ce vaste territoire de forêts, de lacs et de rivières, avec son grand fleuve et sa plaine fertile, ses villages et ses gens, sera notre arche et notre voile pour traverser un siècle de transition et d’effondrement. » Cette phrase, presque prémonitoire, m’était venue lors de l’écriture de la conclusion de Demain, le Québec (éd. La Presse), publié il y a deux ans presque jour pour jour.

This not a drill. Ceci n’est pas un exercice. La crise de la COVID-19 est une alarme que nous ne pouvons pas ignorer.

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Nous sommes nombreux à espérer que cette pandémie entraînera des changements profonds et porteurs pour l’humanité. Le capitalisme et la « croissance » continuelle qu’il suppose sont insoutenables.

p.s. « la paille qui brise le dos du chameau » est la traduction de « the straw that broke the camel’s back ». En français on dit plutôt « La goutte qui a fait déborder le vase ».

Je trouvais que la goutte d’eau et le débordement était une moins bonne image que la paille qui brise le dos dans ce cas précis. J’ai hésité puisque je savais que le chameau était un anglicisme.

Vous faites référence à un chapitre de l’ancien testament, mais savez-vous que la maison de paille fait référence à un passage des évangiles? Bâtir une maison paille, d’argile ou de brique… La science est fondamentale, mais il ne faut pas oublier le spirituel qui donne un sens aux épreuves, n’en déplaise aux Athées, et qui enseigne les leçons durables de la vie.

Tout à fait d’accord avec vous. Voilà pourquoi je me méfie du slogan, ça va bien aller. Cela restera à mes yeux un optimisme de pacotille si nous reprenons notre train train quotidien comme avant… Cette économie extractive qui nous vaut la crise climatique est mille X plus pernicieuse et létale que le coronavirus. Or pour les financiers, les pétroliers et les dirigeants conservateurs quand bien même nous serions tous immunisés (d’ici 12/18 mois) contre le virus, pour eux ce sera business as usual.

Gouverner en se basant sur la science

Excellent article qui aborde plusieurs ressemblances et différences entre la pandémie actuelle et l’urgence climatique. Une ressemblance très importante est que nous faisons face à deux phénomènes en croissance exponentielle.

En effet, l’Humanité est dans une course contre un autre phénomène à croissance exponentielle qui est la dégradation de l’environnement et du climat. Évidemment, il se situe sur une période beaucoup plus longue, on parle ici d’années et de décennies, pas de jours ou de semaines comme pour une épidémie, mais NOTRE TEMPS DE RÉACTION SE MESURE ÉGALEMENT EN ANNÉES ET EN DÉCENNIES. Le problème est que nous risquons de manquer de temps.

Cela dit, nous tardons à agir… En effet, tout sursaut de conscience est malheureusement vite endormi par la perception du manque d’urgence à cause de l’échelle de temps d’évolution du problème, la paresse, les problèmes quotidiens , le sentiment d’impuissance, la simple distraction ou le déni savamment instillé dans nos cerveaux par les manipulateurs comme les climato-négationnistes (des gens qui nient les faits scientifiques mais qui se prétendent sceptiques) qui sévissent sur les réseaux sociaux.

Le consensus scientifique basé sur des décennies d’observations affirme avec une très forte probabilité (ce qui le distingue d’une croyance) que les changements climatiques sont bien réels et causés par l’activité humaine. Cela est un fait avéré scientifiquement, pas une question d’opinion. Est-ce qu’on a besoin de l’opinion du quidam pour constater que la Terre est ronde, que le mouvement perpétuel est impossible que la rougeole peut tuer et que 1+1 fait 2? Pourtant, c’est la même science qui prédit le climat et fait fonctionner Internet, nos téléphones, nos frigos, soigne et guérit les maladies.

Cela dit, la science et l’inventivité humaine peuvent faire beaucoup, mais les limites physiques et matérielles demeurent. IL N’Y AURA PROBABLEMENT PAS DE MIRACLE ET LA RECHERCHE DE SOLUTIONS SCIENTIFIQUES PRENDRA DU TEMPS… Par exemple, on ne peut produire plus d’énergie avec un kilo de matière au repos que celle permise par la célèbre relation découverte par Einstein, E = mcc. Cela fait des décennies que l’on avance à petits pas pour guérir les cancers et dans la mise au point de la fusion thermonucléaire… Aussi, la thermodynamique nous enseigne qu’il y a des phénomènes irréversibles. C’est précisément ce qui est inquiétant avec la crise climatique, plus nous attendons, pire seront les conséquences futures et beaucoup seront IRRÉVERSIBLES, comme les êtres chers morts lors de la pandémie.

Quand des milliers de scientifiques annoncent une catastrophe, arrêtons le déni et agissons.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)

L’ensemble des questions posées par Karel Meyrand est très juste et on ne peut plus légitime. Toutefois, j’aimerais apporter un petit bémol sur l’utilisation du mot « résilience » devenu très tendance et employé par conséquent à toutes les sauces.

D’abord, il n’y a pas de sociétés résilientes versus d’autres qui ne le sont pas. Ce sont les individus qui sont résilients ou qui ne le sont pas. La résilience est avant tout construite au travers de l’humain. Ainsi une personne se sortira-t-elle par exemple d’une perte lorsqu’une autre ne s’en sortira pas. La résilience consiste à comprendre ce qui doit être fait pour qu’une personne qui n’arrive pas à s’en sortir, pour qu’elle puisse effectivement y parvenir.

L’autre aspect de la résilience, c’est : comment faire pour qu’une situation traumatisante ne se reproduise pas ? Un aspect exposé par Karel Mayrand dans un cadre sociétal, mais avec des avenues politiciennes qui n’apportent pas de solutions, juste un petit baume.

Nous pourrions parler de résilience sociale, si nous faisions en sorte qu’une pandémie comme celle-ci ne se reproduise pas. Mais des épisodes antérieurs comme le SRAS et l’A-H1N1 n’ont manifestement pas entrainé les ajustements requis. Ce que remarque l’auteur de cette chronique.

Lorsque monsieur Mayrand parle de résilience financière, je dois dire que si le présent ne revêtait pas une tournure dramatique, je serais pris d’une crise de fou-rire (nerveuse peut-être… ou hormonale) ; je n’ai pas beaucoup vu de résilience financière depuis la crise des « subprimes » de 2007. Il y a à peine quelques semaines les marchés caracolaient vers tous les sommets. Penser que la finance se mettra dans ses prochains jours au service de l’économie réel sans contreparties me semble plutôt hasardeux.

Si rien ne fut fait en 2008 et après. Pourquoi cela se ferait dès 2021 ? Seuls les analystes financiers et les investisseurs aguerris ont intégré de nouveaux algorithmes au niveau des risques. Mais qui va payer pour ces risques accrus ? Lorsque l’exercice devrait plutôt consister à réduire les risques.

Je suis quelque peu sceptique ou à tout le moins incrédule quant à la perspective à court terme d’observer des êtres humains résilients dans une société résiliente qui s’attèlent une bonne fois pour toute aux vraies réponses à de vraies questions. Cela me rendrait particulièrement heureux qu’on me démontre mon erreur.

Félicitations quoiqu’il en soit à Karel Meyrand pour son excellent travail de sensibilisation, de ces enjeux auxquels devrait faire face par devoir et dans la joie toute notre civilisation.

Dans les feux de forêt de l’Australie, pourquoi ne mentionne-t-on jamais que 24 personnes ont été criminellement condamnées pour avoir fait des feux de brousse qui ont échappé à leur contrôle et que plus de 180 autres sont sous enquête pour en avoir provoqué d’autres de diverses manières ? ( https://www.bfmtv.com/international/feux-en-australie-24-personnes-arretees-pour-incendie-volontaire-1836593.html). Quand on parle de climat, il faut donner tous les faits, pas seulement ceux qui font notre affaire.
Il y a déjà longtemps qu’un certain politicien du PQ avait prôné l’auto-suffisance alimentaire du Québec; il s’appelait Ministre Jean Garon. On a ri de lui et ridiculisé sa politique car les grandes sociétés modernes se dirigeaient plutôt vers une joyeuse mondialisation qui offrait le paradis (artificiel va sans dire). On a beau aussi parler de la belle vallée fertile du St-Laurent, ce même ministre de l’agriculture avait fait adopter une loi sur la protection des terres agricoles. Cette loi a subi le même sort que la loi 101 aux mains d’intérêts autres que ceux de la population du Québec.
À cette même époque, Hydro-Québec et un de ses ingénieurs, M. Couture, élaboraient un moteur-roue électrique surpuissant pour les voitures. Le brevet de M. Couture a par après été vendu à une firme étrangère, et on n’en a plus entendu parler.
Bien des choses auraient pu changer depuis cette époque la si la haute finance et la politique avaient ouvert les yeux. Aujourd’hui, ces deux sœurs jumelles veulent se donner bonne conscience en tentant de rattraper le temps perdu.
Bonne chance.

Cher Monsieur D’Anjou,

D’abord merci de nous rappeler le génie du physicien québécois Pierre Couture et de son moteur-roue, une invention révolutionnaire et malheureusement trop en avance sur son temps. On en parle pour la prochaine génération de véhicules électriques.

Ce qui m’étonne chez vous est la manière dont vous compartimentez la science entre la bonne science, celle des épidémies (https://bit.ly/2wDfcNR) et des moteurs électriques, et la mauvaise science celle qui traite d’environnement et plus précisément de la crise climatique dans laquelle nous nous enfonçons…

Pourtant, c’est la même science rigoureuse qui prédit le climat et fait fonctionner Internet, nos téléphones, nos frigos, soigne et guérit nos malades. Par exemple, beaucoup de modèles climatiques à base de simulation s’apparentent aux modèles d’épidémie.

Je me retiens à deux mains de faire de la psycho-pop et d’attribuer ce biais à de la dissonance cognitive, mais je préfère vous laisser à votre introspection.

Scientifiquement et respectueusement vôtre

Claude COULOMBE

@ C. d’Anjou,

Bonjour à vous, j’espère que tout va bien pour vous et pour vos proches, dans votre région éloignée et si belle pour ses paysages naturels.

Vous avez raison de préciser que nombre d’incendies trouvent leur origine dans des actions attribuables aux humains. Parfois cela peut-être carrément criminel comme cela s’est produit en Grèce voici quelques années (spéculation immobilière) ou résultat de négligence, un mégot de cigarette oublié par un conducteur de VTT dans une pinède de Fort McMurray en 1976. Et l’histoire se répète en Australie.

Néanmoins, les aspects climatiques dans tous ces cas, font partie de l’équation. Moins de sècheresse ou une sècheresse plus courte auraient eu des conséquences plus mineures. Certaines régions de l’Australie n’en sont pas à leur première sècheresse, mais les conséquences en étaient moins graves.

Cela dit, je vous suis complètement quant aux magnifiques terres agricoles — remarquées déjà par Jacques Cartier -, qui ne furent pas nécessairement employées de la meilleure des façons. Monsieur Jean Garon, connu pour son franc parlé avait bien raison de vouloir protéger ces terres.

Quant au moteur roue, cela fait bien longtemps qu’on aurait dû édifier une liaison entre Montréal et Québec. Soi-disant que cela n’aurait pas été rentable. Mais je n’en crois rien, cela aurait été très apprécié par plus d’uns.

Effectivement monsieur Coulombe, j’ai une certaine ambiguïté climatique. Je ne nie absolument pas les changements climatiques, mais ma logique me dit que ça cloche quelque part. Il y a un manque de logique. Comme je vous disais déjà, je ne suis pas un scientifique.
Mais quand je regarde la composition de l’atmosphère, 78% de diazote, 21% de dioxygène et 1% de GES (dont 4% de ce 1 % est du CO2, sans parler de la vapeur d’eau qui est LE principal GES), je trouve ça inconcevable que ce faible % soit à la base du présumé réchauffement. Que fait-on du trifluorure d’azote qui est 17,000 plus puissant que le CO2 comme GES, et d’autres gas encore plus puissants que le CO2 ? Quand on panique aussi sur les 415ppm (une augmentation d’à peine 125ppm depuis 150 ans) alors que dans les serres, on augmente cette concentration aux environs de 1000ppm et que la vie animale commence à être légèrement affectée `à plus de 5000ppm. Le CO2 est dangereux et même mortel à plus de 80,000ppm. Il y a quand même une marge radicalement élevée quant à la toxicité de ce gas.
Il y a bien d’autres ¨ points discutables¨ à propos de ce sujet. Sans compter l’hypocrisie de nombreux porte-parole de cette théorie du réchauffisme pour ne citer que les Obama, les Gore, les Bono et même les Suzuki et les DiCaprio de ce monde qui se promènent en jet privés, qui s’achètent des bateaux aussi grand que le traversier de Matane-Baie-Comeau et des palaces sur les plages de la Floride et qui font des millions en vendant des livres et conférences sur la fonte de l’Artique avant 2015 alors qu’il n’en est rien. Ces gens nous font la morale et créent de l’anxiété complètement inutile, ravageuse auprès de notre jeunesse qui en vient à faire la grève dans toutes les capitales du monde, mais qui, en réalité, ne comprennent pas grand chose à ce problème. C’est bien d’éveiller les jeunes à ces choses, mais de là à en faire des fanatiques aveugles, c’est deux.
Je rêve au jour où on verra, à une même tribune, des scientifiques de chaque côté de cette théorie du réchauffisme, mettre leurs arguments sur table, face-à-face et laisser les auditeurs choisir qui à leurs yeux sont porteurs de la vérité et que ça ne leur soit pas imposé par une quelconque organisation politico-orientée.
Voila pourquoi monsieur Coulombe, je nage dans la perplexité et le doute. Je me questionne et tente de trouver des réponses dont je ne désire pas qu’elles me soient imposées.
Bonne journée à vous.
Christian d’Anjou. SBDL

Bonjour monsieur Drouginsky, tout va bien, mais le confinement commence à peser lourd. J’espère également que tout va bien de votre côté.
Les feux… je comprends bien qu des chaleurs prolongées provoquent des sécheresses qui fragilisent les brousses et forêts et que la moindre étincelle est dangereuse. Quoique ce soit la foudre qui soit la plus grande responsable des feux de forêt, et l’homme en 2e (et certains oiseaux incendiaires en troisième), mais lequel est le plus ravageur, difficile à dire.
J’ai connu, il y a quelques lunes de ça, un biologiste (écolo et environnementaliste) qui me disait un jour que, selon lui, il valait mieux, dans certains cas, de laisser brûler une forêt au lieu de combattre le feu. Cela permettait la régénération de ladite forêt et l’éclosion d’une plus grande diversité. Je ne doute pas qu’il ait raison. Il semble en être de même pour la tordeuse de bourgeon qui est cyclique et pratiquement inutile de combattre sans causer davantage de dommages. La vie étant par défaut un danger, il est normal d’avoir des pertes.
Pour le reste, c’est comme on dit, ¨business as usual¨.
Portez vous bien
Christian d’Anjou. SBDL.

@ C. d’Anjou,

Merci pour votre réponse. Je vois que vous n’avez pas perdu votre combativité ! C’est très bien.

Dire que tout est parfait dans mon milieu de vie, relève de l’euphémisme. J’essaye disons, de faire bonne figure…. Vous avez bien raison de vous poser des questions, c’est bien mieux que de ne s’en poser aucunes.

Effectivement, tout n’est pas négatif dans le feu, cela peut avoir des vertus salutaires dans la régénération des forêts, ainsi votre connaissance biologiste, écologiste et environnementaliste vous a-t-il donné une information correcte. L’exercice ne consiste-t-il pas à contenir le feu mais bien à en éviter sa propagation et protéger les zones habitées.

Évidemment, l’urbanisation, l’étalement urbain ne contribuent-ils pas à conserver les cycles naturels. Cela aggrave l’accomplissement de ces cycles et cela contribue à détériorer les écosystèmes existants.

En parcourant la réponse que vous formulez à monsieur Coulombe, je n’entrerai pas dans le détail, je note que vous faites usage des ppm (partie par million). Ces données sont importantes notamment pour la chimie ou la pharmacologie ou des sciences connexes puisque le dosage de chaque composante compte.

À l’inverse dans l’étude des climats, cela est moins fondamental puisque l’atmosphère sous laquelle nous vivons est diluée de toutes les façons. Ce qui doit-être étudié ce sont les phénomènes que génère l’accroissement de gaz à effet de serre résultant de l’activité humaine, considérant que ces gaz existent déjà comme vous le précisez à l’état naturel, lorsqu’ils sont produits aussi naturellement.

Chez nous au Québec, nous pouvons déjà mesurer les effets avec la fonte du pergélisol. Ce genre de phénomènes n’existait pas ou très rarement voici 25 ou 30 ans. Qu’est-ce qui nous interdit d’aider un peu la nature qui après tout est notre mère nourricière plutôt que de la détruire constamment ?

Je n’en ajouterai pas plus et je vous souhaite une très bonne journée, espérant tout comme vous qu’il ait une fin au confinement.

M. Drouginsky, je vous cite : ¨ Qu’est-ce qui nous interdit d’aider un peu la nature qui après tout est notre mère nourricière plutôt que de la détruire constamment ?¨ Je partage à 100% cette phrase. Loin de moi l’idée de laisser faire , de ne rien faire. En mettant de côté ma position quant aux conclusions du GIEC, je suis un ardent défenseur de notre nature, de notre planète. Ce qui m’amène à dire que ma position est plus celle de combattre la pollution que de combattre le CO2. On me dira sans doute que la pollution commence par le CO2, ce que je ne crois pas. Ce qui pollue d’abord notre nature est l’usage que l’on fait de tout ce que nous créons, fabriquons et inventons.
Les 3 R (Récupération, recyclage, réutilisation), très loin d’être radicalement appliqués partout sur la planète est la clé du problème. Le jour où cette pratique sera établie, les besoins d’extraction des ressources pourront être diminués considérablement, allégeant ainsi le fardeau d’auto-nettoyage naturel.
Un continent de plastique dans le pacifique est une aberration intolérable, il va de soi. Les dépotoirs encore trop peu efficaces sont aussi des calamités. Tous ces stigmates portent un nom que tous connaissent mais que peu (même les plus fanatiques de l’environnement) ne semble faire l’effort suffisant pour l’éradiquer ; la SURCONSOMMATION (et par ricochet, le gaspillage). Il suffit de demander à tous les pseudo-environnementalistes depuis combien d’années ils conservent leur dernier cellulaire ou dernière voiture (et dans les hautes sphères, leurs yachts ou avions privés, palaces et voyages planétaires).
Le sujet est très vaste et implique des centaines de domaines; d’où la difficulté de traiter de tout en quelques paragraphes. C’est pourquoi je termine mon exposé pour l’instant.
Bonne journée à vous en espérant que les choses s’améliorent pour vous si j’ai bien senti votre mot dans l’échange antérieur.

@ C. d’Anjou,

Merci pour votre réponse. Vous défendez un très bon point-de-vue que j’approuve complètement. Je n’en rajouterai pas. Bonne journée à vous et au plaisir de communiquer avec vous.

Cher Monsieur D’Anjou,

À la lecture de votre réponse et de vos échanges avec M. Drouginsky, que je salue au passage, je vais tenter de répondre à vos objections bien légitimes en faisant preuve de pédagogie et en citant le plus possible mes sources. Un technicien intelligent comme vous devrait comprendre.

1) Vous n’avez pas confiance dans le groupe de scientifiques qui composent le GIEC.

Saviez vous que le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été justement créé en 1988 sous les pressions de Ronald Reagan et Margaret Thatcher qui se méfaient de l’ONU? (Source: https://bit.ly/2RN5wYG)

Si pour des raisons qui m’échappent vous n’aimez pas le GIEC, je vous invite à lire les conclusions de la NASA et de 18 associations de scientifiques (https://go.nasa.gov/2m9d776).

2) Vous vous méfiez des porte-paroles les plus en vue de la crise climatique dont vous dénoncez l’hypocrisie.

En effet pour certains, l’écologie est une religion ou une mode et cela est déplorable. La raison et les preuves scientifiques doivent primer. Moi aussi, malgré ma conviction de la réalité des problèmes environnementaux, je peux comprendre votre malaise.

Cela dit, on peut discuter longuement des vertus et des vices des porte-paroles. Au bout du compte, d’un point de vue rationnel et scientifique, l’important est de se concentrer sur la vérité du message peu importe le porteur du message.

3) Sur le plan scientifique, vous doutez de l’importance du problème causé par le CO2. Vous vous demandez pourquoi mettre autant d’attention sur un gaz que l’on peut considérer à toute fin pratique inoffensif.

Vous avez raison sur un point important, le changement climatique n’est pas la seule ni la pire menace sur notre environnement. Tout dépend de l’endroit, de l’échelle et du moment. Par exemple, l’usage immodéré de pesticides ou la pollution de cours d’eau ou de l’air peuvent représenter des dangers plus aigus et plus immédiats. D’ailleurs, intervenir contre le changement climatique ne veut pas dire de ne rien faire pour contrer les autres menaces à notre environnement.

Maintenant, pourquoi donner tant d’importance à ce problème? La réponse courte est qu’il est global, susceptible de gravement bouleverser la vie sur Terre, et qu’il faut s’en occuper le plus rapidement possible. Pourquoi y-a-t-il urgence? En fait, il faut agir avant qu’il ne soit trop tard, parce que changement climatique est un problème en croissance exponentielle. Ici, l’actualité de la pandémie de la COVID-19 me servira d’exemple.

Depuis des années les experts nous mettaient en garde contre le danger d’une pandémie majeure, potentiellement catastrophique. Des scientifiques ont sonné l’alarme mais on ne les a pas écoutés. La même chose s’applique aux changements climatiques et à la destruction de notre environnement. Comme pour la pandémie, plus l’Humanité agira rapidement, moins grands seront les dommages et les conséquences.

Évidemment, le problème se situe sur une période plus longue, on parle ici d’années et de décennies, pas de jours ou de semaines comme dans une épidémie, mais notre temps de réaction se mesure également en années et en décennies. Il faut agir rapidement avant d’être pris de court.

L’effet de serre est un phénomène naturel qui résulte du piégeage de la chaleur (rayonnement infrarouge) par les gaz de l’atmosphère. Savez-vous que sans effet de serre, la température moyenne à la surface de la Terre serait de -18 C? (Source: https://bit.ly/3cqro3T). En passant, l’effet de serre est également responsable de la température de plus de 400 C à la surface de la planète Vénus dont l’atmosphère se compose à 96 % de dioxyde de carbone (CO2) (source: https://bit.ly/2XHjqiH)

Bien que l’effet de serre soit un phénomène naturel, il est intensifié par l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère résultant de l’activité humaine. Plusieurs gaz absorbent la chaleur, par exemple la vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O) et d’autres gaz à effet de serre de moindre importance.

Aussi pourquoi focaliser sur le CO2 alors que d’autres puissant gaz à effet de serre existent et sont relâchés par l’activité humaine?

En fait de ces gaz, du moins tant qu’il n’y aura pas d’émission importante de méthane, seuls la vapeur d’eau (75%) et le dioxyde de carbone (20%) ont un effet important. Le reste se partage entre les autres gaz et les aérosols (poussières).

La vapeur d’eau (un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2) est de loin le principal contributeur à l’effet de serre (source: https://go.nasa.gov/3acbf0x). Heureusement, les quantités de vapeur d’eau rejetées dans l’atmosphère par les activités humaines sont négligeables dans le contexte du cycle de l’eau qui les remet en circulation rapidement, sans accumulation dans l’atmosphère.

Regardons le CO2… Le dioxyde de carbone (CO2) n’est pas toxique et il est même à la base de la photosynthèse des plantes donc nécessaire à la vie. Le problème avec que le CO2 est qu’il piège la chaleur (i.e. les radiations infrarouges) mais surtout qu’il s’accumule dans l’atmosphère.

Le cycle du carbone n’arrive pas à absorber tout le CO2 rejeté par les activités humaines, essentiellement à travers la combustion de combustibles fossiles. Beaucoup du CO2 est absorbé par les plantes et les océans (https://go.nasa.gov/3acbf0x) mais le reste s’accumule dans l’atmosphère pour des milliers d’années. Quiconque a placé de l’argent même avec un faible taux d’intérêt est à même de constater qu’avec le temps les excédents s’accumulent. En fait la concentration en CO2 augmente d’une façon exponentielle depuis les débuts de l’ère industrielle (https://bit.ly/2VxT3Ji).

De nos jours, les 7,7 milliards d’humain et leurs 1,2 milliards de véhicules, sans compter les centrales au charbon, au gaz et les usines émettent des milliards de tonnes de CO2, plus précisément 37,1 milliards de tonnes (Gt) en 2018 (Source: http://bit.ly/36zvfJ0). On estime qu’environ 2000 milliards de tonnes de CO2 ont été émises vers l’atmosphère par les activités humaines depuis 1750. Et la tendance n’est pas encore à la baisse…

Voilà, je pourrais également expliquer le bilan radiatif mais j’arrête là ce trop long commentaire.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)

@ Cher monsieur Coulombe,

Vous apportez une très belle démonstration, bien documentée, j’espère que les internautes seront nombreux à vous lire puisque vous établissez le sérieux des changements climatiques. Je ne commenterai donc pas, toutefois j’apporterai un léger bémol quant à vos propos. Vous déclarez en effet ceci : « En fait de ces gaz, du moins tant qu’il n’y aura pas d’émission importante de méthane, seuls la vapeur d’eau (75%) et le dioxyde de carbone (20%) ont un effet important. »

En fait comme l’atmosphère que nous respirons est une sorte de « soupe » qui toute ensemble a un effet considérable. Un simple polluant que vous appelez « poussières » peut devenir quelquefois mortel. Ainsi rien n’est complètement négligeable.

Ceci fait déjà près d’une quinzaine d’années, que j’ai écrit mes premiers commentaires sur la toile sur ce sujet, considérant que l’on sous-estimait l’impact du méthane. D’abord parce que les émissions varient d’une heure à l’autre en sorte qu’il est particulièrement difficile de les mesurer. Ainsi, si j’avais évoqué dans mes échanges avec monsieur d’Anjou, la fonte du pergélisol dans les régions arctiques du Canada, du Québec, de la Sibérie, etc., c’est parce que cette fonte libère une quantité importante de CH4.

À cela s’ajoute les millions de puits creusés chez nous ou ailleurs qui laissent aussi fuiter des quantités importantes de méthane un peu partout sur la planète. Je pense que nous ne prenons justement pas assez au sérieux la question du méthane et concentrer seulement l’attention sur le CO2 envoie un message faux à la population, nous laissant croire que nous aurions encore le contrôle de nos destinées.

Bien à vous en toute « prof-ânerie ».

Monsieur Coulombe
j’apprécie les gens de conviction, et c’est justement pour ça que je ne voulais pas entrer dans un ballet d’argumentation où chacun tente de prouver ses points de vue. Ça devient une bataille d’arguments qui n’en finit plus. Juste deux exemples à votre texte;
1- Vous faites allusion à M. Reagan et Mme Thatcher qui ont mis sur pied le GIEC en contrepoids à l’ONU. Or, Mme Thatcher a viré capot à sa propres croyance : (https://www.thegwpf.com/was-margaret-thatcher-the-first-climate-sceptic-2/).
Et aussi, une autre scientifique du GIEC qui a changé son regard sur les changements anthropiques du climat (https://www.youtube.com/watch?v=wed1xoB0fcM) et ce n’est pas la seule.
2- Je vous cite : ¨ Cela dit, on peut discuter longuement des vertus et des vices des porte-paroles. Au bout du compte, d’un point de vue rationnel et scientifique, l’important est de se concentrer sur la vérité du message peu importe le porteur du message.¨ Sur ce point, je suis totalement en désaccord avec vous concernant les ¨porteurs de message¨. Ils ont une importance très grande en ce sens qu’ils sont des ¨figures, des vedettes¨ mondiales de très grande influence. Pour la majorité des gens, leur parole est parole d’évangile. Ce n’est pas anodin. Ça n’enlève pas l’importance du côté scientifique, je vous le concède, mais ça coupe court à chacun de faire ses recherches et analyses et d’en tirer chacun ses conclusions au lieu de tout prendre comme acquis parce qu ¨une vedette l’a dit¨.
Et mon dernier point, je n’ai jamais vu d’argumentaire sur le choix du fameux 1,5°C (ou 2°C) qui serait le point de non retour apocalyptiquement tragique. Personne, absolument personne ne peut prédire ce qui pourrait se produire avec quelque augmentation de température que ce soit. Tout ça repose sur des hypothèses, des théories indémontrables .
Oui, on peut prédire une fonte des glaces dans une certaine mesure, oui des déplacements de populations vers les pôles si les températures deviennent insupportables, et quelques autres phénomènes envisageables. Mais de là à prédire une fin du monde comme on veut nous le faire voir, c’est deux. La nature a des ressources encore bien impénétrables que l’Homme, aussi intelligent soit-il, est encore loin de connaître et comprendre.
Mon combat se porte contre la pollution, non pas contre le CO2 anthropique.
Sans vouloir être péjoratif envers les croyants du GIEC, je dirais que la différence entre vous et moi, c’est que les ¨sceptiques¨ espèrent que leurs prédictions vont se produire et les ¨croyants¨ espèrent que non. Une chose est absolument certaine, c’est l’incertitude absolue.
Mes salutations.

Cher Monsieur D’Anjou,

Je ne me prononcerai pas sur vos positions politiques ou vos opinions, mais en ce qui concerne la science et les faits, vous ne me laissez pas le choix que de remettre les pendules à l’heure une fois de plus.

1) Madame Thatcher et le GIEC

Madame Thatcher était divisée entre ses connaissances scientifiques, car elle avait une formation de chimiste, et ses convictions politiques campées du côté du libre marché. Son choix de carrière en politique plutôt qu’en chimie est révélateur de ses préférences. Un article dans Scientific American à ce sujet (https://bit.ly/3530b4L).

Comme la COVID-19, les changements climatiques font des victimes autant à gauche qu’à droite et au milieu. Dépolitisons le débat, c’est d’abord une question d’éviter des morts et des souffrances inutiles.

2) Les défections au GIEC et Mme Judith Curry

Au lieu de citer les meilleurs experts sur l’enjeu du changement climatique, reconnus par la rigueur et la qualité de leurs travaux scientifiques, vous référez à une entrevue de FoxNews (?) avec Judith Curry, une climatologiste de formation mais qui fait bande à part, refuse de publier dans les revues avec comité de lecture, témoigne régulièrement aux côtés des lobbyistes de l’industrie du pétrole pour minimiser l’urgence climatique. Savez-vous que Judith Curry offre ses services aux entreprises privées et a reconnu recevoir de l’argent de l’industrie des combustibles fossiles lors d’une entrevue au Scientific American en octobre 2010 (http://bit.ly/30cKF3R).

Le problème est que vous semblez incapable de discerner la science sérieuse disons des «originaux» pour rester poli, des conspirationnistes et des mercenaires à la solde des compagnies pétrolières. Sur cette base, comment pouvez-vous prétendre juger sérieusement de la méthodologie des recherches pointues en science du climat?

3) L’incertitude

Vus blâmez l’incertitude des modèles climatiques en négligeant de dire que ce sont par nature des modèles prédictifs probabilistes donc par définition incertains. Avec le temps et l’effort de milliers de scientifiques plus intelligents que vous et moi, les modèles s’affinent et les prédictions se font plus claires. Exactement comme les modèles épidémiologiques «incertains» aident à comprendre et à gérer la pandémie actuelle. Oui, la science est inexacte mais c’est tout ce que nous avons pour comprendre le monde et prévenir le pire… À ce sujet, je vous invite à lire l’article « Climate Uncertainty No Excuse for Inaction » (http://bit.ly/2XMoJhh) paru dans Scientific American en 2014.

4) L’apocalypse

En tant que père de famille et scientifique, je suis extrêmement préoccupé par les changements climatiques. Je ne suis pas alarmiste et ne crois pas que la vie ou les êtres humains vont disparaitre bientôt. La vie et Homo Sapiens sont trop coriaces!

Nous courrons aveuglément vers beaucoup de souffrances et de morts que nous pourrions encore atténuer et en grande partie prévenir. Que ferons-nous quand la Terre sera une fournaise et que des millions de réfugiés climatiques seront forcés de migrer à la recherche de fraîcheur, de nourriture et d’eau potable.

4) Croyance

La science n’est pas une question d’opinion ou de croyance, elle se base sur des faits. C’est ce qui fait sa force… La force de la vérité vérifiée et non pas révélée.

Très honnêtement, je préférerais que la science se trompe et je serai le premier à m’en réjouir et à passer à autre chose.

Quand des milliers de scientifiques annoncent une catastrophe, arrêtons le déni et agissons.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)

Monsieur Coulombe,
je réalise que ce que j’ai déjà dit dans une autre rubrique a encore sa raison d’être suite à votre réplique. Un argument très utilisé par les tenants du réchauffement climatique anthropique (et j’insiste sur le mot ¨anthropique¨) consiste à discréditer toute source d’information contraire à la position officielle par les attributs de vendus aux pétrolières, de platistes, ou tout autre qualificatif qui ne supportent pas la réplique.
Alors, que je cite des Judith Curry, des Patrick Moore, des François Gervais, Courtillot et nombre d’autres scientifiques, un dénigrement quelconque sera accolé à ces personnes. Voici la liste de tous ces scientifiques dont on n’entend pas parler suite au dépôt de leur lettre à l’ONU l’an passé ou avant ( https://www.wikiberal.org/wiki/Liste_de_scientifiques_sceptiques_sur_le_r%C3%A9chauffement_climatique) , et un complément ( https://www.skyfall.fr/2020/01/19/incendies-australie-raisons-dune-catastrophe-ecologique-majeure/#more-7753) .
Faites-en ce que vous voulez, mais pour moi, ces personnes ne sont pas toutes des vendues au pétrole, ni des profanes ou des deux de pique. Il y a autant de scientifiques sérieux que ceux qui sont sélectionnés par le GIEC pour son rapport dans cette liste. Je déplore que ces scientifiques n’aient pas droit aux plateaux des débats (surtout ici au Québec où le sujet est clos et entendu) . Le dénigrement de ces personnes est une des raisons pour lesquelles je me ¨braque¨ comme vous dites. Une médaille a toujours deux côtés, ce qui ne semble pas être le cas, surtout ici au Québec. Vous me dites souvent que ce n’est pas une question de ¨croire¨, mais je vous dis que oui. Vous ¨croyez¨ aux scientifiques du GIEC pour l’interprétation ou constatation des faits qu’ils font, et moi, je ¨crois¨ à d’autres scientifiques qui n’arrivent pas aux mêmes conclusions avec les mêmes faits ¨scientifiques¨ que leurs pairs du GIEC.
Alors, on continue de tourner en rond ?
Mes salutations.
Christian d’Anjou
SBDL.