Des ressources pour vaincre l’intimidation

Tour d’horizon des ressources clés pour venir en aide aux victimes d’intimidation, à leurs parents et à leur entourage.

Photo : J. Winslow / AbleImages / Corbis
Photo : J. Winslow / AbleImages / Corbis

Si Ghyslain Raza — dit Star Wars Kid — a accepté, dans les pages de L’actualité, de briser le silence sur ce qu’il a vécu, c’est d’abord et avant tout pour aider d’autres jeunes victimes d’intimidation à tenir le coup. Heureusement, celles-ci ont aujourd’hui accès à divers outils qui n’existaient pas en 2003, lorsque l’univers de Raza a basculé.

Premier arrêt incontournable, le site Moijagis.com a été mis en ligne l’an dernier par les autorités publiques du Québec. Divisé en trois grandes sections, il offre des recommandations aux jeunes, aux parents et aux éducateurs. Parmi les conseils adressés aux victimes d’intimidation : trouver un adulte de confiance (par exemple, un parent, un professeur, un psychologue, un entraîneur ou un surveillant) et lui expliquer ce qui se passe.

Fait intéressant : en plus de donner des conseils aux victimes d’intimidation, ce site aide également les parents et les éducateurs à identifier les « bourreaux » (les intimidateurs). Enfin, il est à noter que les internautes peuvent signer, en ligne, la Déclaration d’engagement contre l’intimidation et la violence. Des milliers de jeunes et moins jeunes l’ont fait jusqu’à présent.

Pour aider les parents et les enseignants à mieux cerner les cas difficiles, le site de Bullying Canada — un organisme pancanadien voué à la lutte contre l’intimidation — déconstruit sept mythes liés à cette forme de violence. Ainsi, il est faux de prétendre qu’« il y a toujours eu de l’intimidation » (et qu’il y en aura toujours) et il est même carrément dangereux de balayer le problème sous le tapis en se disant que « cela forme le caractère ». À consulter sans tarder.

Bien qu’offert en anglais seulement, le site Stop a Bully (arrêter un intimidateur) se veut aussi une ressource de choix. Lancé en 2009 par un enseignant de la Colombie-Britannique, le programme du même nom permet aux victimes d’intimidation et de cyberintimidation de partager leur expérience de façon confidentielle et d’obtenir de l’aide. Des centaines d’écoles (dont des dizaines au Québec) ont adhéré au programme, et le site vient d’ailleurs de lancer une vaste campagne de sensibilisation contre l’intimidation. Le symbole de la campagne ? Un bracelet rose. Les responsables comptent en distribuer des centaines de milliers aux élèves des écoles du Canada tout au long de la prochaine année scolaire.

Des actions concrètes

Comment faire pour retirer une photo ou une vidéo dégradante d’un site de réseautage social ? Comment savoir quand les choses vont trop loin ? Que dire aux membres de sa famille quand on est victime d’intimidation ? Voilà le type de questions auxquelles répond le site AidezMoiSVP.ca, conçu spécialement pour les adolescents par le Centre canadien de protection de l’enfance (un organisme sans but lucratif).

Par ailleurs, Facebook propose lui-même quelques pistes de solution si quelqu’un vous menace, vous harcèle ou vous maltraite sur ce site de réseautage. Dans sa section « Que dois-je faire si une personne me menace, me harcèle ou me maltraite sur Facebook ? », on y apprend comment :

Retirer quelqu’un de sa liste d’amis. Seuls vos amis Facebook peuvent vous contacter par l’intermédiaire de la discussion instantanée de Facebook ou publier des messages dans votre journal.

Bloquer quelqu’un. La personne en question ne pourra plus vous envoyer de messages électroniques ou instantanés, vous ajouter en tant qu’ami ou consulter le contenu que vous partagez dans votre journal.

Signaler quelqu’un ou tout contenu abusif qu’il publie.

L’intimidation et la loi

Les parents peuvent aussi interpeller directement l’établissement scolaire de leur enfant, qui a maintenant une obligation légale d’intervenir dans ce type de situation. Adoptée par Québec en juin 2012, la loi 56 force en effet toutes les écoles à adopter un plan de lutte contre l’intimidation. À ce jour, 79 % d’entre elles l’ont fait.

La loi 56 modifie aussi la Loi sur l’instruction publique et y définit ainsi l’intimidation :

« Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser. »

Parmi les obligations qu’ont maintenant les écoles : elles doivent mettre en place un mécanisme officiel de plainte, se doter de mesures de soutien et d’encadrement concrètes pour les victimes d’intimidation et envisager des actions disciplinaires à l’endroit des intimidateurs.

Trouvez ici le lien vers le texte intégral de la loi 56, visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école (PDF) >>

Star Wars Kid pour éveiller les jeunes

À l’époque où Ghyslain Raza, « le » Star Wars Kid, a été victime de cyberintimidation, la plupart des enfants qui fréquentent aujourd’hui l’école primaire n’étaient même pas nés. Les frères Benny et Rafi Fine — deux réalisateurs et producteurs Internet — ont eu l’idée de montrer la vidéo à des jeunes et de filmer leur réaction. Le résultat, Kids React to Star Wars Kid, est à la fois déconcertant et… éclairant. À montrer à tous les jeunes pour les sensibiliser aux dangers de la cyberintimidation.