De l’aide gratuite pour les ados au bout du clavier

Le service d’aide Tel-jeunes a innové en 2020 sur le Web et les réseaux sociaux pour mieux entrer en contact avec les 12-20 ans en détresse. Une heureuse initiative, car la pandémie a accru les troubles psychologiques chez les adolescents.

Illustration : Mélanie Lambrick

L’histoire qui suit est celle d’un lauréat de la troisième édition des Prix de l’impact social, qui récompensent des entreprises et des organismes québécois qui travaillent de façon méthodique à changer le monde. L’organisme Tel-jeunes a reçu le prix Coup de cœur du jury. Pour lire tous les récits inspirants, c’est ici.

Le service d’aide Tel-jeunes croule sous les appels et les messages des 12-20 ans depuis le début de la pandémie. L’organisme a répondu aux coups de fil et aux textos de plus de 65 000 jeunes durant l’année scolaire 2020-2021, soit une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente. « Le sujet le plus abordé a été la santé mentale : un ado sur deux nous a en effet parlé, par exemple, de sa difficulté à rester motivé avec l’école à distance, ou encore de son sentiment de solitude, faute de pouvoir fréquenter ses amis comme avant », dit Céline Muloin, PDG de la Fondation Tel-jeunes, qui assure la pérennité et la notoriété de Tel-jeunes.

L’organisme a entrepris il y a deux ans d’adapter ses services aux nouvelles façons de communiquer des jeunes, après avoir noté que 64 % des échanges se faisaient par textos ou clavardage. Une étude commandée à Messier designers, une agence montréalaise de design thinking (conception créative, une méthode qui recourt à l’analyse et à l’intuition), lui a permis d’apporter trois améliorations.

Pour atteindre ceux qui désirent trouver des réponses à leurs questions par eux-mêmes, le service d’aide de 80 employés — des psychologues, sexologues et travailleurs sociaux, entre autres — a enrichi son contenu en ligne, avec des pages comme « Je vis trop de pression et je n’y arrive plus. Quoi faire ? » ou « Comment savoir si quelqu’un est en détresse ? ». Quelque 350 problèmes concrets sont ainsi explorés. 

En avril 2021, le service de clavardage Étudiant.e.s à l’écoute a été ajouté. Le clavardage à proprement parler existait déjà. À l’autre bout du clavier, des étudiants en relation d’aide discutent, une fois sur quatre, de résolution de conflits avec d’autres jeunes ou avec la famille, et une fois sur quatre encore, de relations amoureuses. 

Le site Web 100 différences, lui, a été lancé en mars 2021 afin de traiter plus particulièrement des questions relatives aux différences ethnoculturelles et sexuelles. On y trouve des textes et des vidéos répondant à des interrogations comme « C’est quoi l’homophobie ? » et « C’est quoi une micro-agression ? ». « Aujourd’hui, les jeunes qui nous appellent abordent régulièrement des problèmes en rapport avec l’identité de genre et la discrimination. Ce qui était moins le cas auparavant », note Céline Muloin, qui, depuis une trentaine d’années, est aussi à la tête de Générations, l’organisme sans but lucratif qui a créé les services d’aide LigneParent (1981) et Tel-jeunes (1991).

Le site 100 différences est une idée du comité jeunesse sur la diversité de Tel-jeunes, qui regroupe 12 bénévoles âgés de 15 à 22 ans. Ce comité est lui-même une nouveauté : la première cohorte a œuvré durant l’année 2020-2021, la seconde verra le jour cet automne, pour 2021-2022. « Grâce à cette initiative, nous avons produit pour la première fois du contenu par et pour les jeunes », explique Céline Muloin, en soulignant que « cette approche est appelée à devenir la norme chez Tel-jeunes ». 

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