Des chiffres explosifs confirment le fléau des crimes sexuels dans l’armée

Une étude d’envergure établit pour la première fois l’étendue des violences sexuelles dans l’armée canadienne : presque une femme militaire sur six a été agressée sexuellement au cours de sa carrière.

Des chiffres inédits, obtenus par L’actualité, confirment que les violences sexuelles sont un fléau chez les soldats canadiens. Selon une nouvelle enquête de Statistique Canada, presque une femme militaire sur six a été agressée sexuellement dans le cadre de son service.

C’est la première fois qu’une étude d’envergure permet de cerner l’ampleur du phénomène. Quelque 6 700 membres de la force régulière ont été interrogés en personne, l’an dernier, dans le cadre de « l’Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes », élaborée par Statistique Canada en collaboration avec le ministère de la Défense nationale.

Ses 1000 questions visaient à évaluer le bien-être psychologique des troupes et leur accès aux soins. Des résultats partiels ont été rendus publics cette semaine, sur les troubles mentaux et les problèmes d’alcool, et une analyse plus détaillée sera dévoilée en novembre. À la demande de L’actualité, Statistique Canada a fourni les données sur le traumatisme sexuel militaire, qui faisait l’objet de six questions.

L’enquête révèle que 15,6 % des 8 900 femmes et 0,8 % des 55 500 hommes de la force régulière ont subi, au moins une fois, une agression sexuelle ou des contacts sexuels non désirés dans un contexte militaire. Comme le précise le questionnaire, une agression sexuelle signifie «qu’une personne vous a forcé ou a tenté de vous forcer à avoir une activité sexuelle non désirée, en vous menaçant, en vous immobilisant ou en vous frappant de quelque façon». Des «contacts sexuels non désirés» impliquent d’avoir été «touché, saisi, embrassé ou caressé» de manière sexuelle contre son gré. Les actes ont été commis lors d’un déploiement en opération ou sur un lieu de travail militaire, ou encore perpétrés par un membre des Forces ou un employé civil de la Défense.

Ces chiffres sont «énormes», juge Phillip Millar, un ancien officier de l’infanterie, aujourd’hui avocat à London, en Ontario. Spécialiste des causes d’abus sexuels, il représente plusieurs femmes ayant été agressées au sein des Forces. «De façon générale, beaucoup d’agressions sexuelles surviennent dans l’enfance, elles sont souvent commises par des proches, souvent dans des milieux vulnérables. Une sur six, c’est très élevé pour un lieu de travail, quand on parle de professionnelles éduquées, entraînées, qui ne sont pas les membres les plus fragiles de la société.»

L’armée canadienne n’a jamais mené d’étude aussi rigoureuse pour chiffrer le problème. Son dernier sondage sur le harcèlement, réalisé en 2012 sur un petit échantillon, ne permettait pas de tirer des conclusions nettes sur les agressions sexuelles. Et la dernière fois que Statistique Canada a enquêté sur la santé mentale des soldats, en 2002, aucune information n’avait été recueillie sur le sujet.

Cette nouvelle enquête ajoute une couche de plus au tableau qui a émergé, ces derniers mois, sur la condition des femmes dans les Forces et le sort réservé aux victimes de crimes sexuels. Dans un reportage choc publié en avril dans L’actualité, et repris dans Maclean’s, nous avons estimé que 1 780 personnes sont agressées sexuellement chaque année dans le milieu militaire, soit cinq par jour — dont la vaste majorité renoncent à porter plainte, notamment par crainte de subir des représailles, ou par manque de confiance envers un système de justice militaire archaïque, trop peu indépendant aux yeux de plusieurs experts.

Le chef d’état-major de la défense, le général Tom Lawson, n’a pas contesté nos chiffres lorsqu’il a comparu, en mai, devant des députés de la Chambre des communes, à Ottawa. Invité par le Comité permanent de la défense nationale à s’expliquer à la suite de nos révélations, il s’était dit «troublé» et avait promis de «montrer du leadership sur cette question». Le général a depuis déclenché un examen externe des violences sexuelles dans ses rangs, qu’il a confié à une ancienne juge de la Cour suprême, Marie Deschamps — une étude à la portée limitée, dont les résultats sont attendus le printemps prochain.

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Comme le document que vous nous offrez de télécharger est très partiel. Il est particulièrement difficile de se faire une idée très claire sur les statistiques que vous annoncez puisqu’on n’a pas la moindre connaissance des 1000 questions auxquelles les sujets de cette évaluation ont été soumis.

Je suis néanmoins étonné par les chiffres que vous révélez. Environ 1390 femmes auraient été agressées contre seulement 444 hommes exactement lorsque les effectifs masculins sont plus de six fois plus importants que le contingent féminin. Sont-ce des chiffres compilés et évalués depuis l’an 2000 comme un de vos précédents articles le mentionnerait ?

Est-il possible que comme dans la vraie vie de tous les jours, les hommes soldats éprouvent une plus grande difficulté à se confier, lorsqu’ils ont été agressés soit par une femme ou plus encore par un autre homme surtout lorsque cet autre homme appartient au même bataillon ? Ne dit-on pas des soldats et soldates que ce sont des compagnons (ou des frères) d’arme ? Ils partagent tout. Le meilleur comme le pire. La jouissance comme la souffrance. La vie comme la mort.

Ainsi, si on considère que ce serait moins d’une agression sur 10 qui serait déclarée aux autorités, se pourrait-il que ce taux de « non déclarations » soit encore plus élevé dans les rangs masculins ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible de savoir tout et tous les chiffres de plusieurs institutions, ce qui n’exclut évidemment pas les Forces armées. Sait-on par exemple combien l’armée canadienne a tué de civils, d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants lors de sa mission en Afghanistan ? Sait-on seulement combien de terroristes et de talibans ?

Pourtant lorsqu’on s’intéresse au bienêtre et la santé mentale des soldats, ce sont des données terribles qu’il conviendrait de connaître pour savoir comment s’y prendre pour engager la cure et le traitement.

La guerre constitue une sauvagerie. Les tueurs qui y participent sont des soldats. On en fait des bêtes terribles, capables d’anéantir d’autres êtres humains sur commande. La convention de Genève est de la foutaise. Les assassins en uniforme sont là pour nous protéger contre d’autres soldats engagés par des pays aussi belliqueux que nous. Les Islamistes, qui sont en guerre sainte contre nous, ne feront pas de quartier de nos soldats qui sont traumatisés par des missions de paix… comme si un soldat était préparé pour la paix. Faites-moi rire.

Mais revenons au propos du présent article. Comment pourrait-on demander à des hommes formés pour tuer comme des bêtes de se comporter en gentleman avec les femmes ? C’est bien connu que durant les conflits armés (les guerres, nom de dieu !), les soldats violent les femmes et oublient temporairement qu’ils étaient civilisés avant… Surtout qu’en situation de force, loin des témoins gênants, ils peuvent se permettre des saletés, à l’insu de leurs concitoyens qui sont bien au chaud chez eux. Entre soldats, mais voyons donc ! Ne savez-vous pas que l’armée est un monde d’hommes et que les femmes n’y sont pas bienvenues. Pour montrer qu’on est macho, on se moque d’elles et, si elles sont belles, on les force à faire de petites choses. C’est ça le monde dans lequel nous vivons. C’est beau, hein ?

Votre article alimente une polémique, mais il n’apporte rien au débat. Il manque beaucoup trop de détails pour vraiment savoir quels sont les types de harcèlement réellement vécus. La définition d’agression sexuelle est très large, beaucoup trop, de sorte que ces statistiques ne veulent absolument rien dire.
Je cite : Des «contacts sexuels non désirés» impliquent d’avoir été «touché, saisi, embrassé ou caressé» de manière sexuelle contre son gré.
On ne parle pas seulement de viols, mais de tout contact pouvant être considérés comme sexuels. Par exemple, un militaire un peu saoul décide d’embrasser une militaire sans son consentement… et c’est un contact sexuel non-désiré. Est-ce vraiment grave? Pas autant qu’un viol, mais ces statistiques ne permettent pas de faire la différence.
Un viol, un bec non-désiré, une claque sur les fesses, tous sont des agressions sexuelles selon cette enquête. Une femme sur 6 a eu de ces contacts… Est-ce grave? Je ne le pense pas.
Faites de vrais enquêtes. Donnez des chiffres de viols, violences contre les femmes, et excluez les petites tapes affectueuses sur les fesses.