Crimes sexuels dans l’armée : la révision interne fait bondir le NPD

Les conclusions de l’évaluation interne des programmes et politiques des Forces canadiennes en matière de violence sexuelle, préparée à la demande du chef d’état-major Tom Lawson, en avril dernier, ont fait bondir le NPD à la Chambre des communes.

Le critique du NPD en matière de défense, Jack Harris (gauche) et le ministre de la Défense, Rob Nicholson, ont croisé le fer lors de la période de questions aux Communes. (crédit photos: Sean Kilpatrick et Adrian Wyld / La Presse Canadienne)
Le critique du NPD en matière de défense, Jack Harris (à gauche), et le ministre de la Défense, Rob Nicholson (à droite), ont croisé le fer lors de la période de questions aux Communes. – Photos : Sean Kilpatrick et Adrian Wyld / La Presse Canadienne

Les conclusions de l’évaluation interne des programmes et politiques des Forces canadiennes en matière de violence sexuelle, préparée à la demande du chef d’état-major Tom Lawson, en avril dernier, ont fait bondir le NPD à la Chambre des communes.

«Le rapport interne démontre clairement que l’état-major minimise le problème du harcèlement sexuel. Il est plus intéressé à gérer sa propre image qu’à trouver des solutions», a lancé la députée néo-démocrate Élaine Michaud, lors de la période de questions, à Ottawa.

Le document de 10 pages, obtenu par L’actualité et dévoilé jeudi, conclut que les mesures prises par l’armée sont «efficaces» et qu’aucun changement majeur n’est requis. Une position que n’a toutefois pas endossée publiquement le patron des Forces canadiennes, le général Tom Lawson, qui a affirmé au Comité permanent de la défense, en mai dernier, qu’il y a plusieurs problèmes à corriger.

Le porte-parole du NPD en matière de défense, Jack Harris, s’inquiète de l’attitude de l’appareil militaire. Il a demandé au ministre de la Défense, Rob Nicholson, s’il partage les constats positifs de la révision interne.

«Sa conclusion est qu’il n’y a aucune faille dans les politiques des Forces canadiennes. Or, chaque jour, cinq membres des Forces canadiennes sont victimes d’une agression sexuelle. Le ministre pourrait-il nous expliquer comment, à la vue d’une telle statistique, il peut se satisfaire des politiques actuelles ?»

Le ministre Nicholson a soutenu que «toute allégation de harcèlement sexuel dans les forces armées est vraiment troublante» et que c’est la raison pour laquelle le chef d’état-major a également commandé un examen externe des politiques et des programmes en place.

Ce comité externe, pas encore formé, devrait commencer ses travaux à l’automne. «Il ne doit pas être confondu avec l’examen interne dont le député vient de parler. J’ai hâte de pouvoir prendre connaissance de l’examen externe, car ce genre de comportement est totalement inadmissible», a dit le ministre.

Les conclusions de la révision interne rendent nécessaire un examen externe totalement indépendant de l’appareil militaire, estime Jack Harris. «L’ enquête, vraiment indépendante, doit être dirigée par une personne n’ayant pas été choisie par les hauts gradés des forces armées», a-t-il dit. Or, c’est le chef d’état-major, Tom Lawson, qui choisira le responsable de l’examen externe d’ici la fin du mois de juillet. Son mandat, déjà déterminé (mais pas encore rendu public), a été élaboré par l’armée, en collaboration avec le ministre Nicholson.

La réplique du ministre n’a pas tardé. «Ce député ne fait aucunement confiance aux dirigeants des forces armées de notre pays. Il ne comprend toujours pas. Un examen externe a lieu concernant ce genre de comportement innommable et inacceptable. Il devrait nous appuyer. C’est nous qui défendons les victimes d’agression sexuelle au pays. Nous le démontrons constamment, et j’en suis fier», a-t-il lâché.

La révision interne avait été commandée par le patron des Forces canadiennes dans les heures suivant la parution de l’enquête de L’actualité (reprise par Maclean’s) sur les agressions sexuelles dans l’armée, à la fin du mois d’avril. Après une longue investigation, le magazine révélait que chaque jour, cinq hommes ou femmes sont agressés sexuellement dans les Forces canadiennes. Trois jours plus tard, le 24 avril, Tom Lawson recevait un document de 10 pages, que L’actualité a obtenu.

Dans le document, on peut y lire la conclusion suivante :

«En général, nous évaluons que le cadre de nos programmes et politiques en milieu de travail est efficace. […] Nous croyons que les mécanismes ont un effet positif pour améliorer la situation à long terme, particulièrement en matière de prévention du harcèlement et l’acceptation de la diversité.»

Le document poursuit en affirmant ceci :

«Une révision significative n’est pas considérée comme nécessaire, mais quelques améliorations possibles ont été identifiées, notamment en ce qui concerne le suivi du harcèlement.»

La révision interne ne contient rien sur le processus d’enquête de la police militaire, les obstacles possibles, l’indépendance des enquêtes ou le système de justice parallèle en vigueur au sein des Forces canadiennes — tous des problèmes identifiés dans l’enquête du magazine.

Lors de sa comparution, fin mai, au Comité permanent de la Défense, le général Lawson a semblé prendre le contre-pied de la révision interne, affirmant qu’il a senti le besoin d’exiger un examen externe indépendant afin de faire toute la lumière sur ce phénomène et sur les moyens appropriés pour le combattre.

«Notre analyse montre que les femmes seraient moins enclines à signaler le harcèlement dont elles sont victimes, que ce soit parce qu’elles ont peur des répercussions sur leur carrière ou parce qu’elles craignent que leur plainte ne soit pas prise au sérieux. C’est important et ça montre qu’il doit y avoir plus d’actions de ma part», a dit le général Tom Lawson.

Les commentaires sont fermés.

C`est vraiment dégulasse de lire en 2014 du patron des forces armées qu`il y a un petit problème de harcellement sexuelle dans les forces.
On devrait plutot se pencher comment corriger les AGRESSIONS sexuelles. Au civil, ces agressions sont punissables par des sentences de prison.

Je suis scandalisée, choquée, outrée que ce genre se produisent aussi FRÉQUEMENT et que le ministre trouve cela NORMAL pas inquiétant. S’il n’est pas capable de faire son job (de trouver des solutions) ben qu’il démission car il ne sert pas le peuple et il devient UN INUTILE. (ET JE LE PENSE DE CEUX QUI SONT DANS LE POLITIQUE ET QUI SAVENT PAS FAIRE LE SIMPLE JOB D’AIDER À SERVIR LE PUBLIC AVEC MOLRALITÉ) tres tres decu et j espere que la population et la direction ne ferment pas leurs yeux.

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