C’est mon cœur qui décide

L’année 2019 marque les 50 ans de la décriminalisation de l’homosexualité au Canada. Dans cet essai exclusif, l’auteur Simon Boulerice réfléchit au chemin parcouru depuis… et à celui qui reste à faire.

Photo : Rodolphe Beaulieu

Mes parents sont nés à une époque (1955 pour mon père et 1956 pour ma mère) où l’homosexualité était criminelle ; moi, je suis né à une époque (1982) où elle était tolérée.

Ce n’est pas une image, c’est une des réponses à un examen du cours Formation personnelle et sociale. En 1994, je suis en 1re secondaire, et ma mère m’aide dans ma révision, en vue de mon examen. À la question « Comment devrions-nous agir devant une personne homosexuelle ? », la réponse que je dois servir à ma mère est : « Avec respect et tolérance. » Oui : tolérance, comme supporter quelque chose, endurer quelque chose. Comme dans : ça ne fait pas mon affaire, mais avec de la patience, je vais me résigner.

J’ose croire que la patience a porté ses fruits et qu’en 2019, il n’y a plus de résignation qui tienne. Comme le réclamait Laurent McCutcheon — qui, pendant 31 ans, a présidé Gai Écoute (devenu Interligne en 2017) —, « je ne veux pas de tolérance, je veux l’inclusion et l’acceptation sociale totale et complète ». Et cette inclusion, on la sent se déployer dans les écoles que je visite pour y donner des conférences, que ce soit au primaire ou au secondaire.

Cinquante ans après les émeutes de Stonewall, aux États-Unis, qui incarnent la toute première lutte du mouvement LGBTQ+, il y a eu un déplacement ; maintenant, ce qui est à éradiquer, ce n’est plus l’homosexualité, mais bien l’homophobie. Elle est là, la véritable tare honteuse.

Dans les classes, j’en suis le témoin, c’est l’homophobie qui est méprisée.

Anecdote personnelle : l’an dernier, j’étais appelé à donner une série de conférences échelonnées sur trois jours dans une école secondaire en Montérégie. Le deuxième matin, j’arrive en avance et passe à la toilette avant le début des cours. Par un grillage dans le mur me proviennent les voix d’élèves de 1re secondaire ayant assisté à ma conférence la veille. Les deux adolescentes parlent de moi :

« Mon Dieu que M. Boulerice avait l’air full gai avec sa voix !

— Tellement ! Fif à l’os ! »

Et les deux d’imiter ma voix, la féminisant, la ridiculisant, et me ramenant plus de 20 ans en arrière, alors que j’étais moi-même élève au secondaire et qu’on s’amusait à détecter mon homosexualité dans le but de me dénigrer. Dans les corridors, c’était de la cruauté ordinaire et subtile, aucunement ostensible comme ce qu’on voit dans les films américains. Des « salut, le p’tit fif » lancés tout doucement et vicieusement, de manière à brouiller ma joie, à freiner mon élan et mon authenticité.

Aussitôt, mes yeux se sont gorgés d’eau. Je n’étais plus un auteur invité à venir présenter son œuvre, je n’étais plus un amoureux épanoui ni un citoyen engagé ; j’étais à nouveau un ado ostracisé. J’ai eu envie d’aller avertir mes bourreaux de 13 ans avec un chevrotant et vulnérable : « C’est que je vous entends, hein ! »

Bien sûr, j’ai pris sur moi et j’ai agi avec civilité et, j’ose croire, un peu de maturité. Mais je n’ai pas pour autant étouffé l’homophobie dont j’étais une fois encore la victime. J’ai simplement entamé ma première conférence de la journée en expliquant ce qui venait de se produire. Et la réaction ahurie des élèves m’a galvanisé. Je voyais des visages outrés et gênés : « Quoi, des élèves de notre école ? Ben voyons donc, monsieur Boulerice ! On est désolés. On s’excuse pour eux autres. »

La veille, dans la classe où se trouvaient mes deux adolescentes « homophobes », je ne m’étais pas livré, contrairement à ce matin-là. Je n’étais d’ailleurs pas tenu de le faire ; je révèle mon orientation sexuelle en conférence quand je perçois une ouverture, quand je me sens en confiance et aimé. J’ai souvenir d’une classe peu chaleureuse. J’étais donc demeuré distant, et j’avais tout à fait ce droit de taire mon intimité. Mais n’empêche qu’avec les jeunes, je remarque que jouer cartes sur table dès le départ m’est toujours bénéfique. La transparence séduit les ados.

L’homophobie de corridor est symptomatique de ce qui est nébuleux. J’ai cette intuition que ce qui est flou déplaît ou agace. À partir du moment où l’orientation est clarifiée, l’ado ravale son homophobie, s’étouffe avec elle. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vécu ce genre d’échange :

« Monsieur Boulerice, dans votre livre, le personnage est gai. Êtes-vous gai ?

— Oui, absolument.

Good. »

J’irai plus loin : j’ai le sentiment que l’affirmation des diversités sexuelles, en 2019, suscite de plus en plus le respect des jeunes. Quand mon roman L’enfant mascara, qui relate un meurtre transphobe survenu dans une école californienne en 2008, est lu dans une école, l’empathie des lecteurs est manifeste à l’égard de Leticia King, née Larry King, la victime. L’amplitude de leur ouverture supplante souvent celle de leurs parents.

J’écris ces lignes depuis New York, dans le parc devant le Stonewall Inn. C’est la fête autour de moi : des gens sont drapés des couleurs de l’arc-en-ciel.

Nous sommes le 28 juin, exactement 50 ans après que la police new-yorkaise eut effectué une énième descente dans ce bar de Greenwich Village. Celle de trop. À l’époque, il y avait une grande répression policière envers la communauté LGBT, qui était fréquemment tabassée, humiliée, arrêtée. Ce soir-là, en 1969 donc, la riposte s’est organisée. La succession de rafles avait cristallisé la résistance des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres.

On raconte que Sylvia Rivera, une femme trans, a jeté la toute première bouteille sur les policiers. En compagnie de Marsha P. Johnson, une drag-queen afro-américaine, Sylvia Rivera a été en première ligne du combat. Cinq jours d’échauffourées — désolé, j’ai une risible passion pour ce mot — qui ont marqué l’histoire.

Je trouvais important d’être là, 50 ans plus tard, de me poser dans ce point névralgique, dans l’œil de cette tornade de résistance. C’est ici qu’a éclos l’activisme queer aux États-Unis, mais aussi, symboliquement, partout sur la planète. C’est un jalon majeur dans l’histoire de l’émancipation des gais. Les événements de Stonewall ont été les précurseurs de ce qui allait devenir la Fierté gaie, festival souvent organisé fin juin dans de nombreuses villes du monde, en souvenir de ces émeutes.

Si cette année marque les 50 ans de Stonewall, de notre côté, au Canada, ce sont les 50 ans de la décriminalisation de l’homosexualité, sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau. Deux ans plus tôt, en décembre 1967, Trudeau père, alors ministre de la Justice, présentait un projet de loi qui allait dans ce sens. Ses mots sont passés à l’histoire : « Nous n’enverrons pas de police dans les chambres à coucher pour voir ce qui se passe entre adultes majeurs, consentants, en privé. »

Puis, le 14 mai 1969, un mois avant la révolte à Manhattan, passait le projet de loi omnibus dépénalisant, entre autres, l’homosexualité. En réécoutant les archives sur le site de Radio-Canada, j’ai sourcillé en entendant lors d’un vox pop un homme qui parlait d’une loi « contre la loi divine », ou un autre qui déclarait que « ce qui a été péché y a 100 ans reste péché encore ». Soupir. Soupir, car justement : autres temps, autres mœurs.

Laurent McCutcheon, pionnier de la lutte pour les droits de la communauté LGBTQ+ au Québec. Photo : Format familial / Attraction Images

Aux yeux du militant Laurent McCutcheon, décédé cet été, mai 1969 constituait « l’an 1 des droits des personnes homosexuelles au Canada ». Même son de cloche du côté de Line Chamberland, professeure au Département de sexologie de l’UQAM, qui affirmait en 2009 à la journaliste Christine Limoges que ce projet de loi « a ouvert la porte à une certaine tolérance qui a permis aux homosexuels de s’organiser, de se doter de lieux de rencontres […], d’être plus visibles dans la société […] individuellement de faire un coming out. C’est vraiment dans les années 70 que la notion de coming out apparaît. Donc d’affirmer son homosexualité. De présenter une autre image des homosexuels. Parce que jusqu’à ce moment-là, les homosexuels étaient perçus comme des vicieux, des déviants. Donc, à partir du moment où plusieurs personnes font leur coming out, on se rend compte qu’il s’agit de personnes ordinaires. De notre voisin, de notre tante, de notre oncle. Le bill omnibus, dans ce sens-là, a ouvert la porte à un mouvement qui allait aller en s’élargissant et en se consolidant dans les décennies suivantes. »

Des vicieux, des déviants… Ça, c’était effectivement la perception avant 1969. Deux cas au Canada ont marqué les annales en 1968 et demeurent honteux à ce jour : ceux de Jeannine Mahès et de George Klippert.

Prenons Jeannine Mahès. Pour la première fois, des gais et des lesbiennes s’étaient affichés dans une émission de télévision. Ça s’intitulait Dossier et c’était animé par Bernard Derome. Quelques jours après cette entrevue, une des invitées, Jeannine Mahès, ouvertement lesbienne, a été poursuivie, emprisonnée et internée — oui, oui — à l’asile Saint-Jean-de-Dieu.

Le cas de George Klippert n’est guère plus reluisant. Cet aide-mécanicien de Yellowknife est le seul Canadien à avoir été déclaré délinquant sexuel dangereux et à avoir été condamné à une peine d’emprisonnement à vie pour unique motif d’homosexualité. George Klippert s’est rendu jusqu’à la Cour suprême du Canada, qui confirma la peine en 1967. C’est à la lumière de ce cas aberrant que Trudeau père a décidé de revoir le Code criminel.

En 2016, Trudeau fils a affirmé qu’il avait l’intention de recommander qu’un pardon soit accordé à George Klippert, ce qui a été fait l’année suivante. En effet, en 2017, le gouvernement fédéral a présenté des excuses officielles en plus d’offrir un accord d’indemnisation à toutes les personnes qui avaient été condamnées parce qu’elles étaient gaies.

Rappelez-vous les larmes de Justin Trudeau. Certains accusaient le premier ministre « lacrymal » de se donner en spectacle, le surnommaient « Madeleine Trudeau ». J’éprouvais un grand malaise devant des commentaires que je lisais partout. Les mots de la chroniqueuse Rima Elkouri m’avaient fait un bien fou : « En se moquant d’un homme politique qui se montre sensible à cet enjeu, n’est-ce pas l’enjeu lui-même que l’on banalise et ridiculise ? Se serait-on permis de rire de lui de la même façon s’il avait évoqué avec émotion la tragédie des orphelins de Duplessis ? »

Dans sa chronique, elle rappelait l’existence de la fruit machine, un appareil humiliant et risible qui, dans les années 1950 et 1960, servait à mesurer l’« attraction homosexuelle » des employés de l’État. Des militaires, des policiers, des fonctionnaires. Allez voir sur YouTube cette grotesque machine canadienne, mise au point par Frank Robert Wake. On faisait défiler des diapositives d’hommes nus devant un homme (ou de femmes dévêtues devant une femme) et on évaluait avec des capteurs le désir de l’employé. Comme si on examinait par balayage des tumeurs malignes, on « détectait » les réponses homoérotiques en fonction, notamment, de la dilatation des pupilles. Le procédé évoque pour moi le traitement Ludovico que subit Alex dans Orange mécanique, lorsqu’on écarquille ses yeux avec un dispositif futuriste terrifiant. Ici, toutefois, le but n’était pas de rééduquer un jeune homme violent, mais de disqualifier les homosexuels potentiels. D’éradiquer l’homosexualité, ni plus ni moins, comme si c’était une tare honteuse.

Le premier défilé de la Fierté à Montréal, qui attire 52 participants en juin 1979. Photo : Daniq Charland / Collection des Archives gaies du Québec

Je reviens à cette translation : en 2019, ce qu’il faut éradiquer est maintenant l’homophobie.

L’hiver dernier, à titre de co-porte-parole d’Interligne (centre d’écoute, de soutien et de sensibilisation), j’ai été appelé à juger les projets proposés au programme des Alliances genres, identités et sexualités (AGIS), mis sur pied avec l’appui du ministère de la Justice. Nous, membres du jury, devions évaluer les scénarios de courts métrages les plus porteurs. Des courts métrages conçus par et pour des jeunes, dans le but de lutter contre l’intimidation et de rendre nos écoles plus sécuritaires et inclusives des réalités LGBTQ+.

Interligne précise que les jeunes (de la communauté LGBTQ+ ou non) qui ont la chance d’avoir une de ces alliances dans leur école entendent moins de remarques discriminatoires, vivent moins d’intimidation et de harcèlement, éprouvent moins de pensées suicidaires et estiment disposer d’un meilleur soutien de la part du personnel scolaire.

J’ai été soufflé de voir à quel point, dans leurs propositions cinématographiques, les jeunes, par une louable ouverture, embrassaient pratiquement chacune des lettres de l’acronyme LGBTQQIP2SAA — lesbiennes, gais, bisexuels, trans, queers, en questionnement (ou curieux), intersexués, pansexuels, two-spirited (bispirituels), asexuels, alliés. On s’y perd peut-être parfois, mais l’idée d’inclusion est primordiale dans une société saine, viable, diversifiée, plurielle. Qui plus est, un ado est comme les rues de Montréal : perpétuellement en chantier. Il se bâtit par essais et erreurs, par rejet et adhésion, et il tente de valider son identité. Savoir qu’il n’est pas le seul taillé dans cette matière peut sauver sa vie, ni plus ni moins.

J’axe ma pensée autour des plus jeunes, car j’ai foi en eux. J’aime m’adresser à eux, et je reçois autant que je donne dans mes rencontres en classe.

Cette semaine, après mon retour à Montréal, je vais être en tournage pour l’émission jeunesse Cochon dingue. On m’invite pour parler de l’orientation sexuelle, pour la démystifier auprès des jeunes téléspectateurs. Je ne suis pas un spécialiste, mais j’accepte ce genre de tribune pour traiter à petite échelle de ce que je connais, de ce que je prône. Et à la question « Qu’est-ce que l’orientation sexuelle ? », la réponse que je souhaite fournir est la suivante : c’est le cœur — enfin — qui parle. Car avec l’orientation sexuelle, c’est le cœur qui décide.

L’expression ne vient pas de moi. Je l’ai volée à la belle-fille d’une de mes amies, qui était en larmes pour une raison nébuleuse — et surtout insignifiante, semble-t-il. Quand mon amie lui a fait savoir qu’elle pleurait pour des broutilles, la petite lui a répondu avec conviction : « Mais Émilie, j’y peux rien ; c’est mon cœur qui décide. »

C’est exactement ça. C’est le cœur qui décide pour nous. Toujours revenir à ça.

J’en arrive au bout de mon article. Devant moi, une faune multiple vient se faire photographier devant le bar mythique de Greenwich Village : des touristes colorés, des drags, des trans, des fag hags (femmes hétéros complices des gais), des gars en bedaine avec beaucoup trop d’abdos, des lesbiennes tendres.

Voilà qui met en lumière les souvenirs de Martin Boyce, maintenant âgé de 71 ans, qui fréquentait ce lieu, à l’époque. Il racontait récemment au magazine montréalais Fugues que ce bar était un trou, mais un endroit magique. Un trou magique, donc, digne d’Alice au pays des merveilles, dans lequel sombraient tous les types de gais et de lesbiennes. Il dit de manière très ludique : « C’était comme l’arche de Noé version gaie : s’il y avait eu un déluge, tous les types de gais auraient survécu pendant des générations ! »

Simon Boulerice devant le Stonewall Inn, à New York. Photo : D.R.

À mon tour, je demande à mon amoureux de me photographier devant le bar. C’est une activité à cheval entre faire un travail de mémoire et me transformer en p’tit kid Kodak narcissique pour me vanter sur Instagram : j’étais là ! / I was there !

Mais j’insiste ici : il y a un réel travail de mémoire à faire. Au Québec, trois dates à retenir pour célébrer les avancées : 1969 pour la décriminalisation de l’homosexualité (partout au Canada) ; 1977 pour l’interdiction de toutes discriminations basées sur l’orientation sexuelle (sous le gouvernement de René Lévesque, la Charte des droits et libertés de la personne a été modifiée en ce sens) ; 2002 pour voir le Québec devenir le premier État en Amérique du Nord à permettre l’union civile entre deux personnes de même sexe.

Et au fil de ces pas vers l’avant, tant de pas de travers : la descente au bar Truxx, à Montréal, en 1977, au cours de laquelle 143 personnes ont été arrêtées et accusées de « grossière indécence », ou encore celle survenue lors de la soirée Sex Garage en 1990, souvent considérée comme le « Stonewall québécois », où plus de 200 personnes se sont fait charger par des policiers brandissant des matraques.

État des lieux : en 2019, sous l’aspect juridique, la communauté LGBTQ+ se rapproche de l’égalité avec les personnes hétérosexuelles. Je dis ça et pourtant, dans un article pertinemment titré « Le combat est loin d’être fini », publié dans La Presse+ l’automne dernier, le journaliste Samuel Larochelle exposait le nombre d’accrocs législatifs dans la quête de dignité des parents trans, des personnes trans non citoyennes, des trans de moins de 18 ans et des personnes non binaires. Bien que ce portrait soit tout à fait juste, le problème actuel se situe peut-être davantage sur les plans social et institutionnel.

L’édition 2019 du défilé de la Fierté à Montréal. Photo : Josie Desmarais

Comme l’expliquait Lyne Chamberland dans un reportage à Radio-Canada, « la plupart des institutions fonctionnent avec une présomption d’hétérosexualité sans prendre en compte la diversité des situations et des identités autour de la sexualité ». Et il y a ce « deux poids, deux mesures » qui perdure et qui me désespère : un directeur hétéro affichant la photo de sa conjointe sur son bureau expose gracieusement son amour ; un directeur homo affichant la photo de son amoureux sur son bureau expose sa sexualité de manière inappropriée.

Voilà, oui, la marche du monde : des pas vers l’avant, d’autres de travers.

Récemment, j’apprenais que des hommes hétérosexuels de Boston tentaient d’organiser un défilé hétérosexuel en scandant fièrement « It’s great to be straight » (c’est génial d’être hétéro). Implicitement, cette démarche chercherait à ridiculiser la communauté LGBTQ+. À mes yeux, c’est préjudiciable sur un temps rare. Un phénomène qui a cours aussi au Canada, où, l’automne dernier, un drapeau de la fierté hétéro a fait scandale au Nouveau-Brunswick. Il y a quelques jours, à l’émission de radio Faites du bruit, sur les ondes d’ICI Première, le sociologue de la sexualité Michel Dorais venait rappeler les fondations de cette fameuse fierté gaie : « Fierté de ne plus avoir à se cacher. » C’est fini, l’« invisibilisation » des membres de la communauté LGBTQ+. Lorsqu’on parle de fierté, c’est pour signifier la fin de la honte. C’est l’amour et l’inclusion qui doivent être célébrés.

Autour de moi, ça crie, ça hurle, ça rit, ça s’embrasse, ça vit haut et fort. Festoyons, mais honorons surtout la mémoire de ceux et celles qui ont mené la charge et ont fait que nous pouvons participer aux célébrations de la Fierté sans violence, dans la flamboyance nécessaire à chacun. Rappelons-nous aussi qu’ailleurs dans le monde, la riposte amorcée en 1969 est loin d’être terminée.

À la mémoire de Laurent McCutcheon, grand et précieux militant LGBTQ+, décédé le 4 juillet 2019.

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