Des parents… en or

Rencontre avec les parents des plongeuses Meaghan Benfeito et Roseline Filion, médaillées de bronze aux Jeux de Londres.

Photo: Vincent Fortier

Quand Meaghan Benfeito, 23 ans, a remporté le bronze au plongeon synchronisé avec sa partenaire, Roseline Filion, son père a tout juste eu le temps de lui parler.

« Elles sont sorties cinq minutes pour nous montrer leurs médailles. On s’est embrassés et on les a félicitées, et elles sont reparties », raconte, ému, Arthur Benfeito. La nuit précédant la compétition, il était si nerveux qu’il s’est réveillé à toutes les heures.

Lors d’une victoire, les nouveaux médaillés sont rapidement aspirés par la machine médiatique. Une réalité compréhensible, admet le père de Roseline Filion. « Quand un événement comme celui-là arrive, nos enfants ne nous appartiennent plus; ils appartiennent à la nation ! », dit Marc Filion (photo ci-dessus).

Malgré la rapidité du moment, Hélène Filion se souvient très bien de la première chose qu’elle a dite à sa fille : « Je lui ai sauté dans les bras et je lui ai dit que son grand-père était avec elle ». Le grand-père paternel de l’athlète de 25 ans est décédé le 22 janvier dernier, soit une semaine avant sa qualification pour les Jeux de Londres.    

Depuis l’exploit de leurs filles, les Filion et les Benfeito ont eu l’occasion de célébrer. Ce n’est pas nécessairement le cas des athlètes, qui devaient se concentrer sur leur compétition individuelle.

À l’appartement où elle loge avec son mari, Hélène Filion fait sécher les fleurs que sa fille a reçues sur le podium. « Je vais tenter de ne pas les abîmer en revenant à la maison, dit-elle. Mais endommagées ou pas, je les garde ! Ce sera un beau souvenir. »

Pour toutes les joies que Roseline et Meaghan ont vécues depuis la formation de leur duo, en 2005, il y a eu plusieurs moments difficiles. Des épreuves et des déceptions dont les parents subissent les contrecoups.

« Ce n’est pas facile ; il faut travailler fort, admet Arthur Benfeito. Et elles n’ont pas toujours de bonnes journées. Il faut vivre avec ça. »

 

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Arthur Benfeito et Margarida Correia, parents de la plongeuse
canadienne Meaghan Benfeito

 

Son épouse, Margarida Correia, a travaillé de soir pendant 20 ans pour accompagner leur fille à l’entraînement, le jour. « Je devais être avec elle tout le temps. Mais ça a valu la peine », dit la mère de l’athlète.

Contrairement à son mari, elle a bien dormi la veille de la compétition, mais très mal la nuit suivante, se demandant encore si cette médaille de bronze était bien réelle. 

Pour Marc Filion, être parent d’athlète est un choix de vie et non un sacrifice.

« Je ne voulais pas avoir le regret de lui faire perdre son rêve olympique. On a donc sauté dans le train, ne sachant pas trop où il allait nous mener… Finalement, il nous a menés à Londres. »

Photos : Vincent Fortier

 

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