Côté courbe, bravo la Colombie-Britannique !

La province la plus à l’ouest semble avoir dépassé le sommet de sa courbe. Ne la perdons pas de vue. 

illustration : L'actualité

Le fait que le Canada soit une confédération décentralisée parait lorsque l’on regarde les disparités des chiffres de détections et d’infections de la COVID-19 par province.

Mercredi 8 avril à 23 h, le Québec, province la plus touchée à ce jour, avait effectué le plus grand nombre absolu de tests au Canada (un peu plus de 112 000), loin devant l’Ontario qui n’avait compilé que 85 000 tests.

En nombre de tests par habitant, l’Alberta, la Saskatchewan et le Québec arrivent en tête.
Évidemment, la donnée la plus étonnante de ce tableau est sans contredit celle concernant l’Ontario, qui traîne la patte au dernier rang.

Considérant que c’est en Ontario où l’on dénombre le plus grand nombre absolu de décès de la COVID-19 au Canada (215 selon Radio-Canada le 9 avril), ce faible total de tests effectués chez nos voisins ontariens est certes inquiétant. Évidemment, d’un point de vue purement statistique, plus on teste des infections potentielles, plus la quantité d’infections confirmées grimpe !

C’est toujours au Québec où le nombre de cas confirmés par habitant demeure le plus élevé au Canada — et par une marge importante. Considérez le graphique suivant :
Il s’agit des cas confirmés par million d’habitants des quatre grandes provinces canadiennes (Québec, Ontario, Alberta et Colombie-Britannique). Quelques observations :

1. Même si le nombre absolu d’infections augmente toujours, la courbe de la Colombie-Britannique (en vert) semble réellement avoir ralenti par rapport aux autres dans les derniers jours. Nous surveillerons les chiffres de la C.-B. dans les prochains jours afin de voir si la province de la côte ouest a en effet dépassé le sommet de sa courbe.

2. Pour ce qui est de l’Ontario (bleu foncé), il serait tout à fait naturel de croire que le nombre d’infections est sous-estimé, considérant son faible total de tests par habitant à ce jour. En effet, selon les chiffres disponibles mercredi soir, l’Ontario comptait 5 800 infections et le Québec, un peu plus de 10 000 — mais le Québec a compilé deux fois plus de tests par habitant que l’Ontario.

3. Pour ce qui est de l’Alberta (rouge), après une croissance constante du nombre d’infections à la fin mars, les cas positifs ont été moins nombreux dans les derniers jours — un scénario similaire à la Colombie-Britannique.

Néanmoins, comme l’a indiqué le premier ministre François Legault à plusieurs reprises, la courbe à surveiller est celle des décès causés par la COVID-19. Voici la progression des décès par million d’habitants des quatre mêmes provinces :

En date du 8 avril 2020 au soir, le Québec comptait 175 décès en nombre absolu (2e au Canada derrière l’Ontario), ou 20,6 décès par million d’habitants en termes relatifs (1er au Canada).

Les prochains jours seront cruciaux au Québec, particulièrement pour les infections détectées dans les centres de personnes retraitées et les CHSLD. Souhaitons que les nouvelles ressources déployées par le gouvernement aident ces citoyens qui, statistiquement, sont les plus vulnérables.

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5 commentaires
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Ne perdons pas de vue que les courbes sont générées à partir des déclarations. Une étude faite par des médecins Italiens sur 5830 cas confirmés dans les trois premiers foyers d’infection du Nord de L’Italie, tendrait à démontrer (de manière préliminaire) que le virus était bien présent dès le mois de Janvier, la courbe était pourtant pratiquement à zéro jusqu’à la mi-février. Cette étude peut être téléchargée par le lien suivant : https://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/2003/2003.09320.pdf

Il est pratiquement impossible de tester tout le monde et beaucoup de gens ont été infectés ou le seront sans qu’il ne soit possible de mesurer avec précision de l’état de la pandémie. Cela signifie d’ailleurs que toutes les personnes décédées de la Covid-19 ne seront pas déclarées, exception faite de celles ou ceux qui meurent dans des centres hospitaliers.

De plus, la stratégie de dépistage varie ou peut varier d’une province à l’autre, d’une région du monde à l’autre. Ce qui demande de faire preuve de précaution au niveau des comparaisons.

Il n’en demeure pas moins comme le souligne ici monsieur Fournier que la Colombie-Britannique apparait comme étant la province qui fait le mieux dans la démarche pour contenir l’éclosion des cas nécessitant le transfert de personnes vers des ressources hospitalières.

Il se trouve que j’ai étudié cette semaine le rapport intitulé : « COVID-19 : Critical Care and Acute Care Hospitalization Modelling » qui peut être téléchargé sur le site de BCCDC (BC Centre for Disease Control) [http://www.bccdc.ca/health-info/diseases-conditions/covid-19] ; lequel nous informe sur les méthodes et les scénarios retenus par cette province pour faire face à la pandémie.

Je n’entrerai pas dans le détail, si ce n’est qu’il ressort que cette province était probablement celle qui était la mieux préparée et la mieux organisée pour ce genre de situations.

Le Canada aura probablement beaucoup à apprendre sur les bonnes pratiques, d’autant plus que les règles de distanciation retenues ne sont possiblement pas la panacée universelle. Plus elles dureront longtemps, plus éventuellement elles engendreront des conséquences néfastes quant à la capacité donnée aux gens de mener une vie harmonieuse avant un certain temps. Déjà le surplus de violence (physique ou verbal) faite aux personnes vulnérables ou exposées à la vindicte populaire n’est que la pointe visible de l’iceberg. La Terre, tout comme le Titanic est peut-être moins insubmersible qu’il n’en parait….

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Bonne ou mauvaise nouvelle ? C’est le taux d’immunité qui est important et plus on « aplatit » la courbe, plus cela prend du temps pour atteindre le taux d’immunité qui devrait se situer autour de 70% pour que le virus ne trouve plus suffisamment d’hôtes. Si on veut aplatir la courbe c’est pour donner une chance aux services de santé et surtout aux hôpitaux qui sont incapables d’accueillir un très grand nombre de patients ce qui entraînerait plus de décès. Mais si on laissait la pandémie suivre son cours, le taux d’immunité serait atteint après quelques mois, probablement autour de 3 à 6 mois.

En aplatissant la courbe, on mise sur les vaccins mais cela pourrait prendre de 12 à 18 mois et c’est le scénario choisi par le Canada. Dans ce cas, il faut être réalistes et on parle de mesures graves pour tout ce temps là sinon, si on relâche les mesures avant, la pandémie va reprendre de la vigueur et les efforts consentis jusqu’à ce moment là risquent d’avoir été futiles. Par contre, en relâchant les mesures, on va atteindre le taux d’immunité plus rapidement et reprendre une vie normale en conséquence.

C’est donc un choix très difficile à faire pour une société.

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Si par économie on entend soutenir par exemple, les arts et la culture alors OK.
Dans ma région, fortement libérale et conservatrice (au niveau des partis) on valorise toujours plus les usines de métal de plastique et de roches. Comme bien des régions où le discours économiste prend le dessus (en noyautant les institutions démocratiques bien souvent), on fait tout pour tirer la couverte de son bord, au détriment de la culture par exemple, même si, les chiffres sont là, les revenus issus du milieu culturel sont énormes et les investissements moindres.
Alors, avec son point de vue méprisant à peine voilé envers la gauche et ses licornes, monsieur est selon moi totalement déconnecté de la société, de la communauté québécoise. Il ne sort vraisemblablement jamais de sa tour d’ivoire économico-politique. De cette crise, il ne semble pas avoir vu ce qu’une majorité de gens ont vu : l’essentiel est ailleurs que dans les sous. Certes, il en faut. Mais l’activité économique effrénée nous a montré ses limites. La vie de famille, l’école à la maison, la nourriture, les loisirs, et plus globalement la solidarité, la complicité devant l’adversité, l’humanité, le temps … le temps et tout ce qui vient avec … tout ça nous distribue généreusement ses bienfaits.
Je pourrais continuer mais les mots me manquent. En fait non , j’ai juste pus envie d’essayer de vous convaincre. Tant pis si vous ne vivez que dans l’attente du retour de cette économie où vous vous complaisiez déjà avant la COVID-19. Tant pis si vous croyez / souhaitez vraiment qu’elle soit encore plus impitoyable qu’avant. Tant pis si vous ne savez plus faire la part des choses dans votre vie entre là et Ottawa, entre le vrais monde et la faune des technocrates politiques lobbyistes.
Je vous souhaite sincèrement un break – une bonne thérapie?
Nous nous entendons sur un point, un seul. Il y aura un après COVID-19 différent de l’avant.
Je vous / nous souhaite monsieur bien des surprises à cet égard.

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Ce commentaire était pour l’article « Le retour du réel » Vous pouvez l’effacer d’ici. Merci

Une fois de plus, les chiffres sont le reflet de la réalité. Le gouvernement du Québec a quand même réagi rapidement et c’est ce qu’il fallait faire. Malheureusement les CHSLD et autres maisons de retraite sont le talon d’Achille.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

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