Comment Marie a-t-elle pu tomber enceinte ?

Tout part d’une bagarre dans un bar, en 1988, au Lesotho.

Photo © Getty Images
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FouineurLa vie est-elle moins miraculeuse quand la science explique même la plus improbable des naissances ? À vous d’en juger au regard de ce cas clinique unique que Sciences et Avenir a sorti des boules à mites.

Tout part d’une bagarre dans un bar, en 1988, au Lesotho. Ayant reçu un coup de couteau dans la partie supérieure de l’abdomen à la suite d’une rixe entre un amant éconduit et son nouvel amoureux, une jeune serveuse de 15 ans (que l’on appellera Marie) est admise à l’hôpital du district de Mafeteng. La lame a perforé son estomac en deux endroits, ce qui ne laisse d’autre option aux médecins que de l’opérer. Dix jours passent et, une fois rétablie, Marie rentre chez elle.

Neuf mois plus tard, incrédule, elle apprend de la bouche de ces mêmes médecins qu’elle est enceinte. De vives douleurs abdominales l’avaient poussé à retourner les consulter. Cette grossesse laisse tout le monde pantois, d’autant que l’examen gynécologique révèle que Marie n’a pour ainsi dire pas de vagin, puisque celui-ci ne s’est jamais véritablement formé. Comment Marie a-t-elle pu tomber enceinte ?

À l’époque de ces événements, Dr House n’existait pas. Mais le chirurgien qui s’est occupée de Marie finira par élucider ce mystère – malgré le scepticisme de certains. Avant d’être poignardée, elle venait de pratiquer une fellation sur son conjoint. Évidemment, ceci n’entraîne pas cela. La véritable explication repose, selon l’étude publiée dans le British Journal of Obstetrics and Gynaecology, sur une série assez incroyable de coïncidences – dont le fait que l’estomac de Marie était vide, rendant temporairement plus accueillant cet environnement d’ordinaire très hostile. Ainsi, la perforation de l’estomac aurait permis au sperme de s’épancher dans la cavité abdominale. Les spermatozoïdes, ces nageurs hors pair, auraient alors trouvé le moyen d’effectuer le très long voyage menant aux organes reproducteurs. Marie serait ensuite tombée enceinte après sa toute première ovulation, car dans le cas contraire, le sang présent dans l’utérus aurait rendu la fécondation impossible.

Alléluia ou Eurêka ? C’est selon. Toujours est-il que Marie a donné la vie à un beau gaillard de 2,8 kg, à la suite d’un accouchement par césarienne.

Lorsqu’elle n’est pas planifiée, cette procédure – utilisée 28,0 % du temps à l’hôpital, au Canada (2010-2011), et 23,6 % au Québec (2012) – laisse des stigmates chez bien des femmes qui se voient priver, entre autres, de la joie d’assister aux premières secondes de vie de leur bébé. C’est en pensant à ces mères, et à la maman de mes deux enfants, que je vous propose de conclure avec quelques-uns des clichés de la série CESAR, du photographe Christian Berthelot. Ce projet photographique, né de la propre expérience de l’auteur à l’hôpital, fige dans le temps les premières bouffées de ces petits êtres humains.

Photo © Christian Berthelot / Festival Circulation(s)
Chloé – née le 18/01/2013 à 8h34, 3,620 kg – 11 secondes de vie (Photo © Christian Berthelot / Festival Circulation(s))
Photo © Christian Berthelot / Festival Circulation(s)
Liza – née le 26/02/2013 à 8h45, 3,2 kg – 3 secondes de vie (Photo © Christian Berthelot / Festival Circulation(s))
Photo © Christian Berthelot / Festival Circulation(s)
Romane – née le 20/05/2014 à 10h51, 2,935 kg – 8 secondes de vie (Photo © Christian Berthelot / Festival Circulation(s))
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À la réflexion, choix intéressant de prénom pour la jeune serveuse que celui de Marie!

Je m’excuse de la double entrée du même commentaire. En effet ce peut être un débat protestant/catholique selon que l’on adhère ou pas au concept d’immaculée conception, L’auteur du blogue aurait pu choisir tout autre prénom, mais je pense que le choix du prénom de Marie donne du punch au blogue avec sans doute un sourire en coin…. La loi de Murphy si cela peut arriver, cela arrivera…