Des femmes et des dollars

En dépit de tous les efforts, les femmes sont encore les plus pauvres, les plus mal nourries et les plus malades des êtres humains de la planète. La fondation Gates permettra-t-elle d’améliorer leur sort?

Justin Trudeau, entouré du directeur du Fonds mondial, Mark Dybul, de Melinda Gates et de la ministre Marie-Claude Bibeau. (Photo: The Global Fund/Fred Cattroll)
Justin Trudeau, entouré du directeur du Fonds mondial, Mark Dybul, de Melinda Gates et de la ministre Marie-Claude Bibeau. (Photo: The Global Fund/Fred Cattroll)

Si les gouvernements prenaient des décisions en se basant sur des faits, notre monde serait bien différent.

Des études connues ont montré que chaque dollar d’aide au développement versé à une femme accroît le bien-être de sa famille (et l’économie de son pays) 10 fois plus que si le même dollar est donné à un homme. Dix fois !

Pourtant, peu de pays en tiennent compte. L’argent continue à être versé en majorité par des hommes, à des hommes, pour des priorités établies par des hommes. Le féminin reste un genre mal aimé.

Le nouvel engagement de la fondation Gates en faveur de l’égalité des femmes changera-t-il la donne ?

Les milliardaires Bill et Melinda Gates dépensent chaque année plus d’argent que l’Unicef ou l’Organisation mondiale de la santé au bénéfice de causes qui leur sont chères. Leur soutien au combat pour l’égalité ne sera pas de trop.

En dépit de tous les efforts, les femmes sont encore les plus pauvres, les plus mal nourries et les plus malades des êtres humains de la planète. Et de loin !

Elles sont davantage victimes des maladies les plus meurtrières de notre époque, soit la malaria et, surtout, le sida, qui est le principal tueur des femmes de 15 à 44 ans. Dans certains pays durement touchés, près de 80 % des jeunes victimes du sida sont des adolescentes à qui la religion, les coutumes ou le manque de ressources interdisent la contraception (et donc l’usage des condoms) ou l’accès aux médicaments.


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On estime que si ces filles pouvaient rester plus longtemps à l’école, elles risqueraient moins d’être infectées, parce qu’elles seraient mieux informées et prendraient de meilleures décisions pour leur santé.

Mais qui paiera pour qu’une fille fréquente l’école dans les pays où les diktats familiaux des hommes sont encore déterminants ? C’est peut-être là où des organisations comme la fondation Gates peuvent contribuer à changer les choses. On en saura plus à la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui se tiendra à Montréal les 16 et 17 septembre, à l’initiative de la ministre canadienne du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau.

Quelque 500 chefs d’État, dirigeants de fondation et d’organisme s’y retrouveront, en route vers l’Assemblée générale des Nations unies, qui aura lieu à New York le 19 septembre.

Ottawa s’est engagé à verser 785 millions de dollars à ce fonds pour la période 2017-2019, soit 20 % de plus que la contribution du gouvernement Harper pour 2014-2016. Les États-Unis verseront 4,3 milliards. Le Fonds vise à recueillir au total 13 milliards de dollars américains.

Pour les femmes du monde, la route vers l’égalité est encore un parcours du combattant, un champ de mines qu’elles n’ont aucune chance de traverser si elles n’ont pas au moins la santé.

Dans bien des cultures et religions, les femmes vivent encore cachées derrière des murs ou sous des mètres de tissu pour être « protégées » et pour préserver « l’honneur » de la famille. Leur accès aux soins de santé, à la contraception ou à une alimentation adéquate s’en trouve souvent entravé. Ce sont ces chaînes qu’il faut briser.

Voyons si les milliardaires de l’ère technologique peuvent insuffler une nouvelle énergie dans ce combat.

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Mais où sont les Femen et autres féministes enragées pour manifester leur désapprobation contre l’Islam et ses extrémistes?

Je ne vois pas l’à-propos de votre commentaire sachant que les membres de l’EI violent, tuent ou vendent les femmes en esclavage ce que le mouvement Femen pourrait faire devant une telle barbarie. Avez-vous une idée vous?

« Des études connues ont montré que chaque dollar d’aide au développement versé à une femme accroît le bien-être de sa famille (et l’économie de son pays) 10 fois plus que si le même dollar est donné à un homme. Dix fois ! »

Désolé, je ne retrouve pas ces « études connues ». J’aimerais connaître les noms de ces études afin de les consulter, car je doute de la pertinence de cette affirmation.

« Des études connues ont montré que chaque dollar d’aide au développement versé à une femme accroît le bien-être de sa famille (et l’économie de son pays) 10 fois plus que si le même dollar est donné à un homme. » Il est possible d’avoir la source?

J’en trouvé ces références :
Rubalcava, Luis, Graciela Teruel, and Duncan Thomas. 2009. “Investments, Time Preferences, and Public Transfers Paid to Women.” Economic Development and Cultural Change 57 (3): 507–38
Schady, Norbert, and José Rosero. 2008. “Are Cash Transfers Made to Women Spent Like Other Sources of Income?” Economics Letters 101 (3): 246–48

Je ne connais pas l’étude dont on parle ici mais pour être allé en Afrique, je peux vous dire que c’est par les femmes que passe le changement, les hommes étant bien campés dans leurs traditions. Entre des hommes assis qui palabrent et des femmes qui vont au puits, vont à pied chercher du bois à des kilomètres, s’occupent des enfants, font à manger, s’entraident, je choisis les femmes comme véhicule de changement. De plus je suis aussi convaincu que les religions qui ne permettent pas aux femmes d’être des citoyennes à part entière avec les même droits que les hommes ne sont pas dignes de s’appeler religions. De toute façon les religions ont été fondées par des hommes pour les hommes sauf peut-être une religion où les femmes avaient un peu plus de place, du mois su début..

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