Conseils pour une retraite à l’étranger

Aller vivre sa retraite dans un autre pays demande de la préparation. Voici des clés pour partir l’esprit en paix.

Photo: Lost Horizon Images/Corbis
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La santé, la priorité

Sans assurance, un séjour à l’hôpi­tal peut amputer votre épargne-retraite durement gagnée de dizaines de milliers de dollars. Il est donc important de contracter une assurance auprès d’un assureur privé, qui vous protégera à l’étranger et, si nécessaire, au Québec.

En effet, toute personne qui s’absente du Québec plus de 183 jours entre le 1er janvier et le 31 décembre ne sera pas couverte par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) pour l’ensemble de l’année. Afin d’éviter les mauvaises surprises, prévenez la Régie avant votre départ.

LAT04_IMMORETRAITE_encadre_dixpaysÉvasion oui, mais pas fiscale

Même sous les palmiers, personne n’est censé échapper au fisc. Un retraité canadien installé à l’étranger devra payer de l’impôt. À quel pays ? Cela dépend de son statut de résidence.

Le simple fait pour un Canadien de vivre à l’étranger n’en fait pas automatiquement un non-résidant aux yeux du fisc. Pour déterminer son statut, un ensemble de facteurs (comme posséder une carte d’assurance maladie, avoir une maison au Canada) sont pris en compte. Chaque situation est unique, dit l’avocat-fiscaliste Louis Sirois, du cabinet Sirois Tremblay et associés, qui recommande de consulter un expert avant le départ. Le résidant paiera des impôts au Canada sur tous ses revenus, peu importe leur provenance dans le monde. Le non-résidant en paiera seulement sur ses revenus de source canadienne.

« Si un retraité revient au Canada après cinq ans sans avoir démontré son statut de non-résidant, le fisc pourrait lui demander de produire ses déclarations de revenus des cinq dernières années et d’acquitter les impôts impayés », précise Me Sirois.

Rompre les liens avec le Canada pour obtenir le statut de non-résidant peut s’avérer financièrement intéressant. « Certains pays offrent une fiscalité nettement plus avantageuse que le Canada. Il existe même une certaine rivalité pour attirer la clientèle retraitée en provenance de pays aisés », poursuit-il. Au Panamá, par exemple, les étrangers dont les revenus mensuels dépassent 1 000 dollars américains ont droit à une exemption de frais de douane sur l’importation de meubles et de véhicules et à des rabais allant jusqu’à 50 % sur une foule de biens et services.

Tester le paradis

Déménager à l’étranger n’est pas une décision qu’on prend à la légère. « Allez d’abord passer du temps sur place. Et le plus longtemps sera le mieux ! » conseille Dan Presher, journaliste au magazine américain International Living, qui travaille en Équateur.

Et il ne parle pas d’y séjourner en vacancier. « Vous devez expérimenter tous les éléments qui composent la vie quotidienne. » La plage et les restaurants, certes, mais aussi la conduite automobile, les soins de santé, les services bancaires, les télécommunications et les épiceries.

Vous prendrez peut-être conscience que l’endroit où vous adorez passer deux semaines chaque hiver ne vous convient pas le reste de l’année. Ou que, oui, cet endroit est bel et bien le paradis sur terre.

Les dernières volontés

Certaines clauses de votre testament québécois ne seront peut-être pas valides dans votre pays d’accueil. Pour ne pas laisser de problèmes en héritage, consultez un notaire.

En cas d’urgence

Un ouragan menace votre atoll paradisiaque ? La situation politique se dégrade ? Le service Inscription des Canadiens à l’étranger permet à l’État de vous contacter et de vous aider plus rapidement en cas d’urgence. Ajoutez-y votre nom.

Louer ou acheter ?

Tout dépend de vos envies et de vos revenus. Entretenir une maison est une corvée ? Vous aimeriez changer de pays de temps à autre ? Mieux vaut louer. Vous comptez rester longtemps au même endroit ? Le taux de change est favorable ? Acheter peut être avantageux.

Dans le cas d’une acquisition, le journaliste Dan Presher, d’International Living, conseille de s’établir dans un endroit prisé de la population locale. « Si jamais l’intérêt de la clientèle internationale diminue, vous serez encore capable de revendre votre maison », dit le journaliste, qui a acheté ou loué des demeures dans quatre pays d’Amérique latine.

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1 commentaire
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C’est un sujet qui mérite d’être approfondi, beaucoup de Québécois voudront sans doute quitter la province dans les décennies qui viennent, entre autre pour fuir les impôts confiscatoires et un système de santé en implosion qui fait franchement peur. Tant qu’à payer plein d’impôt en pure perte pourquoi pas payer une bonne assurance et un service 5 étoiles ailleurs?

Pour ceux qui devront rester parce qu’ils dépendent du gouvernement pour leur subsistance: bonne chance!